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INTERVIEW : Kévin “Harper” Noblat, entre création de contenu, festivals et vision du poker moderne

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Dans cet entretien, plongez dans les coulisses d’un acteur clé du poker français, entre gestion de festivals, création de contenus et vision d’un jeu en pleine mutation. De l’évolution des grands événements à la montée en puissance du contenu digital, il revient sur les transformations d’un univers qu’il contribue à façonner au quotidien. Entre souvenirs de l’âge d’or, réflexion sur la professionnalisation du milieu et ambitions pour de nouveaux formats, il partage une vision à la fois passionnée et lucide du poker d’aujourd’hui et de demain

  • Vous êtes souvent décrit comme quelqu’un qui “vit à 200 à l’heure”. À quoi ressemble une journée type sur un festival comme Estoril ?

Sur un festival comme Esotril, on peut dire que c’est bien des journées à 200 à l’heure ! En effet, il y a pas mal de choses sur lesquelles je travaille. Le matin, ça commence par de la coordination et j’écris aux équipes. Je débute par tout ce qui est réseaux sociaux, il y a Baptiste pour la France et Raoul pour l’Espagne. Je vais leur dire quels vont être les moments forts de la journée, et quels sont les angles qu’ils vont pouvoir aborder. Ensuite, je vais faire la même chose pour les équipes de 100 % poker qui sont avec moi. Je vais aussi venir dans la salle pour faire un premier tour, rencontrer des gens. Il peut aussi y avoir des réunions stratégiques dans la journée !

Il y a aussi une autre partie importante, qui est la partie streaming dont je suis le manager éditorial ici. Je fais faire un point avec l’équipe technique, m’assurer que tout est bien OK. Je vais également rencontrer les directeurs des tournois avec qui je vais échanger sur comment concilier l’expérience joueur et en même temps la fluidité de la télévision, car il ne faut pas des dinner breaks trop longs, mais en même temps il faut que tout le monde ait le temps de manger… donc il y a toute cette partie conciliation !

Il y a aussi tout ce côté « pompier » dans la journée où j’ai mon téléphone et où je réponds aux équipes en ce qui concerne les petits problèmes qui peuvent survenir pendant la journée !

  • Vous pouvez nous raconter un peu ce que vous avez vécu dans les débuts du poker en France ? Vous avez des anecdotes ou des souvenirs marquants à nous partager ?

Il y a plusieurs actes dans l’évolution du poker français et dans la manière dont je l’ai vu progresser. Je pense que le poker, de manière générale, on peut le vivre de plein de façons. Ça peut être au camp de vacances, comme dans un milieu très professionnel. C’est à nous de définir le curseur, et c’est justement ce que je trouve génial dans le poker, c’est que l’on peut tout faire et tout vivre et, à la fin, n’importe qui peut gagner un tournoi !

Au début du poker, il y avait quand même une certaine folie ambiante. Quand les joueurs se présentaient sur un festival, ils faisaient le Main Event et c’était tout. Il n’y avait pas trop cette notion de jouer des side events. Le but était donc de booker une semaine à San Remo ou à Barcelone, et en cas de bust sur le premier jour, alors derrière, c’était 6 jours de vacances ! Donc il y avait vraiment un côté très festif où les joueurs aimaient embarquer toutes les personnes qui travaillaient dans le staff comme les croupiers, les journalistes, et c’était vraiment extrêmement festif ! Il fallait s’accrocher (rire) !

Moi-même j’ai passé un passé très très fêtard, je me suis beaucoup calmé maintenant, mais il y avait des soirées de fou. Je peux par exemple te raconter une soirée avec Anthony Lellouche, ancien joueur du Team Winamax. Une fois, on est sortis de la boîte du Bellagio à 4h du matin, on aurait dû s’arrêter là et rentrer chez nous, mais non ! Anthony est tellement un loup blanc au Bellagio qu’il arrive à aller voir un superviseur de l’établissement en lui disant qu’il a beaucoup joué ici, et il a fini par lui demander une suite pour la soirée !

Au final, ils nous ont accordé une suite gigantesque, avec une porte qui fait la taille de ma maison (rire) ! On avait vue sur les fontaines du Bellagio, et on a invité des personnes qu’on avait rencontrées en boîte, et ça te donne des fins de soirées incroyables. Il y a tellement d’anecdotes ! Il y avait un côté pas très sérieux qui n’est pas non plus très valorisant, mais c’était comme vivre la vie d’une rock star, c’était incroyable.

Aujourd’hui, c’est différent, il y a plein de façons de vivre le poker, et c’est ce que je veux montrer avec mes émissions. C’est un jeu tellement riche et ouvert à tous… c’est top !

  • Quand vous créez une émission comme 100% Poker, vous vous demandez avant tout : “ça plaît aux joueurs” ou “ça plaît au grand public” ?

C’est une bonne question car c’est la première qu’on se pose lorsque l’on est sur une feuille blanche, à savoir : à qui s’adresse-t-on ? Ça va évidemment définir toute la trame de l’émission, et il faut quand même l’aval de M6 car c’est eux qui vont donner le ton de celle-ci au final. Au départ, j’ai posé pas mal de questions à la chaîne, car à la télévision, il y a quand même des codes particuliers. Mais ils donnent quand même une grande liberté éditoriale. Ils savent qu’ils ont fait appel à un spécialiste poker pour qu’il puisse amener sa patte donc ça, c’est très cool.

Ensuite, l’idée c’est vraiment de montrer toutes les facettes du poker, donc il y a à la fois un côté démocratisation du jeu, mais je veux quand même, par exemple, que les personnes qui participent à l’Estoril Poker Fest soient à l’aise quand elles regardent et qu’elles apprennent quelque chose. C’est pour ça qu’il y a un sujet au début de 100 % poker, de 3 ou 4 minutes, qui permet de revenir sur le tournoi principal de la semaine, et ça, ça s’adresse à tout le monde ! Ceux qui ne connaissent pas le jeu découvrent l’ambiance, et ceux qui le connaissent vont reconnaître des joueurs etc…

Ensuite, on reçoit parfois des personnalités pour le côté démocratisation du poker, car lorsqu’on reconnaît quelqu’un de connu qui joue, ça peut donner envie aux gens de s’initier et de créer des passions.

J’aime aussi bien montrer ce côté narration, et le fait qu’on retrouve souvent les mêmes joueurs en haut du classement. Ça donne l’image d’un classement comme au tennis par exemple où on va pouvoir retrouver un Sinner ou un Alcaraz. C’est pour ça que j’aime bien et que je suis beaucoup le circuit High Roller car on a souvent les mêmes noms qui reviennent. Ça permet de narrer certaines rivalités entre les joueurs ! Le classement évolue, ça sportifie le jeu, et ça donne envie de suivre.

  • Est-ce que les nouveaux joueurs arrivent par le contenu ou par le jeu lui-même aujourd’hui ?

Je pense qu’on est dans une époque où le contenu va vraiment amener des joueurs vers le jeu. On est tous sur le téléphone H24 à consommer, il y a des moyens qui sont mis à disposition par les différents organisateurs de tournois ou opérateurs, donc on se rend bien compte que le nerf de la guerre, c’est le contenu. On découvre des créateurs de contenu qu’on trouve sympa et cool. Ça donne envie de s’y mettre !

Mais il y a plusieurs choses, il y a le côté contenu qui amène vers le jeu, et puis c’est quand même un jeu dont on aime bien parler entre amis. Personnellement, j’ai beaucoup fait découvrir le jeu rien qu’en en parlant, il y a un véritable vecteur social autour du poker.

Pour moi, le poker, c’est un des derniers bastions d’attention dans le monde ! Ce que je veux dire, c’est qu’aujourd’hui, il est très dur d’avoir une conversation sans être interrompu par un téléphone où on est tout le temps en train de swiper dans tous les sens. À une table de poker, on reste assis pendant 10h, on joue, et on ne pense à rien d’autre ! Ce qui est quand même incroyable dans un monde où il n’y a plus d’attention nulle part !

  • À votre avis, le poker est-il en train de devenir un sport de spectateurs comme le foot ou cela restera-t-il toujours niche ?

Le poker, c’est un jeu d’argent. Donc on ne pourra jamais toucher 100 % des gens. C’est un jeu qui est interdit aux mineurs, il peut comporter des risques, donc c’est important de le rappeler. Il faut être responsable quand on joue et engager uniquement des sommes qu’on peut se permettre de perdre. Et à cause de ce côté jeu d’argent, on ne pourra jamais toucher autant de personnes que dans le foot, où il y a ce côté populaire où on emmène ses enfants au stade. Il y aura toujours cette barrière qui perdurera !

Après, je sens que tous les acteurs de cette industrie ont à cœur de remettre le jeu au centre de l’échiquier, avec moins de barrières et moins de guerre entre les opérateurs ou organisateurs. Il y a de plus en plus d’échanges d’informations entre tout le monde, et on sent qu’ils ont envie de pousser le poker en tant que poker avant de pousser une room en particulier ou un événement. Donc je trouve ça génial, ça va dans le bon sens, et vers une « sportification » qui va faire beaucoup de bien au jeu.

  • Si vous n’étiez pas dans le poker, vous seriez où aujourd’hui ?

Je pense que je ferais plus ou moins la même chose mais dans le sport ! Je suis passionné de sport, et j’ai ce côté où, quand j’aime quelque chose, je suis H24 dedans. J’aime aussi la transmission. Quand j’aime quelque chose, je veux en parler à tout le monde et que tout le monde connaisse. Donc je pense que je ferais la même chose dans le sport.

J’avais commencé très tôt dans des petits journaux départementaux et je travaillais dans la rubrique sport à l’époque. Si je n’avais pas connu le poker, j’aurais continué dans ce domaine !

  • Des objectifs pour 2026 ? Y a-t-il des choses que vous souhaiteriez encore réaliser ?

Oui, toujours ! Je n’aime pas dormir sur les projets, donc ceux qui existent, je veux les faire évoluer et avancer. À chaque émission, je me demande ce qu’on a moins bien fait et comment l’améliorer.

Ensuite, j’ai toujours des projets de nouvelles émissions, de nouveaux concepts que j’ai en tête et que je ne vais pas totalement te dévoiler maintenant car je travaille encore dessus. Mais l’idée, c’est de créer de nouvelles émissions plus à destination de YouTube ! Ce sont vraiment des concepts orientés pure poker avec le jeu au cœur de l’émission.

 

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INTERVIEW : Hadrien Gallois, une approche hybride du poker moderne

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Présent sur les festivals avant tout pour partager des moments avec sa communauté, Zchance continue néanmoins de garder un vrai niveau d’exigence dans son jeu online. Il explique comment il jongle entre performance poker et création de contenu.

  • Comment se passe ton début de festival jusqu’ici ? Tu aimes le spot ?

C’est une première pour moi, je n’étais jamais venu au Portugal, donc je ne savais pas trop à quoi m’attendre. Le spot est vraiment cool, la ville est sympa, il fait beau, et le casino est super grand. Franchement, j’aime beaucoup. J’espère qu’il y aura une autre édition !

Sinon, niveau poker, ce n’est pas terrible pour l’instant, mais bon, ce n’est que le début. Souvent, sur ce genre de festival, je privilégie le Main Event et tant que je ne suis pas qualifié pour le Day 2, j’envoie des boulettes sur chaque flight ! Par contre, si je bust et que je ne peux plus continuer sur le Main, j’évite d’aller sur les sides parce que je préfère rencontrer les gens, voir les viewers, boire des coups avec eux… Ils adorent ça, et moi aussi !

En général, les seuls sides que je fais, c’est le samedi ou le dimanche, comme le High Roller ou des tournois du même genre. En revanche, les 150 € de l’après-midi, ce sont les seuls tournois que je ne fais pas, parce que je préfère vraiment profiter, faire les activités et passer du temps avec les gens. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles je viens sur ce type de festival !

  • Y a t-il une dynamique particulière aux tables ici, au Portugal ?

Ça, c’est une bonne question. Je ne suis pas un expert du live, mais j’ai déjà croisé pas mal de joueurs portugais à mes tables, et ma première impression a été qu’ils étaient quand même très agressifs, un peu comme les Espagnols. Là où les Français sont un peu plus passifs, les Portugais, eux, sont beaucoup plus agressifs, mais sans forcément être dans le contrôle.

J’en ai discuté avec des amis qui ont beaucoup plus d’expérience que moi en live, et ils ont confirmé cette tendance ! Du coup, ils sont plus durs à jouer, parce qu’un profil agro, même s’il fait n’importe quoi, sera toujours plus difficile à affronter qu’un profil passif. Mais d’un autre côté, les jetons volent plus facilement, donc tu peux aussi te faire pas mal livrer.

Personnellement, je préfère jouer contre des mecs très agressifs, parce qu’ils mettent les jetons au milieu et il y a plus d’action. Le mec qui ne joue aucun coup, pour lui prendre son stack, ça va prendre des heures. Il faut grignoter petit à petit, et ce n’est pas la même chose !

  • Quand tu arrives sur un festival comme Estoril, tu arrives plutôt en mode création de contenu ou en mode performance ? Ou les deux en même temps ?

Pur créateur-touriste (rire) ! Ici, je ne suis pas du tout dans la performance. En ligne, je recherche la performance ; en live, pas du tout. Le seul festival où j’ai vraiment essayé d’être performant, c’était aux WSOP à Vegas, quand j’y vais.

Comme je te l’ai dit, quand je viens ici, c’est pour être avec les gens, faire des beer pong avec eux… Après le festival, les viewers viennent souvent me dire sur le stream qu’ils sont venus boire une bière avec moi, que c’était cool, et j’adore ça !

Donc, sur ce genre de festival, le poker, c’est un plus. D’ailleurs, j’ai déjà remporté un tournoi sur un événement de ce type il y a quelques années, mais au Day 2, j’étais sorti jusqu’à très tard la veille. Quand je suis revenu aux tables le lendemain, je voyais une carte sur deux… Franchement, c’était très compliqué (rire) ! Mais au final, ce sont des choix que je fais. Peut-être qu’un jour ça changera, mais pour le moment, je préfère profiter et passer du bon temps sur ces événements.

Pour l’instant, je ne tryhard pas le live, j’ai plein d’autres choses à faire. J’essaie d’avancer sur mon contenu vidéo et j’ai donc très peu de temps à consacrer au live, mais ça me va très bien comme ça !

  • Tu es très identifié comme streamer et créateur de contenu : qu’est-ce que les gens ne voient pas de ton travail en tant que joueur ?

Mon objectif n’est pas de devenir un top reg, parce que ça demande trop d’investissement, et peut-être même des qualités que je n’ai pas… En tout cas, le but, c’est de rester gagnant là où je suis, et ça demande quand même un minimum de travail.

Personnellement, chez moi, c’est très cyclique. Il y a deux ans, j’avais connu ma première année perdante en 15 ans de jeu online et je m’étais un peu remis en question. J’avais pris un coach pendant toute l’année, qui m’avait suivi, et ça m’avait fait beaucoup de bien : je me sentais plus fort.

Derrière, j’avais fait une super année, donc c’était probablement lié. Par contre, cette année, je n’ai pas continué, parce que ce sont de vrais sacrifices. Faire des journées complètes de coaching, prendre du temps pour réviser ce que j’apprenais… Mine de rien, ça prend énormément de temps. Et du temps, je n’en ai pas tant que ça !

On ne s’en rend pas compte, mais il faut répondre à la communauté, aux mails, aux propositions, monter des vidéos, trouver des idées de contenu et essayer d’être créatif… Tout ça prend du temps. Et en plus de ça, je grind une bonne partie du temps ! Au minimum, je fais trois sessions par semaine, mais parfois, quand j’en ai envie, je peux jouer tous les jours pendant quinze jours. Je stream une session sur deux ou trois, donc ça demande aussi beaucoup d’énergie.

Au final, j’ai un fonctionnement par cycles. En ce moment, je fais pas mal de création de contenu, et peut-être que dans six mois je vais me trouver nul au poker et reprendre le travail du jeu sérieusement. C’est un peu le rythme que j’ai adopté. J’essaie de trouver un bon équilibre entre tout ça.

  • En te suivant un peu, j’ai cru comprendre que tu retravaillais pas mal ton jeu ces derniers temps, tu sens une évolution dans ta pratique du poker (sur un tel festival par exemple) ?

Là, je viens de passer quinze jours où j’étais en vocal avec un ami chaque matin pour échanger sur des mains, regarder les solvers… et ça m’a fait beaucoup de bien ! C’est aussi pour ça que j’ai énormément grind ces derniers temps. Je me sentais bien et en confiance.

Maintenant, peut-être que je vais moins travailler pendant un mois, puis reprendre ensuite avec une sorte de petit bootcamp.

En ce qui concerne le live, ce n’est vraiment pas mon point de repère, parce que je n’y joue pas assez. Mon truc à moi, c’est clairement le poker online !

  • Est-ce que tu retravailles des spots précis (ICM, PKO, late game, etc.) ou plutôt des bases globales ?

Ça dépend de mes envies, en fait ! J’essaie de prendre des notes quand je joue et d’identifier les points sur lesquels je ne suis pas à l’aise pour les travailler plus tard. Parfois, ce sont les fondamentaux ou les ranges préflop. Ensuite, je me fais une semaine où je focus uniquement ces aspects-là.

Dernièrement, il y a un domaine dans lequel je me trouve vraiment nul : les spots spécifiques aux KO. Comme on ne joue quasiment plus que des KO online, il faut devenir de plus en plus compétent dans ce format pour réussir à tirer son épingle du jeu. Du coup, tous les spots sur lesquels j’ai travaillé récemment tournaient autour de ce thème.

Par exemple, comment jouer quand il y a un petit stack à table avec un gros bounty, ou encore la stratégie générale sur ce format…

Je ne suis pas le plus gros bosseur du monde, mais pour moi, il y a deux profils de joueurs de poker. Il y a les amoureux de la théorie, qui préfèrent travailler hors des tables plutôt que jouer, et l’autre profil, comme moi, qui préfère grinder. Au final, c’est bien de bosser, mais à un moment donné, il faut aussi jouer et prendre de l’expérience !

  • Des objectifs pour 2026 ? On te verra à Las Vegas pour les WSOP ?

Las Vegas, je n’y serai pas cette année. J’essaie d’aller aux WSOP une année sur deux. À la base, je voulais y aller cette année, mais il y a deux événements qui tombent en même temps et je n’avais pas envie de les rater.

On m’a proposé de venir commenter les WSOP sur la Winamax TV. J’hésitais quand même un peu, mais je ne suis pas le plus grand fan de Vegas, donc j’ai finalement choisi de bosser avec Winamax en tant que commentateur.

Il y a ça, mais aussi une très grosse promo Expresso qui va sortir cet été sur Winamax, en lien avec la Coupe du monde. Ça faisait un moment que j’avais envie de faire un challenge Expresso, donc là, c’est l’occasion parfaite. Et puis, ça fait aussi plaisir à Winamax, qui reste quand même mon sponsor, donc je suis très enthousiaste à l’idée de le faire !

Ça me permet aussi de diversifier mon contenu. L’objectif n’est pas non plus de grinder les Expresso dans mon coin sans rien partager. Je vais faire une série autour de ce thème où je vais découvrir la promo, donner des conseils, mais aussi me faire coacher. Je vais donc pouvoir proposer un contenu différent de ce que je fais d’habitude sur ma chaîne YouTube.

Je sais aussi que j’ai des viewers qui sont intéressés par ce format, donc je trouve ça vraiment cool !

 

 

 

Crédit photo : Winamax / Caroline Darcourt 

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INTERVIEW : Adrien Dumont, du grind online à la conquête du live

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Adrien Dumont, plus connu sous le pseudo DumTrip, s’est fait un nom sur les tables online et en tant que streamer. Habitué au grind quotidien et à un gros volume de jeu, il découvre progressivement l’univers du live, avec ses dynamiques différentes et ses exigences mentales. Entre adaptation aux profils, gestion de la variance et envie de progresser, il nous parle de cette transition et de ses objectifs pour la suite de sa carrière poker.

  • Tu es surtout connu comme joueur online, qu’est-ce qui t’a donné envie de venir plus souvent jouer en live ?

Ça se passe super bien, le cadre est dingue donc c’est très cool ! Les alentours sont sympas avec le bord de mer donc c’est vraiment très agréable. Niveau tournois, c’est plutôt pas mal aussi.

J’étais resté sur une mauvaise expérience à Aix-en-Provence, je n’avais rien fait sur une semaine et j’y avais laissé 10.000 €, mais là, dès le premier tournoi, sur l’Opener Mystery, j’ai fait Day 2 pour une 30e place donc ça fait un petit deep run, c’est bien.

Par contre, hier j’ai repris mes vieux travers, j’ai rebuy pas mal de fois sur le Main, et j’ai joué aussi un tournoi à 150 € que je n’ai pas ITM. Je ne sais pas si je vais jouer le High Roller, car c’est un peu cher pour moi mais ça peut valoir le coup, donc ça dépendra si je me qualifie sur le Main ou non.

  • Est-ce que tu adaptes beaucoup ton style quand tu passes du online au live ?

Pour l’historique, j’ai commencé ma carrière en grindant les limites petit à petit, et à l’époque, c’était compliqué de pouvoir venir sur ce genre de festival car ça n’est pas le même budget qu’online. Il y a les frais, les buy-ins… Il y a aussi le fait que je me suis expatrié au Costa Rica puis au Canada, donc ça fait partie des raisons pour lesquelles on ne me voyait pas sur la scène française.

Là, je suis rentré du Canada en avril dernier juste avant le WiPT, qui a d’ailleurs été mon premier festival en France, et comme je suis maintenant en partenariat avec Winamax, je fais tous les événements by Winamax et c’est vraiment super de découvrir ça ! C’est une petite communauté, c’est très agréable.

Une fois, j’ai fait un autre événement qui n’avait rien à voir avec Winamax, et il fallait surtout grind toute la journée… Moi, j’ai besoin qu’il y ait ce côté fun qu’on retrouve sur ces events. Puis j’ai très peu d’expérience en live donc je vais encore attendre avant de me lancer sur les WSOP ou sur les EPT. Ici, je me sens confiant, je fais mes armes, et je pense que c’est une bonne porte d’entrée pour jouer du live. En plus, ici, tous les tournois sont en 6-max, c’est vraiment top. Puis j’ai encore un peu de mal à accepter la variance, de jouer 6h pour bust avant l’ITM… Je dois progresser là-dessus.

  • Comment gères-tu la variance et les swings en live ? On sait que la variance y est très présente, mentalement ça peut être dur… Comment tu gères ?

Je ne gère pas ! Je suis tilté ! Online, j’ai pourtant une bonne gestion par rapport à ça, je ne suis pas énervé quand je bust un tournoi, mais en live, c’est compliqué. Hier, j’ai lâché mes deux boulettes du Main en 2h. J’avais prévu de jouer longtemps et ça m’a frustré. Du coup, je ne suis pas très agréable quand je sors du tournoi (rire) ! Je pense que j’ai pas mal de progrès à faire là-dessus, et il faut que j’accepte que sur une semaine de festival, on va peut-être jouer 12 tournois, ce qui n’est même pas la moitié d’une session online quand je joue 70 tournois.

Il est donc normal que sur une semaine de tournoi, on puisse se faire éliminer de partout, et il faut que j’arrive à intégrer ça. C’est assez frustrant, car online je ne suis pas habitué à ça, car j’envoie beaucoup de volume !

J’ai commencé à me faire coacher sur l’aspect mental en juillet dernier. J’avais fait un UDSO à Lyon et j’ai rencontré un ancien joueur de rugby qui s’appelle Hugo Dupont. Il m’a dit qu’il s’intéressait beaucoup à la préparation mentale, et il m’a proposé d’en discuter. J’ai accepté de bosser avec lui et il m’a même coaché sur d’autres aspects.

Jusqu’ici, j’avais beaucoup bossé la technique parce que j’adore ça et que je considérais que c’était important d’avoir des bases solides, mais j’ai l’impression que depuis que j’axe un peu plus sur le mental, j’ai un énorme levier, et ça se passe beaucoup mieux. Je rééquilibre entre technique et mental et c’est top.

  • As-tu des routines ou des habitudes que tu mets en place avant d’aborder un festival comme celui-ci ?

Pour Estoril je suis vraiment venu en vacances ! Je suis même venu sans les caméras. Je me suis dit que j’allais profiter du moment et que ça me permettrait d’être plus focus sur ce qu’il se passe à table. Je n’ai donc pas tellement fait de routine. Je m’applique à la table, j’essaye de bien suivre les actions et de ne pas faire de faute de jeu.

En dehors de ça, je fais quand même du sport tous les jours, mais je ne suis pas dans la sur-organisation d’une routine. Je ne vais pas te cacher que j’aime bien faire la bringue aussi donc je ne compte pas trop les pintes… Sur l’Open Mystery j’en avais quelques-unes dans le nez, ce n’est pas hyper pro mais on est aussi là pour profiter (rire) !

Online j’ai quand même quelques petites routines au final. Je m’assure que mon téléphone est éteint, que ma bouteille d’eau est remplie, que j’ai répondu à tous mes messages pour être sûr que pendant la session, je devrai m’occuper uniquement de mes mains de poker. En live, c’est vrai que je suis un peu plus en dilettante.

  • Y a-t-il des profils de joueurs live qui te posent particulièrement problème ?

Globalement, le niveau live sur les tournois Winamax est très faible par rapport à ce que je joue online, donc ce ne sont pas les mêmes profils, et donc il y a des adaptations à faire et que je ne fais pas forcément. Il y a beaucoup de joueurs qui vont limper, qui vont jouer la force de leur main… Il faut savoir s’adapter à tout ça et à mes limites, ce sont des erreurs qu’on ne voit pas souvent. En semaine, online, je vais jouer des 50 € et des 100 €, mais le week-end c’est plus des 250 € et plus.

Donc en jouant ces limites, on côtoie les meilleurs joueurs du .fr, alors forcément je n’ai pas les réflexes que je peux avoir online. Mais c’est très intéressant, car ça me permet de me demander comment réagir face à des joueurs qui jouent des tournois à 1/2/5 €.

Donc pour répondre plus précisément à ta question, je ne suis pas tombé sur des joueurs qui m’ont vraiment posé problème. Beaucoup jouent à cœur ouvert, ils ne veulent pas être éliminés, et pour certains c’est le tournoi de l’année donc on peut assez vite se servir de ça pour prendre l’ascendant.

  • Quels sont tes objectifs pour 2026 ? On te verra à Las Vegas pour les WSOP ?

Je n’irai pas à Vegas ! C’est vrai que dans la tête des gens, c’est une suite logique d’aller faire des Vegas et des EPT, mais ça n’est pas du tout mon approche du poker. J’ai l’impression d’être heureux là où je suis, et je n’ai pas tellement envie d’aller plus loin. J’aime faire mon grind tous les jours, streamer… C’est vraiment une routine où j’ai très peu de frustration, donc du plaisir.

Par contre, sportivement, j’ai des objectifs. J’aimerais me développer davantage dans la course et le trail. Ça soutient le poker car ça me permet d’avoir une meilleure hygiène de vie , et en ce qui concerne le poker, j’aimerais bien me refaire coacher comme il y a 1 an car je sens que techniquement mon niveau stagne étant donné que je travaille très très peu. En revanche, je trouve que le field online bosse beaucoup et devient vraiment meilleur ! Donc c’est important de ne pas se faire rattraper et de continuer à travailler régulièrement, ce que je ne fais pas trop. Je fais beaucoup de création de contenu et c’est un peu au détriment de la progression poker.

Je veux donc remettre en place du coaching technique, être plus intelligent dans les choix que je fais au niveau de la macro, et continuer à prendre du plaisir et jouer avec passion ! Je veux vraiment bien crush le .fr, être un très bon reg ABI 50, et maximiser les profits sans pour autant devenir ultra compétitif. C’est un peu ce que je cherche à faire et à devenir !

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Interviews

Interview : Emilien Pitavy, prêt à briller sous les couleurs de Winamax !

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À peine cinq ans après ses débuts, Emilien Pitavy franchit un cap symbolique en intégrant le Team Pro Winamax. Entre ambitions internationales, immersion dans les circuits les plus prestigieux comme les Triton ou les WSOP, le jeune prodige français aborde une nouvelle étape de sa carrière. Il revient sur son ascension, son expérience auprès des meilleurs, et les défis qui l’attendent désormais au plus haut niveau.

  • Vous avez récemment rejoint le Team pro Winamax, comment s’est passé votre recrutement et votre intégration ?

J’ai reçu un message de Stephane Matheu aux alentours de début janvier 2026 pour une prise de contact et, très vite, on a eu un premier entretien. Entre-temps, je suis parti à Chypre pour jouer un festival High Roller, et juste après, j’ai eu un message de Stephane où il me disait que mon profil matchait bien avec ce qu’ils attendaient chez Winamax ! L’annonce de mon intégration dans le Team a donc été faite juste avant mon départ pour Jeju début mars.

Durant l’EPT Paris, je suis allé dans les locaux Winamax pour faire les interviews d’entrée et rencontrer un peu tout le monde ! Une fois à Jeju, j’ai eu les premiers contacts avec des membres du Team comme Mustapha Kanit et Adrian Mateos, que je connaissais déjà, mais cette fois, on a pu échanger en tant que collègues, on va dire !

Maintenant, la grosse étape va être le séminaire du Team Pro à Aix-en-Provence, et là, je vais vraiment pouvoir rencontrer tout le monde ! Ce sera la première fois que je vais pouvoir discuter avec certains du Team.

  • Quel avantage voyez-vous à être Team Pro ? On pourrait penser qu’un joueur comme vous, qui a déjà de si belles performances à son actif, n’a pas besoin d’un encadrement !

D’un point de vue personnel, je trouve que c’est quand même une belle marque de reconnaissance de la part de la communauté ! En quelque sorte, ça concrétise quelque chose d’important dans ma carrière, je le vois un peu comme une sorte de continuité. Maintenant, je me sens le devoir de faire briller la marque sur la scène internationale, et je vais essayer de faire au mieux !

Je le vois aussi surtout comme une récompense. Quand on est joueur de poker français, quand on commence notre carrière, on voit surtout le Team Winamax comme un symbole d’excellence et de prestige et, du coup, y avoir accès 5 ans après le début de ma carrière, c’est vraiment très agréable, je suis très fier !

  • Vous êtes désormais le seul Français du Team à jouer les MTT live high stakes comme les Triton. Allez-vous donc proposer du contenu sur le sujet dans les semaines ou mois à venir sur Winamax ? (Vidéos, blog…)

Oui ! Il y a déjà quelque chose qui arrive et que je vais tourner demain. Durant une semaine, je suis à Paris pour les différentes interviews en ce qui concerne les médias poker, pour streamer dans les locaux de Winamax, et il est également prévu que je prépare du contenu de ce type.
Cette année, je vais jouer les quatre festivals Triton, plus les WSOP à Vegas quasiment en entier, donc il y aura largement de quoi faire en matière de contenu par la suite !

Aussi, quand je suis rentré chez Winamax, je me suis posé la question de savoir si j’allais participer à des épisodes de Dans La Tête D’un Pro, car c’est une émission que j’ai beaucoup suivie par le passé ! Si j’ai l’opportunité de le faire, ce sera aussi une grande fierté pour moi.

  • Vous avez fait partie de l’environnement de Fedor Holz (dans la team Soon), qu’est-ce que vous gardez de cette expérience ? Avez-vous senti votre jeu exploser durant cette période ?

Clairement, ça a été un tremplin énorme sur différents aspects. Ça m’a permis d’avoir accès à des games beaucoup plus chères puisque j’ai eu l’opportunité d’être stacké sur ces tournois. Je n’aurais jamais pu commencer à jouer les Triton aussi tôt si je n’avais pas eu Fedor en appui ! J’ai commencé à jouer mes premiers Triton fin 2024, mais c’est aussi en grande partie parce que ça s’était très bien passé pour moi l’année précédente. Mais en effet, d’un point de vue pratique, le fait d’avoir eu un investisseur qui a pu me stacker sur les tournois les plus chers du monde, ça me permet de les jouer et c’est une chance incroyable !

Aussi, ce qui m’a le plus servi dans ma carrière de joueur de poker en termes de progression, c’est d’avoir été au contact de joueurs qui, comme moi, étaient très jeunes et super ambitieux, et qui ont depuis explosé aussi ! Le fait d’avoir travaillé à leurs côtés pendant deux ans, ça a juste décuplé la vitesse à laquelle je progressais, ça m’a énormément apporté.

Et le dernier point, c’est le côté mentorat dont j’ai bénéficié dans cette team. Fedor m’a beaucoup apporté, non seulement sur l’aspect financier comme je te disais, mais aussi sur le côté coaching mental puisque j’avais des sessions régulières avec lui où il pouvait me donner des conseils sur ma carrière, les choses à modifier pour continuer à progresser… Toutes ces choses m’ont aidé à être dans les meilleures conditions !

  • Maintenant que vous êtes Team Pro, c’est quoi la suite pour vous côté objectifs, volume, et impact dans la communauté ?

Le premier objectif sera de faire briller la marque sur les tournois les plus prestigieux ! Je vais donc axer mon calendrier principalement sur les Triton et les WSOP. On va essayer d’aller chercher un titre, même si on sait que c’est beaucoup soumis à la variance, mais le but, c’est de faire un maximum de volume live pour maximiser mes chances de performer !

Il va aussi falloir que je développe mes réseaux sociaux et ma visibilité, car je pense que c’est important pour moi et la marque ! Ça n’est pas mon objectif numéro 1, mais c’est vrai que c’est quelque chose que j’ai très peu développé depuis le début de ma carrière, car j’estimais que j’allais faire parler de moi en travaillant fort de mon côté et en enchaînant les performances ! Mais maintenant que je représente une marque, il va falloir que je développe les réseaux, et ça n’est pas forcément quelque chose de naturel pour moi à l’heure actuelle.

  • À quoi ressemble votre journée type ? (routine, méthode de travail du jeu, préparation)

J’ai surtout une routine de travail au quotidien en fonction d’où je me trouve, car lorsque je ne suis pas sur un festival live, mes journées sont assez déstructurées. En début de journée, je travaille généralement mon poker hors table, et j’oriente souvent ma fin de journée sur le grind online.
En tout cas, je n’ai jamais été un adepte des routines hyper structurées avec méditation, respiration, etc… Ça n’est pas des choses que je fais !

D’un autre côté, quand je joue en live, j’essaie surtout de bien dormir, bien manger et faire un peu de sport. Ce que j’aime bien faire, après mes tournois, c’est revoir directement les mains qui m’ont posé problème dans la journée pour pouvoir dormir l’esprit tranquille ! Par contre, le matin, lors des festivals live, j’aime essayer de déconnecter du poker et faire en sorte d’arriver dans un bon mindset dès le début de la reprise du tournoi du midi ou du lendemain.

Globalement, je n’applique pas une routine hyper disciplinée et millimétrée, et je ne compte pas trop changer ça. Par contre, j’ai commencé à travailler l’aspect mental avec Stephane Matheu, le coach du Team. Il me proposera certainement des ajustements pertinents à mettre en place en ce qui concerne ma routine de travail !

  • Le poker a énormément évolué ces dernières années. Selon vous, qu’est-ce qui fait aujourd’hui la différence entre un très bon joueur et un top reg ? 

Je dirais que ça n’est pas une seule chose qui va faire la différence, mais disons que le top reg va être une version améliorée d’un très bon joueur, et ce, sur l’ensemble des aspects qu’on peut trouver dans cette discipline qu’est le poker. Que ce soit la connaissance théorique, la capacité à bien s’adapter aux joueurs adverses, à reconnaître et bien interpréter les tells, mais aussi le fait d’avoir une routine qui permet d’arriver à 100 % dans les moments importants !

Ce dernier point est d’ailleurs très important à mes yeux, je pense que c’est ce qui fait clairement la différence entre un très bon joueur et un top ! Il faut réussir à performer au maximum de ses capacités dans les moments importants, et surtout en fin de tournoi.

Cependant, il n’y a pas de recette miracle, c’est juste l’expérience et tout le travail fait depuis x années qui permet d’arriver à être meilleur sur tous les aspects du jeu !

 

 

 

 

Crédit photo : Winamax / Caroline Darcourt 

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