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Portraits / Interviews

Alexis Laipsker, le thriller dans les veines

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Figure multifacette du poker hexagonal, bien connu pour sa désormais fameuse Maison du bluff et autres téléréalités poker qui ont aidé à populariser le jeu au-delà d’un cercle d’initiés ou d’amateurs éclairés façon WPT, Alexis Laipsker avait disparu de la planète poker quelques mois (il fut la figure publique de PokerStars pendant des années), pour réapparaître récemment en directeur du Club Montmartre appartenant à Mme Ruggieri. L’homme porte toujours beau, a la repartie cinglante et aimable, et aime passionnément le poker, qu’il continue à défendre, côté live, avec les cash-games et les tournois à venir du club.

Mais lors de ce hiatus, Alexis Laipsker a ravivé l’une de ses passions d’adolescence, l’écriture. Lui qui a été journaliste – il a dirigé feu Poker VIP, notamment – n’a pas mis bien longtemps à se lancer tête la première dans l’écriture d’un roman, sans autre filet que le peu de temps qu’il s’était imparti. Pas de contact dans le milieu de l’édition et pas de plan d’écriture ? Pas grave ! C’est en forgeant qu’on devient forgeron… Au résultat, son premier roman, policier, sort chez l’un des plus gros éditeurs français, Michel Lafon, faiseur émérite de best-sellers depuis plusieurs décennies. La couverture de Et avec votre esprit, tout comme le frisson du plaisir de lecture, rappelle le meilleur de Maxime Chattam ou Michel Bussi. Nous sommes allés le rencontrer non loin du Club Montmartre afin de comprendre les étapes de cette mue si réussie.

Comment un pro du poker business se décide-t-il un jour à se lancer dans la littérature ?

J’étais à un moment de flottement dans ma trajectoire professionnelle, après mon départ de PokerStars, et je ne savais pas encore si je voulais continuer dans cette direction. Comme j’avais un peu de temps devant moi, je me suis assis devant mon ordinateur, avec pour idée un peu folle d’écrire… un roman !

 

D’où vous vient la passion de l’écriture ?

En fait, je fais partie de la génération des premiers rôlistes, qui ont découvert les jeux de rôle à leur adolescence à la fin des années 1980. On est parfois « maître du jeu », et dans ce cas il faut savoir poser un décor, inventer des personnages et déployer une histoire en quelques secondes. Cela m’a toujours fasciné, et j’ai baigné dans cet univers plusieurs années, c’était une vraie passion, et on avait beau décrier cette activité dans les médias, elle faisait énormément marcher l’imagination… Alors j’aurais pu écrire un roman de fantasy, mais sur le coup, je me suis senti plus à l’aise avec un matériau policier, un vrai thriller…

 

Comment avez-vous procédé et quelles étaient vos intentions de départ ?

J’ai voulu écrire un livre pour les gens qui n’aiment pas lire. Un page-turner où l’on retient son souffle et où l’on n’a surtout pas envie de s’arrêter. Je ne prétends pas faire de la grande littérature « blanche », comme on dit, mais un vrai bon thriller, avec des ficelles pas trop grosses, qui sait étonner et évite les clichés… Il y a des maîtres du genre en France, comme Jean-Christophe Grangé ou Maxime Chattam, par exemple, et je voulais donner autant de plaisir à mes futurs lecteurs… s’il y en a [rires] !

 

Vous vous êtes lancé tête la première sans plan aucun ?

Non, et j’ai écrit tout d’une traite en assez peu de temps en fait. Mais à la relecture, ça a été une tout autre paire de manches [rires] ! Je me suis rendu compte qu’il y avait des répétitions de scènes, des personnages que je perdais en route, etc. Alors j’ai tout repris, tout boulonné, et j’ai pas mal « dégraissé » le texte, afin d’être plus efficace, plus direct. Ensuite je l’ai fait relire à quelques amis et ma femme, en qui j’avais absolument confiance.

 

Et au moment de sauter le pas et d’aller voir un éditeur ?

Je ne connaissais vraiment personne dans l’édition, et j’ai donc « sonné » à la porte de Michel Lafon, qui est un énorme éditeur. J’ai été étonné, après un court entretien avec une éditrice, qu’on accepte de me lire. Elle m’a rappelé très vite, et c’était parti ! Je ne sais pas si j’ai eu énormément de chance, mais pour moi tout est allé très vite…

 

Vous insérez un peu de poker dans votre roman, mais ce n’est pas le cadre principal…

Le poker, dans le cinéma ou la littérature, ça peut parfois être un écueil lorsqu’il est trop présent. J’aimais l’idée que mon héros sache calculer les statistiques, par exemple, comme un pro du poker, mais qu’il soit faillible, car dès lors que l’on entre dans le domaine de l’humain et de sa psychologie, on n’est plus dans un monde fermé où tout se calcule…

 

Vous avez également fait le choix de prendre des personnages féminins loin de tous les clichés…

J’espère en tout cas [rires] ! Lorsque j’écris, c’est très cinématique, je pense instantanément à une forme, une silhouette, un visage, et même si je ne décris que très peu mes personnages, pour moi ils vivent à l’intérieur de mon cerveau. C’est important d’avoir des personnages féminins forts qui ne tombent pas dans les clichés des mauvais feuilletons policiers !

 

Comment avez-vous travaillé en termes de fact checking ?

J’ai fait marcher ma « communauté » internet en demandant l’aide auprès de professionnels de la police, et en effectuant bien sûr pas mal de recherches. C’est central d’avoir des effets de réel lorsqu’on écrit, afin qu’on n’ait pas de réticence à entrer dans la réalité du récit. J’espère que tous les lecteurs prendront autant de plaisir à lire ce livre que j’en ai pris à l’écrire…

L’histoire

Appelée d’urgence à l’Institut des sciences de Strasbourg à la suite de la découverte du cadavre atrocement mutilé du prix Nobel de chimie, la commissaire Pourson se retrouve confrontée à une scène de crime aussi sanglante qu’énigmatique… Au même moment, dans la région lyonnaise, le lieutenant Vairne, connu pour ses méthodes peu orthodoxes et son obsession des probabilités mathématiques, doit enquêter sur la disparition d’un éminent physicien. Mais chaque nouvel indice épaissit le mystère autour de cette affaire et le convainc peu à peu d’une conspiration sans précédent. Quelle probabilité pour que ces deux affaires soient liées ? Une certitude, Pourson et Vairne vont devoir s’allier pour le découvrir.

 

EXTRAIT

Et avec votre esprit, par Alexis Laipsker (éd. Michel Lafon ; sortie 27 février 2020)

 

– 1 –

 

Curieusement, ce fut moins la douleur que l’étonnement qui frappa le professeur Toussant lorsqu’il reçut le premier coup. Terrassé par cet objet métallique qui avait ouvert ses chairs et fracassé son crâne, il s’effondra sur le carrelage froid du laboratoire de la faculté de chimie. Comme un dernier sarcasme du destin, alors qu’il ne lui restait que quelques instants à vivre, sa chute lui sembla durer une éternité.

« Un peu de science éloigne de Dieu, mais beaucoup y ramène ! »

Georges Toussant n’entendit pas les paroles de son agresseur. Hagard, il se redressa péniblement mais ne parvint qu’à se mettre à genoux. Le scientifique porta la main à sa tête. Il sentit une plaie béante de laquelle s’écoulait du sang qui s’insinuait entre ses doigts, maculant d’abord la manche de sa blouse avant de se répandre en gouttes écarlates sur le carrelage beige.

Lorsqu’il releva la tête, le sang dessinait déjà un masque sordide. Il écarquilla les yeux, puis tendit la main vers son assaillant pour l’implorer de l’épargner. Il lut dans le regard gris du bourreau une détermination farouche, la froide volonté de s’acquitter de sa mission. Il n’y aurait pas de miséricorde. Sur le visage du professeur Toussant, la stupéfaction fit alors place à la frayeur.

Balbutiant quelques mots incompréhensibles, il tenta péniblement de se relever en s’appuyant sur la paillasse, avant de recevoir un deuxième coup au front qui interrompit son mouvement. Il s’écroula une nouvelle fois, emportant dans sa chute un râtelier d’éprouvettes qui se brisèrent avec fracas, projetant de petits éclats de verre tout autour de lui. Au sol, des liquides multicolores se mêlaient au sang.

Les gestes du professeur n’étaient plus que les réflexes désordonnés d’un corps privé de contrôle, une dernière manifestation de la vie, dépourvue de logique et de sens, tentant désespérément de s’agripper à quelque chose pour ne pas sombrer dans le néant. Ses yeux s’agitaient dans leur orbite, cherchant vainement une échappatoire, n’en trouvant aucune. Il voulut crier, non pour appeler à l’aide puisque les lieux avaient été désertés plusieurs heures auparavant, mais parce que la peur de mourir était trop insoutenable pour demeurer intérieure. Le cri ne vint jamais.

L’ombre enjamba le professeur, sa main gantée se resserrant sur l’objet qu’elle tenait, puis elle se pencha et lui infligea un nouveau coup à la tête. L’os craqua avec un bruit de bois sec.

Décidément peu clémente, la Mort refusa encore de l’emporter et, au lieu de s’achever à cet instant, le supplice du professeur Toussant ne faisait en réalité que commencer.

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Portraits / Interviews

Rencontre avec Julien Sitbon, Team Pro Winamax, au cœur du WiPT

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Au WiPT d’Aix-en-Provence, Julien Sitbon, pro du poker et leader du classement GPI France, livre ses conseils aux amateurs : comment rester solide, exploiter les erreurs des autres joueurs et aborder un Day 3 avec la bonne stratégie.

  • Salut Julien, comment se passe le festival pour toi ? Tu ne t’es pas qualifié pour le Main Event, mais j’ai vu que tu avais intégré le High Roller hier ?

Super ! Je suis arrivé mercredi matin, j’ai commencé par un paddle, et j’ai enchaîné avec le Battle Royale où j’ai terminé 5e, donc ça a été un bon début de festival. Ensuite, j’ai joué le Main Event le lendemain, mais je n’ai pas eu la chance de me qualifier. Hier, je me suis inscrit sur le High Roller, et aujourd’hui, à partir de 12h30, j’ai le Day 2 de ce même tournoi à jouer ! J’ai 1 million de jetons, sur un average à 450.000, donc c’est plutôt pas mal.

Hier, j’étais à la table d’Alexandre Reard et de Malcom, donc l’ambiance était conviviale, c’était cool !

  • Le WiPT est connu comme étant un tournoi mélangeant Pros et Amateurs. Est-ce que tu ressens une différence de niveau entre aujourd’hui et il y a 5 ans ?

Question intéressante ! Oui, il y a quand même une petite progression à ce niveau-là, surtout avec tous les contenus disponibles sur internet, les solvers  etc… Maintenant, même les amateurs commencent à regarder pas mal de vidéos et à progresser. Ils s’améliorent surtout dans leur agressivité, dans le fait de relancer plus préflop, d’avoir plus de mains en bluff. Personnellement, je trouve que le niveau n’a pas augmenté considérablement, mais il a augmenté quand même !

Il y a plus de réflexion, plus de compréhension du jeu, ça se sent aux tables. Il y a beaucoup de contenus gratuits aujourd’hui. Même nous, chez Winamax, on fait beaucoup de Masterclass, on fait des choses qui permettent d’avoir une base plus solide, surtout pour ce type d’événement.

  • Quel conseil donnerais-tu à un amateur qui se serait qualifié pour le Day 3 ? Y a-t-il une différence d’approche à avoir entre les Days 1 et 2, et le Day 3 ?

J’ai des différences d’approche, mais ce que je donnerais principalement comme conseil, ce serait de ne pas visualiser ça comme un Day 3 ! Il ne faut pas trop se mettre de pression, et surtout, jouer son jeu, et ne surtout pas essayer de changer sa façon de jouer. Bien évidemment, sur un Day 3 il y a déjà une notion d’ICM, dans le sens où on se rapproche des grosses sommes d’argent. Mais il ne faut surtout pas essayer des choses que l’on ne sait pas faire.

Quand on ne connaît pas les tenants et aboutissants d’un move, il vaut mieux ne pas le faire, et encore une fois, se cantonner à ce que l’on sait faire ! Il faut prendre son temps, prendre du plaisir et ne pas s’éparpiller. Restez solide !

En plus, si tu fais quelque chose et que tu dévies de ce que tu sais faire, et que tu bust, tu vas le regretter… alors si tu joues normalement et que tu perds, tu auras beaucoup moins de regret.

  • Tu as dû jouer pas mal de joueurs amateurs depuis ton arrivée En tant que pro, comment tu t’adaptes à ce field, qui n’est sûrement pas le même que ceux que tu as l’habitude de jouer ?

Sur les tournois que je joue, ce n’est pas le même type d’amateur. Ce sont des amateurs réguliers qui font toujours les tournois à 500 € et à 1000 €, et qui sont des gens qui ont un peu d’argent, qui ont un travail à côté… Donc ils sont ce que j’appelle des amateurs réguliers.

Pour revenir à ta question, les gens ont deux approches avec nous. Hier, j’ai discuté un peu avec Romain et il m’a dit qu’il avait passé sa journée à se faire bluffer, dans des spots improbables ! En gros, soit ils veulent nous bluffer à tout prix, soit ils ne veulent pas du tout nous jouer car ils ont en quelque sorte « peur » de nous affronter. Il faut donc s’adapter et bien cerner les profils que tu as en face de toi.

Il y a aussi un truc, c’est ce que j’appelle « les fils qui se touchent ». Desfois, tu as des joueurs de poker qui sont très très sérieux, et d’un seul coup, ils craquent complètement ! Soit parce qu’ils ne sont pas habitués à la pression, ou qu’ils se retrouvent dans un spot qu’ils ne comprennent pas, donc ils envoient tout un peu n’importe comment… Donc voilà comment on s’adapte, il faut savoir repérer ces choses-là, et savoir les exploiter.

Moi je joue beaucoup plus les joueurs que les cartes quand je joue un tournoi comme le Main du WiPT, car en observant, je vais récupérer vraiment beaucoup d’informations sur la façon de jouer des joueurs.

  • Sur ce type de tournoi (le Main), quelles sont les erreurs que tu vois encore souvent chez les amateurs ?

Alors, je trouve qu’il y a encore pas mal de grosses erreurs, mais globalement il y en a beaucoup moins. Par exemple, on voit de moins en moins de limp préflop ! Sur le festival, je n’en ai presque pas vu, ce qui est assez incroyable.

Mais c’est comme on disait tout à l’heure, on fait énormément de vidéos sur Winamax, qui font beaucoup, beaucoup de vues, et dans ces vidéos, le sujet du limp était beaucoup abordé, donc à force, c’est rentré dans la tête des gens ! Ce qui ne m’arrange pas, parce que moi j’aime bien (rires). Je vais dire à Winamax de bloquer l’accès aux vidéos !

Aussi, c’est parfois difficile de se rendre compte des erreurs récurrentes sans voir de showdowns, mais parfois, quand j’en vois, je me rends compte que la sélection des mains, ce n’est pas toujours ça non plus…

  • Tu es premier au classement GPI France, donc maintenant, quel est ton objectif pour 2026 au poker ? C’est quoi le programme en poker live pour les mois à venir ?

Déjà, l’objectif serait de rester 1er du classement GPI France ! C’est un classement qui est très fluctuant, dans le sens où il dépend des performances que l’on fait sur trois ans, et à chaque fois,

ça reprend les trois meilleures performances, et ce, tous les 6 mois. En gros, ça évolue, et si l’un de mes concurrents fait d’énormes performances, il risque de repasser très vite devant. Ça fait donc partie de mes objectifs de garder ma place !

Aussi, j’ai comme objectif de très bien me préparer pour les WSOP, qui sont une série de tournois que j’aime beaucoup. En plus, j’ai un gros programme pour cette année ! Je veux donc être au top pour aborder les WSOP. Je vais jouer aussi le leaderboard, car maintenant, il y a un intérêt financier. Ça permet aussi de lisser la variance sur l’ensemble des trois festivals, que sont Pragues, Vegas, et les Bahamas.

En attendant, on va déjà essayer d’aller performer sur le High Roller de cet après-midi !

 

 

Crédit photo : Winamax / Caroline Darcourt 

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Portraits / Interviews

Vincent Reynaert lance le média « Les Enjeux »

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Vincent Reynaert, ancien de PMU Poker et du Groupe Barrière, vient de lancer un média pas comme les autres : Les Enjeux, une plateforme qui analyse un monde du gaming en pleine mutation. Rencontre.

Pouvez-vous nous rappeler votre parcours dans le monde du gaming ?

J’ai découvert l’univers du jeu en 2010, à un moment clé : celui de l’ouverture du marché français. À l’époque, tout était à construire. C’est dans ce contexte que j’ai rejoint Everest Poker, pour développer les partenariats sur un marché qui s’inventait chaque jour. C’était une période excitante, un peu folle aussi, avec beaucoup d’expérimentations et une vraie effervescence autour du poker en ligne.

Un peu moins de 2 ans plus tard, j’ai rejoint le PMU. 8 années passionnantes pendant lesquelles j’ai eu la chance de travailler sur le développement du poker dans une entreprise dont ce n’est pas le coeur de métier. C’est à ce moment-là qu’est né le France Poker Open (FPO), un circuit que nous avons créé avec l’ambition de surfer sur l’ADN poker live, la marque de fabrique de PMU Poker.

En 2020, j’ai intégré le groupe Barrière pour piloter le développement de leur offre digitale. L’objectif : préparer le futur des casinos physiques dans un monde de plus en plus connecté. Et juste avant de lancer Les-Enjeux.com, j’ai occupé le poste de directeur marketing et communication chez Texapoker, une aventure courte mais intense, au cœur de la plus belle scène du poker live. Ces expériences m’ont donné une vision globale du secteur, à la fois côté opérateurs, événementiel et communication et surtout une conviction : celle que l’industrie du jeu a besoin d’être mieux racontée.

Quelle est la volonté derrière “Les Enjeux” ?

Le jeu est un secteur fascinant, en pleine mutation. On assiste à une recomposition de fond : des acteurs comme Winamax ou Betclic ont complètement bouleversé les codes, les casinos physiques amorcent une transition vers le digital, la filière hippique doit se réinventer pour séduire une nouvelle génération de joueurs, et la régulation évolue vers plus d’ouverture, notamment avec la possible arrivée des casinos en ligne, le jeu est de moins en moins un tabou.

Bref, c’est un moment charnière. Et pourtant, il n’existait pas de média francophone pour documenter ces transformations. Les informations circulent, mais souvent de façon éclatée, entre des communiqués institutionnels, des sites d’actualité très spécialisés ou des analyses en anglais.

Avec Les Enjeux, on veut justement combler ce vide. Notre ambition est de devenir un point de convergence : un lieu où les différents acteurs, opérateurs, fournisseurs, régulateurs, start-up, juristes, etc. peuvent se retrouver, échanger, comprendre les grandes tendances, et surtout prendre du recul sur leurs métiers.

C’est aussi un média qui parle à tous les passionnés de jeux, pas seulement aux professionnels. On veut raconter les succès, les innovations, les débats, mais aussi les enjeux humains, économiques et sociétaux derrière cette industrie souvent caricaturée.

Que va apporter une telle publication en ligne, et quelle équipe va y travailler ?

Aujourd’hui, dans le monde francophone, il n’y a pas de média de référence capable de couvrir l’ensemble de l’écosystème du jeu, comme le font des titres anglo-saxons tels que iGaming Business ou EGR.
Nous, on veut occuper cette place.

Notre couverture sera large : la France, bien sûr, mais aussi la Belgique, la Suisse, le Luxembourg, et une partie de l’Afrique francophone, notamment le Maroc, où l’activité casino et hippique est très dynamique. L’idée, c’est de créer un réseau francophone du jeu.

Mais au-delà de l’actu, Les Enjeux veut surtout changer la perception du secteur. Trop souvent, le jeu est résumé à ses excès ou à ses risques, alors qu’il s’agit d’un univers d’innovation, de savoir-faire et d’excellence française. Des milliers de personnes y travaillent, des start-ups y inventent la tech de demain, des groupes investissent dans la RSE, la data, la sécurité ou la formation.

Pour construire ce regard global, je m’entoure d’experts : des avocats fiscalistes, des consultants spécialisés, des technophiles, des pros du casino, du poker ou du pari hippique. Ce sont eux qui apporteront la rigueur, la crédibilité et la diversité de points de vue.

Et enfin, un point qui me tient à cœur : Les Enjeux veut aussi inspirer. En mettant en lumière les réussites, on espère attirer de nouveaux talents, de nouvelles idées et de nouvelles énergies vers le secteur.

Quelle est votre vision du jeu à 1, 5 ou 10 ans en France et en Europe ?

La France, c’est un marché paradoxal : très encadré, parfois rigide, mais incroyablement riche. On compte plus de 200 casinos, soit le maillage le plus dense d’Europe. On a deux opérateurs historiques, la FDJ et le PMU, qui ont su se réinventer pour devenir de véritables acteurs digitaux et européens. D’ailleurs, la FDJ vient de franchir un cap avec le rachat de Kindred Group, propriétaire d’Unibet : un signal fort de l’ambition française.

Dans les cinq prochaines années, on va assister à une recomposition majeure du paysage du jeu en ligne. L’ouverture du marché des casinos en ligne est, à mon sens, inévitable. La vraie question, ce sera : sur quel modèle ? Et avec quelles garanties de protection et de responsabilité ?
Plusieurs visions vont s’affronter : celle des opérateurs terrestres, celle des acteurs déjà en ligne, celle du régulateur, du politique et des moralisateurs… Ce sera un moment clé, comparable à ce qu’a été l’ouverture du marché des paris en 2010.

Sur le long terme, je crois que le secteur va continuer à se professionnaliser et à s’ouvrir. On va vers un écosystème plus mature, plus connecté à la tech, à la data et à l’expérience client. Et je pense aussi qu’on va assister à une forme de réconciliation entre le jeu et la société. Parce que le jeu, au fond, c’est aussi du divertissement, de la culture, et parfois même du patrimoine.

Et nous, chez Les Enjeux, notre rôle, c’est de raconter cette évolution, d’en décrypter les ressorts et d’en faire un sujet de société à part entière.

(crédit photo : Audran Sarzier)

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Portraits / Interviews

Rencontre : Fivebet, poker et vision d’avenir avec Thomas Gimie

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Alors que le poker live connaît un nouvel essor en France, certains acteurs se démarquent par leur énergie et leur volonté de dynamiser le milieu. C’est le cas de Fivebet, une jeune structure qui s’impose peu à peu comme un nom à suivre dans l’univers du poker live. À sa tête, Thomas Gimie et benjamin Camps, passionnés de la première heure, entendent proposer une expérience différente : plus humaine, plus structurée, et résolument tournée vers les joueurs.

  • Pouvez-vous présenter votre société et vos activités, ainsi que votre parcours dans le poker ?

Avec benjamin, mon associé et co-fondateur, on s’est rencontrés il y a plus de 15 ans, et on a eu une carrière qui nous a fait beaucoup travailler ensemble, même si on était dans des endroits différents. On travaillait dans les tournois, partout dans le monde, et un peu à tous les postes.

Benjamin a pris des postes à plein temps, et moi, j’ai toujours été très indépendant en étant sur des tournois dans un cadre plutôt événementiel ! J’ai finalement dirigé beaucoup de tournois avant de monter Fivebet avec Benjamin.

  • Comment interagissez-vous avec vos équipes, celle du casino et celles de Winamax ?

C’est une bonne question ! Mon rôle ici est d’être l’intermédiaire entre tout le monde. Légalement, l’organisateur, c’est le casino. Winamax est le sponsor propriétaire de la marque avec son cahier des charges et ses process, tandis que moi, je suis là pour que tout le monde puisse marcher main dans la main, et réaliser l’objectif qu’on a tous, c’est-à-dire régaler les joueurs et créer des événements qui fassent date !

Moi, j’amène tous les extras poker. Christophe (le responsable du casino) de son côté a aussi d’autres extras comme la sécurité, les barmans… Au niveau des employés de jeu, on a 250 personnes supplémentaires que je manage pour le compte de Christophe, en vue d’assurer l’événement de Winamax.

  • Quels autres grands évènements organisez-vous dans l’année ?

Ici, on a au moins deux rendez-vous importants par an, qui sont les Swiss Poker Series mais aussi les Kill Tilt Poker Series. Ce sont des festivals qui fonctionnent vraiment bien.

Aussi, il y a une stratégie d’événements qui se veulent très gros et très ambitieux, mais il y a aussi des ambitions plus humbles qui sont d’aller combler des territoires qui sont en manque de poker. C’est ce qu’on essaye aussi de faire avec d’autres marques dans d’autres endroits de France où il y a une demande, mais très peu d’offres.

  • Avec la prééminence de Texapoker dans le live, comment avez-vous trouvé votre place et qu’apportez-vous comme savoir-faire ?

Le but était de développer une nouvelle part de marché, plutôt que d’essayer d’en grignoter à TexaPoker, et je crois que c’est ce qu’on a fait ! Soit on est allé faire du poker d’une autre manière dans des établissements qui en proposaient déjà, soit on est allé en faire dans des casinos qui n’en faisaient tout simplement pas. Tu vois par exemple, on ne travaille pas sur des casinos qui travaillaient avec TexaPoker avant qu’on arrive, ce qui fait que la concurrence est bénéfique pour le marché puisqu’on fait grossir le gâteau ! C’est notre approche des choses…

Nous ne sommes pas sur la multiplication du volume, et nous n’avons pas non plus pour objectif de décliner des produits qui sont les mêmes partout. Comme on est une jeune entreprise, on essaye de valoriser notre flexibilité et de développer des produits sur mesure en fonction d’un site. Le but est de mettre un peu d’âme dans tout ça !

 

 

 

Crédit photo : Caroline Darcourt 

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