Connect with us
center>

Portraits / Interviews

Dans nos archives… rencontre avec Daniel Negreanu

Published

on

En 2014, Daniel Negreanu avait pris la rédaction en chef d’un numéro de Poker52… Nous republions, en ces temps de confinement, le meilleur des archives du magazine.

Cela faisait plusieurs mois que le projet couvait : Daniel Negreanu rédacteur en chef de Poker52 pour un numéro, avant le grand bond des World Series Of Poker. Le « Kid » Poker n’étant pas des plus disponibles, surtout avec le tournage en cours d’un biopic documentaire consacré à son incroyable destinée dans le monde du poker, nous avons ainsi réglé les détails à Monte-Carlo lors d’une se ses rares venues en Europe. Son joueur préféré ? Chip Reese ! Les iniatives qu’il encourage dans le poker en ligne ? Twitch et autre GPI. Son combat dans le poker ? Une meilleure gestion de la bankroll et une professionnalisation du milieu. En tout, un entretien inédit et passionnant avec la figure la plus populaire du monde du poker. Le Kid a la parole.

Vous vous apprêtez à partir aux World Series juste après Monte-Carlo, très en avance car c’est un rendez-vous très important pour vous. Et pourtant, parfois, la variance peut vous rattraper…

Je pars à Vegas un mois à l’avance car je veux être en forme parfaite pour le lancement des WSOP, fin mai. Je vais faire beaucoup de gym, passer enfin du temps chez moi et prendre du bon temps, faire un régime végétarien comme toujours, etc. Le poker n’est pas entièrement maîtrisable, et heureusement d’ailleurs ! Pendant les World Series, il faut pouvoir passer entre les gouttes. Je varie mon jeu smallball, pour prendre plus de risque en début de tournoi, afin de tout de suite monter un beau tapis ou sauter. C’est l’inconvénient et l’avantage des WSOP : comme il y a deux tournois minimum qui commencent chaque jour, on a tendance à gambler fortement les petits buy-in de midi et faire un late-registration dans les Championship de 17 heures… Je vais surtout privilégier les tournois mixed-games, où la variance est moindre.

Vous allez encore installer votre trailer sur le parking du Rio ?

Pourquoi, vous ne le trouvez pas beau ? (rires) Oui, je préfère avoir un havre de paix directement à côté des tournois, cela me permet de me reposer lors des pauses, et aussi d’avoir un chef personnel qui me fait de la nourriture végétarienne saine. Je sais qu’à une époque tout le monde a eu sa caravane sur le parking, ils ont tous voulu m’imiter ! (rires) Mais là, je pense qu’on ne sera plus beaucoup… Le but, c’est de me mettre dans les meilleures conditions possibles pour faire de belles performances, et cela, ça n’a pas de prix…

Cela vous rappelle lorsque vous passiez des nuits à jouer à Toronto, et qu’au retour, votre mère vous préparait à manger ?

Peut-être… En tout cas c’était une période formidable car j’étais heureux en famille. Cela a toujours énormément compté pour moi et lorsque mon père a disparu puis, plus récemment, ma mère, ces blessures m’ont véritablement brisé. C’est comme un écosystème émotif qui s’écroule, d’un coup. J’ai perdu pied, parfois, et il m’a aussi fallu du temps pour remonter la pente… J’aurais adoré, par exemple, pouvoir aller à Las Vegas avec mon père, il aurait tellement aimé cette ville. C’était un personnage haut en couleur, toujours la langue bien pendue, et qui aimait la vie.

A quoi ressemblait la scène gambling à Toronto à l’époque ?

J’ai découvert le jeu, et le pari, via le billard. J’étais très adroit, tout jeune adulte, et je passais mes heures libres à écumer les salles de billard de la ville. Toronto est une grande ville cosmopolite, avec plein de communautés différentes —asiatiques, juives, etc.— et qui aiment le jeu. Je passais des nuits entières à battre les autres (et aussi parfois à me faire avoir – rires), et j’avais une petite amie, Evelyn Ng, qui est ensuite devenue star au poker, avec qui je jouais beaucoup. Je devais jouer de 1 à 5$ la partie, mais à la fin de la journée, cela pouvait faire beaucoup, surtout à mon âge. J’ai compris que je pouvais gagner ma vie en jouant. C’était assez incroyable.

Ensuite, j’ai découvert les parties privées de Toronto, et je peux vous jurer qu’il y en avait quasiment autant que d’appartements… C’étaient des clubs clandestins, avec quelques tables. On y passait nos journées et nos nuits, alors que nous étions tout juste majeur. La variante, c’était du Limit, presqu’exclusivement, mais les écarts pouvaient être vraiment importants. Le seul souci, c’était de se faire payer et éviter de se faire braquer, ce qui m’est arrivé à quelques reprises. On ne savait jamais si c’était les propriétaires des lieux, d’ailleurs, qui organisaient cela ou pas ! (rires) Mais je peux dire, comme Doyle, qu’on m’a braqué en pleine partie de cash-game, ça me donne un côté vieux Texan…

A 21 ans, vous tentez un hit, à Las Vegas…

C’était mon premier tournoi ! J’étais bien plus tête brûlée à l’époque que maintenant, et j’y suis allé full bankroll ! C’était en 1996, je crois, et je me suis ruiné en quelques soirées. J’étais le « king » à Toronto dans les parties de Limit 5-10$ à 20-40$, mais ici à Las Vegas, j’étais un vrai « kid » ! (rires) Je ne connaissais pas beaucoup les grands joueurs de l’époque, mais en tout cas je ne leur ai absolument pas marché dessus, comme je l’avais prévu. Mais j’en ai gardé une expérience positive car je n’aime pas trop avoir le goût de la semelle d’un autre sur le visage… J’ai remis en cause tout mon jeu, j’ai refait le match, comme on dit. Et deux années plus tard, en 1998, j’y suis allé avec une bankroll plus solide, grâce à un beau gain dans le casino de Foxwoods, côte est, et surtout une motivation de dingue.

Vous devenez ainsi le plus jeune vainqueur des World Series…

C’est à cause de cela que l’on m’a surnommé le « Kid » du poker mais, cette fois, c’était positif ! C’est la première fois où je gagnais si gros, 170 000$. Todd Brunson, le fils de Doyle, m’avait stacké suite à un satellite, et je l’avais joué, ce tournoi PLHE à 2000$, sans absolument penser à la pression du gain et de la victoire. A l’époque, le field était restreint mais il y avait tous les sharks, tout le monde se connaissait… sauf moi !

Comment avez-vous rebondi par la suite, et comment avez-vous évolué ?

Comme les jeunes de maintenant sur internet : j’ai discuté, des nuits blanches durant, avec les joueurs qui m’impressionnaient le plus. Des types comme Ivey, lorsque vous le voyez débarquer soudainement dans les années 2000, vous comprenez très vite qu’il va changer la manière de jouer le poker. C’était aussi le début des grosses équipes et des sponsors, de légendes comme Ferguson, Juanda, Mortensen, Seidel et autres. Il suffit de regarder Phil Ivey ou Erik Seidel pour vite apprendre d’autres façons de jouer le poker. Nous étions vraiment la nouvelle génération et nous voulions déboulonner les anciens champions —enfin, surtout prendre leur argent ! (rires) Même si, en parallèle, nous les respections énormément, tous les Chip Reese, les Doyle Brunson, les Stu Ungar même, avant sa mort en 1997. C’était comme un passage de témoin, mais les anciens ne voulaient pas trop le lâcher, le témoin… (rires)

Comment expliquez-vous, dans une carrière, une année comme celle de 2004, où vous sembliez imbattable ?

(Rires) C’est vrai que 2004 a été tout bonnement incroyable. C’est bien simple, je faisais toujours les bons calls sur des bluffs, je couchais des mains énormes battues par d’autres encore plus fortes et je gagnais tous mes coinflips ! C’est impossible de perdre dans ce cas là. Cela avait commencé dès janvier, au PCA qui était encore un WPT, où je finis troisième. Déjà à ce moment-là, les médias s’intéressent à moi, et au lieu de me disperser, cela m’aide à me concentrer. J’avais tellement galéré les années suivantes que j’ai senti que c’était mon « spot ». Et puis, dès mars, je finis runner-up d’un autre WPT. Ensuite, je dois signer six places payées aux World Series, dont cinq tables finales et un bracelet ! Incroyable, non ? (rires). Et comme cela ne m’a pas suffit, j’ai enchaîné sur le Main Event à 10 000$ du Plaza, et presqu’immédiatement, le WPT Borgata, que je gagne, et le Five Diamond, où personne n’a pu m’arrêter… C’était un rush incroyable… J’étais jeune, j’avais une motivation sans borne, et je savais déjà que j’étais le meilleur joueur au monde (rires). Enfin, après Phil Hellmuth !

Hellmuth, justement, avait réussi à revenir en force aux World Series avec une toute nouvelle attitude, beaucoup plus sereine et humble, et cela lui a réussi…

Je ne sais pas si Phil est plus humble mais en tout cas, il tilte beaucoup moins depuis quelques temps! Vous avez raison en tout cas, Phil a fait de super World Series, et pour être honnête, j’aurais aimé qu’il gagne un bracelet il y a deux ans, même s’il nous aurait cassé les oreilles pendant des mois ensuite. Il le méritait, car c’est une figure du poker que tout le monde aime détester, et qu’il a su se remettre en cause cette année. Ca a marché, et je pense qu’il devrait vite arrêter de finir runner-up !

Quelle a été votre plus grande déception aux WSOP ?

Sans hésiter, le Main Event en 2001, avant le grand bouleversement Moneymaker. On est 12 joueurs left, et je suis contre Carlos Mortensen et un joueur allemand, qui sur-relance très fort avant le flop. Je touche As-Roi en blinde, et je relance pour faire folder tout le monde. Mais l’Allemand me met à tapis avec une paire de 6, que je paye… Et ca tient, malheureusement. J’étais chipleader avant le coup, et après je saute très vite. Sans ça, peut-être aurais-je pu remporter le Main Event —c’est Carlos qui a gagné, finalement— et déclencher le poker-boom, qui sait ?

Quelle scène la plus folle avez-vous vécu à Las Vegas ?

C’est lorsque j’ai suivi pendant près de quatre journées complètes le match en heads-up de Ted Forrest et Hamid Dastmalchi, au Mirage, à la fin des années 1990. Je connaissais bien Ted, et je les ai observés s’affronter à des sommes folles. Hamid, un Iranien qui était assez doué et avait fait ses preuves lors de précédents WSOP, n’arrêtait pas de boire de l’alcool et de faire des allers-retours aux toilettes pour s’envoyer de la drogue. Ils ont duré comme ça trois jours et quatre nuits, c’était juste dingue. Hamid n’arrêtait pas de parler, il a même vendu son bracelet WSOP, pendant le match, à Forrest, pour une poignée de dollars. A la fin, Hamid s’est littéralement écroulé sur place et une ambulance est venu le chercher. Il était inconscient. Quelques heures plus tard, il sortait de l’hôpital, et allait s’asseoir à une autre partie…

Vous vous battez aussi pour les joueurs de tournoi…

J’irai même plus loin : j’ai toujours lutté contre les tricheurs de tout bord —il n’y a qu’à voir avec Men The Master Nguyen, que j’ai attaqué frontalement pour son réseau de joueurs et de chipdumping—, mais la triche fait aussi partie du poker, comme de toute activité sociale. C’est malheureux, mais c’est ainsi… Je suis pour une lutte des plus efficaces, mais pas au détriment du jeu.

Quels jeunes joueurs vous impressionnent le plus ?

Récemment, je dirais Sam Trickett, Georges Danzer ou encore Ole Schemion. Mais j’ai l’impression à chaque Super High Roller qu’il y a des types de plus en plus jeunes qui viennent poser 100 000$ sur la table ! (rires) Ca doit bien vouloir dire qu’ils savent jouer… ou alors ils ont gagné à la loterie.

L’émergence du poker online peut-elle rebondir avec Twitch ?

Avec la révolution de Twitch, le poker va se démocratiser encore plus vite chez les gamers. C’est fou, quand vous y pensez, qu’il puisse y avoir des millions de spectateurs d’une partie en live sur Twitch. Cela va amener une nouvelle génération encore plus technique, peut-être avec une personnalité moins exubérante mais de super techniciens. Des personnages comme Devilfish, qui vient de malheureusement disparaître, ou Gus Hansen ou mon ami Mike Matusow, cela ne se fait plus. Et il ne faut pas être nostalgique, car il ne faut se créer de personnages, il faut rester ce que l’on est en son for intérieur et se concentrer sur le jeu. Jason Sommervillen, par exemple, a un public dingue sur Twitch, et je m’y mets depuis quelques temps…

Un mot, à propos des joueurs français que vous croisez sur le circuit…

Il y a toute une école française, si l’on peut dire, qui ont bien réussi sur le circuit international. Je pense à des gens comme Fabrice Soulier, Bruno Fitoussi ou ElkY. Et Davidi Kitai, également ! Ah non…Il n’est pas Français, c’est ça ? Belge ?  C’est pareil ! (rires) Ces joueurs sont très créatifs, ils veulent faire de beaux gestes, inventer des choses, c’est vraiment très étonnant. Après, il faudrait parfois qu’ils se retiennent, mais c’est aussi ce qui fait la force de leur poker. Pour David, c’est un gambler hors-norme et un très bon joueur. Je crois que le monde entier l’a vu dans les saisons de High Stakes Poker, où il pratique un très bon jeu de cash-game. C’est un joueur imprévisible, lui aussi, qui pratique un jeu très créatif, plus encore qu’Ivey je pense. Sûrement son côté artiste de Français ! (rires) En tout cas, c’est celui qui m’impressionne le plus lorsque je le regarde jouer, avec des types comme Ivey ou Dwan. Il a leur envergure, et c’est surtout un joueur-né, cela se sent dans chacune de ses actions.

 

Continue Reading
Advertisement
Click to comment

Leave a Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Portraits / Interviews

Rencontre avec Julien Sitbon, Team Pro Winamax, au cœur du WiPT

Published

on

Au WiPT d’Aix-en-Provence, Julien Sitbon, pro du poker et leader du classement GPI France, livre ses conseils aux amateurs : comment rester solide, exploiter les erreurs des autres joueurs et aborder un Day 3 avec la bonne stratégie.

  • Salut Julien, comment se passe le festival pour toi ? Tu ne t’es pas qualifié pour le Main Event, mais j’ai vu que tu avais intégré le High Roller hier ?

Super ! Je suis arrivé mercredi matin, j’ai commencé par un paddle, et j’ai enchaîné avec le Battle Royale où j’ai terminé 5e, donc ça a été un bon début de festival. Ensuite, j’ai joué le Main Event le lendemain, mais je n’ai pas eu la chance de me qualifier. Hier, je me suis inscrit sur le High Roller, et aujourd’hui, à partir de 12h30, j’ai le Day 2 de ce même tournoi à jouer ! J’ai 1 million de jetons, sur un average à 450.000, donc c’est plutôt pas mal.

Hier, j’étais à la table d’Alexandre Reard et de Malcom, donc l’ambiance était conviviale, c’était cool !

  • Le WiPT est connu comme étant un tournoi mélangeant Pros et Amateurs. Est-ce que tu ressens une différence de niveau entre aujourd’hui et il y a 5 ans ?

Question intéressante ! Oui, il y a quand même une petite progression à ce niveau-là, surtout avec tous les contenus disponibles sur internet, les solvers  etc… Maintenant, même les amateurs commencent à regarder pas mal de vidéos et à progresser. Ils s’améliorent surtout dans leur agressivité, dans le fait de relancer plus préflop, d’avoir plus de mains en bluff. Personnellement, je trouve que le niveau n’a pas augmenté considérablement, mais il a augmenté quand même !

Il y a plus de réflexion, plus de compréhension du jeu, ça se sent aux tables. Il y a beaucoup de contenus gratuits aujourd’hui. Même nous, chez Winamax, on fait beaucoup de Masterclass, on fait des choses qui permettent d’avoir une base plus solide, surtout pour ce type d’événement.

  • Quel conseil donnerais-tu à un amateur qui se serait qualifié pour le Day 3 ? Y a-t-il une différence d’approche à avoir entre les Days 1 et 2, et le Day 3 ?

J’ai des différences d’approche, mais ce que je donnerais principalement comme conseil, ce serait de ne pas visualiser ça comme un Day 3 ! Il ne faut pas trop se mettre de pression, et surtout, jouer son jeu, et ne surtout pas essayer de changer sa façon de jouer. Bien évidemment, sur un Day 3 il y a déjà une notion d’ICM, dans le sens où on se rapproche des grosses sommes d’argent. Mais il ne faut surtout pas essayer des choses que l’on ne sait pas faire.

Quand on ne connaît pas les tenants et aboutissants d’un move, il vaut mieux ne pas le faire, et encore une fois, se cantonner à ce que l’on sait faire ! Il faut prendre son temps, prendre du plaisir et ne pas s’éparpiller. Restez solide !

En plus, si tu fais quelque chose et que tu dévies de ce que tu sais faire, et que tu bust, tu vas le regretter… alors si tu joues normalement et que tu perds, tu auras beaucoup moins de regret.

  • Tu as dû jouer pas mal de joueurs amateurs depuis ton arrivée En tant que pro, comment tu t’adaptes à ce field, qui n’est sûrement pas le même que ceux que tu as l’habitude de jouer ?

Sur les tournois que je joue, ce n’est pas le même type d’amateur. Ce sont des amateurs réguliers qui font toujours les tournois à 500 € et à 1000 €, et qui sont des gens qui ont un peu d’argent, qui ont un travail à côté… Donc ils sont ce que j’appelle des amateurs réguliers.

Pour revenir à ta question, les gens ont deux approches avec nous. Hier, j’ai discuté un peu avec Romain et il m’a dit qu’il avait passé sa journée à se faire bluffer, dans des spots improbables ! En gros, soit ils veulent nous bluffer à tout prix, soit ils ne veulent pas du tout nous jouer car ils ont en quelque sorte « peur » de nous affronter. Il faut donc s’adapter et bien cerner les profils que tu as en face de toi.

Il y a aussi un truc, c’est ce que j’appelle « les fils qui se touchent ». Desfois, tu as des joueurs de poker qui sont très très sérieux, et d’un seul coup, ils craquent complètement ! Soit parce qu’ils ne sont pas habitués à la pression, ou qu’ils se retrouvent dans un spot qu’ils ne comprennent pas, donc ils envoient tout un peu n’importe comment… Donc voilà comment on s’adapte, il faut savoir repérer ces choses-là, et savoir les exploiter.

Moi je joue beaucoup plus les joueurs que les cartes quand je joue un tournoi comme le Main du WiPT, car en observant, je vais récupérer vraiment beaucoup d’informations sur la façon de jouer des joueurs.

  • Sur ce type de tournoi (le Main), quelles sont les erreurs que tu vois encore souvent chez les amateurs ?

Alors, je trouve qu’il y a encore pas mal de grosses erreurs, mais globalement il y en a beaucoup moins. Par exemple, on voit de moins en moins de limp préflop ! Sur le festival, je n’en ai presque pas vu, ce qui est assez incroyable.

Mais c’est comme on disait tout à l’heure, on fait énormément de vidéos sur Winamax, qui font beaucoup, beaucoup de vues, et dans ces vidéos, le sujet du limp était beaucoup abordé, donc à force, c’est rentré dans la tête des gens ! Ce qui ne m’arrange pas, parce que moi j’aime bien (rires). Je vais dire à Winamax de bloquer l’accès aux vidéos !

Aussi, c’est parfois difficile de se rendre compte des erreurs récurrentes sans voir de showdowns, mais parfois, quand j’en vois, je me rends compte que la sélection des mains, ce n’est pas toujours ça non plus…

  • Tu es premier au classement GPI France, donc maintenant, quel est ton objectif pour 2026 au poker ? C’est quoi le programme en poker live pour les mois à venir ?

Déjà, l’objectif serait de rester 1er du classement GPI France ! C’est un classement qui est très fluctuant, dans le sens où il dépend des performances que l’on fait sur trois ans, et à chaque fois,

ça reprend les trois meilleures performances, et ce, tous les 6 mois. En gros, ça évolue, et si l’un de mes concurrents fait d’énormes performances, il risque de repasser très vite devant. Ça fait donc partie de mes objectifs de garder ma place !

Aussi, j’ai comme objectif de très bien me préparer pour les WSOP, qui sont une série de tournois que j’aime beaucoup. En plus, j’ai un gros programme pour cette année ! Je veux donc être au top pour aborder les WSOP. Je vais jouer aussi le leaderboard, car maintenant, il y a un intérêt financier. Ça permet aussi de lisser la variance sur l’ensemble des trois festivals, que sont Pragues, Vegas, et les Bahamas.

En attendant, on va déjà essayer d’aller performer sur le High Roller de cet après-midi !

 

 

Crédit photo : Winamax / Caroline Darcourt 

Continue Reading

Portraits / Interviews

Vincent Reynaert lance le média « Les Enjeux »

Published

on

Vincent Reynaert, ancien de PMU Poker et du Groupe Barrière, vient de lancer un média pas comme les autres : Les Enjeux, une plateforme qui analyse un monde du gaming en pleine mutation. Rencontre.

Pouvez-vous nous rappeler votre parcours dans le monde du gaming ?

J’ai découvert l’univers du jeu en 2010, à un moment clé : celui de l’ouverture du marché français. À l’époque, tout était à construire. C’est dans ce contexte que j’ai rejoint Everest Poker, pour développer les partenariats sur un marché qui s’inventait chaque jour. C’était une période excitante, un peu folle aussi, avec beaucoup d’expérimentations et une vraie effervescence autour du poker en ligne.

Un peu moins de 2 ans plus tard, j’ai rejoint le PMU. 8 années passionnantes pendant lesquelles j’ai eu la chance de travailler sur le développement du poker dans une entreprise dont ce n’est pas le coeur de métier. C’est à ce moment-là qu’est né le France Poker Open (FPO), un circuit que nous avons créé avec l’ambition de surfer sur l’ADN poker live, la marque de fabrique de PMU Poker.

En 2020, j’ai intégré le groupe Barrière pour piloter le développement de leur offre digitale. L’objectif : préparer le futur des casinos physiques dans un monde de plus en plus connecté. Et juste avant de lancer Les-Enjeux.com, j’ai occupé le poste de directeur marketing et communication chez Texapoker, une aventure courte mais intense, au cœur de la plus belle scène du poker live. Ces expériences m’ont donné une vision globale du secteur, à la fois côté opérateurs, événementiel et communication et surtout une conviction : celle que l’industrie du jeu a besoin d’être mieux racontée.

Quelle est la volonté derrière “Les Enjeux” ?

Le jeu est un secteur fascinant, en pleine mutation. On assiste à une recomposition de fond : des acteurs comme Winamax ou Betclic ont complètement bouleversé les codes, les casinos physiques amorcent une transition vers le digital, la filière hippique doit se réinventer pour séduire une nouvelle génération de joueurs, et la régulation évolue vers plus d’ouverture, notamment avec la possible arrivée des casinos en ligne, le jeu est de moins en moins un tabou.

Bref, c’est un moment charnière. Et pourtant, il n’existait pas de média francophone pour documenter ces transformations. Les informations circulent, mais souvent de façon éclatée, entre des communiqués institutionnels, des sites d’actualité très spécialisés ou des analyses en anglais.

Avec Les Enjeux, on veut justement combler ce vide. Notre ambition est de devenir un point de convergence : un lieu où les différents acteurs, opérateurs, fournisseurs, régulateurs, start-up, juristes, etc. peuvent se retrouver, échanger, comprendre les grandes tendances, et surtout prendre du recul sur leurs métiers.

C’est aussi un média qui parle à tous les passionnés de jeux, pas seulement aux professionnels. On veut raconter les succès, les innovations, les débats, mais aussi les enjeux humains, économiques et sociétaux derrière cette industrie souvent caricaturée.

Que va apporter une telle publication en ligne, et quelle équipe va y travailler ?

Aujourd’hui, dans le monde francophone, il n’y a pas de média de référence capable de couvrir l’ensemble de l’écosystème du jeu, comme le font des titres anglo-saxons tels que iGaming Business ou EGR.
Nous, on veut occuper cette place.

Notre couverture sera large : la France, bien sûr, mais aussi la Belgique, la Suisse, le Luxembourg, et une partie de l’Afrique francophone, notamment le Maroc, où l’activité casino et hippique est très dynamique. L’idée, c’est de créer un réseau francophone du jeu.

Mais au-delà de l’actu, Les Enjeux veut surtout changer la perception du secteur. Trop souvent, le jeu est résumé à ses excès ou à ses risques, alors qu’il s’agit d’un univers d’innovation, de savoir-faire et d’excellence française. Des milliers de personnes y travaillent, des start-ups y inventent la tech de demain, des groupes investissent dans la RSE, la data, la sécurité ou la formation.

Pour construire ce regard global, je m’entoure d’experts : des avocats fiscalistes, des consultants spécialisés, des technophiles, des pros du casino, du poker ou du pari hippique. Ce sont eux qui apporteront la rigueur, la crédibilité et la diversité de points de vue.

Et enfin, un point qui me tient à cœur : Les Enjeux veut aussi inspirer. En mettant en lumière les réussites, on espère attirer de nouveaux talents, de nouvelles idées et de nouvelles énergies vers le secteur.

Quelle est votre vision du jeu à 1, 5 ou 10 ans en France et en Europe ?

La France, c’est un marché paradoxal : très encadré, parfois rigide, mais incroyablement riche. On compte plus de 200 casinos, soit le maillage le plus dense d’Europe. On a deux opérateurs historiques, la FDJ et le PMU, qui ont su se réinventer pour devenir de véritables acteurs digitaux et européens. D’ailleurs, la FDJ vient de franchir un cap avec le rachat de Kindred Group, propriétaire d’Unibet : un signal fort de l’ambition française.

Dans les cinq prochaines années, on va assister à une recomposition majeure du paysage du jeu en ligne. L’ouverture du marché des casinos en ligne est, à mon sens, inévitable. La vraie question, ce sera : sur quel modèle ? Et avec quelles garanties de protection et de responsabilité ?
Plusieurs visions vont s’affronter : celle des opérateurs terrestres, celle des acteurs déjà en ligne, celle du régulateur, du politique et des moralisateurs… Ce sera un moment clé, comparable à ce qu’a été l’ouverture du marché des paris en 2010.

Sur le long terme, je crois que le secteur va continuer à se professionnaliser et à s’ouvrir. On va vers un écosystème plus mature, plus connecté à la tech, à la data et à l’expérience client. Et je pense aussi qu’on va assister à une forme de réconciliation entre le jeu et la société. Parce que le jeu, au fond, c’est aussi du divertissement, de la culture, et parfois même du patrimoine.

Et nous, chez Les Enjeux, notre rôle, c’est de raconter cette évolution, d’en décrypter les ressorts et d’en faire un sujet de société à part entière.

(crédit photo : Audran Sarzier)

Continue Reading

Portraits / Interviews

Rencontre : Fivebet, poker et vision d’avenir avec Thomas Gimie

Published

on

Alors que le poker live connaît un nouvel essor en France, certains acteurs se démarquent par leur énergie et leur volonté de dynamiser le milieu. C’est le cas de Fivebet, une jeune structure qui s’impose peu à peu comme un nom à suivre dans l’univers du poker live. À sa tête, Thomas Gimie et benjamin Camps, passionnés de la première heure, entendent proposer une expérience différente : plus humaine, plus structurée, et résolument tournée vers les joueurs.

  • Pouvez-vous présenter votre société et vos activités, ainsi que votre parcours dans le poker ?

Avec benjamin, mon associé et co-fondateur, on s’est rencontrés il y a plus de 15 ans, et on a eu une carrière qui nous a fait beaucoup travailler ensemble, même si on était dans des endroits différents. On travaillait dans les tournois, partout dans le monde, et un peu à tous les postes.

Benjamin a pris des postes à plein temps, et moi, j’ai toujours été très indépendant en étant sur des tournois dans un cadre plutôt événementiel ! J’ai finalement dirigé beaucoup de tournois avant de monter Fivebet avec Benjamin.

  • Comment interagissez-vous avec vos équipes, celle du casino et celles de Winamax ?

C’est une bonne question ! Mon rôle ici est d’être l’intermédiaire entre tout le monde. Légalement, l’organisateur, c’est le casino. Winamax est le sponsor propriétaire de la marque avec son cahier des charges et ses process, tandis que moi, je suis là pour que tout le monde puisse marcher main dans la main, et réaliser l’objectif qu’on a tous, c’est-à-dire régaler les joueurs et créer des événements qui fassent date !

Moi, j’amène tous les extras poker. Christophe (le responsable du casino) de son côté a aussi d’autres extras comme la sécurité, les barmans… Au niveau des employés de jeu, on a 250 personnes supplémentaires que je manage pour le compte de Christophe, en vue d’assurer l’événement de Winamax.

  • Quels autres grands évènements organisez-vous dans l’année ?

Ici, on a au moins deux rendez-vous importants par an, qui sont les Swiss Poker Series mais aussi les Kill Tilt Poker Series. Ce sont des festivals qui fonctionnent vraiment bien.

Aussi, il y a une stratégie d’événements qui se veulent très gros et très ambitieux, mais il y a aussi des ambitions plus humbles qui sont d’aller combler des territoires qui sont en manque de poker. C’est ce qu’on essaye aussi de faire avec d’autres marques dans d’autres endroits de France où il y a une demande, mais très peu d’offres.

  • Avec la prééminence de Texapoker dans le live, comment avez-vous trouvé votre place et qu’apportez-vous comme savoir-faire ?

Le but était de développer une nouvelle part de marché, plutôt que d’essayer d’en grignoter à TexaPoker, et je crois que c’est ce qu’on a fait ! Soit on est allé faire du poker d’une autre manière dans des établissements qui en proposaient déjà, soit on est allé en faire dans des casinos qui n’en faisaient tout simplement pas. Tu vois par exemple, on ne travaille pas sur des casinos qui travaillaient avec TexaPoker avant qu’on arrive, ce qui fait que la concurrence est bénéfique pour le marché puisqu’on fait grossir le gâteau ! C’est notre approche des choses…

Nous ne sommes pas sur la multiplication du volume, et nous n’avons pas non plus pour objectif de décliner des produits qui sont les mêmes partout. Comme on est une jeune entreprise, on essaye de valoriser notre flexibilité et de développer des produits sur mesure en fonction d’un site. Le but est de mettre un peu d’âme dans tout ça !

 

 

 

Crédit photo : Caroline Darcourt 

Continue Reading
Advertisement

Buzz

POKER52 Magazine - Copyright © 2018 Game Prod. Design by Gotham Nerds.