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Interview : Emilien Pitavy, prêt à briller sous les couleurs de Winamax !
Published
2 heures agoon
À peine cinq ans après ses débuts, Emilien Pitavy franchit un cap symbolique en intégrant le Team Pro Winamax. Entre ambitions internationales, immersion dans les circuits les plus prestigieux comme les Triton ou les WSOP, le jeune prodige français aborde une nouvelle étape de sa carrière. Il revient sur son ascension, son expérience auprès des meilleurs, et les défis qui l’attendent désormais au plus haut niveau.
- Vous avez récemment rejoint le Team pro Winamax, comment s’est passé votre recrutement et votre intégration ?
J’ai reçu un message de Stephane Matheu aux alentours de début janvier 2026 pour une prise de contact et, très vite, on a eu un premier entretien. Entre-temps, je suis parti à Chypre pour jouer un festival High Roller, et juste après, j’ai eu un message de Stephane où il me disait que mon profil matchait bien avec ce qu’ils attendaient chez Winamax ! L’annonce de mon intégration dans le Team a donc été faite juste avant mon départ pour Jeju début mars.
Durant l’EPT Paris, je suis allé dans les locaux Winamax pour faire les interviews d’entrée et rencontrer un peu tout le monde ! Une fois à Jeju, j’ai eu les premiers contacts avec des membres du Team comme Mustapha Kanit et Adrian Mateos, que je connaissais déjà, mais cette fois, on a pu échanger en tant que collègues, on va dire !
Maintenant, la grosse étape va être le séminaire du Team Pro à Aix-en-Provence, et là, je vais vraiment pouvoir rencontrer tout le monde ! Ce sera la première fois que je vais pouvoir discuter avec certains du Team.
- Quel avantage voyez-vous à être Team Pro ? On pourrait penser qu’un joueur comme vous, qui a déjà de si belles performances à son actif, n’a pas besoin d’un encadrement !
D’un point de vue personnel, je trouve que c’est quand même une belle marque de reconnaissance de la part de la communauté ! En quelque sorte, ça concrétise quelque chose d’important dans ma carrière, je le vois un peu comme une sorte de continuité. Maintenant, je me sens le devoir de faire briller la marque sur la scène internationale, et je vais essayer de faire au mieux !
Je le vois aussi surtout comme une récompense. Quand on est joueur de poker français, quand on commence notre carrière, on voit surtout le Team Winamax comme un symbole d’excellence et de prestige et, du coup, y avoir accès 5 ans après le début de ma carrière, c’est vraiment très agréable, je suis très fier !
- Vous êtes désormais le seul Français du Team à jouer les MTT live high stakes comme les Triton. Allez-vous donc proposer du contenu sur le sujet dans les semaines ou mois à venir sur Winamax ? (Vidéos, blog…)
Oui ! Il y a déjà quelque chose qui arrive et que je vais tourner demain. Durant une semaine, je suis à Paris pour les différentes interviews en ce qui concerne les médias poker, pour streamer dans les locaux de Winamax, et il est également prévu que je prépare du contenu de ce type.
Cette année, je vais jouer les quatre festivals Triton, plus les WSOP à Vegas quasiment en entier, donc il y aura largement de quoi faire en matière de contenu par la suite !
Aussi, quand je suis rentré chez Winamax, je me suis posé la question de savoir si j’allais participer à des épisodes de Dans La Tête D’un Pro, car c’est une émission que j’ai beaucoup suivie par le passé ! Si j’ai l’opportunité de le faire, ce sera aussi une grande fierté pour moi.
- Vous avez fait partie de l’environnement de Fedor Holz (dans la team Soon), qu’est-ce que vous gardez de cette expérience ? Avez-vous senti votre jeu exploser durant cette période ?
Clairement, ça a été un tremplin énorme sur différents aspects. Ça m’a permis d’avoir accès à des games beaucoup plus chères puisque j’ai eu l’opportunité d’être stacké sur ces tournois. Je n’aurais jamais pu commencer à jouer les Triton aussi tôt si je n’avais pas eu Fedor en appui ! J’ai commencé à jouer mes premiers Triton fin 2024, mais c’est aussi en grande partie parce que ça s’était très bien passé pour moi l’année précédente. Mais en effet, d’un point de vue pratique, le fait d’avoir eu un investisseur qui a pu me stacker sur les tournois les plus chers du monde, ça me permet de les jouer et c’est une chance incroyable !
Aussi, ce qui m’a le plus servi dans ma carrière de joueur de poker en termes de progression, c’est d’avoir été au contact de joueurs qui, comme moi, étaient très jeunes et super ambitieux, et qui ont depuis explosé aussi ! Le fait d’avoir travaillé à leurs côtés pendant deux ans, ça a juste décuplé la vitesse à laquelle je progressais, ça m’a énormément apporté.
Et le dernier point, c’est le côté mentorat dont j’ai bénéficié dans cette team. Fedor m’a beaucoup apporté, non seulement sur l’aspect financier comme je te disais, mais aussi sur le côté coaching mental puisque j’avais des sessions régulières avec lui où il pouvait me donner des conseils sur ma carrière, les choses à modifier pour continuer à progresser… Toutes ces choses m’ont aidé à être dans les meilleures conditions !
- Maintenant que vous êtes Team Pro, c’est quoi la suite pour vous côté objectifs, volume, et impact dans la communauté ?
Le premier objectif sera de faire briller la marque sur les tournois les plus prestigieux ! Je vais donc axer mon calendrier principalement sur les Triton et les WSOP. On va essayer d’aller chercher un titre, même si on sait que c’est beaucoup soumis à la variance, mais le but, c’est de faire un maximum de volume live pour maximiser mes chances de performer !
Il va aussi falloir que je développe mes réseaux sociaux et ma visibilité, car je pense que c’est important pour moi et la marque ! Ça n’est pas mon objectif numéro 1, mais c’est vrai que c’est quelque chose que j’ai très peu développé depuis le début de ma carrière, car j’estimais que j’allais faire parler de moi en travaillant fort de mon côté et en enchaînant les performances ! Mais maintenant que je représente une marque, il va falloir que je développe les réseaux, et ça n’est pas forcément quelque chose de naturel pour moi à l’heure actuelle.
- À quoi ressemble votre journée type ? (routine, méthode de travail du jeu, préparation)
J’ai surtout une routine de travail au quotidien en fonction d’où je me trouve, car lorsque je ne suis pas sur un festival live, mes journées sont assez déstructurées. En début de journée, je travaille généralement mon poker hors table, et j’oriente souvent ma fin de journée sur le grind online.
En tout cas, je n’ai jamais été un adepte des routines hyper structurées avec méditation, respiration, etc… Ça n’est pas des choses que je fais !
D’un autre côté, quand je joue en live, j’essaie surtout de bien dormir, bien manger et faire un peu de sport. Ce que j’aime bien faire, après mes tournois, c’est revoir directement les mains qui m’ont posé problème dans la journée pour pouvoir dormir l’esprit tranquille ! Par contre, le matin, lors des festivals live, j’aime essayer de déconnecter du poker et faire en sorte d’arriver dans un bon mindset dès le début de la reprise du tournoi du midi ou du lendemain.
Globalement, je n’applique pas une routine hyper disciplinée et millimétrée, et je ne compte pas trop changer ça. Par contre, j’ai commencé à travailler l’aspect mental avec Stephane Matheu, le coach du Team. Il me proposera certainement des ajustements pertinents à mettre en place en ce qui concerne ma routine de travail !
- Le poker a énormément évolué ces dernières années. Selon vous, qu’est-ce qui fait aujourd’hui la différence entre un très bon joueur et un top reg ?
Je dirais que ça n’est pas une seule chose qui va faire la différence, mais disons que le top reg va être une version améliorée d’un très bon joueur, et ce, sur l’ensemble des aspects qu’on peut trouver dans cette discipline qu’est le poker. Que ce soit la connaissance théorique, la capacité à bien s’adapter aux joueurs adverses, à reconnaître et bien interpréter les tells, mais aussi le fait d’avoir une routine qui permet d’arriver à 100 % dans les moments importants !
Ce dernier point est d’ailleurs très important à mes yeux, je pense que c’est ce qui fait clairement la différence entre un très bon joueur et un top ! Il faut réussir à performer au maximum de ses capacités dans les moments importants, et surtout en fin de tournoi.
Cependant, il n’y a pas de recette miracle, c’est juste l’expérience et tout le travail fait depuis x années qui permet d’arriver à être meilleur sur tous les aspects du jeu !
Crédit photo : Winamax / Caroline Darcourt
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Interviews
Interview : Rencontre avec Julien Sitbon, Team Pro Winamax, au cœur du WiPT
Published
3 semaines agoon
29 mars 2026
Au WiPT d’Aix-en-Provence, Julien Sitbon, pro du poker et leader du classement GPI France, livre ses conseils aux amateurs : comment rester solide, exploiter les erreurs des autres joueurs et aborder un Day 3 avec la bonne stratégie.
- Salut Julien, comment se passe le festival pour toi ? Tu ne t’es pas qualifié pour le Main Event, mais j’ai vu que tu avais intégré le High Roller hier ?
Super ! Je suis arrivé mercredi matin, j’ai commencé par un paddle, et j’ai enchaîné avec le Battle Royale où j’ai terminé 5e, donc ça a été un bon début de festival. Ensuite, j’ai joué le Main Event le lendemain, mais je n’ai pas eu la chance de me qualifier. Hier, je me suis inscrit sur le High Roller, et aujourd’hui, à partir de 12h30, j’ai le Day 2 de ce même tournoi à jouer ! J’ai 1 million de jetons, sur un average à 450.000, donc c’est plutôt pas mal.
Hier, j’étais à la table d’Alexandre Reard et de Malcom, donc l’ambiance était conviviale, c’était cool !
- Le WiPT est connu comme étant un tournoi mélangeant Pros et Amateurs. Est-ce que tu ressens une différence de niveau entre aujourd’hui et il y a 5 ans ?
Question intéressante ! Oui, il y a quand même une petite progression à ce niveau-là, surtout avec tous les contenus disponibles sur internet, les solvers etc… Maintenant, même les amateurs commencent à regarder pas mal de vidéos et à progresser. Ils s’améliorent surtout dans leur agressivité, dans le fait de relancer plus préflop, d’avoir plus de mains en bluff. Personnellement, je trouve que le niveau n’a pas augmenté considérablement, mais il a augmenté quand même !
Il y a plus de réflexion, plus de compréhension du jeu, ça se sent aux tables. Il y a beaucoup de contenus gratuits aujourd’hui. Même nous, chez Winamax, on fait beaucoup de Masterclass, on fait des choses qui permettent d’avoir une base plus solide, surtout pour ce type d’événement.
- Quel conseil donnerais-tu à un amateur qui se serait qualifié pour le Day 3 ? Y a-t-il une différence d’approche à avoir entre les Days 1 et 2, et le Day 3 ?
J’ai des différences d’approche, mais ce que je donnerais principalement comme conseil, ce serait de ne pas visualiser ça comme un Day 3 ! Il ne faut pas trop se mettre de pression, et surtout, jouer son jeu, et ne surtout pas essayer de changer sa façon de jouer. Bien évidemment, sur un Day 3 il y a déjà une notion d’ICM, dans le sens où on se rapproche des grosses sommes d’argent. Mais il ne faut surtout pas essayer des choses que l’on ne sait pas faire.
Quand on ne connaît pas les tenants et aboutissants d’un move, il vaut mieux ne pas le faire, et encore une fois, se cantonner à ce que l’on sait faire ! Il faut prendre son temps, prendre du plaisir et ne pas s’éparpiller. Restez solide !
En plus, si tu fais quelque chose et que tu dévies de ce que tu sais faire, et que tu bust, tu vas le regretter… alors si tu joues normalement et que tu perds, tu auras beaucoup moins de regret.
- Tu as dû jouer pas mal de joueurs amateurs depuis ton arrivée En tant que pro, comment tu t’adaptes à ce field, qui n’est sûrement pas le même que ceux que tu as l’habitude de jouer ?
Sur les tournois que je joue, ce n’est pas le même type d’amateur. Ce sont des amateurs réguliers qui font toujours les tournois à 500 € et à 1000 €, et qui sont des gens qui ont un peu d’argent, qui ont un travail à côté… Donc ils sont ce que j’appelle des amateurs réguliers.
Pour revenir à ta question, les gens ont deux approches avec nous. Hier, j’ai discuté un peu avec Romain et il m’a dit qu’il avait passé sa journée à se faire bluffer, dans des spots improbables ! En gros, soit ils veulent nous bluffer à tout prix, soit ils ne veulent pas du tout nous jouer car ils ont en quelque sorte « peur » de nous affronter. Il faut donc s’adapter et bien cerner les profils que tu as en face de toi.
Il y a aussi un truc, c’est ce que j’appelle « les fils qui se touchent ». Desfois, tu as des joueurs de poker qui sont très très sérieux, et d’un seul coup, ils craquent complètement ! Soit parce qu’ils ne sont pas habitués à la pression, ou qu’ils se retrouvent dans un spot qu’ils ne comprennent pas, donc ils envoient tout un peu n’importe comment… Donc voilà comment on s’adapte, il faut savoir repérer ces choses-là, et savoir les exploiter.
Moi je joue beaucoup plus les joueurs que les cartes quand je joue un tournoi comme le Main du WiPT, car en observant, je vais récupérer vraiment beaucoup d’informations sur la façon de jouer des joueurs.
- Sur ce type de tournoi (le Main), quelles sont les erreurs que tu vois encore souvent chez les amateurs ?
Alors, je trouve qu’il y a encore pas mal de grosses erreurs, mais globalement il y en a beaucoup moins. Par exemple, on voit de moins en moins de limp préflop ! Sur le festival, je n’en ai presque pas vu, ce qui est assez incroyable.
Mais c’est comme on disait tout à l’heure, on fait énormément de vidéos sur Winamax, qui font beaucoup, beaucoup de vues, et dans ces vidéos, le sujet du limp était beaucoup abordé, donc à force, c’est rentré dans la tête des gens ! Ce qui ne m’arrange pas, parce que moi j’aime bien (rires). Je vais dire à Winamax de bloquer l’accès aux vidéos !
Aussi, c’est parfois difficile de se rendre compte des erreurs récurrentes sans voir de showdowns, mais parfois, quand j’en vois, je me rends compte que la sélection des mains, ce n’est pas toujours ça non plus…
- Tu es premier au classement GPI France, donc maintenant, quel est ton objectif pour 2026 au poker ? C’est quoi le programme en poker live pour les mois à venir ?
Déjà, l’objectif serait de rester 1er du classement GPI France ! C’est un classement qui est très fluctuant, dans le sens où il dépend des performances que l’on fait sur trois ans, et à chaque fois,
ça reprend les trois meilleures performances, et ce, tous les 6 mois. En gros, ça évolue, et si l’un de mes concurrents fait d’énormes performances, il risque de repasser très vite devant. Ça fait donc partie de mes objectifs de garder ma place !
Aussi, j’ai comme objectif de très bien me préparer pour les WSOP, qui sont une série de tournois que j’aime beaucoup. En plus, j’ai un gros programme pour cette année ! Je veux donc être au top pour aborder les WSOP. Je vais jouer aussi le leaderboard, car maintenant, il y a un intérêt financier. Ça permet aussi de lisser la variance sur l’ensemble des trois festivals, que sont Pragues, Vegas, et les Bahamas.
En attendant, on va déjà essayer d’aller performer sur le High Roller de cet après-midi !
Crédit photo : Winamax / Caroline Darcourt
Interviews
Interview : Acteur et joueur, Nicolas Duvauchelle nous raconte ses sensations au WiPT
Published
3 semaines agoon
28 mars 2026
À l’occasion du WiPT à Aix-en-Provence, nous avons rencontré Nicolas Duvauchelle, qui se confie pour la première fois sur sa passion pour le poker. Entre ses débuts en cash game avec des amis, ses premiers deep runs en live et ses impressions sur les tournois du festival, l’acteur partage sa vision du jeu, ses sensations à table et son envie de progresser tout en s’amusant.
- Est-ce que tu joues régulièrement des festivals de poker ? Que ce soit avec Winamax ou ailleurs ? Comment trouves-tu l’ambiance ici ?
Non pas en live, c’est l’une des premières fois, mais j’avais quand même fait le Sismix à Marrakech il y a quelques années. Je tournais un film, je ne pouvais pas faire le séjour entier, mais je préfère l’ambiance ici, c’est super ! En plus, j’ai fait de belles rencontres comme Julien Sitbon, qui est un excellent gars, très gentil, et surtout, c’est un grand joueur. C’est assez impressionnant de le voir jouer. Il est très souriant et, d’un coup, quand il joue une main, il change de tête et devient très sérieux !
- Tu as fait 10e sur 240 joueurs au Battle Royale vendredi, avais-tu déjà deep run comme ça en live ? Quelles ont été tes sensations ?
Pas en live, mais online oui ! À l’époque, c’était sur Full Tilt Poker. J’avais fait quelques résultats sur des tournois. Mais en ce qui concerne ma 10e place d’hier, niveau sensations, c’était assez fort. Ce qui est dur, c’est que les gens peuvent voir tes cartes dans le stream. C’est un peu déconcertant, mais sinon c’était super.
Malheureusement, un adversaire met tout avec 5 et 10 de cœur, je le call couvert avec KQ, et sur le flop : 5-9-9. Turn : 5… et terminé pour moi ! Mais bon, j’ai eu pas mal de grands moments de chance plus tôt dans le tournoi, donc il faut s’en souvenir aussi. Généralement, on se souvient que des mauvais coups, mais il faut relativiser, c’est le poker ! Hier, c’était mon anniversaire, mais j’étais noir de chez noir !
- J’ai vu que tu avais passé pas mal de temps à la table de Julien Sitbon sur le Battle Royale. Tu as joué quelques mains contre lui, dont une où tu lui as fait folder un meilleur jeu que le tien. Jouer contre des pros n’a pas l’air de t’impressionner ! Tu approches ça comment quand tu rencontres un pro à table ?
Oui ! Il a commencé à me faire parler au début. Il m’a demandé si j’avais As-10 pour la quinte, il m’a cuisiné un peu ! On a parlé, mais il a fini par coucher, et il avait double paire. Je lui ai montré mon jeu qui était, au final, moins bon que le sien, et il était dégoûté. Mais effectivement, j’ai fait coucher Julien, j’étais content !
Ça fait de bons souvenirs, puis finir 10e sur l’un de mes premiers tournois en live, je vais m’en souvenir longtemps, c’est super. J’aurais quand même bien aimé jouer la table finale, mais bon, c’est déjà une belle performance. Et puis, il y avait une super ambiance sur toutes les tables où je suis passé lors de ce tournoi, j’ai profité, et j’ai adoré.
- Et sur le Main Event ? T’es passé ?
Oui, j’ai joué le Main, mais je ne me suis pas qualifié. J’ai commencé à 12 h, mais vers 20 h 30, après le dîner, je me suis fait éliminer. À la reprise, j’avais 14.000 jetons, les blindes étaient à 1.500 / 3.000… compliqué pour moi ! J’étais UTG +1, j’ai touché J9 de cœur, j’ai dû y aller et, en face, il y avait KJ. Pas de miracle pour ma main, c’est le poker !
- Tu peux nous raconter un peu ta relation avec le poker ? Tu joues depuis longtemps ? Tu bosses un peu ton jeu ?
J’ai vraiment eu ma période entre 2005 et 2010. C’était tous les soirs avec quelques potes, on était 6 ou 7 à la maison et on jouait de 20 h à 5 h tous les soirs ! On apprend quand même pas mal à jouer autant. On jouait en cash game avec une petite recave. Pas des gros montants, mais c’était surtout pour apprendre.
Je joue beaucoup à l’instinct, pour le plaisir, mais avec l’expérience que j’ai prise ici, ça donne envie de prendre des cours et de se faire coacher ! J’ai envie d’améliorer mon niveau. J’aimerais vraiment prendre quelqu’un pour devenir plus compétent. En dehors de ça, il y a un événement au Portugal en mai prochain, à Estoril, ça devrait être très, très sympa, j’espère pouvoir y être !
- Quel est l’aspect du jeu qui te plaît le plus : le côté stratégie ou le côté analyse du comportement des joueurs adverses ?
J’essaie de commencer à analyser, de mettre en place des stratégies en fonction des showdowns, mais ce n’est pas toujours facile de savoir comment les gens réagissent. C’est un sacré processus de comprendre ses adversaires en profondeur.
Mais globalement, j’aime autant la stratégie que le côté psychologie du jeu. Puis il y a quand même une part de chance assez importante au poker. Moi, j’aime bien le côté incertain du poker, c’est assez excitant. Tu peux jouer très très bien et prendre un énorme bad beat, ou au contraire, avoir fait une erreur et t’en sortir quand même. C’est assez grisant !
- À ton avis, est-ce que ton métier t’aide à mieux bluffer ou à mieux lire les autres joueurs ?
Pas du tout ! Quand on est acteur, on est plus dans l’émotion et pas dans la retenue comme les très bons joueurs de poker, genre impassible ! Il y a une grosse différence entre jouer un rôle devant une caméra et gérer ses émotions dans la « vraie vie ». Avec Julien, par exemple, j’ai essayé de faire un peu d’acting pour le désorienter, mais ça ne fonctionne pas à tous les coups, et puis parfois, quoi que tu fasses, s’il y a une meilleure main en face, tu seras payé dans tous les cas…
Mais en tout cas, personnellement, j’arrive mieux à me maîtriser devant une caméra quand je joue un rôle, alors qu’à une table de poker, quand tu bluffs, que tu engages des jetons avec rien du tout pour faire folder, c’est réel ! Ce n’est pas mon personnage qui prend un risque, mais bel et bien moi ! Donc c’est plus difficile de gérer émotionnellement, même en étant acteur.
- As-tu des objectifs dans le poker, ou c’est juste pour le plaisir ?
Je veux juste m’amuser. Par exemple, si je peux arriver dans l’argent sur le MonsterStack de cet après-midi, pourquoi pas, mais je ne me mets pas de pression du tout, je veux surtout m’amuser. Hier, j’ai posté mes blindes à chaque tour sans avoir de mains pendant toute la journée, c’était horrible ! J’espère toucher des mains aujourd’hui et prendre du plaisir comme sur le Battle Royale.
Ça fait de grosses journées autour de la table, et au niveau énergie, ce n’est pas toujours facile à gérer. Je comprends pourquoi beaucoup de bons joueurs font de la méditation et se préparent physiquement…
Mais cette nuit, j’ai bien dormi, je suis en forme, donc on va tout donner pour aller chercher un résultat cet après-midi !
Crédit photo: Winamax / Caroline Darcourt
Interviews
Interview : Romain Lewis nous livre son approche et quelques conseils pour briller sur le WiPT
Published
3 semaines agoon
27 mars 2026
Romain Lewis, joueur professionnel et membre du Team Pro Winamax, partage avec nous son expérience et ses conseils pour naviguer au mieux sur un tournoi du WiPT. Il revient sur les erreurs fréquentes des amateurs, l’importance de rester concentré, et les stratégies pour maximiser ses chances de succès dans ce tournoi mélangeant pros et amateurs.
- Salut Romain, comment ça s’est passé pour toi hier ? Tu t’es qualifié ?
Salut, hélas non je n’ai pas passé le Day 1D, j’ai re-entry une fois mais ça n’est pas passé donc je vais retenter aujourd’hui !
- Le WiPT est connu comme étant un tournoi mélangeant joueurs professionnels et amateurs. Est-ce que tu ressens une différence de niveau entre aujourd’hui et il y a 5 ans par exemple ?
Moi je pense qu’en moyenne, tout joueur qui joue depuis plus de dix ans te dira que le niveau global a augmenté petit à petit. Si je me souviens bien de l’époque où je jouais amateur, ça jouait clairement moins solide et il y avait beaucoup moins de connaissances qu’aujourd’hui, et comme le niveau augmente petit à petit, ça se voit aussi au WiPT.
Aussi, la difficulté, c’est que chaque joueur est différent. Dans le milieu amateur on va avoir beaucoup de nouveaux joueurs. Ça va être leur premier tournoi de poker, et sur un WiPT qui amène pas loin de 700 qualifiés de partout en France, cela représente quand même une part non négligeable sur les 3000 ou 3500 inscriptions à la Grand Finale, donc il est difficile de savoir quel amateur est plus éclairé que l’autre. Il faut juger à l’instant T,par rapport aux situations etc…
Globalement, Ces joueurs vont avoir plus d’appréhension, ressentir plus de peur, mais tout de même, comme le niveau a augmenté et que le contenu pédagogique est plus accessible, on sent clairement que ça n’est plus aussi facile qu’avant.
- Quel conseil donnerais-tu à un amateur qui se serait qualifié pour le Day 2 ? Y a-t-il une différence d’approche à avoir entre un Day 1 et un Day 2 ?
Oui bien sûr ! Ce sont des conseils que je donnerais à tout joueur, mais une fois que la bulle est passée, il ne faut pas se relâcher lorsque l’on rentre dans l’argent. Le tournoi devient de plus en plus important, il y aura certainement plus de 200.000 € à gagner, donc il ne faut pas se relâcher dans son jeu.
Ça ne veut pas dire qu’il faut jouer plus ou moins agressivement, ça veut juste dire que cette pression que tu as en début de tournoi, il faut un peu se la maintenir pour pouvoir continuer à performer, et bien analyser les joueurs et leur façon de jouer. Plus le tournoi avance, et plus il faut réussir à rester bien dans sa tête, gérer sa respiration en dehors des coups, et surtout, rester dans le moment présent !
Il faut éviter de se projeter, ou au contraire, de ne pas trop repenser aux coups qu’on a mal joués. Par exemple, si notre stack commence à gonfler, il faut éviter de trop penser à une table finale et aux gros sous, mais rester dans le moment présent ! Ce serait vraiment mon plus gros conseil.
- Tu as dû jouer pas mal de joueurs amateurs depuis ton arrivée ici. En tant que professionnel, comment tu t’adaptes à ce field que tu n’as sûrement pas l’habitude de jouer à l’année online, ou sur de gros events live ?
Moi je joue avec des joueurs amateurs depuis mes tous débuts. Je pense que je les connais mieux que beaucoup de joueurs ! En plus, il ne faut pas trop généraliser, c’est comme je disais tout à l’heure, tous les joueurs amateurs ne jouent pas tous pareil. Certains joueurs amateurs jouent très bien et sont brillants !
Dire qu’un amateur joue d’une manière, et le professionnel d’une autre, je pense que c’est faux. C’est juste que pour beaucoup d’amateurs, ils ne font pas que jouer au poker. Il ne faut pas confondre statut et niveau de jeu ! À la table, il faut analyser chaque joueur, les situations à la table avec les informations qu’on a sur le moment, et ne pas les étiqueter ou les catégoriser.
Au niveau de l’adaptation, je fais quand même partie d’une Team Pro depuis 10 ans, donc je vais pouvoir un peu plus jouer avec mon image. Si je monte un gros stack, je sais qu’en moyenne sur un tournoi comme au WiPT, on va beaucoup moins me croire in game, et je vais pouvoir me faire payer un peu plus souvent lorsque j’aurai de gros jeux.
- Sur ce type de tournoi, quelles sont les erreurs que tu vois encore souvent chez les amateurs ?
Les erreurs que je peux voir encore assez souvent sur ce genre de tournois, paradoxalement, c’est de ne pas assez bluffer. Globalement je vais donner beaucoup de crédit à un joueur s’il met beaucoup de jetons au milieu. Je pense que les joueurs ne trouvent pas assez d’options agressives avec des mains moyennes, et donc ça va me permettre de gagner beaucoup de petits pots. Je ne vais pas me faire check-raise beaucoup, et je ne pense pas que ce soit parce qu’ils jouent contre moi qui suis Team Pro Winamax !
Quand on ne joue pas souvent, on a ce truc de ne pas vouloir regretter notre play et de rentrer chez soi en culpabilisant de notre move.
C’est surtout valable pour le live je pense. En live, on a fait le déplacement, il y a les frais annexes… On n’a pas envie de rentrer chez soi en se disant qu’on a fait un mauvais bluff qui nous a coûté notre tournoi.
Par contre, si tu t’es un peu laissé mourir jusqu’à 8/9 blindes et que t’as shove ton A9 depuis le bouton, au moins tu ne regrettes pas ! Sur internet, il est plus facile de craquer. On bust, on relance un autre tournoi… En live, dans le milieu amateur, on n’a pas envie de bust sur un bluff raté !
- Enfin, tu as quoi comme objectifs pour 2026 au poker ? C’est quoi le planning en poker live ?
Le planning est assez conséquent ! Moi, mon gros objectif pour 2026, c’est clairement le leaderboard des WSOP. Depuis que je joue, c’est la première fois qu’il est récompensé ! Les 100 meilleurs joueurs des WSOP vont se partager un prizepool. Pour les trois premiers, il y a 100.000 $, et pour les derniers du leaderboard, il doit y avoir 2.500 $.
Avant c’était juste un classement pour la hype. En 2018, j’ai terminé 10e de ce classement, en 2021 j’ai fait 17e, et donc du coup en 2026, l’objectif serait donc de faire mieux, et ça commence à Prague la semaine prochaine !
Je vais donc essayer de cumuler entre Prague, Vegas et les Bahamas en fin d’année pour battre ma 10e place de 2018. Et qui sait… remporter un bracelet cet été !
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