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Journal des WSOP (28 juin 2011) : Friday, bloody Friday

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Hier, dans les couloirs du Rio, bruissait un flot incessant de rumeurs. Car si la participation des tournois est, chaque jour, en hausse, le Black Friday est toujours présent dans l’esprit des joueurs et des organisateurs. Cela a commencé dès le premier jour de lancement des World Series, avec l’annonce fracassante de Phil Ivey, son boycott de la compétition et son attaque en justice de son sponsor, FullTilt —site dont il est actionnaire depuis ses débuts. Puis cela a continué, presque chaque jour, avec des altercations entre joueurs Full Tilt (James Bord menaçant John Juanda, puis Tom Dwan et Juanda, toujours lui, en venant quasiment aux mains, aux détours d’une porte dérobée) et l’absence des grands noms de la marque fondée par Raymond Bittar et Howard Lederer.

Hier, mardi 28 juin donc, une nouvelle révélée par un site online d’information poker, SourcePoker, a fait grand bruit : Jack Binion, ancien propriétaire des World Series Of Poker, allait racheter Full Tilt. La preuve : il était en Irlande ces derniers jours, accompagné de Phil Ivey, pour reprendre PocketKings et Tiltware (les deux marques en sous-main de FullTilt). Une nouvelle assez logique, finalement, puisque Binion est actuellement directeur du Wynn Macau, mais surtout le dernier représentant de la génération de casinotiers la plus célèbre de tous les Etats-Unis.

Descendant de Benny Binion —un Texan peu regardant sur la loi, les armes à feu, les meurtres et les jeux illégaux, et qui avait fuit le FBI pour s’installer à Las Vegas, zone de non droit—, Jack Binion est sûrement celui qui incarne le mieux encore l’ancien esprit far-west de Las Vegas. Un monde où les joueurs sont rois, tant qu’ils payent —ou que les casinos peuvent les plumer. C’est aussi, sur le papier, une formidable revanche pour celui qui a du céder les droits des World Series à Harrahs Entertainment, à cause d’une sombre histoire de dispute d’héritage avec Becky Binion, et qui semblait avoir pris un coup de vieux face à la déferlante du online. Le Texas reprend ses droits.

Selon SourcePoker, et d’autres témoignages concordants, l’accord est plus qu’engagé, quasi-signé. Et Ivey ferait partie du deal global. Une preuve —s’il en fallait encore— que le move d’Ivey au premier jour des World Series n’avait rien d’un geste philanthropique, bien au contraire. « Ivey n’a jamais pensé qu’à sa gueule », résumait assez violemment Mike Matusow, « et sur ce coup-là, il ne joue encore que pour sa propre petite personne. »

Il faut dire que le roaster de joueurs Full Tilt est en pleine implosion. La preuve, avec cette vidéo étonnante, il y a quelques jours d’un Howard Lederer, co-fondateur de FullTilt et large actionnaire, en fuite devant une caméra de télévision venu le débusquer à la sortie d’un restaurant de Las Vegas. Lederer fonce tête la première dans sa puissante Audi A8, refusant toute réaction. Depuis le scandale du Black Friday, Lederer se terre dans un appartement à Las Vegas, bien loin de sa villa, de peur de représailles. Des millions de dollars sont en jeux, et les lois du far west, toujours celles-là, ont parfois tendance à être remises au goût du jour…

Pas plus de nouvelles, d’ailleurs, de Chris Ferguson, le meilleur ami de Raymond Bittar, avec qui il avait pendant de nombreuses années joué en bourse avant de fonder FullTilt. Tous préfèrent fuir la vindicte populaire, en espérant que tout se réglera petit à petit.

Seul problème, ce mercredi 29 juin au matin, un nouveau pavé dans la mare a été jeté : l’Alderney Gaming Commission (la commission des jeux du siège social de FullTilt) a suspendu sine die la licence de FullTilt. Résultat : non seulement le .com reste fermé, mais tous les sites comme le .fr sont indisponibles. Fermé, il n’y a plus rien à voir. Les conséquences ? Elles sont énormes : MoneyBookers a clos tous les dépôts possibles vers FullTilt ; les joueurs français, pourtant assurés d’un environnement supposé sain avec l’ARJEL, se voient sans possibilité de jouer ni de récupérer leur argent ; les joueurs sponsorisés sont sans nouvelle ni paye…

PokerStars a immédiatement réagi : la Gambling Commission de l’Ile de Man lui laisse, bien évidemment, sa licence… Avec cette ironie toute particulière : dans ces paradis fiscaux où corruption et blanchiment sont des mots du langage courant, on se demande bien ce qu’a pu faire FullTilt pour arriver à être suspendu par une telle commission fantoche.

Pendant des années, Full Tilt et PokerStars —ainsi que quelques autres— ont tout voulu, tout de suite. Dans le premier cas, cette société fondée par un trader, Bittar, n’a été que cavalerie et fuite en avant : le jeu interdit aux USA ? Prenons le maximum d’argent tant qu’il est encore temps ; la mise en place du blanchiment des flux de dépôts et de paiement ? Un simple outil technique pour contourner la loi… Avec, chez FullTilt, une volonté de cash-out le plus d’argent possible, sans se soucier de l’inéluctable : la fin de la récréation sonnée par le FBI et le DOJ. Chez PokerStars, mêmes procédés, mais avec un bémol, et pas des moindres : une entreprise quasi-familiale, avec des bases plus solides et un managing sérieux, même si dans la plus totale illégalité. Et chez tous, un double discours qui a duré pendant des années : tout le monde est libre de pouvoir jouer à sa passion, le poker, en ligne. Et chaque room de prélever plus de 12 millions de dollars de rake au quotidien.

par Jérôme Schmidt

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Le journal Off du poker

[Journal des WSOP — 27 juin] Pour toujours un peu plus d’action

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Comment vivre les WSOP, à des milliers de kilomètres de Las Vegas, comment vibrer, perdre ou gagner comme les pros et amateurs qui ont fait le grand saut et ont offert leur chance et leur bankroll aux tables climatisées du désert du Mojave ? Comment, virtuellement, avoir un peu d’action ? Derrière ce mot transparent ou presque (en anglais, l’action, c’est avoir une part de l’investissement d’un joueur engagé dans un tournoi) s’ouvre un univers qui n’a jamais véritablement décollé en Europe, celui de stacking de joueur.

Pour la première fois, on apercevait par exemple Bruno Fitoussi (également créateur de Poker52, ndlr) ouvrir pour la première fois publiquement son action aux joueurs anonymes, via une plateforme reconnue pour son très grand sérieux, Pocket Fives, pour un 10 000$ PLO, entre autres, à un « prix » (le markup) le plus intéressant possible, à 1 contre 1, à hauteur de la moitié du buy-in. En gros, si Bruno Fitoussi gagne 100 000$ dans le cadre de ce tournoi, il en gardera la moitié, et le stackeur anonyme qui l’aura financé à hauteur de 500$ (soit 10% du stacking disponible) touchera 5000$… Pour le Main Event (qui sera joué, avec ou sans stacking), le joueur français propose un markup plus élevé, à 1,2. Dans ce cas, le stackeur qui aurait financé à la même hauteur toucherait 5000/1,2 soit 4000$.

Le concept du stacking par des sites spécialisés fait cependant encore débat. Hier, sur Twitter, un joueur et influenceur américain, Johnnie Vibes, partageait un message privé d’un « fan » qui lui demandait quand il pourrait avoir une part d’action de ses tournois. Vibes, qui n’avait jamais fait cette démarche, disait hésiter. Très vite, Tony Dunst, figure charismatique du World Poker Tour, faisait alors entendre une voix assez rare sur le sujet : « Ne vends pas d’action, si tu n’en as pas besoin. Il y a plein de façon de faire vibrer tes fans, sans avoir à vivre cette situation gênante qui consiste à leur prendre leur argent… » Joey Ingram, l’une des personnalités les plus en vogue du TwitterPoker américain, prenait quant à lui le contrepoint, assurant que le stacking était, à la manière du sports betting, une façon pour les anonymes de vivre plus intensément la compétition des professionnels.

Au delà des comptes et des chiffres, des rêves de fortune sans même toucher une carte, le débat autour du stacking anime encore les discussions entre joueurs pro. Il y a deux jours, une grindeuse américaine « offrait » 3% de son Main Event à un joueur handicapé qu’elle avait rudement traité à table. On le sait, même si tout est flou, les swaps entre pros (échange d’action entre deux joueurs participant au même tournoi) sont courants, et sont souvent accusés de fausser l’esprit de compétition dans les tournois à petits fields mais gros buy-in, puisque la variance est lissée pour ceux qui possèdent, au sein d’un petit groupe, de l’action commune.

En parallèle continue toujours le stacking de pros par des whales qui préfèrent ne pas aller au combat directement. Les rumeurs de pros ayant vendu plus de 100% de leur action se sont d’ailleurs parfois révélées réelles, après que le vainqueur d’une compétition à Monte-Carlo ait renégocié avec ses financiers : en gagnant le tournoi, il devait plus d’argent qu’il n’en gagnait… Et c’est sans parler des semi-pros prenant l’argent de leurs stackeurs, oublient de buy-in pour le tournoi concerné, et plaident le bust aux premiers levels ; ou ce vainqueur du Main Event WSOP, Jamie Gold, qui voulait renégocier son contrat de stacking après avoir décroché le titre et ses quelques 12 000 000$…

De grands champions ont souvent été soupçonnés d’être les horse de financiers hong-kongais ou américains, ne jouant jamais sur leur argent afin de se refaire ; récemment, un milliardaire stackait encore des joueurs dans le 250 000$, comme on mise aux courses. Il y a quelques années encore, les scènes, aux WSOP, d’hommes de main attendant des joueurs ITM devant des centaines de milliers de dollars à leurs stackeurs étaient monnaie courante. A Macau, ou lors de Series aux buy-in mirifiques, on aimerait connaître la réalité de l’action réelle aux tables entre jeunes multimillionaires du web, joueurs broke, Triades bien achalandées et swaps à tout va. Qu’importe, tant que le spectacle, et l’action, sont au rendez-vous.

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WSOP

[WSOP 2022] Deuxième bracelet français de l’été

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C’est dans le prestigieux 5000$ 6-handed, où de nombreux Européens figuraient en bonne place, qu’un deuxième bracelet français est tombé : Jonathan Pastore signe son premier énorme exploit en live, alors qu’il y a quelques années, il participait encore au freeroll Winamax Poker Tour ! 770 000$ et une sacrée fête en prévision pour le contingent français…

PlaceWinnerCountryPrize (in USD)
1Jonathan PastoreFrance$771,765
2Stephen SongUnited States$476,990
3Tamer AlkamliCanada$331,503
4Elio FoxUnited States$234,036
5Paraskevas TsokaridisGreece$167,882
6Patrick SekingerUnited Kingdom$122,395

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Le journal Off du poker

[Journal des WSOP — 18 juin] Rocking Las Vegas

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Le monde du poker sait aimanter les trajectoires folles, les particules élémentaires, les destins sans point commun avec le quotidien. Lib(éraux)-Lib(ertaires) (la plupart des joueurs), fous de MAGA aux carrières étourdissantes (James Woods, l’acteur inoubliable de tant de films, de Videodrome à Il était une fois en Amérique), Texans hyper-chrétiens aux arrangements intimes avec leur foi (Doyle Brunson en tête), scammers en tous genres (il suffit de regarder le forum consacrés aux joueurs indélicats sur 2+2, et vous aurez un certain who’s who du poker américain), justiciers newborns (Daniel Negreanu), apolitiques invertébrés (Yoh_viral, parmi tant d’autres) et même anarchistes intellos (en son temps, Mickey Appleman) comme le dernier vainqueur d’un bracelet WSOP (le HORSE à 1500$), Steve Albini.

La politique n’a pas cours autour des tables des WSOP, mais elle se joue plutôt sur Twitter, par blocages, retweets et shitstorms interposés. Steve Albini, lui, débat peu, mais se déclare souvent. Sa page est une heureuse foire d’empoigne et de franchise entre cette Amérique post-MAGA qu’il conchie. Loin d’un Negreanu qui applique ces terribles notions binaires de bien et de mal, et qui assume son schéma moralisateur, Albini est l’une de ces rares voix libres et singulières du poker-twitter. Il déboulonne les idoles de manière jouissive, se moque ouvertement de ceux qui ont pour cheval de bataille réactionnaire la question du genre et relancent leur carrière en se rangeant du côté de l’intolérance (l’humoriste Ricky Gervais en tête), se moque de lui-même et son « babil poker incessant pour les semaines à venir », partage de la musique noise et autres expérimentations soniques.

Il faut dire que Steve Albini n’est pas n’importe qui : avant d’être un joueur passionné (son pseudo twitter est d’ailleurs @electricalwsop), il a fait une énorme carrière de musicien et de producteur. Natif du Montana, dans ce trou incroyable qu’est Missoula (la ville, entre autres, qui aura vu l’une des plus belles voix de la littérature nature-writing américaine s’épanouir), il a vécu toute sa vie au beau milieu des rednecks à la fois libertaires et réactionnaires. Il n’aura gardé d’eux que le premier trait, et aura transporté sa folie créative dans un rock minimaliste et avant-gardiste. Côté production, il a même créé le son de plusieurs énormes groupes indépendants : Nirvana (pour In Utero) mais aussi les Pixies, PJ Harvey, les Canadiens de Godspeed You Black ! Emperor, Slint, les Stooges d’Iggy Pop, etc. En remportant cette nuit son deuxième bracelet de sa carrière, Steve Albini aura une fois de plus confirmé que tout ce qu’il touche se transforme en or, brut.

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