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Interviews

Sexisme dans le poker, la parole se libère : Joueuses, croupières & modo témoignent

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Elles se prénomment Rosalie, Jade, Kate, Walfie, Stéphanie, Amandine, Lola ou Chloé. Certaines ont accepté de parler à visage découvert, d’autres préfèrent garder l’anonymat et prendre un prénom d’emprunt, de peur d’être la cible de ce qu’elles dénoncent : le sexisme hypertrophiée du milieu du poker. Tout a démarré par le partage, sur Twitter, d’une capture d’écran d’insultes par la joueuse pro Rosalie Petit, notamment membre du King5 Winamax de ces WSOP 2021. Une insulte de plus, une insulte de trop, qui a fait réagir de nombreuses joueuses, croupières ou modératrices. Nous avons été recueillir leurs témoignages, à la fois intimes et révoltés, en espérant qu’ils permettent aux mentalités d’évoluer. Nous avons également décidé de republier ici en ligne l’intégralité de notre dossier inclus dans le daté février 2022 de notre magazine papier.

A chaque milieu, sa temporalité. Celui du poker, majoritairement masculin, aura mis du temps à entamer sa propre révolution, d’autant plus en France, où la vague #metoo n’a pas été une déferlante comme dans les sociétés anglo-saxonnes. Rosalie Petit, joueuse professionnelle en MTT, qui sévit aussi bien en ligne qu’en live, a jeté une pierre dans la mare, en début d’année 2022, en « osant » partager des captures d’écran de commentaires d’une vidéo entre elle et un coach, Aleksi. Un exemple, comme il en existe des milliers par jour, du sexisme ordinaire : « Coaching… Coaching… Tu la baises ouais ! », suivi de « Comme si elle allait devenir bonne ; elle est déjà bonne physiquement, pas besoin de plus ». Les réactions ne se sont pas fait attendre : « J’ai été très touchée par toute cette vague de bienveillance, de soutien, je n’imaginais pas recevoir autant de force! Je remercie énormément Moundir et tous ceux qui se sont mobilisés pour afficher leurs positions contre le sexisme, » témoigne-t-elle.« Beaucoup de femmes souffrent dans l’indifférence générale. Trop de femmes sont victimes de propos déplacés, d’avances, de critiques et d’insultes a caractère sexiste, parfois même de violence physiques. Il ne faut pas normaliser ça, il faut que les mentalités évoluent. Nous méritons le respect dans chaque discipline, » ajoute-telle. Dans sa foulée, d’autres joueuses, amatrices ou semi-professionnelles, ont fait entendre leur voix.

Condescendance & agressivité

Jade Kieu est une joueuse récréative comme il y en a des milliers en France, et ce depuis une dizaine d’années, surtout en live, en cash-game en casino. Ses débuts, comme pour beaucoup de joueuses, ont été un peu traumatisants : « Une des première fois, j’étais accompagnée de deux amis joueurs, et on voulait trois places en cash-game. C’était dans un casino de province, et le floor a lancé : ‘Ah mais la demoiselle, elle veut jouer aussi ? Elle sait comment ça fonctionne le poker ? C’est pas un jeu de chance comme la roulette hein !’ » Souvent, on la regarde comme une proie facile. « Quand j’arrive, parfois, les joueurs rigolent en me dévisageant, et disent, ‘ah, enfin un peu de divertissement !’ » Rosalie Petit raconte la même histoire : « La première fois où je me suis assise à une table de cash-game, un joueur m’a lancé : ‘Tu t’es perdue ? Les machines à sous c’est de l’autre côté, quand t’auras perdu, je te payerai une coupe de champagne !’ » Grande sportive, Amandine Michelet, elle, a découvert le poker dès sa majorité, et elle s’y est consacrée de plus en plus après avoir connu une maladie qui lui empêchait de continuer le sport. Après s’être impliquée dans le poker associatif, elle a pu monter une bankroll et se qualifier sur des tournois mid-stakes. Ses débuts ont été entachés par une attitude masculine prédatrice et lourde : « J’étais plutôt timide, souriante et gentille, et j’avais un manque de confiance en moi qui faisait que j’avais du mal à prendre de bonne décision. Certains hommes rentraient dans un protocole de séduction charmeur, d’autres utilisaient des mots vulgaires et inappropriés. Je venais pour exercer une activité qui me plait, faire de belles rencontres hommes ou femmes et aussi dans un but d’échanger et de progresser sur le poker, pas de rencontrer l’amour ou d’avoir des propositions indécentes. » Et quand elle ne symbolise plus la jeune joueuse fragile, les insultes se font encore plus menaçantes : « Ce qui a augmenté sont les insultes quand je gagnais des coups ou que je sortais des joueurs. Le mot « pute » ou « salope » revenait souvent… » La joueuse semble souvent n’avoir que deux places possibles : la brebis innocente, devenue proie sexuelle, ou celle qui « chatte » et joue n’importe comment. Stéphanie (son prénom a été changé) a elle aussi eu à affronter ces prédateurs, après avoir découvert le poker lors d’un tournoi Ladies au Cercle Clichy Montmartre : « Ca m’a permis de sauter le pas, et comme je jouais déjà en ligne et que je suivais les tournois sur les réseaux, j’avais très envie de commencer le live. Malheureusement, quand je suis revenue ensuite dans des tournois classiques, j’ai été traitée souvent de ‘grosse salope’, ‘cocue’, ‘mal baisée’. » Elle modère cependant cette impression par le fait que « le milieu du poker est comme tous les autres : il y a des personnes très bienveillantes et accueillantes, d’autres… moins. Par contre, on a un grand déficit de femmes, moins de dix pourcents dans une salle… » Jade Kieu, une habituée des cash-game parisiens, a aussi eu son lot d’insultes et menaces : « Une fois, on m’a dit droit dans les yeux : ‘c’est comme ça qu’on gagne des tournois hein ! La chatte sous ta jupe doit être bien grosse’, ou « cette pute, elle me prend encore un coup je l’encule direct sur la table ». Sur ma finale du Road to PSPC Paris, j’entends derrière moi : ‘Mec, si tu perds contre la gonzesse, on te casse la gueule’. Un jour, au Club Circus, le mec à ma gauche parle à chaque fois avant que j’ai pu jouer, le croupier lui fait remarquer que ça faisait 3 fois qu’il me laisse pas parler quand c’est mon tour, il lance ‘Ah mais elle est là elle ? Elle est là pour jouer ? Je pensais que c’était une masseuse chinoise !’, suivi d’un élégant ‘ Sale pute tu sais pas jouer t’es bonne qu’à écarter les cuisses’. » Les croupières bien sûr, ne sont pas en reste. Lola (son prénom a été changé) a fait ses classes au défunt Cercle Cadet : « L’ambiance était masculine et toxique. Certains dirigeants pensaient avoir un droit de cuissage sur les croupières, comme malheureusement dans pas mal d’entreprises. A table, c’était terrible car, bien sûr, dès qu’on donnait de mauvaises cartes, on était traitées de putes. Et quand les joueurs gagnaient des coups, ils nous proposaient de mettre le pourboire dans le décolleté. Ca faisait rire à table. J’en avais parlé à un responsable, mais l’important, c’était de ne pas radier les joueurs. On m’a déjà suivi à ma pause pour me proposer ‘une pipe aux toilettes’ avec un jeton de 100€. C’était franchement la jungle. Ensuite, j’ai fait plusieurs autres cercles et clubs, et c’était mieux réglementé. L’important, c’est que votre employeur applique des règles strictes et s’y tienne. »

Au-delà des mots

Stéphanie a pu profiter, comme certaines, du soutien des croupiers et parfois même d’autres joueurs de ses tables habituelles de cash-game : « J’ai eu plusieurs fois le droit à des insultes à peine voilée lorsque je remportais des coups, voire même parfois très déplacée. J’ai pris le parti de ne pas répondre et de ne pas leur donner d’importance. Alors oui, au départ, ca a été compliqué et j’étais souvent très mal à l’aise. La plupart du temps, le croupier les recadrait voir même certains joueurs. Mais avec le temps et grâce notamment à certaines joueurs, j’ai réussi à être à l’aise, j’avais comme une sécurité lorsque je venais puisqu’eux même était des joueurs connus et/ou respectés. » Un soir, pourtant, les paroles deviennent des actes : « Mon pire souvenir, c’est d’avoir été aux toilettes et suivie par un joueur qui avait été insistant toute la soirée pour m’offrir un verre. Il a attendu que je m’y rende et pendant que je me lavais les mains, il m’a sorti son pénis, ‘tu veux pas me sucer en échange d’un jeton de cash-game, je te paie !’ J’étais complément choquée. » Chloé (son prénom a été changé) a vécu les mêmes propositions d’incitation à la prostitution, comme si le corps de la femme qui joue de l’argent était obligatoirement monnayable : « Parfois, les hommes abandonnent les sous-entendus graveleux, et osent me dire que je ‘serais mieux sous la table’ plutôt qu’à jouer. Ou les autres qui te salent de ‘grosse pute’, un classique, ou te proposent de coucher avec eux en échange d’un buy-in. » Amandine Michelet a, elle aussi, dû faire face à de la violence physique, à deux reprises durant ses années sur le circuit : « Un jour, j’ai sorti du tournoi un joueur très agressif dans son comportement à table. A la fin, je gagne le tournoi, vers 3h du matin, et il m’insulte en me traitant de ‘salope… pourquoi tu m’as payé ?’ Il s’est mis à me pousser et me gifler. Heureusement, la sécurité du casino veillait et ils m’ont raccompagnée jusqu’à ma voiture. Une autre fois, c’était en début de tournoi, j’avais monté beaucoup de jetons, et je fais tilter un joueur, qui finit par sauter. Il m’a insulté, et m’a dit qu’il allait m’attendre pour me frapper. Il a soulevé la table de poker, et fait tout tomber. Le staff n’a pas bougé, mais un joueur à table, assez musclé, lui a dit que s’il me touchait, il lui ferait son affaire. Heureusement, ça m’a sauvée. »

L’anonymat du online

Walfie est joueuse, et modératrice sur les chats d’une room online depuis 8 ans. Elle a travéillé sur les streams des génats du secteur, ainsi que sur des chaînes Twitch de joueuses, dont celle de Rolsalie Petit et d’Angelus. « En étant modératrice femme, il n’est pas rare que je reçoive des messages d’insultes de la part de viewers masculins, souvent parce qu’ils ont été Ban définitivement de la chaîne, ou parce qu’ils se sont pris des Bad Beat et ne savent pas à qui s’en prendre, quoi de plus facile de venir insulter une femme en Messages Privés ! Depuis toutes ces années, j’ai appris à me blinder de toutes ces remarques méchantes, désobligeantes, sexistes et machistes, mais parfois j’avoue que certaines sont violentes et ont du mal à sortir de ma tête pendant quelques jours.  Il m’arrive également de recevoir des messages avec des photos de sexes masculins avec en légende : ‘Tu la vois ma grosse bite, je vais te l’enfoncer dans ta sale bouche de pute jusqu’à ce que tu crèves’. Ou encore ‘Tu n’es qu’une salope, ta copine et toi allez-vous faire enculer. Je vous défonce, vous êtes des niqueuses, vous vous croyez fortes sales batardes, je défonce votre sale chatte’ et ‘Nique ta pute de mère, sale salope, baiser ta mère la pute toi et Winamax. Je vais rouvrir un compte Twitch et le jour où je te tombe dessus, t’es morte sale pute, je vais découvrir tes réseaux, sale pute’. » Pour Jade Kieu, la violence online est protéiforme : « Il est toujours plus aisé d’insulter quelqu’un lorsqu’on est caché derrière un pseudo. La violence verbale est bien sûr très présente online, et pas qu’envers les femmes… » Amandine Michelet, elle, s’est réslue à prendre un pseudonyme sans genre : «L’anonymat du net décuple les insultes sexistes fusait sur le tchat, à l’époque j’avais un pseudo féminin et j’ai dû bloquer le tchat à certains moments. Aujourd’hui j’ai pris un pseudo qui fait que l’on n’arrive pas à dire le sexe de la personne qui se trouve derrière. » Chloé, elle, se fait insulter sur le thème « C’est pas possible d’aussi bien jouer, tu dois être un mec »…

La responsabilité de l’industrie en jeu

La fantasmatique masculine la plus minable semble être presqu’automatiquement en action quand une femme s’assoit à table : les femmes qui font des tournois ont été « cavées » par un joueur, elles n’ont aucune performance au mérite. Il faut dire que le sexisme n’est pas toujours du seul côté des joueurs anonymes. Un influenceur poker comme Yoh_Viral a souvent été brocardé pour son humour beauf et ses vidéos où toutes les filles sont là pour son argent, et font semblant de jouer au poker, objectifiant la femme comme un trophée de guerre. Dans une vidéo peu relayée (élégamment intitulée « Poker et dilatation »)  en dialogue avec un acteur X de la fachosphère, Jean-Marie Corda, il se gausse pendant de longues minutes sur la sexualité du joueur : « C’est usant de niquer… C’est du problème de riche, parce que je suis vidé, tu vois. J’y vais sans meuf, dans les tournois, mais bientôt je vais avoir envie d’aller avec des meufs » Corda lui répond : « Pour se foirer dans un tournoi, le pire c’est d’éjaculer, de manger un coup, et d’arriver en mode digestif après le relâchement de l’éjaculation. Par contre, tu peux arriver avec une meuf, ça se chauffe, elle est trop bonne, nickel, tu te retiens, et t’arrives au tournoi sans éjaculer, mais ça te déconcentre, parce que tu sens trop tes couilles pleines ! » Yoh_Viral : « Le poker est un sport, et l’effet de la digestion et de l’éjaculation, c’est le pire combo ! » Rires gras. Les rooms online ne sont pas reste, notamment à la « grande » époque du boom du online : certaines d’entre elles, depuis longtemps disparues, avaient par exemple eu la bonne idée de financer une trentaine de filles qui n’avaient jamais joué au poker précédemment, lors de la grande finale de l’EPT Monaco. Arrivées au bras d’une gloire de l’époque façon revue de cabaret, elles n’avaient fait que renforcer ce préjugé de la fille décérébrée qui laisse le poker aux vrais joueurs : les hommes. Kate (son prénom a été changé) a vécu ces moments déstabilisants dès le milieu des années 2000. Alors joueuse non sponsorisée, avant de devenir présentatrice poker pour différentes marques de poker, elle a toujours dû freiner la sexualisation qu’on lui proposait : « J’ai la chance de ne pas être mannequin, donc on m’a pris plus au sérieux, mais je devais refuser tout le temps les tenues trop suggestives, parce que je trouvais que cela me faisait passer pour une potiche. Avec le temps, je regrette de ne pas avoir été assez sûre de moi, et d’assumer ce que je voulais. L’instinct de beaucoup de joueurs est sexiste, mais avec le temps, j’ai vu l’industrie évoluer : les équipes des grosses rooms online ont compris que les femmes pouvaient être des joueuses pros importantes, et qu’il fallait tout faire pour mieux inclure les joueuses dans l’industrie. »

Des exemples à suivre

Dans la foulée de Rosalie Petit, une sororité de joueuses a commencé à parler et médiatiser leurs mésaventures. Comme d’autres exemples en leur temps, Rosalie Petit fédère une parole qui se libère. Car, pour sauter le pas, les joueuses ont besoin de modèles et d’appuis. Dans le passé, des figures du poker comme Isabelle Mercier, Vanessa Selbst ou autres. Des femmes puissantes et inspirantes, comme l’avoue Jade Kieu : « Celle qui m’a le plus inspirée en tant que femme au poker était Vanessa Selbst, j’étais impressionnée non seulement par son niveau, mais aussi de toute la force, la confiance et le charisme qu’elle dégageait. Il y a eu notamment Vanessa Rousso et Liv Boeree, voire Jennifer Harmann, Vicky Coren et Annette Obrestadt. Ces joueuses qui clament haut et fort ‘Oui, je suis une femme, et je suis à la place où je dois être’». Kate pense aussi que c’est par la médiatisation des femmes que les mentalités changent : « J’ai eu la chance de recevoir de nombreux témoignages de joueuses qui m’ont remercié pour leur avoir donné le courage de jouer au poker, et de m’affirmer en tant que femme. C’est sûrement ma plius grande réussite dans cette industrie du poker. Plus il y aura de femmes, plus les hommes devront réviser leur attitude, et, j’espère, changer de mentalité. » Pour Rosalie Petit, celle qui a allumé la flamme de cette libération hexagonale, il faut « arrêter de fermer les yeux et défendre les femmes quand on fait face à ce genre de comportements. La plus part de ces incidents se produisent dans l’indifférence générale ou pire tout le monde s’en amuse. Les femmes se sentent humiliées et pas à leurs place. Online, des mesures plus sévères envers le manque de respect, pour protéger la santé mentale de tous les joueurs, je pense au bannissement temporaire par exemple. Sinon, jouer sous sa propre identité, sans anonymat, pourrais limiter ce genre de comportements. » Pour Jade Kieu, le poker évolue déjà « Aujourd’hui je suis ravie de voir les mentalités changer, lentement certes, mais cela évolue dans le bon sens, que ce soit au poker ou dans d’autres domaines. Aujourd’hui, la parole est libérée, beaucoup de femmes osent parler, s’assumer, se faire respecter. Et beaucoup d’hommes n’hésitent pas à monter au créneau pour défendre la place des femmes dans tous les milieux. C’est très positif pour la suite. Je pense qu’il est important de plus communiquer sur le savoir-être et le savoir-vivre au poker en général. Aujourd’hui, la communication, la médiatisation se fait beaucoup sur le plan marketing, pas assez sur les valeurs qu’un joueur de poker doit avoir. Le fait que certaines personnalités ou personnes influentes du milieu prennent position ouvertement, c’est très bien, mais ce n’est pas encore suffisant. Je pense qu’il faut sanctionner les comportements sexistes (racistes, homophobes et autres). Je pense qu’il faut établir des règles strictes à ce niveau-là dans les casinos, les clubs de jeux, les salles de tournois, avec des sanctions sévères. On sait que le milieu du poker est très dur, parfois injuste, parfois cruel, on est tout de même là pour gagner l’argent que d’autres ont mis sur la table. Mais ça doit rester un jeu, et on peut être dans l’adversité, mais avec un respect mutuel de part et d’autre. Car le poker n’a pas de genre, pas d’âge, pas de classe sociale, pas de couleurs de peau, pas de religion. Nous sommes juste Joueurs de poker avec un grand J. »

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INTERVIEW : Hadrien Gallois, une approche hybride du poker moderne

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Présent sur les festivals avant tout pour partager des moments avec sa communauté, Zchance continue néanmoins de garder un vrai niveau d’exigence dans son jeu online. Il explique comment il jongle entre performance poker et création de contenu.

  • Comment se passe ton début de festival jusqu’ici ? Tu aimes le spot ?

C’est une première pour moi, je n’étais jamais venu au Portugal, donc je ne savais pas trop à quoi m’attendre. Le spot est vraiment cool, la ville est sympa, il fait beau, et le casino est super grand. Franchement, j’aime beaucoup. J’espère qu’il y aura une autre édition !

Sinon, niveau poker, ce n’est pas terrible pour l’instant, mais bon, ce n’est que le début. Souvent, sur ce genre de festival, je privilégie le Main Event et tant que je ne suis pas qualifié pour le Day 2, j’envoie des boulettes sur chaque flight ! Par contre, si je bust et que je ne peux plus continuer sur le Main, j’évite d’aller sur les sides parce que je préfère rencontrer les gens, voir les viewers, boire des coups avec eux… Ils adorent ça, et moi aussi !

En général, les seuls sides que je fais, c’est le samedi ou le dimanche, comme le High Roller ou des tournois du même genre. En revanche, les 150 € de l’après-midi, ce sont les seuls tournois que je ne fais pas, parce que je préfère vraiment profiter, faire les activités et passer du temps avec les gens. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles je viens sur ce type de festival !

  • Y a t-il une dynamique particulière aux tables ici, au Portugal ?

Ça, c’est une bonne question. Je ne suis pas un expert du live, mais j’ai déjà croisé pas mal de joueurs portugais à mes tables, et ma première impression a été qu’ils étaient quand même très agressifs, un peu comme les Espagnols. Là où les Français sont un peu plus passifs, les Portugais, eux, sont beaucoup plus agressifs, mais sans forcément être dans le contrôle.

J’en ai discuté avec des amis qui ont beaucoup plus d’expérience que moi en live, et ils ont confirmé cette tendance ! Du coup, ils sont plus durs à jouer, parce qu’un profil agro, même s’il fait n’importe quoi, sera toujours plus difficile à affronter qu’un profil passif. Mais d’un autre côté, les jetons volent plus facilement, donc tu peux aussi te faire pas mal livrer.

Personnellement, je préfère jouer contre des mecs très agressifs, parce qu’ils mettent les jetons au milieu et il y a plus d’action. Le mec qui ne joue aucun coup, pour lui prendre son stack, ça va prendre des heures. Il faut grignoter petit à petit, et ce n’est pas la même chose !

  • Quand tu arrives sur un festival comme Estoril, tu arrives plutôt en mode création de contenu ou en mode performance ? Ou les deux en même temps ?

Pur créateur-touriste (rire) ! Ici, je ne suis pas du tout dans la performance. En ligne, je recherche la performance ; en live, pas du tout. Le seul festival où j’ai vraiment essayé d’être performant, c’était aux WSOP à Vegas, quand j’y vais.

Comme je te l’ai dit, quand je viens ici, c’est pour être avec les gens, faire des beer pong avec eux… Après le festival, les viewers viennent souvent me dire sur le stream qu’ils sont venus boire une bière avec moi, que c’était cool, et j’adore ça !

Donc, sur ce genre de festival, le poker, c’est un plus. D’ailleurs, j’ai déjà remporté un tournoi sur un événement de ce type il y a quelques années, mais au Day 2, j’étais sorti jusqu’à très tard la veille. Quand je suis revenu aux tables le lendemain, je voyais une carte sur deux… Franchement, c’était très compliqué (rire) ! Mais au final, ce sont des choix que je fais. Peut-être qu’un jour ça changera, mais pour le moment, je préfère profiter et passer du bon temps sur ces événements.

Pour l’instant, je ne tryhard pas le live, j’ai plein d’autres choses à faire. J’essaie d’avancer sur mon contenu vidéo et j’ai donc très peu de temps à consacrer au live, mais ça me va très bien comme ça !

  • Tu es très identifié comme streamer et créateur de contenu : qu’est-ce que les gens ne voient pas de ton travail en tant que joueur ?

Mon objectif n’est pas de devenir un top reg, parce que ça demande trop d’investissement, et peut-être même des qualités que je n’ai pas… En tout cas, le but, c’est de rester gagnant là où je suis, et ça demande quand même un minimum de travail.

Personnellement, chez moi, c’est très cyclique. Il y a deux ans, j’avais connu ma première année perdante en 15 ans de jeu online et je m’étais un peu remis en question. J’avais pris un coach pendant toute l’année, qui m’avait suivi, et ça m’avait fait beaucoup de bien : je me sentais plus fort.

Derrière, j’avais fait une super année, donc c’était probablement lié. Par contre, cette année, je n’ai pas continué, parce que ce sont de vrais sacrifices. Faire des journées complètes de coaching, prendre du temps pour réviser ce que j’apprenais… Mine de rien, ça prend énormément de temps. Et du temps, je n’en ai pas tant que ça !

On ne s’en rend pas compte, mais il faut répondre à la communauté, aux mails, aux propositions, monter des vidéos, trouver des idées de contenu et essayer d’être créatif… Tout ça prend du temps. Et en plus de ça, je grind une bonne partie du temps ! Au minimum, je fais trois sessions par semaine, mais parfois, quand j’en ai envie, je peux jouer tous les jours pendant quinze jours. Je stream une session sur deux ou trois, donc ça demande aussi beaucoup d’énergie.

Au final, j’ai un fonctionnement par cycles. En ce moment, je fais pas mal de création de contenu, et peut-être que dans six mois je vais me trouver nul au poker et reprendre le travail du jeu sérieusement. C’est un peu le rythme que j’ai adopté. J’essaie de trouver un bon équilibre entre tout ça.

  • En te suivant un peu, j’ai cru comprendre que tu retravaillais pas mal ton jeu ces derniers temps, tu sens une évolution dans ta pratique du poker (sur un tel festival par exemple) ?

Là, je viens de passer quinze jours où j’étais en vocal avec un ami chaque matin pour échanger sur des mains, regarder les solvers… et ça m’a fait beaucoup de bien ! C’est aussi pour ça que j’ai énormément grind ces derniers temps. Je me sentais bien et en confiance.

Maintenant, peut-être que je vais moins travailler pendant un mois, puis reprendre ensuite avec une sorte de petit bootcamp.

En ce qui concerne le live, ce n’est vraiment pas mon point de repère, parce que je n’y joue pas assez. Mon truc à moi, c’est clairement le poker online !

  • Est-ce que tu retravailles des spots précis (ICM, PKO, late game, etc.) ou plutôt des bases globales ?

Ça dépend de mes envies, en fait ! J’essaie de prendre des notes quand je joue et d’identifier les points sur lesquels je ne suis pas à l’aise pour les travailler plus tard. Parfois, ce sont les fondamentaux ou les ranges préflop. Ensuite, je me fais une semaine où je focus uniquement ces aspects-là.

Dernièrement, il y a un domaine dans lequel je me trouve vraiment nul : les spots spécifiques aux KO. Comme on ne joue quasiment plus que des KO online, il faut devenir de plus en plus compétent dans ce format pour réussir à tirer son épingle du jeu. Du coup, tous les spots sur lesquels j’ai travaillé récemment tournaient autour de ce thème.

Par exemple, comment jouer quand il y a un petit stack à table avec un gros bounty, ou encore la stratégie générale sur ce format…

Je ne suis pas le plus gros bosseur du monde, mais pour moi, il y a deux profils de joueurs de poker. Il y a les amoureux de la théorie, qui préfèrent travailler hors des tables plutôt que jouer, et l’autre profil, comme moi, qui préfère grinder. Au final, c’est bien de bosser, mais à un moment donné, il faut aussi jouer et prendre de l’expérience !

  • Des objectifs pour 2026 ? On te verra à Las Vegas pour les WSOP ?

Las Vegas, je n’y serai pas cette année. J’essaie d’aller aux WSOP une année sur deux. À la base, je voulais y aller cette année, mais il y a deux événements qui tombent en même temps et je n’avais pas envie de les rater.

On m’a proposé de venir commenter les WSOP sur la Winamax TV. J’hésitais quand même un peu, mais je ne suis pas le plus grand fan de Vegas, donc j’ai finalement choisi de bosser avec Winamax en tant que commentateur.

Il y a ça, mais aussi une très grosse promo Expresso qui va sortir cet été sur Winamax, en lien avec la Coupe du monde. Ça faisait un moment que j’avais envie de faire un challenge Expresso, donc là, c’est l’occasion parfaite. Et puis, ça fait aussi plaisir à Winamax, qui reste quand même mon sponsor, donc je suis très enthousiaste à l’idée de le faire !

Ça me permet aussi de diversifier mon contenu. L’objectif n’est pas non plus de grinder les Expresso dans mon coin sans rien partager. Je vais faire une série autour de ce thème où je vais découvrir la promo, donner des conseils, mais aussi me faire coacher. Je vais donc pouvoir proposer un contenu différent de ce que je fais d’habitude sur ma chaîne YouTube.

Je sais aussi que j’ai des viewers qui sont intéressés par ce format, donc je trouve ça vraiment cool !

 

 

 

Crédit photo : Winamax / Caroline Darcourt 

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Interviews

INTERVIEW : Adrien Dumont, du grind online à la conquête du live

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Adrien Dumont, plus connu sous le pseudo DumTrip, s’est fait un nom sur les tables online et en tant que streamer. Habitué au grind quotidien et à un gros volume de jeu, il découvre progressivement l’univers du live, avec ses dynamiques différentes et ses exigences mentales. Entre adaptation aux profils, gestion de la variance et envie de progresser, il nous parle de cette transition et de ses objectifs pour la suite de sa carrière poker.

  • Tu es surtout connu comme joueur online, qu’est-ce qui t’a donné envie de venir plus souvent jouer en live ?

Ça se passe super bien, le cadre est dingue donc c’est très cool ! Les alentours sont sympas avec le bord de mer donc c’est vraiment très agréable. Niveau tournois, c’est plutôt pas mal aussi.

J’étais resté sur une mauvaise expérience à Aix-en-Provence, je n’avais rien fait sur une semaine et j’y avais laissé 10.000 €, mais là, dès le premier tournoi, sur l’Opener Mystery, j’ai fait Day 2 pour une 30e place donc ça fait un petit deep run, c’est bien.

Par contre, hier j’ai repris mes vieux travers, j’ai rebuy pas mal de fois sur le Main, et j’ai joué aussi un tournoi à 150 € que je n’ai pas ITM. Je ne sais pas si je vais jouer le High Roller, car c’est un peu cher pour moi mais ça peut valoir le coup, donc ça dépendra si je me qualifie sur le Main ou non.

  • Est-ce que tu adaptes beaucoup ton style quand tu passes du online au live ?

Pour l’historique, j’ai commencé ma carrière en grindant les limites petit à petit, et à l’époque, c’était compliqué de pouvoir venir sur ce genre de festival car ça n’est pas le même budget qu’online. Il y a les frais, les buy-ins… Il y a aussi le fait que je me suis expatrié au Costa Rica puis au Canada, donc ça fait partie des raisons pour lesquelles on ne me voyait pas sur la scène française.

Là, je suis rentré du Canada en avril dernier juste avant le WiPT, qui a d’ailleurs été mon premier festival en France, et comme je suis maintenant en partenariat avec Winamax, je fais tous les événements by Winamax et c’est vraiment super de découvrir ça ! C’est une petite communauté, c’est très agréable.

Une fois, j’ai fait un autre événement qui n’avait rien à voir avec Winamax, et il fallait surtout grind toute la journée… Moi, j’ai besoin qu’il y ait ce côté fun qu’on retrouve sur ces events. Puis j’ai très peu d’expérience en live donc je vais encore attendre avant de me lancer sur les WSOP ou sur les EPT. Ici, je me sens confiant, je fais mes armes, et je pense que c’est une bonne porte d’entrée pour jouer du live. En plus, ici, tous les tournois sont en 6-max, c’est vraiment top. Puis j’ai encore un peu de mal à accepter la variance, de jouer 6h pour bust avant l’ITM… Je dois progresser là-dessus.

  • Comment gères-tu la variance et les swings en live ? On sait que la variance y est très présente, mentalement ça peut être dur… Comment tu gères ?

Je ne gère pas ! Je suis tilté ! Online, j’ai pourtant une bonne gestion par rapport à ça, je ne suis pas énervé quand je bust un tournoi, mais en live, c’est compliqué. Hier, j’ai lâché mes deux boulettes du Main en 2h. J’avais prévu de jouer longtemps et ça m’a frustré. Du coup, je ne suis pas très agréable quand je sors du tournoi (rire) ! Je pense que j’ai pas mal de progrès à faire là-dessus, et il faut que j’accepte que sur une semaine de festival, on va peut-être jouer 12 tournois, ce qui n’est même pas la moitié d’une session online quand je joue 70 tournois.

Il est donc normal que sur une semaine de tournoi, on puisse se faire éliminer de partout, et il faut que j’arrive à intégrer ça. C’est assez frustrant, car online je ne suis pas habitué à ça, car j’envoie beaucoup de volume !

J’ai commencé à me faire coacher sur l’aspect mental en juillet dernier. J’avais fait un UDSO à Lyon et j’ai rencontré un ancien joueur de rugby qui s’appelle Hugo Dupont. Il m’a dit qu’il s’intéressait beaucoup à la préparation mentale, et il m’a proposé d’en discuter. J’ai accepté de bosser avec lui et il m’a même coaché sur d’autres aspects.

Jusqu’ici, j’avais beaucoup bossé la technique parce que j’adore ça et que je considérais que c’était important d’avoir des bases solides, mais j’ai l’impression que depuis que j’axe un peu plus sur le mental, j’ai un énorme levier, et ça se passe beaucoup mieux. Je rééquilibre entre technique et mental et c’est top.

  • As-tu des routines ou des habitudes que tu mets en place avant d’aborder un festival comme celui-ci ?

Pour Estoril je suis vraiment venu en vacances ! Je suis même venu sans les caméras. Je me suis dit que j’allais profiter du moment et que ça me permettrait d’être plus focus sur ce qu’il se passe à table. Je n’ai donc pas tellement fait de routine. Je m’applique à la table, j’essaye de bien suivre les actions et de ne pas faire de faute de jeu.

En dehors de ça, je fais quand même du sport tous les jours, mais je ne suis pas dans la sur-organisation d’une routine. Je ne vais pas te cacher que j’aime bien faire la bringue aussi donc je ne compte pas trop les pintes… Sur l’Open Mystery j’en avais quelques-unes dans le nez, ce n’est pas hyper pro mais on est aussi là pour profiter (rire) !

Online j’ai quand même quelques petites routines au final. Je m’assure que mon téléphone est éteint, que ma bouteille d’eau est remplie, que j’ai répondu à tous mes messages pour être sûr que pendant la session, je devrai m’occuper uniquement de mes mains de poker. En live, c’est vrai que je suis un peu plus en dilettante.

  • Y a-t-il des profils de joueurs live qui te posent particulièrement problème ?

Globalement, le niveau live sur les tournois Winamax est très faible par rapport à ce que je joue online, donc ce ne sont pas les mêmes profils, et donc il y a des adaptations à faire et que je ne fais pas forcément. Il y a beaucoup de joueurs qui vont limper, qui vont jouer la force de leur main… Il faut savoir s’adapter à tout ça et à mes limites, ce sont des erreurs qu’on ne voit pas souvent. En semaine, online, je vais jouer des 50 € et des 100 €, mais le week-end c’est plus des 250 € et plus.

Donc en jouant ces limites, on côtoie les meilleurs joueurs du .fr, alors forcément je n’ai pas les réflexes que je peux avoir online. Mais c’est très intéressant, car ça me permet de me demander comment réagir face à des joueurs qui jouent des tournois à 1/2/5 €.

Donc pour répondre plus précisément à ta question, je ne suis pas tombé sur des joueurs qui m’ont vraiment posé problème. Beaucoup jouent à cœur ouvert, ils ne veulent pas être éliminés, et pour certains c’est le tournoi de l’année donc on peut assez vite se servir de ça pour prendre l’ascendant.

  • Quels sont tes objectifs pour 2026 ? On te verra à Las Vegas pour les WSOP ?

Je n’irai pas à Vegas ! C’est vrai que dans la tête des gens, c’est une suite logique d’aller faire des Vegas et des EPT, mais ça n’est pas du tout mon approche du poker. J’ai l’impression d’être heureux là où je suis, et je n’ai pas tellement envie d’aller plus loin. J’aime faire mon grind tous les jours, streamer… C’est vraiment une routine où j’ai très peu de frustration, donc du plaisir.

Par contre, sportivement, j’ai des objectifs. J’aimerais me développer davantage dans la course et le trail. Ça soutient le poker car ça me permet d’avoir une meilleure hygiène de vie , et en ce qui concerne le poker, j’aimerais bien me refaire coacher comme il y a 1 an car je sens que techniquement mon niveau stagne étant donné que je travaille très très peu. En revanche, je trouve que le field online bosse beaucoup et devient vraiment meilleur ! Donc c’est important de ne pas se faire rattraper et de continuer à travailler régulièrement, ce que je ne fais pas trop. Je fais beaucoup de création de contenu et c’est un peu au détriment de la progression poker.

Je veux donc remettre en place du coaching technique, être plus intelligent dans les choix que je fais au niveau de la macro, et continuer à prendre du plaisir et jouer avec passion ! Je veux vraiment bien crush le .fr, être un très bon reg ABI 50, et maximiser les profits sans pour autant devenir ultra compétitif. C’est un peu ce que je cherche à faire et à devenir !

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Interview : Emilien Pitavy, prêt à briller sous les couleurs de Winamax !

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À peine cinq ans après ses débuts, Emilien Pitavy franchit un cap symbolique en intégrant le Team Pro Winamax. Entre ambitions internationales, immersion dans les circuits les plus prestigieux comme les Triton ou les WSOP, le jeune prodige français aborde une nouvelle étape de sa carrière. Il revient sur son ascension, son expérience auprès des meilleurs, et les défis qui l’attendent désormais au plus haut niveau.

  • Vous avez récemment rejoint le Team pro Winamax, comment s’est passé votre recrutement et votre intégration ?

J’ai reçu un message de Stephane Matheu aux alentours de début janvier 2026 pour une prise de contact et, très vite, on a eu un premier entretien. Entre-temps, je suis parti à Chypre pour jouer un festival High Roller, et juste après, j’ai eu un message de Stephane où il me disait que mon profil matchait bien avec ce qu’ils attendaient chez Winamax ! L’annonce de mon intégration dans le Team a donc été faite juste avant mon départ pour Jeju début mars.

Durant l’EPT Paris, je suis allé dans les locaux Winamax pour faire les interviews d’entrée et rencontrer un peu tout le monde ! Une fois à Jeju, j’ai eu les premiers contacts avec des membres du Team comme Mustapha Kanit et Adrian Mateos, que je connaissais déjà, mais cette fois, on a pu échanger en tant que collègues, on va dire !

Maintenant, la grosse étape va être le séminaire du Team Pro à Aix-en-Provence, et là, je vais vraiment pouvoir rencontrer tout le monde ! Ce sera la première fois que je vais pouvoir discuter avec certains du Team.

  • Quel avantage voyez-vous à être Team Pro ? On pourrait penser qu’un joueur comme vous, qui a déjà de si belles performances à son actif, n’a pas besoin d’un encadrement !

D’un point de vue personnel, je trouve que c’est quand même une belle marque de reconnaissance de la part de la communauté ! En quelque sorte, ça concrétise quelque chose d’important dans ma carrière, je le vois un peu comme une sorte de continuité. Maintenant, je me sens le devoir de faire briller la marque sur la scène internationale, et je vais essayer de faire au mieux !

Je le vois aussi surtout comme une récompense. Quand on est joueur de poker français, quand on commence notre carrière, on voit surtout le Team Winamax comme un symbole d’excellence et de prestige et, du coup, y avoir accès 5 ans après le début de ma carrière, c’est vraiment très agréable, je suis très fier !

  • Vous êtes désormais le seul Français du Team à jouer les MTT live high stakes comme les Triton. Allez-vous donc proposer du contenu sur le sujet dans les semaines ou mois à venir sur Winamax ? (Vidéos, blog…)

Oui ! Il y a déjà quelque chose qui arrive et que je vais tourner demain. Durant une semaine, je suis à Paris pour les différentes interviews en ce qui concerne les médias poker, pour streamer dans les locaux de Winamax, et il est également prévu que je prépare du contenu de ce type.
Cette année, je vais jouer les quatre festivals Triton, plus les WSOP à Vegas quasiment en entier, donc il y aura largement de quoi faire en matière de contenu par la suite !

Aussi, quand je suis rentré chez Winamax, je me suis posé la question de savoir si j’allais participer à des épisodes de Dans La Tête D’un Pro, car c’est une émission que j’ai beaucoup suivie par le passé ! Si j’ai l’opportunité de le faire, ce sera aussi une grande fierté pour moi.

  • Vous avez fait partie de l’environnement de Fedor Holz (dans la team Soon), qu’est-ce que vous gardez de cette expérience ? Avez-vous senti votre jeu exploser durant cette période ?

Clairement, ça a été un tremplin énorme sur différents aspects. Ça m’a permis d’avoir accès à des games beaucoup plus chères puisque j’ai eu l’opportunité d’être stacké sur ces tournois. Je n’aurais jamais pu commencer à jouer les Triton aussi tôt si je n’avais pas eu Fedor en appui ! J’ai commencé à jouer mes premiers Triton fin 2024, mais c’est aussi en grande partie parce que ça s’était très bien passé pour moi l’année précédente. Mais en effet, d’un point de vue pratique, le fait d’avoir eu un investisseur qui a pu me stacker sur les tournois les plus chers du monde, ça me permet de les jouer et c’est une chance incroyable !

Aussi, ce qui m’a le plus servi dans ma carrière de joueur de poker en termes de progression, c’est d’avoir été au contact de joueurs qui, comme moi, étaient très jeunes et super ambitieux, et qui ont depuis explosé aussi ! Le fait d’avoir travaillé à leurs côtés pendant deux ans, ça a juste décuplé la vitesse à laquelle je progressais, ça m’a énormément apporté.

Et le dernier point, c’est le côté mentorat dont j’ai bénéficié dans cette team. Fedor m’a beaucoup apporté, non seulement sur l’aspect financier comme je te disais, mais aussi sur le côté coaching mental puisque j’avais des sessions régulières avec lui où il pouvait me donner des conseils sur ma carrière, les choses à modifier pour continuer à progresser… Toutes ces choses m’ont aidé à être dans les meilleures conditions !

  • Maintenant que vous êtes Team Pro, c’est quoi la suite pour vous côté objectifs, volume, et impact dans la communauté ?

Le premier objectif sera de faire briller la marque sur les tournois les plus prestigieux ! Je vais donc axer mon calendrier principalement sur les Triton et les WSOP. On va essayer d’aller chercher un titre, même si on sait que c’est beaucoup soumis à la variance, mais le but, c’est de faire un maximum de volume live pour maximiser mes chances de performer !

Il va aussi falloir que je développe mes réseaux sociaux et ma visibilité, car je pense que c’est important pour moi et la marque ! Ça n’est pas mon objectif numéro 1, mais c’est vrai que c’est quelque chose que j’ai très peu développé depuis le début de ma carrière, car j’estimais que j’allais faire parler de moi en travaillant fort de mon côté et en enchaînant les performances ! Mais maintenant que je représente une marque, il va falloir que je développe les réseaux, et ça n’est pas forcément quelque chose de naturel pour moi à l’heure actuelle.

  • À quoi ressemble votre journée type ? (routine, méthode de travail du jeu, préparation)

J’ai surtout une routine de travail au quotidien en fonction d’où je me trouve, car lorsque je ne suis pas sur un festival live, mes journées sont assez déstructurées. En début de journée, je travaille généralement mon poker hors table, et j’oriente souvent ma fin de journée sur le grind online.
En tout cas, je n’ai jamais été un adepte des routines hyper structurées avec méditation, respiration, etc… Ça n’est pas des choses que je fais !

D’un autre côté, quand je joue en live, j’essaie surtout de bien dormir, bien manger et faire un peu de sport. Ce que j’aime bien faire, après mes tournois, c’est revoir directement les mains qui m’ont posé problème dans la journée pour pouvoir dormir l’esprit tranquille ! Par contre, le matin, lors des festivals live, j’aime essayer de déconnecter du poker et faire en sorte d’arriver dans un bon mindset dès le début de la reprise du tournoi du midi ou du lendemain.

Globalement, je n’applique pas une routine hyper disciplinée et millimétrée, et je ne compte pas trop changer ça. Par contre, j’ai commencé à travailler l’aspect mental avec Stephane Matheu, le coach du Team. Il me proposera certainement des ajustements pertinents à mettre en place en ce qui concerne ma routine de travail !

  • Le poker a énormément évolué ces dernières années. Selon vous, qu’est-ce qui fait aujourd’hui la différence entre un très bon joueur et un top reg ? 

Je dirais que ça n’est pas une seule chose qui va faire la différence, mais disons que le top reg va être une version améliorée d’un très bon joueur, et ce, sur l’ensemble des aspects qu’on peut trouver dans cette discipline qu’est le poker. Que ce soit la connaissance théorique, la capacité à bien s’adapter aux joueurs adverses, à reconnaître et bien interpréter les tells, mais aussi le fait d’avoir une routine qui permet d’arriver à 100 % dans les moments importants !

Ce dernier point est d’ailleurs très important à mes yeux, je pense que c’est ce qui fait clairement la différence entre un très bon joueur et un top ! Il faut réussir à performer au maximum de ses capacités dans les moments importants, et surtout en fin de tournoi.

Cependant, il n’y a pas de recette miracle, c’est juste l’expérience et tout le travail fait depuis x années qui permet d’arriver à être meilleur sur tous les aspects du jeu !

 

 

 

 

Crédit photo : Winamax / Caroline Darcourt 

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