Portraits / Interviews
Texapoker : à la conquête de l’Europe
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1 an agoon
Doit-on encore présenter Texapoker, né en 2008 de la volonté inépuisable de son créateur, Apostolos « Apo » Chantzis, de promouvoir le poker à tous les niveaux de la société, de la plus petite compétition lowstakes aux tournois internationaux ? Devenu très large leader du poker en France, il se lance désormais au niveau européen pour inaugurer en ce début d’année, au Club Circus à Paris, le tout nouvel ECOP. Ces European Championship Of Poker vont offrir le savoir-faire de Texapoker à toute l’Europe durant la saison 2025, emmenant le triumwirat qui dirige la société —Apo, François Lascourrèges et Mickaël Lesage— aux quatre coins du vieux continent. Rencontre avec ces trois piliers qui écrivant, chaque jour, le quotidien et le futur du poker.
Quel bilan tirez-vous sur l’année 2024 qui vient de s’écouler ?
Apo : Un bilan très positif, bien sûr, avec une belle croissance à deux chiffres et deux nouveaux partenaires Online, Winamax et Parions Sport en Ligne, ce qui nous permet d’avoir une offre extrêmement complète en live.
François : Tous les ans c’est la même chose, l’année passée était incroyable et les années qui arrivent sont au-delà de notre imagination ! 2024 est l’une de plus belle année pour Texapoker, 3 évènements en particulier m’ont marqués. Tout d’abord le WiPT Paris était l’un des événements les plus dingues auxquels j’ai participé, que ça soit du tout début lorsque Winamax nous accorde leur confiance en 2023, avec un nombre de réunion incalculable pour la préparation de l’évènement que ça soit en interne, avec notre partenaire du Club Circus, avec nos différents prestataire et avec Winamax. Jusqu’au début de l’installation avec cette salle totalement vide qui s’est remplie en l’espace de 48h, avec ce gigantesque freeroll le premier week-end ! Du premier tournoi payant avec plus de 8200 entrées et 3M€ de prizepool redistribué au total compatibilité dans la semaine jusqu’au dernier tournoi et la victoire Jeremy qui brandit cette épée légendaire ! Et pour finir le lundi 18 mars où cette salle s’est vidée à la vitesse de la lumière, comme dans un film après l’effort avec la tête qui tourne en gardant ce sourire béat ! (rires)
Apo : Et un mois et demi seulement après le WiPT, nous avons eu l’opportunité incroyable d’organiser un évènement unique en France, les WSOP Circuit à Paris au Stade Jean Bouin avec notre partenaire de longue date le Groupe Partouche… C’était aussi un grand moment de l’année.
François : Un évènement à 90 tables sur 3 étages dans ce stade mythique qu’est le stade Jean Bouin au coeur de Paris face au Parc des Princes, une vue unique sur la pelouse du stade depuis le 3ème étage avec une table finale digne des plus grands tournois international, plus de 4300 entrées et 2,6M€ de prizepool redistribué. Quel plaisir de pouvoir participer à ce genre de projet !
Apo : Pour finir, il y a eu le Championnat de France à Aix en Provence qui est un pur produit Texapoker avec un potentiel de développement impressionnant. Voir les énormes portraits des champions de France dans la salle, ses médailles, ses titres décernés, c’est l’évènement à ne pas manquer dans l’année et qui sera à suivre de très près chaque année.
Pouvez-vous nous décrire de l’intérieur l’organigramme de Texapoker ?
François : Au sommet nous avons évidemment Apo qui a créé et imaginé Texapoker en 2008 aujourd’hui il prend du recule sur l’opérationnel et négocie les contrats avec nos partenaires que nous mettons en place ensuite avec notre équipe. Mika et moi-même sommes les directeurs de la société, Mika pour la partie exploitation qui a commencé à travailler avec Texapoker en 2017 et moi je m’occupe de la partie production et j’ai commencé à travailler avec Apo en 2012. Ensuite nous avons Basile le frère d’Apo qui l’accompagne depuis toujours dans la relation client, Alex notre directeur de tournoi en Italie, Stéphane le fils d’Apo pour la partie financière, Nicolas dans le support et le développement numérique, Florence pour la communication, Olivier à la logistique, Elodie notre responsable RH avec ses 2 assistantes Lyly et Chimène et Latifa pour la partie partenariat internationaux. On compte également de nombreux prestataires essentiels au bon fonctionnement des rouages de Texapoker. Mais le plus importante reste notre équipe de TD, floor, assistant floor, dealer coordinator, chiproomer, caissier et croupier, c’est un total de 585 personnes qui travail tout au long de l’année sur les tournois Texapoker qui ne cesse d’évoluer d’année en année …
Mickael, quel regard portez-vous sur votre trajectoire au sein de Texapoker, depuis votre arrivée ? En quoi consiste votre travail au quotidien ?
Mickael : C’est une aventure incroyable. Quand je suis arrivé chez Texapoker, j’étais animé par une passion pour le poker et l’organisation d’événements, mais je ne m’attendais pas à ce que cette expérience devienne aussi enrichissante. J’ai vu l’entreprise évoluer, se professionnaliser et se positionner comme un acteur incontournable des tournois en France et en Italie. Cette trajectoire est le fruit d’un travail collectif avec Francois et Apo , d’une vraie vision et d’une capacité à innover constamment. Je suis fier de contribuer à cette dynamique.
Mon rôle est polyvalent et évolutif: Le premier est d’être le directeur d’exploitation de la société est au cœur de la bonne marche des opérations. Chaque journée est différente, mais globalement, mon travail consiste à superviser l’ensemble des activités opérationnelles pour garantir le bon déroulement de nos tournois de poker. Le second est directeur de Tournoi, je m’occupe principalement de la coordination des événements, ce qui inclut la gestion des équipes, la logistique, et bien sûr, l’expérience des joueurs. Il faut s’assurer que tout soit fluide, des inscriptions à la table finale. Je suis aussi impliqué dans la stratégie à long terme, notamment en ce qui concerne le développement de nos nouveaux partenariats et l’amélioration continue de nos offres. Chaque jour est un défi, mais c’est cette diversité qui rend mon travail passionnant.
Vous lancez coup sur coup deux nouveaux circuits, pouvez-vous nous les présenter ?
Apo : L’ECOP un produit dirigé vers l’international avec des étapes à Paris, Rozvadov, Barcelone, SANREMO et dans l’attente de confirmation de deux autres étapes et comme partenaireonline PMU.fr . Et le main event c’est le ECOP Millenium avec sa structure inégalée
Le NATIONAL Poker Series un tournoi pour le moment France et italie avec des tournois à tous les prix une idée de François et Mickael et notre partenaire online sera Winamax le spécialiste des tournois six handed.
Comment comptez-vous construire votre stratégie européenne ? Avec quels casinos allez-vous travailler ?
Apo : Depuis quelques années et après avoir réussi à faire de SANREMO, le casino avec les plus grosses fréquentations et battu tous les records grâce à la confiance de la direction et conseil d’administration, j’ai pensé qu’il était temps de conduire mes équipes vers des nouvelles destinations comme Barcelone , et bien d’autres.
Comment arrive-t-on à concilier une vie de famille et une vie sur la route perpétuellement ?
François : Ce n’est pas simple tous les jours, on ne va pas se mentir ! Mais Mika comme moi ont une chance extraordinaire d’avoir des femmes d’exceptions qui nous accompagnent dans notre projet professionnel tous les jours. Il n’y pas de secret, pour concilier la vie de famille et la vie professionnelle il faut que les 2 acceptent les inconvénients et les avantages.
Mickael : C’est vrai que le rythme peut être intense, surtout avec les déplacements fréquents et les longues journées sur les tournois. Mais la clé, c’est l’organisation et la communication. J’essaie de planifier à l’avance mes absences et de maximiser les moments de qualité avec ma famille quand je suis à la maison. C’est un équilibre délicat, mais pas impossible.
Pouvez-vous nous donner une idée, en chiffres marquants, de votre activité 2024 ?
François : A l’heure à laquelle j’écris ses lignes 2024 c’est 450 festivals, 3100 tournois, 215 000 entrées, 29 000 places payées et 47 000 000€ de prizepool distribués. 21 casinos/clubs dans 3 pays avec environ 600 tables et 585 personnes qui peuvent officier en France en tant que TD, floor, assistant floor, dealer coordinator, chiproomer, caissier et croupier.
Comment gérez-vous votre croissance en termes de ressources humaines ?
François : Formation et communication tout simplement, nous avons un schéma de recrutement qui passe par la communication vers notre équipe RH et pour ceux qui n’ont pas de formation nous avons notre propre formateur de renom Arnaud Bennali avec lequel nous organisons régulièrement des formations gratuites. L’expérience Texapoker très simplement, des joueurs qui se sentent bien à nos tables et voient nos équipes heureuses et pleines d’énergie suffit a donné envie à certain de nous rejoindre.
Vous travaillez de front avec divers opérateurs online, comment faites-vous pour arriver à gérer autant d’évènements dans toute l’année ?
François : Chaque partenaire à son propre ADN, leur identité est tellement différente de l’une de l’autre que nous nous adaptons à chacun d’entre eux et nous proposons toujours des offres différentes. Chaque circuit à son propre partenaire en ligne et ses offres liées, c’est un réel plaisir de pouvoir travailler avec tous ces partenaires différents c’est très enrichissant pour tout le monde.
Apo : Nous avons effectivement plusieurs circuits majeurs. LMe WSOPC au Pasino Grand en Avril à Aix en Provence et le WSOPC SANREMO, en Novembre, en partenariat avec Winamax. L’UDSO (14 ans déjàç) et 2025 sera l’année où Texapoker organisera 11 étapes en partenariat avec Unibet et Alex Henry. Avec Pmu.fr, nous organisons les FPO, l’APO2500, l’ECOP, le Millenium, l’IPO a Sanremo, le TPS, le MPF, le Giant , l’Apo500 et Le Championnat de France 3eme édition… Un sacré programme ! Et en plus, nous avons désormais Le Grand Prix circuit avec 6 étapes pour Parions Sport en Ligne, ainsi que le Sharkbay et le National Poker Series en partenariat et satellites avec Winamax et la grande Finale Wipt.
Pouvez-vous nous dévoiler vos « highlights » de l’année 2025 ?
Apo : Le WSOPC au Pasino Grand à Aix en Provence avec le main Event à 1000000€ GTD et la Grande Finale Wipt au Pasino Grand en Avril. Ca sera le mois le plus compliqué pour nos équipes, avec quatre semaines de travail intense et quant à moi j’enchaînerai avec l’l’PO de SANREMO… L’ECOP pour bien débuter l’année 2025 ; bien évidemment, et la 3eme édition du championnat de France au Pasino Grand et l’APO2500 au club Circus en octobre.
Mickael : Les événements majeurs que j’attends le plus sont l’ECOP de Paris , la Finale Winamax Poker Tour , les WSOP-C et bien entendu le Championnat de France . C’est un projet ambitieux, mais c’est une étape naturelle dans notre développement. Mon souhait pour 2025 est de continuer l’expansion de Texapoker à l’international au niveau Européen et pourquoi pas avec nos premiers tournois organisés hors d’Europe. Nous souhaitons que Texapoker continue à être reconnu non seulement pour la qualité de ses tournois, mais aussi pour l’expérience humaine qu’on propose : un mélange de professionnalisme et de convivialité. Cela fait notre force, et j’espère que cela restera notre signature, peu importe où nous allons.
François : Texapoker à la conquête de l’europe avec l’ECOP « European Championship Of Poker » est sans nul doute l’un des projets les ambitieux de Texapoker et il ne faudra rater aucune étape. Les NPS « National Poker Series » sont une toute nouvelle génération de festival de tournoi accessible avec des tournois en mix max de 200€ à 800€, 6max, 7max, HU, 9/7max que dire de plus ? Le WiPT sera pas de toute évidence un événement marquant en France avec pour la première fois la finale délocalisée dans le meilleur casino de France à Aix-en-Provence. Les WSOP-C à Aix avec ses millions garanti dont 1 million sur une ring online et 1 million sur le main event pour un total de 12 bagues décernées dont une ring event à partir de 200€. Le CdF 2025 est le rendez vous incontournable après les vacances d’été qui réserve également sont lots de nouveauté !
Quel regard portez-vous sur le poker en France actuellement ? Ce qu’il reste à améliorer ou changer ?
Apo : Texapoker est en constante évolution et veut faire en sorte que les joueurs se sentent comme chez eux . Avec mes équipes nous allons créer le système de fidélisation pour offrir la reconnaissance qu’ils méritent en leur offrant des tickets et autres remises lors de leurs déplacements. François et Mickael sont deux personnes qui ont une vue sur le poker semblable à la mienne et ils ont toute ma confiance pour pérenniser c’est que je pense être l’essentiel pour la suite de Texapoker .
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Interviews
WSOP 2026 : Grégory Chochon & Bruno Fitoussi en interview exclusive !
Published
2 jours agoon
27 mai 2026
Le poker lie les générations et les aventures. Si le premier est sans conteste le Français le plus important de l’industrie poker depuis plusieurs années, le second a permis de modeler par sa vision ce qu’est devenu le poker moderne en France et en Europe. Le « patron » (Chief Operating Officer) des World Series of Poker était de passage à Prague pour les WSOP-E, qui ont été un énorme succès. C’était l’occasion de passer du temps avec Bruno Fitoussi, venu disputer quelques tournois, avec qui il partage l’amour du golf, du poker et des bonnes tables. À quelques semaines du début des WSOP à Las Vegas (programme complet à découvrir dans les pages suivantes), les deux hommes ont pu discuter en toute amitié de cette compétition qui reste indétrônable dans le cœur des joueurs et le panthéon des amoureux du beau jeu.
Par Jérôme Schmidt / photographies : Caroline Darcourt
Grégory, quelle est l’offre actuelle des World Series en termes de tournois live, de par le monde ?
Grégory Chochon : Il y a bien sûr les WSOP à Las Vegas, puis ce que l’on appelle les tournois majeurs : le WSOP Paradise, qui a lieu en fin d’année, et le WSOPE, qui se déroule pour la première fois à Prague en ce moment [note : au début du mois d’avril 2026], au King’s Casino – sans oublier les bracelets des WSOP online qui se déroule sur GGPoker, dans les pays où l’opérateur est disponible. En dessous, on retrouve les WSOP-Circuit, qui sont un peu comme une deuxième ligue, avec des Main Event à 1 500 € / 1 700 $ uniformisés. Cela correspond aussi à une offre qu’on va lancer en ligne, avec plus de cinq cents tickets de Main Event WSOP-C à gagner via l’appli, et les gens pourront aller jouer l’étape de leur choix dans le monde entier, sauf en Asie car c’est compliqué réglementairement. Le Vietnam a fermé le poker, par exemple, en Corée, à Jeju, les locaux n’ont pas le temps de jouer, au Japon, il va falloir attendre le casino d’Osaka en 2029… On préfère être prudent pour bien rester dans les lois de chaque pays.
Comment l’offre s’est-elle affinée avec le temps ?
Grégory Chochon : On a fait du WSOP Paradise un nouveau tournoi phare de l’année, dans une esthétique high-roller assumée qui attire un autre type de joueurs, une sorte de « convention » des high-rollers qui veulent bien finir l’année [rires] ! Côté WSOP à Las Vegas, on n’y touche pas au vu du succès qui ne fait que grandir, quant à l’Europe, on voulait tenter Prague, et a priori les chiffres nous donnent raison, les joueurs sont venus vraiment en masse. On a rajouté un Ladies, afin de créer un événement pour tout le monde. Côté buy-in, tu as 25 000 $ pour le Paradise, 10 000 $ pour Vegas et 5 000 € pour les WSOP-E. On veut que chacun de ces Main Event soit le plus important de l’année, dans sa propre catégorie, et je crois qu’on fait tout pour que ça soit le cas.
Bruno Fitoussi : Et comme vous rajoutez les WSOP-C, ça crée une pyramide vraiment bien construite en termes d’écosystème… Vegas reste mythique, c’est vraiment le sommet de la pyramide, même si, tu as raison Grégory, les WSOP Paradise prennent de plus en plus d’importance…
Grégory Chochon : Le prizepool global de Paradise rejoint petit à petit celui de Vegas, notamment car le buy-in est plus élevé, mais aussi car on autorise les re-entry. Aux Bahamas, tu peux buy-in en crypto, alors qu’à Vegas, c’est impossible. Pour te donner une idée, au moment de cash-out lors des WSOP Paradise, on a fait… trois virements bancaires seulement ! La très grande majeure partie des cash-out est faite soit via Luxon, soit en USDT.
Bruno, quel est votre avis sur l’évolution de ces buy-in au fil du temps – à la fois en tant que joueur et en tant que professionnel du poker ?
Bruno Fitoussi : C’est un très vaste sujet, car à l’époque de l’Aviation Club de France il y a environ vingt ans, le Grand Prix de Paris, qui était un tournoi brandé World Poker Tour, avait un buy-on de 10 000 €. En argent constant, cela donnerait du 17 000 €… Aujourd’hui, à part les Bahamas et tous les Triton, on ne propose plus de tournois supérieurs à 5 000 € en Europe. On assiste donc à une montée en gamme de certains buy-in avec les WSOP Paradise ou le succès des Triton – qui est un écosystème à lui tout seul –, mais aussi à une multiplication des petits buy-in. Il suffit de regarder le succès des tournois Texapoker à 300 ou 500 €…
Grégory Chochon : Cela a été un vrai sujet pour les World Series lorsqu’on a décidé de proposer des buy-in plus faibles, à l’époque. Avant, comme on me l’a rappelé, les seuls tournois à 1 000 ou 1 500 $ c’était des… satellites [rires] !
Bruno Fitoussi : En fait, l’offre et la popularité des tournois se sont détachées avec des sommes faramineuses d’un côté et une scène high-roller qui n’a jamais été aussi folle, et de l’autre une explosion du nombre de joueurs dans les plus petits buy-in.
Quelle était votre volonté au sein des WSOP lorsque vous avez inventé le Colossus, par exemple ? C’était une volonté de démocratiser le poker ?
Grégory Chochon : Les WSOP sont une institution prestigieuse, mais ce n’est pas forcément réservé à une élite. Il ne faut pas oublier que la personne qui a fait rentrer le poker dans l’ère moderne, c’est Chris Moneymaker lorsqu’il remporte le Main Event… Donc un amateur venu de nulle part, qui élimine des pros et écrit la légende du poker du XXIe siècle. Donc, oui, il y a les meilleurs joueurs du monde, mais cela fait partie de l’histoire des WSOP d’avoir des inconnus qui se révèlent. L’année du premier Colossus, on a enregistré 8 000 nouveaux joueurs, des first-timers, qui n’avaient jamais participé aux WSOP auparavant. Comme l’a dit Bruno, à l’époque, même les joueurs récréatifs avaient des moyens et ils étaient prêts à jouer chers ; de nos jours, il y a énormément de passionnés qui n’ont pas les moyens de payer un trop gros buy-in, et il a fallu s’adapter. Avant qu’on ne propose ces « petits » tournois, les autres casinos de Vegas remplissaient leurs salles avec des festivals moins chers en parallèle, et cela a prouvé la demande énorme d’un tel type de public. Financièrement, ce n’est pas une opération très intéressante pour nous car il faut énormément de croupiers à payer pour de petits frais d’inscription, mais cela nous a permis d’entrer encore plus dans l’histoire, avec par exemple le plus gros tournoi live jamais organisé avec 28 000 entrants.
Bruno Fitoussi : Les WSOP, ce sont des chiffres et des légendes qui donnent le tournis depuis le début. Et c’est fabuleux que les nouvelles équipes de Grégory arrivent à ainsi continuer à en écrire une histoire à la fois aussi prestigieuse mais aussi encore plus populaire en termes de fréquentation. Et puis ça permet à de très bons joueurs qui n’ont pas encore une énorme bankroll de se lancer dans de très belles compétitions. Et puis 10 000 $ d’il y a vingt ans, ce n’est pas 10 000 $ en 2026… Donc, même si cela reste une grosse somme, c’est plus « simple » de pouvoir participer au Main Event à Las Vegas. Il ne faut pas oublier également les qualifications en ligne, qui n’existaient pas à l’époque. Et comme les WSOP ont pris la décision forte de ne pas proposer de re-buy ou de re-entry pour le Main Event, tout le monde part avec les mêmes chances. C’est génial, c’est vraiment un tournoi à part dans le cœur de tous les joueurs. Je n’en connais pas un qui ferait l’impasse sur le Main des WSOP à Las Vegas…
Grégory Chochon : Et on ne touchera jamais au côté freezeout du Main Event ! On essaie de garder près de quinze tournois durant les Series qui sont freezeout.
Bruno Fitoussi : Je peux concevoir le principe des re-entry, comme par exemple les EPT qui en proposent un seul, mais le fait de jouer des tournois avec des énormes prizepools et sans re-entry c’est tout de même beaucoup plus excitant ! Cela doit faire… trente ans [rires] que je viens aux WSOP, parce que c’est le plus grand rendez-vous de l’année. Sans oublier qu’on y retrouve tous ses amis, qu’on adore revenir à Las Vegas aussi.
Est-ce que l’explosion du coût de la vie à Las Vegas peut constituer un problème pour le public étranger ?
Grégory Chochon : Une des questions que l’on se pose toujours, c’est comment attirer plus de joueurs à Vegas pendant l’été ? C’est très difficile car pour venir, il faut du temps, de l’argent, des visas selon les pays, etc. Par exemple, on doit faire plus d’une centaine de lettres d’invitation pour des joueurs de certains pays afin qu’ils puissent entrer aux États-Unis… Mais il ne faut pas que les Français s’inquiètent pour leur visa, c’est une sorte d’ESTA un peu plus formel, mais à ma connaissance personne n’a jamais été refusé à cause d’un post sur Facebook ! Le tourisme n’est pas impacté par ça, surtout à Las Vegas… Et en plus, cette année, il y a un vol Air France direct qui va être opéré trois fois par semaine pendant l’été. Le public français est le quatrième en termes de contingent, derrière les États-Unis, le Canada et l’Angleterre mais devant le Brésil et l’Allemagne.
Bruno Fitoussi : Oui c’est génial, ça simplifie vraiment tout… Toi, tu penses que le cap de 10 000 joueurs inscrits au Main Event est une sorte de plafond de verre dans l’économie actuelle ?
Grégory Chochon : On a réussi à le faire exploser uniquement grâce à notre collaboration avec GGPoker, pour être honnête. Si tu regardes les chiffres entre 2015 et 2022 par exemple, ils ne bougent pas du tout, à une centaine de joueurs prêts. Cela montre que les gens sont fidèles, d’ailleurs, mais seuls les qualifiés online de GG ont permis de dépasser 10 000 joueurs. La seule façon d’arriver à 20 000 joueurs serait de qualifier 10 000 personnes en plus, soit via GG soit via des tickets toute l’année, mais organiquement, on ne peut pas faire autrement…
Bruno Fitoussi : À moins que le nombre de joueurs dans le monde ne double, pourquoi pas avec l’Asie, dans les années qui viennent… C’est vrai que le Main Event des WSOP, c’est un bon thermomètre de l’économie globale du poker.
Grégory Chochon : C’est aussi pour cela qu’on n’investit pas en marketing pour promouvoir en amont l’événement car tous les joueurs dans le monde savent qu’il y a le Main Event des WSOP chaque été ! On préfère investir dans la diffusion télévisée par exemple : on revient sur ESPN en prime time pour le Main Event, ce qui ne s’était pas fait depuis des années, avec plus de cent heures diffusées en live sur ESPN-One. C’est inédit et énorme la couverture médiatique de cette édition 2026 ! On va aussi avoir des partenariats « locaux » comme avec la diffusion en ligne en partenariat avec Winamax pour la France [voir news]. Avant le Main Event, tous les events seront consultables gratuitement sur notre YouTube pendant quarante jours dans le monde entier. Cela devrait nous permettre de toucher de nouvelles personnes qui n’ont jamais vu de poker télévisé. Cette année, on a cent événements avec bracelet, et on a rajouté un petit WSOP-C entre la fin des World Series au 15 juillet et la reprise de la table finale le 3 août. Ce hiatus permet de diffuser en télévision les émissions montées, façon November Nine, et connaître les personnalités des joueurs ainsi que leur storytelling lorsque la finale aura lieu. L’idée, c’est de donner une dimension humaine à la table finale. Côté spectacle, on a investi plusieurs millions de dollars pour le nouveau stage où ont lieu les tables télévisées, ça va juste être magnifique.
Ce qui a permis la démocratisation des WSOP, c’est aussi le déménagement qui a eu lieu il y a quelques années…
Bruno Fitoussi : Je pense que personne ne regrette le casino Rio, car ce que Grégory et ses équipes ont réussi au Paris, c’est vraiment génial, tout est tellement plus simple…
Grégory Chochon : Certains disent le regretter, mais il y en a aussi qui parlent encore du Binion’s [rires] ! De 2014, la date où je suis arrivé aux WSOP, à 2021, j’ai travaillé au casino du Rio, mais à part le parking facile d’accès, je n’en vois pas l’intérêt.
Bruno Fitoussi : Mais pas pour un touriste, qui préfère être sur le Strip, avec tout à portée de main. Vous aviez pensé au Caesar’s, autrement ?
Grégory Chochon : Oui, mais les salles de convention sont très disséminées et la seule grande salle qui aurait permis un tel tournoi n’a pas l’agrément pour accueillir des tables de jeu. Le casino Paris et le Horseshoe étaient donc la meilleure solution pour faire évoluer les WSOP et les rendre plus simples, plus accessibles. Cette année, on passe de 700 à 740 tables… Et il n’y a aucun casino sur le Strip qui peut te laisser une telle capacité pendant plus de cinq semaines. Les conventions et les salons sont nos concurrents en termes de location de salle, car ils sont prêts à payer cher pour avoir de tels espaces. Pour ma part, je suis fier de pouvoir proposer des chambres au Horseshoe à 90 $ pendant les World Series.
Bruno Fitoussi : L’année dernière, j’étais à la Tour Versailles, qui dépend du Paris, et c’est extraordinaire. La vue est incroyable, sur les fontaines du Bellagio, moi qui y ai dormi durant tant d’années. Tu as ton balcon sur le Strip et les fontaines, c’est un rapport qualité-prix imbattable. Et puis, il y a de bons restos, comme Mon Ami Gabi ou Nobu. C’est difficile d’imaginer mieux que cet endroit. Et puis, la révolution des inscriptions via l’application WSOP a vraiment tout changé, tu n’attends plus jamais, c’est d’une fluidité folle…
Cette appli, justement, comment elle s’est construite ?
Grégory Chochon : On a travaillé avec des développeurs en Corée du Sud qui travaillent déjà avec GGPoker. Ils ont tout remis à plat, créant des jonctions pour les joueurs européens avec Luxon. Et plein de nouveautés arrivent, notamment avec l’incorporation du stacking. C’est, là aussi, une bonne piste pour aider à développer les chiffres de fréquentation des tournois…
Bruno Fitoussi : Cela va se faire avec PokerStake ? Parce que j’y suis inscrit depuis longtemps, et c’est un logiciel vraiment formidable, créé par des pros qui ont tout compris au poker moderne.
Grégory Chochon : Oui, exactement, et PokerStake appartient au groupe d’ailleurs… Quand je parle du groupe, c’est une maison mère, une holding, qui détient à la fois GGPoker et les World Series. GG et les WSOP sont des sortes de cousins en fait [rires] !
Comment s’est passée votre adaptation à Las Vegas au départ ?
Grégory Chochon : Cela va faire douze ans cette année, ça va vite ! Je suis né à Paris, mais j’avais déjà vécu quelques mois à l’étranger, lorsque j’avais travaillé pour PartyPoker. Dans l’ordre, après un passage chez Havas, j’ai intégré le groupe Barrière en lançant le Barrière Poker Tour avec Lucille Denos, puis je suis allé chez PartyPoker, et je suis revenu au moment de l’aventure commune Barrière / Française des Jeux. À ce moment-là, on a accueilli les WSOP-E à Cannes puis Enghien-les-Bains, et c’est comme ça que j’ai connecté avec la marque WSOP. L’histoire, c’est que Ty Stewart, à la fin des WSOP-E à Enghien-les-Bains, a voulu aller voir le casino de Deauville et peut-être y organiser un futur WSOP-E. Un matin, j’ai donc pris ma voiture, et je l’ai emmené là-bas, ce qui nous a permis de sympathiser et de mieux se connaître. Et à la fin… j’étais embauché [rires] ! Parfois, la vie se tient à des tout petits détails, et quand j’en ai parlé avec ma femme, Karine, on n’a pas hésité longtemps pour se lancer dans cette nouvelle vie. En 2014, il y avait 2 millions d’habitants, et maintenant on est passés à trois millions ! J’ai d’ailleurs racheté la maison de Ty Stewart en 2016, à Henderson, et on adore cette ville. Notre fille se plaît tellement aussi là-bas, il y a le soleil tous les jours… On a la Green Card tous les deux, et on a donc une capacité de deux fois dix ans sur place. Pour nos vieux jours, on reviendra sûrement en France, mais il y a le temps !
Bruno Fitoussi : Moi c’est une ville que j’adore depuis des années, j’y ai vécu en tant que joueur pendant des mois et de mois. C’était au début des années 1990, je jouais en cash-game au Mirage tous les jours, et je logeais dans un petit motel. Je vivais uniquement poker à l’époque, je prenais ma voiture pour aller me reposer dans ma chambre de temps en temps, mais autrement, j’ai fait mes classes là-bas quasiment… Je m’y suis même marié avec celle qui est devenue mon épouse. En parallèle, j’avais aidé à ouvrir des tables de Pot Limit Omaha au… Maxims Casino avec Cowboy Wolford [rires] ! Tu imagines, c’était vraiment une autre époque… C’est une magie sans pareil, cela m’émerveille toujours autant. Il ne faut pas non plus avoir peur des prix pratiqués sur le Strip, parce que dès qu’on sort des gros casinos et qu’on va dans le Chinatown, par exemple, ou dans d’autres quartiers de la ville on peut toujours trouver des coins très sympas et moins chers. Moi, ce que je préfère à part le poker, c’est le golf, parfois avec Grégory d’ailleurs, c’est vraiment les plus beaux golfs du monde… J’avais découvert Vegas la première fois en 1977, durant l’été, mais je n’avais pas encore l’âge pour jouer au poker. J’étais avec un copain, on était partis dans un roadtrip dans tous les États-Unis, et on s’était même fait courser par la police parce qu’on n’avait pas l’âge légal [rires] !
Comment avez-vous vu la ville évoluer ces dernières années ?
Grégory Chochon : Vegas est une ville qui tente plein de choses, mais toutes les tentatives mal localisées ont connu des échecs. Le Fontainebleau par exemple a pensé qu’en étant à proximité du Wynn, cela pourrait fonctionner… Pareil, le Resorts World juste en face, qui vient de fermer des tables de poker, alors qu’ils avaient de très belles parties de mixed-games où Bruno jouait je crois… Le Wynn, c’est la limite psychologique sur le nord du Strip.
Bruno Fitoussi : Pareil avec le sud du Strip : derrière le MGM, ça commence à être de mauvais emplacements… Par contre, en effet, tu as des casinos de locaux, plus loin, comme le South Point, voire le Red Rock ou le Green Valley. Le seul espace libre qui existe, c’est bien celui entre le Fashion Show Mall et le Resorts ? Ça pourrait marcher là-bas…
Grégory Chochon : Le nouveau Hard Rock, à la place du Mirage, devrait être le nouveau casino à la mode en 2027, car c’est parfaitement placé. Et puis le stade de Baseball, situé juste avant le MGM, devrait aussi redynamiser la ville, comme la Sphere l’a fait il y a quelques années, ou le hockey et les événements de Formule 1. Et on parle même d’une équipe de NBA qui devrait être créée ! C’est une ville très dynamique, qui sait rebondir à chaque fois. La ville réduit de plus en plus les espaces de jeux dans les casinos car les boîtes de nuit et les restaurants ramènent plus d’argent que des machines à sous !
Quel est votre plus beau souvenir aux WSOP à Las Vegas ?
Bruno Fitoussi : Il y a bien sûr mon heads-up du 50 000 $ avec mon ami Freddy Deeb, mais la chose la plus émouvante n’a pas été immédiate, je l’ai réalisée bien plus tard… Cela remonte à l’année de Chris Moneymaker : j’étais chip leader du Main Event l’avant-dernier jour, et j’ai fait quinzième je crois lors de cette édition. Cela n’avait pas tant d’importance pour moi en temps réel, mais par la suite je me suis dit que cela aurait changé ma vie si j’avais été au bout. J’ai eu aussi beaucoup de grands moments avec les WPT du Bellagio ou de cash-games… Et puis bien sûr mon mariage il y a plus de trente ans.
Grégory Chochon : Heureusement que tu n’as pas gagné à la place de Moneymaker, on n’en serait peut-être pas là [rires] ! Pour ma part, ce sont les 10 000 joueurs inscrits au Main Event, c’était fou d’en arriver là aussi vite… L’aventure GGPoker est aussi très forte, car j’en ai été à l’initiative, et je ne pensais pas qu’on travaillerait aussi bien tous ensemble. Le passage Covid puis vente du groupe à une société coréenne, c’était un stress dont on n’a pas idée ! Il y aurait de quoi faire un film… Être à l’intérieur de cette aventure, pour finir avec 10 000 joueurs l’été suivant… c’était une sacrée émotion.
Bruno Fitoussi : J’ai une question pour toi, que beaucoup de gens se posent : a-t-on une chance de voir GGPoker en France ?
Grégory Chochon : Dans le contexte actuel, clairement non. Les marchés restent encore cloisonnés, notamment en France, en Espagne ou aux États-Unis, et ce n’est pas du tout une priorité aujourd’hui. Et il faut aussi reconnaître que les WSOP bénéficient en France d’un partenariat solide avec Winamax, ce qui nous convient très bien !
Portraits / Interviews
Rencontre avec Julien Sitbon, Team Pro Winamax, au cœur du WiPT
Published
2 mois agoon
29 mars 2026
Au WiPT d’Aix-en-Provence, Julien Sitbon, pro du poker et leader du classement GPI France, livre ses conseils aux amateurs : comment rester solide, exploiter les erreurs des autres joueurs et aborder un Day 3 avec la bonne stratégie.
- Salut Julien, comment se passe le festival pour toi ? Tu ne t’es pas qualifié pour le Main Event, mais j’ai vu que tu avais intégré le High Roller hier ?
Super ! Je suis arrivé mercredi matin, j’ai commencé par un paddle, et j’ai enchaîné avec le Battle Royale où j’ai terminé 5e, donc ça a été un bon début de festival. Ensuite, j’ai joué le Main Event le lendemain, mais je n’ai pas eu la chance de me qualifier. Hier, je me suis inscrit sur le High Roller, et aujourd’hui, à partir de 12h30, j’ai le Day 2 de ce même tournoi à jouer ! J’ai 1 million de jetons, sur un average à 450.000, donc c’est plutôt pas mal.
Hier, j’étais à la table d’Alexandre Reard et de Malcom, donc l’ambiance était conviviale, c’était cool !
- Le WiPT est connu comme étant un tournoi mélangeant Pros et Amateurs. Est-ce que tu ressens une différence de niveau entre aujourd’hui et il y a 5 ans ?
Question intéressante ! Oui, il y a quand même une petite progression à ce niveau-là, surtout avec tous les contenus disponibles sur internet, les solvers etc… Maintenant, même les amateurs commencent à regarder pas mal de vidéos et à progresser. Ils s’améliorent surtout dans leur agressivité, dans le fait de relancer plus préflop, d’avoir plus de mains en bluff. Personnellement, je trouve que le niveau n’a pas augmenté considérablement, mais il a augmenté quand même !
Il y a plus de réflexion, plus de compréhension du jeu, ça se sent aux tables. Il y a beaucoup de contenus gratuits aujourd’hui. Même nous, chez Winamax, on fait beaucoup de Masterclass, on fait des choses qui permettent d’avoir une base plus solide, surtout pour ce type d’événement.
- Quel conseil donnerais-tu à un amateur qui se serait qualifié pour le Day 3 ? Y a-t-il une différence d’approche à avoir entre les Days 1 et 2, et le Day 3 ?
J’ai des différences d’approche, mais ce que je donnerais principalement comme conseil, ce serait de ne pas visualiser ça comme un Day 3 ! Il ne faut pas trop se mettre de pression, et surtout, jouer son jeu, et ne surtout pas essayer de changer sa façon de jouer. Bien évidemment, sur un Day 3 il y a déjà une notion d’ICM, dans le sens où on se rapproche des grosses sommes d’argent. Mais il ne faut surtout pas essayer des choses que l’on ne sait pas faire.
Quand on ne connaît pas les tenants et aboutissants d’un move, il vaut mieux ne pas le faire, et encore une fois, se cantonner à ce que l’on sait faire ! Il faut prendre son temps, prendre du plaisir et ne pas s’éparpiller. Restez solide !
En plus, si tu fais quelque chose et que tu dévies de ce que tu sais faire, et que tu bust, tu vas le regretter… alors si tu joues normalement et que tu perds, tu auras beaucoup moins de regret.
- Tu as dû jouer pas mal de joueurs amateurs depuis ton arrivée En tant que pro, comment tu t’adaptes à ce field, qui n’est sûrement pas le même que ceux que tu as l’habitude de jouer ?
Sur les tournois que je joue, ce n’est pas le même type d’amateur. Ce sont des amateurs réguliers qui font toujours les tournois à 500 € et à 1000 €, et qui sont des gens qui ont un peu d’argent, qui ont un travail à côté… Donc ils sont ce que j’appelle des amateurs réguliers.
Pour revenir à ta question, les gens ont deux approches avec nous. Hier, j’ai discuté un peu avec Romain et il m’a dit qu’il avait passé sa journée à se faire bluffer, dans des spots improbables ! En gros, soit ils veulent nous bluffer à tout prix, soit ils ne veulent pas du tout nous jouer car ils ont en quelque sorte « peur » de nous affronter. Il faut donc s’adapter et bien cerner les profils que tu as en face de toi.
Il y a aussi un truc, c’est ce que j’appelle « les fils qui se touchent ». Desfois, tu as des joueurs de poker qui sont très très sérieux, et d’un seul coup, ils craquent complètement ! Soit parce qu’ils ne sont pas habitués à la pression, ou qu’ils se retrouvent dans un spot qu’ils ne comprennent pas, donc ils envoient tout un peu n’importe comment… Donc voilà comment on s’adapte, il faut savoir repérer ces choses-là, et savoir les exploiter.
Moi je joue beaucoup plus les joueurs que les cartes quand je joue un tournoi comme le Main du WiPT, car en observant, je vais récupérer vraiment beaucoup d’informations sur la façon de jouer des joueurs.
- Sur ce type de tournoi (le Main), quelles sont les erreurs que tu vois encore souvent chez les amateurs ?
Alors, je trouve qu’il y a encore pas mal de grosses erreurs, mais globalement il y en a beaucoup moins. Par exemple, on voit de moins en moins de limp préflop ! Sur le festival, je n’en ai presque pas vu, ce qui est assez incroyable.
Mais c’est comme on disait tout à l’heure, on fait énormément de vidéos sur Winamax, qui font beaucoup, beaucoup de vues, et dans ces vidéos, le sujet du limp était beaucoup abordé, donc à force, c’est rentré dans la tête des gens ! Ce qui ne m’arrange pas, parce que moi j’aime bien (rires). Je vais dire à Winamax de bloquer l’accès aux vidéos !
Aussi, c’est parfois difficile de se rendre compte des erreurs récurrentes sans voir de showdowns, mais parfois, quand j’en vois, je me rends compte que la sélection des mains, ce n’est pas toujours ça non plus…
- Tu es premier au classement GPI France, donc maintenant, quel est ton objectif pour 2026 au poker ? C’est quoi le programme en poker live pour les mois à venir ?
Déjà, l’objectif serait de rester 1er du classement GPI France ! C’est un classement qui est très fluctuant, dans le sens où il dépend des performances que l’on fait sur trois ans, et à chaque fois,
ça reprend les trois meilleures performances, et ce, tous les 6 mois. En gros, ça évolue, et si l’un de mes concurrents fait d’énormes performances, il risque de repasser très vite devant. Ça fait donc partie de mes objectifs de garder ma place !
Aussi, j’ai comme objectif de très bien me préparer pour les WSOP, qui sont une série de tournois que j’aime beaucoup. En plus, j’ai un gros programme pour cette année ! Je veux donc être au top pour aborder les WSOP. Je vais jouer aussi le leaderboard, car maintenant, il y a un intérêt financier. Ça permet aussi de lisser la variance sur l’ensemble des trois festivals, que sont Pragues, Vegas, et les Bahamas.
En attendant, on va déjà essayer d’aller performer sur le High Roller de cet après-midi !
Crédit photo : Winamax / Caroline Darcourt
Portraits / Interviews
Vincent Reynaert lance le média « Les Enjeux »
Published
8 mois agoon
16 octobre 2025
Vincent Reynaert, ancien de PMU Poker et du Groupe Barrière, vient de lancer un média pas comme les autres : Les Enjeux, une plateforme qui analyse un monde du gaming en pleine mutation. Rencontre.
Pouvez-vous nous rappeler votre parcours dans le monde du gaming ?
J’ai découvert l’univers du jeu en 2010, à un moment clé : celui de l’ouverture du marché français. À l’époque, tout était à construire. C’est dans ce contexte que j’ai rejoint Everest Poker, pour développer les partenariats sur un marché qui s’inventait chaque jour. C’était une période excitante, un peu folle aussi, avec beaucoup d’expérimentations et une vraie effervescence autour du poker en ligne.
Un peu moins de 2 ans plus tard, j’ai rejoint le PMU. 8 années passionnantes pendant lesquelles j’ai eu la chance de travailler sur le développement du poker dans une entreprise dont ce n’est pas le coeur de métier. C’est à ce moment-là qu’est né le France Poker Open (FPO), un circuit que nous avons créé avec l’ambition de surfer sur l’ADN poker live, la marque de fabrique de PMU Poker.
En 2020, j’ai intégré le groupe Barrière pour piloter le développement de leur offre digitale. L’objectif : préparer le futur des casinos physiques dans un monde de plus en plus connecté. Et juste avant de lancer Les-Enjeux.com, j’ai occupé le poste de directeur marketing et communication chez Texapoker, une aventure courte mais intense, au cœur de la plus belle scène du poker live. Ces expériences m’ont donné une vision globale du secteur, à la fois côté opérateurs, événementiel et communication et surtout une conviction : celle que l’industrie du jeu a besoin d’être mieux racontée.
Quelle est la volonté derrière “Les Enjeux” ?
Le jeu est un secteur fascinant, en pleine mutation. On assiste à une recomposition de fond : des acteurs comme Winamax ou Betclic ont complètement bouleversé les codes, les casinos physiques amorcent une transition vers le digital, la filière hippique doit se réinventer pour séduire une nouvelle génération de joueurs, et la régulation évolue vers plus d’ouverture, notamment avec la possible arrivée des casinos en ligne, le jeu est de moins en moins un tabou.
Bref, c’est un moment charnière. Et pourtant, il n’existait pas de média francophone pour documenter ces transformations. Les informations circulent, mais souvent de façon éclatée, entre des communiqués institutionnels, des sites d’actualité très spécialisés ou des analyses en anglais.
Avec Les Enjeux, on veut justement combler ce vide. Notre ambition est de devenir un point de convergence : un lieu où les différents acteurs, opérateurs, fournisseurs, régulateurs, start-up, juristes, etc. peuvent se retrouver, échanger, comprendre les grandes tendances, et surtout prendre du recul sur leurs métiers.
C’est aussi un média qui parle à tous les passionnés de jeux, pas seulement aux professionnels. On veut raconter les succès, les innovations, les débats, mais aussi les enjeux humains, économiques et sociétaux derrière cette industrie souvent caricaturée.
Que va apporter une telle publication en ligne, et quelle équipe va y travailler ?
Aujourd’hui, dans le monde francophone, il n’y a pas de média de référence capable de couvrir l’ensemble de l’écosystème du jeu, comme le font des titres anglo-saxons tels que iGaming Business ou EGR.
Nous, on veut occuper cette place.
Notre couverture sera large : la France, bien sûr, mais aussi la Belgique, la Suisse, le Luxembourg, et une partie de l’Afrique francophone, notamment le Maroc, où l’activité casino et hippique est très dynamique. L’idée, c’est de créer un réseau francophone du jeu.
Mais au-delà de l’actu, Les Enjeux veut surtout changer la perception du secteur. Trop souvent, le jeu est résumé à ses excès ou à ses risques, alors qu’il s’agit d’un univers d’innovation, de savoir-faire et d’excellence française. Des milliers de personnes y travaillent, des start-ups y inventent la tech de demain, des groupes investissent dans la RSE, la data, la sécurité ou la formation.
Pour construire ce regard global, je m’entoure d’experts : des avocats fiscalistes, des consultants spécialisés, des technophiles, des pros du casino, du poker ou du pari hippique. Ce sont eux qui apporteront la rigueur, la crédibilité et la diversité de points de vue.
Et enfin, un point qui me tient à cœur : Les Enjeux veut aussi inspirer. En mettant en lumière les réussites, on espère attirer de nouveaux talents, de nouvelles idées et de nouvelles énergies vers le secteur.
Quelle est votre vision du jeu à 1, 5 ou 10 ans en France et en Europe ?
La France, c’est un marché paradoxal : très encadré, parfois rigide, mais incroyablement riche. On compte plus de 200 casinos, soit le maillage le plus dense d’Europe. On a deux opérateurs historiques, la FDJ et le PMU, qui ont su se réinventer pour devenir de véritables acteurs digitaux et européens. D’ailleurs, la FDJ vient de franchir un cap avec le rachat de Kindred Group, propriétaire d’Unibet : un signal fort de l’ambition française.
Dans les cinq prochaines années, on va assister à une recomposition majeure du paysage du jeu en ligne. L’ouverture du marché des casinos en ligne est, à mon sens, inévitable. La vraie question, ce sera : sur quel modèle ? Et avec quelles garanties de protection et de responsabilité ?
Plusieurs visions vont s’affronter : celle des opérateurs terrestres, celle des acteurs déjà en ligne, celle du régulateur, du politique et des moralisateurs… Ce sera un moment clé, comparable à ce qu’a été l’ouverture du marché des paris en 2010.
Sur le long terme, je crois que le secteur va continuer à se professionnaliser et à s’ouvrir. On va vers un écosystème plus mature, plus connecté à la tech, à la data et à l’expérience client. Et je pense aussi qu’on va assister à une forme de réconciliation entre le jeu et la société. Parce que le jeu, au fond, c’est aussi du divertissement, de la culture, et parfois même du patrimoine.
Et nous, chez Les Enjeux, notre rôle, c’est de raconter cette évolution, d’en décrypter les ressorts et d’en faire un sujet de société à part entière.
(crédit photo : Audran Sarzier)
[WSOP 2026 – jour 4] Les championnats du monde démarrent fort pour Julien Sitbon !
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1 000 000€ ce week-end aux Mad Series sur Betclic !
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