Connect with us
center>

Interviews

Sonny Franco se confie à Poker52 avant la finale du WPT Showdown !

Published

on

Le monde du poker live frétille en vue de la reprise qui s’annonce, avec les WSOP en ligne de mire à la fin de l’année. L’événement organisé par le WPT au Seminole Hard Rock représente plus qu’un galop d’essai : avec 2482 participants pour le Showdown à 3500 euros, c’est tout simplement le plus gros WPT de l’histoire. La preuve s’il en est que les joueurs sont prêts à retourner aux tables, même s’il faut porter des masques. Alors que le dénouement du tournoi se profile, le 18 mai à Vegas, avec encore six joueurs en lisse, c’est une figure bien connue des tables françaises qui aborde cette table finale en position de chipleader : Sonny Franco, qui s’était illustré pas plus tard qu’en 2020 avec la victoire du WPTDeepStacks à Paris pour 221000 dollars. Poker52 a pu échanger quelques mots avec lui en attendant ce showdown.

par Michael Verger-Laurent

Sonny, où te trouves-tu actuellement ? Tu es resté aux USA en attendant la finale ?

Je suis à Las Vegas. J’étais à Miami pour le tournoi, dès que ça s’est terminé, j’avais mon vol pour Las Vegas et je vais y rester jusqu’à la finale, le 18 mai. Le programme n’est pas au top en attendant, donc je vais faire trois ou quatre petits tournois, et profiter, avec ma femme et mon fils.

Tu es plutôt un joueur de live, comment as-tu géré cette période covid ?

Au tout début, j’avais commencé sur internet, mais c’est vrai que dès que j’ai monté une bankroll, j’ai joué surtout en live. J’ai rejoué un peu online parce qu’on était obligés, puisqu’il n’y avait quasiment rien. J’ai arrêté complètement pendant neuf mois, je touchais plus à l’ordi, et puis j’ai rejoué il y a un mois, pour les gros tournois GG.

Tu n’aimes pas le jeu en ligne ?

Ce n’est pas que je n’aime pas, c’est surtout que c’est beaucoup plus facile en live. Le online reste bien pour garder le niveau, pour progresser, j’ai des amis qui jouent online, je discute bien avec eux, pour garder la technique, il faut toujours s’y intéresser. Après, c’est simple : tu fais un tournoi à 1000 euros en live, on va être 1000 et je vais être dans les dix meilleurs, alors qu’online, je risque d’être dans les 50 % les plus mauvais. Un tournoi 1000 en live représente le niveau d’un 50 euros online.

Est-ce que le tournoi du Seminole était ton premier gros depuis longtemps ?

Mon dernier grand tournoi, c’était le WPT Paris que j’avais gagné, et après les cercles ont rouvert pendant deux ou trois semaines cet été, j’étais allé un peu au Circus, j’avais fait un petit tournoi à la Grande-Motte. C’est le premier grand tournoi que je fais depuis longtemps.

Ça n’a pas été trop compliqué de partir pour les États-Unis, avec les restrictions ? Comment ça s’est passé sur place ?

Ce n’était pas possible directement de venir de France, il fallait passer quinze jours en dehors du pays, mais comme j’habite au Maroc, ça allait, j’ai pu faire Casablanca-New York, puis New York-Miami, j’avais juste un test PCR à faire. Au niveau du jeu, il y a des plexiglas et des masques, mais c’est très bien, les équipements sont super.

Est-ce que c’est plus compliqué de lire les autres joueurs dans ces conditions ?

Tu vas avoir moins de tells physiques, c’est sûr, par contre, il reste les timing tells, la manière dont quelqu’un va miser ou dont il touche ses jetons. Au final, cela ne change pas grand-chose. C’est vrai qu’on ne voit pas s’il tire la langue ou s’il a la gorge qui tremble.

Est-ce que le fait de jouer le plus gros WPT de l’histoire revêt une importance particulière à tes yeux ?

C’est super, au retour de covid, les gens disaient : les plexiglas, c’est pourri, on n’ira pas jouer, alors qu’en fait c’est un énorme événement avec des masques et du plexiglas. Il y avait beaucoup de monde, tous les jours il y avait une heure de queue pour rentrer dans les tournois, et c’était capé parce qu’ils n’avaient pas assez de personnel. Je pense que s’ils font le WSOP à Vegas, et qu’ils ont le personnel, ça va être le plus gros tournoi de tous les temps.

Si tu venais à gagner, est-ce que cela changerait le type d’événements auxquels tu participes ? Ta gestion de bankroll ? Est-ce que tu as dans l’idée de passer à des Super High Rollers ?

Non, en gros, ça serait bien pour ma bankroll, mais ça ne changerait pas les tournois que je vais jouer. Je joue tous les tournois jusqu’à 5000, les 10000 où il y a du monde, et même si je gagne, j’aime bien jouer là où je sais que j’ai un avantage. Du coup, je n’ai pas envie d’aller faire un 50000 avec que des pros. Après, si une fois, je sais qu’un tournoi est beau, je vais faire un satellite. Là il y avait le 50000 que mon ami Arthur Conan a gagné, on a vu qu’il y avait beaucoup d’amateurs à Miami, donc on a fait un satellite pour y entrer. Mais les tournois entre pros, ça ne m’intéresse pas. Je ne joue pas pour me dire que je suis le meilleur du monde. Je joue pour gagner de l’argent. Après bien sûr, si je gagne le plus gros WPT du monde, c’est historique, je serais le plus heureux du monde, c’est presque comme un bracelet.

Concernant la TF en elle-même, connais-tu bien les joueurs auxquels tu es opposé ? J’imagine qu’il y a déjà un historique si tu as joué pas mal de mains avec certains d’entre eux sur le tournoi ?

Je n’avais jamais joué personne avant ce tournoi. Après, il a duré pas mal de temps et en jouant j’ai pu étudié tout le monde. Je connais à peu près leur niveau, ce qu’ils sont capables de faire, je pense avoir bien cerné tout le monde.

Penses-tu qu’il y a des joueurs dangereux dans le lot ?

Brekstyn Schutten, qui est quasiment à égalité au chiplead avec moi, et Steven Snyder (3ème stack), sont bons, on a bien joué. Ils ont été assez aggros, on s’est bien battus. J’ai deep-run le tournoi avec mon pote Arthur Conan, on partageait une villa en AirBnB ensemble, pendant toutes les pauses on était ensemble, tous les soirs on rentrait à la maison, on était encore dedans, parce que le tournoi a duré quatre jours ; le dernier jour, on est revenu à 21 left, moi j’étais quinzième et lui douzième, et comme on commence à avoir l’habitude des fins de tournois, donc on a opté pour une stratégie simple : dans ce genre de tournois, c’est tout le temps les plus aggros qui vont gagner, parce qu’ils jouent avec la peur des autres qui veulent faire la TF à tout prix et se laissent mourir. Ceux-là en général, ou ils ne font jamais la TF ou ils y arrivent avec 10 blinds. Donc on s’est dit qu’on allait jouer, qu’on allait mettre la pression, quitte à prendre des risques, pour arriver au bout avec un bon stack. Et c’est ce qu’on a fait, et Schutten et Snyder étaient bien chauds eux aussi, on s’est retrouvés dans des coups 4bet et 5bet avec eux, c’était intéressant. Les trois autres, ils se sont plutôt laissé faire par contre, et je pense qu’en finale, vu que les paliers sont gros, ils vont continuer à jouer assez tight.

Donc tu te bats principalement contre deux joueurs ?

C’est ça, on est trois à jouer, les trois autres ne vont pas trop bouger.

Est-ce que le tirage des places t’avantage ?

Non, on a fait un redraw à 8 left et maintenant qu’on est 6 c’est le même, et je n’ai pas de chance, j’ai Schutten à ma gauche. J’ai trouvé qu’il était bon, il comprend bien, même si je crois qu’il n’est pas professionnel, mais il est aussi bon qu’un pro. Il me respecte beaucoup. J’ai discuté avec lui pendant les coups qu’on ne jouait pas, je lui disais : « allez, viens, on joue un gros pot ensemble, on s’en fout », alors que je n’aurais jamais fait ça, c’était pour lui faire croire que j’étais un fou furieux, que j’allais partir à tapis et qu’il ne fallait pas m’embêter, et du coup, j’ai eu de la chance, la finale s’est très bien déroulée : j’ai open 60 % des mains, et il ne m’a jamais 3bet, et du coup à chaque fois que je volais les blinds, mon stock augmentait de 5 à 10 %, c’était dingue. Je vais essayer de continuer comme ça quand je vais arriver, voir comment ça se passe. Si je vois qu’ils continuent à se laisser faire, j’attaquerai, s’il y a un peu plus de résistance, je m’adapterai. Après bien sûr, l’objectif est de faire top 3, sinon je serai déçu, avec le stack que j’ai.

Est-ce que tu restes à Vegas après le tournoi ?

J’ai prévu de rentrer en France fin mai pour y passer un mois de vacances avec ma femme et mon fils.

Et tu reviens faire les WSOP en fin d’année ? Tu feras beaucoup d’events ?

C’est ça. Je fais presque tout, si je viens à Vegas, pendant deux semaines je joue quasiment tous les jours.

Est-ce que tu t’entraînes en attendant ? Tu travailles ton jeu ?

Non, les joueurs qui me connaissent savent que je n’ai jamais vraiment bossé ma technique, même si je pense que je suis ok, parce qu’au final, sans travailler avec les outils, j’ai mes amis, ils font partie du top français, et on discute beaucoup ensemble. Parler avec eux pendant 3 heures tous les soirs, c’est sans doute plus utile que de travailler tout seul de son côté. Quand tu es avec les meilleurs, ça aide vraiment.

Ce n’est pas gênant de tout connaître les uns des autres quand vous vous retrouvez à la même table ?

Pas vraiment. Déjà, ça arrive rarement, et puis on joue normalement, on sait ce que c’est.

Souhaitons bonne chance à Sonny pour la table finale, avec 1261095 dollars à la clé pour le gagnant !

 

 

Continue Reading
Advertisement
Click to comment

Leave a Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Interviews

Du high stakes au WPO, Benjamin Chalot ouvre un nouveau chapitre avec ATM et Winamax

Published

on

Présent à Aix-les-Bains pour son premier WPO, Benjamin Chalot revient sur le rapprochement entre ATM et Winamax, son regard sur le niveau du field, les adaptations nécessaires face aux joueurs amateurs et ses projets pour les mois à venir. Entre développement de la chaîne YouTube, coaching, voyages et envie de lever un peu le pied sur les Triton, le joueur français se livre sur une période de transition dans sa carrière.

  1. Benjamin, cela fait maintenant quelques mois qu’ATM collabore avec Winamax, notamment à travers vos contenus vidéo. Comment ce rapprochement s’est-il concrétisé, et qu’est-ce qui vous a donné envie de travailler ensemble ?

C’est une continuité logique et naturelle, on va dire. Cela fait environ 2 ans et demi que la chaîne a été créée, et elle a grossi vite. Il y avait déjà eu des discussions en interne, mais on n’était pas assez gros. L’année dernière, ça s’est fait assez naturellement. On a aussi été approchés par d’autres rooms, mais on a refusé ! Nous, ce qui nous intéressait, c’était de travailler avec le numéro un français.

Winamax, ce sont les meilleurs en termes d’innovation ! Là, c’est mon premier WPO et, franchement, je kiffe. Pour te dire, j’ai un vol dans 30 minutes, mais je zappe et je vais aller jouer le High Roller. Je vais aussi aller commenter le stream avec Flavien juste après !

  1. Est-ce qu’on peut s’attendre à voir ATM davantage sur les événements Winamax, ou même imaginer de nouveaux projets communs qui dépasseraient le cadre de vos vidéos ?

Oui, à 100 % ! Surtout après cette expérience du WPO. Ici, le cadre est vraiment stylé. Pour Clément Richez, ça va être compliqué, car il vit au Mexique, mais moi, de mon côté, pour l’Europe, je suis complètement partant.

Pour l’instant, on va se focus sur YouTube et promouvoir Winamax via notre chaîne, afin que Winamax puisse également promouvoir ATM, et on verra par la suite. Après, en termes de concepts de vidéos, on en a déjà trois différents qui sont dans les tuyaux ! Axel, le directeur de notre communication, a déjà terminé la première vidéo, et il y en a deux autres qui vont suivre et qui seront très différentes de « Zero Bluff ». Voilà, il y a déjà des innovations comme ça. Donc maintenant, à voir comment ça performe sur YouTube et si les gens aiment !

  1. Quand vous passez d’une table composée de professionnels de classe mondiale à un field comme celui du WPO, avec de nombreux amateurs, est-ce que vous devez finalement réapprendre à jouer certains spots ? Est-ce que vous avez parfois tendance à trop réfléchir face à des adversaires qui abordent le jeu de manière beaucoup plus instinctive ?

Bien sûr, j’ai pu voir quelques profils un peu atypiques à mes tables, comme on en voit un peu moins souvent aux Triton. Mais franchement, ma première table durant le Main de ce WPO, c’était incroyable ! Ça jouait très bien, j’avais l’impression de jouer un 200 € online ! D’habitude, il y a un rapport de 50, donc là, je suis censé jouer comme sur un 10 €, mais honnêtement ici, ça jouait super bien.

J’ai vu plein de moves techniques intéressants, de bons sizings… Il y avait bien évidemment de petites erreurs que je pouvais exploiter, mais globalement, ça jouait extrêmement bien ! À part quelques joueurs qui ne connaissaient pas les ranges préflop (rires), la plupart des joueurs que j’ai croisés à mes tables étaient bons.

Au Day 2, par contre, c’était plus facile ! J’ai vu plus d’erreurs, j’ai pu grind 20 blindes très rapidement, alors que normalement, on est bien soumis à la distribution des cartes. Mais les deux Days 1, franchement, c’était dur ! On m’a dit que c’était polarisé, qu’il y avait les meilleurs regs online qui venaient ici pour l’ambiance et pour profiter, donc j’ai sûrement dû déchatter les tables (rires).

  1. On imagine qu’il y a beaucoup de joueurs présents ici qui regardent vos vidéos et celles d’ATM. Si vous deviez leur donner un seul conseil pour améliorer leurs résultats sur un festival comme le WPO, quel serait-il ?

Grosso modo, je trouve que ça fold quand même encore beaucoup ! Donc on peut encore être assez agressif. On m’avait dit de ne pas bluffer sur ce genre d’événements, que j’allais me faire bluff catch très souvent, mais au final, il y a encore de la place pour l’agressivité. Donc, sans hésitation : jouez agressif, et ce, dès le préflop !

  1. Quand vous jouez un tournoi à 500 € face à des amateurs, est-ce que vous considérez que vous disposez d’un avantage technique suffisant pour compenser la variance d’un field aussi important ?

La réponse est non ! Évidemment que je vais faire mieux que le joueur moyen, mais comme je te disais, mes deux premières tables étaient très difficiles. Si j’ai des confrontations qui ne sont pas à mon avantage, où je dois partir à tapis avec top paire/mauvais kicker dans un spot contre un mec qui est bon et agressif, eh bien, je vais le faire, car ça joue bien ! L’idée n’est pas de se dire : « Le field est tellement nul, donc je peux me permettre de trouver des folds aussi facilement. »

Aussi, je respecte le jeu, je ne viens pas pour jeter mon stack ! Il y a beaucoup de gens qui viennent me faire des compliments, beaucoup de joueurs amateurs sont contents de venir jouer des spots contre moi, donc je trouverais ça irrespectueux de ne pas donner le meilleur de moi-même. Et si quelqu’un me roule dessus, eh bien, c’est le jeu, et c’est un bon souvenir pour eux !

  1. Avec les outils dont disposent aujourd’hui les professionnels, on a parfois l’impression que tout le monde travaille les mêmes spots et utilise les mêmes solutions. À très haut niveau, comment est-ce qu’on peut encore construire un avantage technique sur ses adversaires ?

Tu sais, quand on arrive à très très haut niveau, le field est compris entre 30 et 50 joueurs. Si t’es professionnel, tu peux les étudier et les connaître par cœur, ou quasiment. Il y en a peu qui le font, mais c’est possible. Donc, c’est toujours important de connaître la théorie, mais c’est encore plus important de savoir exploiter. Si tu sais comment joue un joueur en début ou en fin de tournoi, quelles faiblesses il a, quelles forces… tu peux jouer précisément contre l’adversaire !

Aussi, il y a certaines facettes du jeu qui ne sont pas encore très exploitées par les joueurs. Je te donne un exemple : les tournois KO, PKO, ou les Space KO. Il y a beaucoup de situations différentes, et c’est très dur ! Si tu travailles certains aspects de ces formats, tu vas créer un edge, car peu de joueurs les travaillent vraiment.

  1. Pour finir, quels sont vos objectifs pour 2027 ?

Je suis un peu dans l’indécision à cause d’événements personnels. Donc maintenant, surtout, l’objectif va être de faire grossir la chaîne YouTube ! Je pense que je vais jouer moins de Triton pendant environ un an, même si avant, mon objectif était d’en gagner un. Maintenant, c’est un peu passé au second plan parce que j’ai envie de réfléchir à ce que je veux. J’ai envie d’acheter un appartement dans ma ville de cœur, qui est Budapest, donc je pense à tout ça…

Je continue à jouer, mais par périodes ! Pendant les Winamax Series, je peux jouer à fond pendant deux ou trois semaines, puis ralentir, coacher les gars de la Team, voyager un peu…Par exemple, je ne pense pas que j’irai au Triton à Chypre en novembre.

Merci pour ton interview, c’était cool !

 

 

 

 

Crédit photo : Medusv / Caroline Darcourt 

 

 

 

 

Continue Reading

Interviews

Entre rap et poker, S.Pri Noir cultive son esprit de compétition

Published

on

De la scène aux tables de poker, S.Pri Noir s’est découvert une nouvelle passion ! Présent au Winamax Poker Open d’Aix-les-Bains, le rappeur français nous a accordé une interview dans laquelle il revient sur ses premiers pas dans le poker, son apprentissage du jeu et ses ambitions grandissantes. Entre conseils de Kool Shen, pression des tournois et rêves de WSOP à Las Vegas, l’artiste se confie sur un univers qui le passionne de plus en plus !

  1. On vous connaît avant tout pour votre carrière musicale, mais on vous retrouve désormais régulièrement sur les festivals Winamax. Comment avez-vous découvert le poker et qu’est-ce qui vous a donné envie de vous lancer dans les tournois live ?

J’ai découvert le poker dans mon quartier, on se retrouvait dans la rue pour jouer. On aimait se rassembler pour jouer au poker, pour tuer le temps et aussi faire un peu d’argent (rire). Et donc, c’est comme ça que j’ai découvert le jeu. Au début, je ne jouais pas du tout en ligne. J’ai commencé bien après à faire quelques parties, mais c’était vraiment rare !

Par la suite, j’ai été invité par Fred de Skyrock à un tournoi Winamax, et à ce moment-là, c’était la première fois que je jouais un vrai tournoi dans de vraies conditions live. J’ai vraiment kiffé !

Ensuite, l’équipe de Winamax m’a dit qu’ils organisaient des tournois un peu partout en France et en Europe, et ma première invitation, c’était à Bratislava ! J’ai découvert un univers que j’ai adoré. En termes de sensations, c’était incroyable.

  1. Vous avez déjà participé à plusieurs événements Winamax. Qu’est-ce qui vous plaît dans ces festivals et comment abordez-vous cette nouvelle édition du WPO ? Vous venez avant tout pour l’ambiance ou avec de véritables ambitions de performances ?

– Ce qui me plaît, c’est la rencontre avec les gens, mais aussi la rencontre avec moi-même. J’ai découvert que le poker reflétait pas mal d’aspects de la vie en général. Par rapport aux choix que tu fais, aux configurations que tu peux rencontrer, ou encore par rapport aux gens que tu rencontres… C’est un jeu qui te met face à des choix, parfois difficiles, et du coup, tu dois gérer tes émotions, gérer tes engagements. Tu peux faire preuve d’orgueil ou de résilience. Je trouve que c’est un beau parallèle avec la vie ! J’ai appris pas mal sur moi-même et ça m’a confirmé des choses sur ma personnalité, sur qui j’étais, et c’est ça que je trouve cool.

En ce qui concerne ta deuxième question, je viens surtout pour m’amuser, mais je me suis pris au jeu, je ne te cache pas. Je travaille le jeu, je suis un compétiteur ! Je suis un ancien sportif, le rap aussi, c’est de la compétition, donc je me suis pris au jeu et je nourris des ambitions. Si je suis là, autant essayer d’aller le plus loin possible, voire d’aller au bout.

Marrakech m’a donné encore plus envie, car j’ai terminé 283e du Main Event sur 3 500 joueurs. Du coup, ça m’a vraiment donné envie de m’investir plus. Mais je me suis rendu compte que c’était un vrai sport. Mentalement, il faut être solide pour jouer autant d’heures sans vaciller !

  1. Aujourd’hui, quelle place occupe réellement le poker dans votre quotidien ? Est-ce que vous prenez le temps de travailler votre jeu, d’étudier la stratégie ou d’échanger avec des joueurs professionnels, ou est-ce que vous préférez conserver une approche plus instinctive ?

– Un peu des deux ! À Marrakech, j’ai pas mal échangé avec Bruno (Kool Shen) pendant les deux journées sur le Main. À chaque pause, j’allais le voir et je lui expliquais comment ça s’était passé, comment je me sentais… Et il m’a donné un super conseil ! J’avais l’impression d’être toujours short, autour des 20 BB, et je lui expliquais que ça m’angoissait un peu, car avec les blindes qui évoluent, je ne me voyais jamais devant et solide par rapport à la structure. Il m’a expliqué qu’un bon joueur de tournoi devait être capable de gérer un stack de 20 BB. Il est un peu rentré dans les détails, et ça m’a pas mal aidé à rentrer dans la zone.

Après, je travaille mon jeu en ligne ou même avec des amis. J’aime jouer avec les gens qui me connaissent, car ça m’oblige à varier mon jeu, à essayer d’être plus imprévisible ! Mais pour l’instant, j’évite de rentrer dans des considérations techniques trop compliquées. Je joue plus l’homme que les probabilités. Ça viendra sûrement, mais pour l’instant, j’y vais doucement sur la technique.

  1. Le rap et le poker sont deux univers très différents, mais dans lesquels la confiance en soi, la créativité et la gestion de la pression peuvent jouer un rôle important. Est-ce que vous retrouvez certaines similitudes entre la préparation d’un concert et la compétition autour d’une table de poker ?

– Nan, c’est complètement différent à mon sens. Quand je suis en concert, je suis pressé de jouer ma musique. Dans le poker, au début, j’avais une pression de dingue ! Et c’est d’ailleurs ça qui m’a accroché. Quand je rentrais dans la salle, j’avais l’impression que tout le monde voulait m’abattre, c’était impressionnant ! Les premières fois, j’ai mis une heure à redescendre, mon cœur battait, c’était dingue. Je ne sais pas si c’était du stress, mais en tout cas, j’avais la pression. Aussi, je voulais bien faire, je ne joue pas trop en live, donc il y avait aussi la pression de ne pas faire d’erreur sur les mises, les antes, etc.

En plus, j’ai le badge WIP, donc je suis un peu la personne à abattre, donc deux fois plus de pression. Au final, après, j’ai fait avec les armes que j’avais. Mais maintenant, ça va beaucoup mieux, même si je ressens encore un peu de pression lors de la première heure à la table.

Ce qui est drôle, c’est que dans le rap, je ne ressens pas la même pression, et pourtant, il y a beaucoup plus d’enjeux, c’est ma vie, c’est ma passion ! Mais le poker… c’est une dinguerie (rire) ! C’est violent, l’élimination est très brutale, et l’échec est instantané. Alors que dans la vie, tu as plus le temps de prendre ton échec en compte et d’avancer.

  1. Quand vous arrivez à une table de poker, une partie de vos adversaires vous connaissent déjà grâce à votre musique. Est-ce que vous avez l’impression que cette notoriété influence leur manière de jouer contre vous ? Est-ce que certains cherchent davantage à vous bluffer ou, au contraire, à vous éviter ?

– Personnellement, je ne ressens pas ça. J’ai quand même l’impression d’être considéré comme n’importe quel autre joueur, mais je pense que ça doit jouer quand même un minimum, il faudrait demander aux joueurs ! Souvent, ils déclarent qu’ils me connaissent une heure ou deux après avoir commencé la partie. Mais globalement, je me fais discret. Puis il faut dire une chose, je trouve que les gens sont particulièrement bienveillants ! Hier, j’ai fait l’argent sur un tournoi du festival, les gens étaient contents pour moi, c’est vraiment cool.

Mais pour revenir à ce qu’on disait avant, à partir du moment où un joueur me dit qu’il me connaît, ça me met dans un bon mood. Je vais pouvoir parler de ma musique à quelqu’un qui s’y intéresse, par exemple, et ça va me permettre de discuter un peu avec la personne et de dégager des traits de personnalité de mon adversaire ! Je scanne tout et du coup, ça m’aide.

  1. Après avoir participé à plusieurs festivals Winamax, est-ce que vous envisagez d’aller plus loin dans le poker ? Est-ce que vous aimeriez, par exemple, participer un jour au Main Event des WSOP à Las Vegas, ou est-ce que vous souhaitez avant tout continuer à jouer pour le plaisir ?

Oui, je kifferais ! Je suis déjà allé à Vegas, mais plus pour la roulette (rire). Mais l’été prochain, moi, je suis partant, tant que je suis disponible par rapport aux concerts et aux tournées. Il y a toujours moyen de trouver des spots. Aller là-bas et gagner un tournoi, ce serait dingue !

  1. Pour terminer, parlons un peu de musique. Où en êtes-vous aujourd’hui dans vos projets artistiques ? Est-ce que vous préparez de nouveaux morceaux, un album ou une tournée ? Et comment arrivez-vous à concilier votre activité musicale avec votre passion pour le poker ?

– Oui, je prépare de nouveaux projets, je fais plein de choses pour d’autres musiciens. Il y a beaucoup de sons, beaucoup de collaborations à venir… Je me suis fait kiffer ! Je trouve qu’en ce moment, il y a beaucoup d’artistes qui sont très forts. J’arrive à concilier la musique et le poker, mais ce n’est pas facile (rire).

Par exemple, quand je suis arrivé sur le festival, je venais de passer pas mal d’heures en studio, je n’avais pas beaucoup dormi. Donc je suis arrivé, je me suis mis à jouer directement, c’était un peu dur, mais ça va !

Sinon, habituellement, je joue en ligne pour des petites sommes et je travaille mon jeu comme ça. Ça me permet de voir des cartes et de travailler mes stratégies à ma manière.

Merci pour l’interview, c’était cool !

 

 

 

 

Crédit photo : Medusv 

 

Continue Reading

Interviews

Leo Margets, une table finale historique et toujours la même soif de progresser

Published

on

Quelques mois après son incroyable parcours sur le Main Event des WSOP 2025, Leo Margets est de retour aux tables du Winamax Poker Open d’Aix-les-Bains ! L’occasion de revenir avec elle sur l’une des plus grandes performances de sa carrière, mais aussi d’évoquer ses ambitions pour les années à venir. Entre ses envies de découvrir les Triton ONE, son rapport au travail et sa vision de l’évolution du poker moderne, la joueuse espagnole nous livre un entretien dans lequel elle affirme une chose : sa table finale des WSOP n’est certainement pas une finalité !

  1. Leo, un peu plus d’un an après votre 7e place au Main Event des WSOP, quel regard portez-vous aujourd’hui sur cette performance ? Est-ce que vous avez maintenant pleinement réalisé ce que vous aviez accompli et l’impact que cette table finale a eu sur votre carrière ?

– Je pense que c’est l’une des expériences les plus intenses de ma vie, et pas seulement au poker, car j’ai pu partager ça avec des amis très proches pendant tout le tournoi, et ça, ça a complètement changé l’aventure. C’est une super expérience de vie, mais à la fois, je ne veux pas avoir l’étiquette de la femme qui a fait la table finale, et je pense qu’il y a beaucoup de bonnes choses qui peuvent arriver encore. Même si c’est très difficile de faire une performance vraiment bonne, on sait tous que ce n’est pas habituel de faire un résultat comme ça, alors c’est quelque chose de super dont je me souviendrai toute ma vie, mais je dois continuer d’avancer et ne pas m’arrêter sur cette table finale du Main Event. Je suis quelqu’un qui peut réussir à faire beaucoup plus de choses dans le poker. Ce que je veux dire, c’est que lorsqu’on fait quelque chose d’énorme, c’est comme si c’était fini, mais non ! En somme, je n’en fais pas une finalité.

  1. Au-delà du résultat et des émotions, est-ce que ce parcours vous a permis de découvrir quelque chose sur votre propre jeu ? Y a-t-il des aspects techniques ou mentaux que vous avez décidé de travailler différemment depuis cette expérience ?

– Je suis super fière globalement. Faire des erreurs fait partie du jeu, mais j’aurais été OK d’en faire encore plus, c’est le poker ! On ne doit pas avoir peur de faire des erreurs, mais je pense que j’ai pu briller en me donnant à 100 % dans un moment où j’ai eu le plus de pression de ma vie, et je ne peux qu’être heureuse. Bien sûr, on peut toujours s’améliorer, mais je suis super contente. J’étais tellement dans le flow que ça a été incroyable. J’étais très connectée aux émotions des autres, au jeu… J’ai fait quelques erreurs, mais je ne vais pas me punir, tu sais. Sur 10 jours, on fait forcément des erreurs avec la fatigue. Je vais continuer à travailler mon jeu, et ce résultat m’a permis de me donner un gros boost de motivation !

  1. Ici, vous allez rencontrer de nombreux joueurs amateurs, bien loin des fields que vous avez l’habitude d’affronter sur le circuit international. Comment adaptez-vous votre jeu à ces profils ? Est-ce qu’un field moins expérimenté peut parfois vous poser des problèmes stratégiques inattendus ?

– Oui ! La clé au poker, c’est de s’adapter, et si tu veux performer, tu dois faire en fonction des joueurs en face. C’est bien d’avoir deux ou trois récréatifs à table, mais parfois, quand tu t’assois et qu’il y a une table entière de joueurs récréatifs, c’est plus difficile, car tu vas jouer beaucoup de pots multiway, et c’est parfois compliqué de comprendre les ranges qu’ils jouent. Mais c’est sympa quand même ! L’ambiance à la table est vraiment bonne, on rigole, ce sont toujours de bons moments. Parfois, dans certains endroits du monde, les joueurs ne parlent pas, ils ont des casques… Ça n’est pas toujours aussi sympathique que sur un festival comme le WPO !

  1. Vous avez remporté un bracelet WSOP et atteint la table finale du Main Event. Après de telles performances, comment parvient-on à se fixer de nouveaux objectifs ? Est-ce que vos ambitions ont évolué, notamment concernant les tournois et les circuits auxquels vous souhaitez participer ?

– En fait, je n’ai jamais eu d’ambitions qui se basent sur les résultats. J’essaye toujours de m’améliorer, et ensuite je transforme ça en résultats qui sont les conséquences de mes efforts. J’ai encore très envie de devenir une meilleure joueuse, et ce n’est pas que je vais sauter dans les super high stakes, mais peut-être que je vais m’essayer aux Triton One et jouer un peu plus cher que mon average buy-in actuel. Je suis consciente de mon edge sur tel ou tel field, je pense que je peux être gagnante sur les tournois de Triton One, mais j’ai toujours voulu jouer mon action à 100 %, donc je vais y aller progressivement. C’est pour ça aussi que je veux progresser en tant que joueuse. Mon average buy-in est peut-être de 3 000 à 4 000 €, tandis que sur Triton One, je jouerais en moyenne pour 5 000 ou 6 000 €. Peut-être que je pourrais jouer un 25 000 € qui serait super beau, mais je n’ai pas trop envie de jouer des super high rollers de manière régulière. De plus, j’aime la complexité du jeu, j’aime étudier, mais je sais que pour l’instant, je ne suis pas au niveau des joueurs qui jouent les super high rollers. Alors je n’aime pas trop me battre sur un field où je sais que je n’ai pas d’edge, ou très peu. Je suis consciente que je ne fais pas assez d’heures de travail comme le font ces joueurs qui performent sur les super high rollers. Je veux sentir que je suis au top contre les gens que j’affronte, et c’est pour ça que je veux bien choisir les tournois que je joue.

  1. Le niveau du poker professionnel ne cesse de progresser, et les outils de travail sont devenus de plus en plus performants. Comment organisez-vous aujourd’hui votre travail personnel en dehors des tables ? Est-ce que vos méthodes d’apprentissage ont évolué ces dernières années, notamment depuis votre table finale aux WSOP ?

– Entre nous, je préférais presque le poker avant. C’était plus un poker d’instinct. Maintenant, le poker est devenu un jeu où il faut plus travailler les solvers que les autres pour s’en sortir face aux joueurs de haut niveau. Bien sûr, il faut connaître la théorie pour pouvoir jouer de manière optimale, mais ensuite, il faut savoir s’adapter et dévier de cette théorie pour pouvoir exploiter ses adversaires au mieux. Avant, il n’y avait pas de logiciel pour savoir ce qui était optimal ou non. Tout dépendait de l’expérience et de la façon de travailler de chaque joueur. Maintenant, c’est beaucoup de travail, il faut étudier les lines qui vont te permettre de te rapporter le plus d’EV possible. Après, même quand tu les connais, il faut parfois savoir ne plus en tenir compte en fonction de qui tu es en train de jouer, et t’adapter. Ces lines que tu apprends avec les logiciels, au final, te permettent de gagner de manière optimale face à quelqu’un qui jouerait 100 % GTO, or, autour des tables, on ne joue pas face à des robots, mais contre des humains qui ont des émotions et qui ne répondront pas de la même façon que le solver !

  1. Ici, au WPO, vous allez notamment affronter de nombreux joueurs amateurs aux profils très différents. Est-ce que vous abordez ce type de tournoi avec la même exigence et le même esprit de compétition qu’un Main Event des WSOP ? Ou est-ce que vous vous permettez de jouer un poker plus instinctif, en accordant davantage de place au plaisir ?

– Vraiment, j’essaye de prendre chaque tournoi avec la même attitude. Quand je suis à la table, j’oublie le buy-in, j’essaye de prendre les meilleures décisions quoi qu’il arrive ! Mais c’est vrai que tu n’as pas forcément les mêmes sensations que sur un tournoi comme le Main Event, et c’est normal. C’est beau que certains tournois nous fassent ressentir quelque chose de spécial. En tout cas, globalement, ça n’est pas possible pour moi de m’asseoir et de me dire que je n’essayerai pas de jouer mon A-game. Parfois, je ne peux pas forcément le développer, mais je veux toujours avoir l’esprit de compétition dans tous les cas.

  1. Vous évoluez au plus haut niveau depuis de nombreuses années. Comment imaginez-vous la suite de votre carrière ? Est-ce que vous souhaitez continuer à vous consacrer pleinement à la compétition ou est-ce que vous envisagez de développer d’autres projets autour du poker ?

– Je ne sais pas ! On aime parfois sentir qu’on a un chemin tout tracé pour enlever de l’incertitude, mais je pense que je vais jouer toute ma vie, oui, sauf si je sens qu’à un moment, je n’ai plus faim d’amélioration quant à mon niveau. Après, je suis ouverte à des projets. Mais tu sais, j’ai fait un grand bond de niveau depuis 5 ans, car avant, j’étais toujours en train de penser à un plan B hors poker. Je mettais du temps dans le poker, je travaillais le jeu, mais je faisais quand même des formations dans tel ou tel domaine pour avoir comme un filet de sécurité si jamais le poker n’allait pas bien ! Et ça, ça n’est pas bon pour devenir meilleure. Globalement, je pense que tu dois pouvoir être « all-in » dans ce que tu fais si tu veux progresser et arriver au meilleur niveau. Sinon, tu divises ton attention, tu es moins focus, ça n’est pas bon. Je me suis rendu compte que ce que je faisais à côté du poker, c’était comme pour me trouver une excuse pour ne pas m’investir à 100 %. Maintenant, j’ai changé ça, je suis coachée, je fais faire des simulations pour travailler, je partage beaucoup avec des joueurs de poker dans des groupes… Je veux pouvoir arriver à mon meilleur niveau !

 

 

 

Crédit photo : Edu Agreda 

Continue Reading
Advertisement

Buzz

POKER52 Magazine - Copyright © 2018 Game Prod. Design by Gotham Nerds.