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Portraits / Interviews

[Rencontre] Isabelle « NoMercy » Mercier, 20 ans dans le tourbillon du poker

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Isabelle Mercier a été l’une des figures les plus médiatisées du poker, joueuse humaine et attachante parmi les joueurs old school des années 2000. Celle qui passe la majeure partie de son temps du côté de la crypto ou à théoriser l’Open Face Chinese Poker, un format qu’elle adore depuis une dizaine d’années, revient sur sa carrière riche en émotions, anecdotes et coulisses du monde du poker sur deux décennies. Avec son co-auteur David Nathan, elle livre des « Chroniques d’une joueuse de poker passionnantes. Rencontre, depuis Las Vegas où elle vient de renouer avec les WSOP pour quelques jours.

Presque vingt ans après le succès de ton premier livre, paru chez Flammarion et écrit avec Marina Rozenman, quelle était la volonté derrière ce projet d’écriture avec David Nathan ?
C’était avant tout une volonté de revenir sur mes années poker, mais de façon ludique, à travers un format (36 chroniques) qui permettait de raconter les coulisses d’une joueuse de poker professionnelle, mais avec une certaine légèreté. David Nathan, qui a écrit beaucoup de chansons, notamment pour Garou qui est un ami commun, a très bien su trouver le ton juste pour retranscrire avec beaucoup d’humour ce que j’avais envie de raconter. 

Ce livre c’est aussi une façon de dire que je reviens sur la scène poker. C’est vrai que j’ai mis mes activités de joueuse en live entre parenthèses pendant plusieurs années, je me suis tenue loin des casinos, et je dois reconnaître que ça m’a beaucoup manqué. 

J’ai passé beaucoup de temps à travailler l’Open Face Chinese Poker, qui est devenu un de mes jeux de prédilection (NDLR: Isabelle a remporté le premier championnat du monde d’OFC format progressif en 2015) et étrangement, l’intérêt pour le No Limit Hold’em, un format que je n’aimais plus vraiment, est revenu grâce à YouTube et à la série Dans la tête d’un pro que je trouve vraiment addictive. J’ai une préférence pour les épisodes avec Adrian Mateos, de loin mon préféré. Je ne jouais plus du tout au NLHE et petit à petit, je me suis mise à refaire des tournois en ligne et en live. Je rejoue les Sunday Million de PokerStars, j’ai joué le Moneymaker Poker Tour au Playground de Montréal et je vais même parfois faire des petits tournois au casino de Wôlinak près de chez moi, un bon plan au passage pour tous les européens qui sont de passage au Québec. 

Tu viens de participer aux WSOP à Las Vegas ; quel attachement portes-tu à cette compétition ? Quels tournois joues-tu ?

C’est une banalité de le dire, mais décrocher un titre sur un WSOP est un rêve absolu, c’est un des titres les plus prestigieux du circuit avec les WPT. Las Vegas, c’est aussi beaucoup de souvenirs, ça me rappelle évidemment la période de ma vie, que j’évoque d’ailleurs beaucoup dans le livre, celle où je vivais littéralement dans mes valises, d’hôtel en hôtel. Chaque été je passais plusieurs mois au Bellagio et Las Vegas était devenue ma troisième ville d’adoption après Paris et Monaco. En ce qui concerne ces WSOP, je n’ai fait qu’un passage éclair d’une semaine, j’étais là notamment pour mon travail avec CoinPoker. J’ai joué le 1 500$ Freezeout et j’ai mis une bullet dans le Millionnaire Maker, malheureusement pas d’ITM. En revanche, j’ai pu faire du Cash Game en OFC et rien que pour ça, ça valait le coup d’être là !

Comment réussis-tu à te maintenir à jour niveau « technique » ? Qu’est-ce qui n’a pas changé, depuis tes débuts ? Quels bouleversements as-tu constaté ?

Le poker a beaucoup évolué, j’en ai bien conscience. Je ne me suis pas encore plongée à 100% dans la GTO, mais c’est un aspect technique que je veux explorer. Cela dit, je ne me vois pas devenir et une folle de la théorie et je ne veux pas que PioSOLVER soit mon meilleur ami ! J’assume être une joueuse à l’ancienne qui joue exploitant. Je fais confiance à mes lectures à table, mais je vais quand même muscler mon jeu théorique dans les prochains mois. Si Adrian fait du coaching, je ne suis pas contre! (rires). En ce qui concerne les changements et les choses qui sont restées les mêmes dans le milieu du poker, j’ai été agréablement surprise de constater qu’il y avait beaucoup moins de ce que j’appelle les Hoodie Boys, ces joueurs qui disparaissent littéralement dans leur capuche, derrière des lunettes de soleil et qui ne parlent jamais. Depuis la crise, j’ai remarqué que cette catégorie de joueurs tendait à disparaître, qu’il y avait chez les gens une envie, un besoin de se reconnecter, de plus parler aux tables notamment plutôt que de jouer au roi du silence. 

Dans ton livre, tu parles des personnes et des moments qui ont marqué ta vie de joueuse… Si tu ne devais NE RETENIR que les plus marquants, quels seraient-ils ?
Il y a évidemment mon ami Bruno Fitoussi, c’est lui qui m’a donné ma chance dans le monde du poker en m’intronisant en 1999 à l’Aviation Club de France (ACF) pour développer le club. C’est aussi lui qui m’a permis de faire mon premier tournoi à Amsterdam et c’est précisément CE tournoi qui m’a décidé à passer pro, donc je lui dois vraiment énormément. 

Gus Hansen, il a été mon mentor à mes débuts, j’ai beaucoup appris de son style agressif, à l’époque il faut se rappeler que le 3-bet et le c-bet étaient des nouveautés ! 

Impossible de ne pas mentionner Tony G, un ami de très longue date grâce à qui je suis devenue ambassadrice OFC pour TonyBet tout d’abord puis pour CoinPoker depuis 2017. C’est un joueur qui a toujours été avant-gardiste et avec une forte fibre entrepreneuriale, il m’a beaucoup inspiré. 

En ce qui concerne les moments les plus marquants, je dirais mon titre au WPT Ladies Night Out, car c’est grâce à ce tournoi que j’ai reçu de la part de Mike Sexton mon surnom de joueuse, une pensée pour lui. Autre moment gravé à jamais en moi, mais pas pour les bonnes raisons : la table finale du 5 000$ NLHE des WSOP en 2006, j’ai fait une énorme erreur en ne mettant pas Phil Hellmuth à tapis alors que j’étais en bluff. J’ai eu peur de mettre mon tournoi à risque et cette erreur me hante encore, j’étais si près d’un bracelet… J’ai pris la cinquième place. Enfin il y a eu mon titre en OFC progressif à Prague en 2015 dont je suis très fière, d’autant que la structure était… disons… assez lente, on a joué de 18h00 à 10h00 du matin, autant vous dire que je n’étais pas très fraîche pour jouer moins de cinq heures plus tard le Main Event !  

Ton livre débute par un bad beat, et sur le tilt… Comment t’es tu forgée un mental d’acier ? Est-ce que cela t’a aidé dans ta vie personnelle, hors des tables de poker ?
C’est en forgeant qu’on devient forgeron et c’est en prenant des tonnes de bad beats qu’on finit par prendre la variance avec beaucoup plus de détachement. Mais en toute honnêteté, ça m’a pris des années pour avoir un bon mental à table, pour être capable de me reconcentrer rapidement après un coup violent. C’est le principe de l’hormèse qu’on retrouve au poker : plus on est confronté à un stress mental, en l’occurrence le bad beat, plus on se renforce et mieux on le gère les fois suivantes. Cette solidité mentale me sert dans la vie de tous les jours, je gère mieux les imprévus, j’ai développé un certain stoïcisme.

Qu’est-ce qui aurait pu être mieux fait, selon toi, dans ta carrière de joueuse ? Dans l’évolution de l’industrie du poker ?
Je trouve que la structure de certains tournois pourrait être améliorée. Je ne veux pas blâmer particulièrement les WSOP, c’est simplement l’exemple le plus récent que j’ai à donner, mais le fait de devoir jouer 14h00 par jour sans pause dîner dans une salle qui fait moins mille degrés, comme c’était le cas avec dans le Millionaire Maker, c’est très intense pour ne pas dire désagréable en tant que joueur ! Quand il y avait des tournois à Paris, à l’ACF, les pause repas était de 1H30, les joueurs avaient vraiment le temps de manger et je me suis très vite habituée à ce rythme. Je trouve que les pauses dîner de 45 minutes, quand tu dois traverser le casino pour aller au resto, faire la queue pour aller aux toilettes, c’est mission impossible pour faire un vrai repas, la plupart des joueurs mangent d’ailleurs un hot-dog à la va-vite. Il y a de la place pour améliorer les structures et pas uniquement la pause dîner.

Avec le recul, penses-tu que tu étais « destinée » à cette vie de joueuse ? Raconte-nous les moments qui ont fait basculer ta vie vers le poker…
Oui je pense que c’était ma destinée. Toute ma vie, le poker n’a pas arrêté de venir me faire de l’œil. Quand j’avais sept ans, mon père et mon oncle m’ont appris les rudiments des jeux de cartes. Quand j’ai fini mon stage à la Caisse de dépôt et placement du Québec après mes études de droit, on m’a proposé un poste à temps plein, mais le même soir, Bruno Fitoussi m’appelait pour me proposer un essai à l’ACF. Je n’ai pas hésité longtemps, j’ai dit oui au poker. Quand j’y repense, je me dis que si à l’époque (internet était encore balbutiant), j’avais su qu’il existait des championnats du monde de poker, je n’aurais sûrement jamais fini ma licence de droit et j’aurais pris le premier vol pour jouer Las Vegas.

Actuellement, et ce depuis plusieurs années, tu es active dans le monde de l’écriture et de la crypto – quelles sont tes activités en 2025 ? Quels sont tes projets ?
Je suis en train de finir un livre technique sur l’OFC qui va sortir avant la fin de l’année et on est en train de faire traduire Chroniques d’une joueuse de poker en anglais pour un lancement officiel du livre à Las Vegas en décembre. En ce qui concerne le poker, je vais être plus présente sur le circuit, je veux jouer l’EPT de Monaco et d’autres tournois majeurs. Sur le plan perso, je m’occupe de mes quatre poules, de mon jardin et je regarde pour monter ma maison d’édition. Dernier point perso, je vais faire le trip de ma vie en partant en croisière en Alaska avec mes deux amies d’enfance… et nos mères ! Wow, 6 filles en bateau, je sens qu’on va avoir du fun au casino!

Si tu devais « monter » une table pour passer une soirée amicale, qui inviterais-tu, et pourquoi ?
La vraie question, c’est de savoir si je veux passer une soirée poker sympa ou si je veux que la soirée soit rentable, parce que si j’invite mes joueurs préférés, ça risque d’être une table difficile. Mais idéalement, je ferais un six-max avec David « Devilfish » Ulliott, c’est un joueur et un ami qui était un vrai personnage comme on ne les fait plus, j’adorais son côté exubérant, il me manque beaucoup. Évidemment, il y aurait Doyle Brunson à ma table. Il avait toujours tout un tas d’anecdotes poker à raconter et c’était un homme absolument adorable à table, comme en privé, c’était un des meilleurs ambassadeurs pour le poker et je n’oublierai jamais le jour où il m’a choisi en premier dans la catégorie féminine pour être dans son équipe dans le cadre de la Professional Poker League. Mon père, qui m’a appris à jouer, ferait aussi partie de ce six-max idéal et imaginaire, c’est le genre de joueur vraiment fun à une table de poker et il n’a pas peur de bluffer et d’être agressif ! J’aimerais aussi que mon personnage de fiction préféré soit à la table, c’est Johnny Lawrence (Karate Kid / Cobra Kai), tu ne peux pas t’ennuyer avec ce personnage à une table de poker, il va trash talker tous les joueurs, mais avec tellement d’humour. Impossible de parler de trash talk sans penser à Tony G qui complèterait parfaitement la table. Shuffle up and Deal !

Livre paru : Chroniques d’une joueuse de poker, éditions 21M. Disponible en français sur Amazon.

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Interviews

Du high stakes au WPO, Benjamin Chalot ouvre un nouveau chapitre avec ATM et Winamax

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Présent à Aix-les-Bains pour son premier WPO, Benjamin Chalot revient sur le rapprochement entre ATM et Winamax, son regard sur le niveau du field, les adaptations nécessaires face aux joueurs amateurs et ses projets pour les mois à venir. Entre développement de la chaîne YouTube, coaching, voyages et envie de lever un peu le pied sur les Triton, le joueur français se livre sur une période de transition dans sa carrière.

  1. Benjamin, cela fait maintenant quelques mois qu’ATM collabore avec Winamax, notamment à travers vos contenus vidéo. Comment ce rapprochement s’est-il concrétisé, et qu’est-ce qui vous a donné envie de travailler ensemble ?

C’est une continuité logique et naturelle, on va dire. Cela fait environ 2 ans et demi que la chaîne a été créée, et elle a grossi vite. Il y avait déjà eu des discussions en interne, mais on n’était pas assez gros. L’année dernière, ça s’est fait assez naturellement. On a aussi été approchés par d’autres rooms, mais on a refusé ! Nous, ce qui nous intéressait, c’était de travailler avec le numéro un français.

Winamax, ce sont les meilleurs en termes d’innovation ! Là, c’est mon premier WPO et, franchement, je kiffe. Pour te dire, j’ai un vol dans 30 minutes, mais je zappe et je vais aller jouer le High Roller. Je vais aussi aller commenter le stream avec Flavien juste après !

  1. Est-ce qu’on peut s’attendre à voir ATM davantage sur les événements Winamax, ou même imaginer de nouveaux projets communs qui dépasseraient le cadre de vos vidéos ?

Oui, à 100 % ! Surtout après cette expérience du WPO. Ici, le cadre est vraiment stylé. Pour Clément Richez, ça va être compliqué, car il vit au Mexique, mais moi, de mon côté, pour l’Europe, je suis complètement partant.

Pour l’instant, on va se focus sur YouTube et promouvoir Winamax via notre chaîne, afin que Winamax puisse également promouvoir ATM, et on verra par la suite. Après, en termes de concepts de vidéos, on en a déjà trois différents qui sont dans les tuyaux ! Axel, le directeur de notre communication, a déjà terminé la première vidéo, et il y en a deux autres qui vont suivre et qui seront très différentes de « Zero Bluff ». Voilà, il y a déjà des innovations comme ça. Donc maintenant, à voir comment ça performe sur YouTube et si les gens aiment !

  1. Quand vous passez d’une table composée de professionnels de classe mondiale à un field comme celui du WPO, avec de nombreux amateurs, est-ce que vous devez finalement réapprendre à jouer certains spots ? Est-ce que vous avez parfois tendance à trop réfléchir face à des adversaires qui abordent le jeu de manière beaucoup plus instinctive ?

Bien sûr, j’ai pu voir quelques profils un peu atypiques à mes tables, comme on en voit un peu moins souvent aux Triton. Mais franchement, ma première table durant le Main de ce WPO, c’était incroyable ! Ça jouait très bien, j’avais l’impression de jouer un 200 € online ! D’habitude, il y a un rapport de 50, donc là, je suis censé jouer comme sur un 10 €, mais honnêtement ici, ça jouait super bien.

J’ai vu plein de moves techniques intéressants, de bons sizings… Il y avait bien évidemment de petites erreurs que je pouvais exploiter, mais globalement, ça jouait extrêmement bien ! À part quelques joueurs qui ne connaissaient pas les ranges préflop (rires), la plupart des joueurs que j’ai croisés à mes tables étaient bons.

Au Day 2, par contre, c’était plus facile ! J’ai vu plus d’erreurs, j’ai pu grind 20 blindes très rapidement, alors que normalement, on est bien soumis à la distribution des cartes. Mais les deux Days 1, franchement, c’était dur ! On m’a dit que c’était polarisé, qu’il y avait les meilleurs regs online qui venaient ici pour l’ambiance et pour profiter, donc j’ai sûrement dû déchatter les tables (rires).

  1. On imagine qu’il y a beaucoup de joueurs présents ici qui regardent vos vidéos et celles d’ATM. Si vous deviez leur donner un seul conseil pour améliorer leurs résultats sur un festival comme le WPO, quel serait-il ?

Grosso modo, je trouve que ça fold quand même encore beaucoup ! Donc on peut encore être assez agressif. On m’avait dit de ne pas bluffer sur ce genre d’événements, que j’allais me faire bluff catch très souvent, mais au final, il y a encore de la place pour l’agressivité. Donc, sans hésitation : jouez agressif, et ce, dès le préflop !

  1. Quand vous jouez un tournoi à 500 € face à des amateurs, est-ce que vous considérez que vous disposez d’un avantage technique suffisant pour compenser la variance d’un field aussi important ?

La réponse est non ! Évidemment que je vais faire mieux que le joueur moyen, mais comme je te disais, mes deux premières tables étaient très difficiles. Si j’ai des confrontations qui ne sont pas à mon avantage, où je dois partir à tapis avec top paire/mauvais kicker dans un spot contre un mec qui est bon et agressif, eh bien, je vais le faire, car ça joue bien ! L’idée n’est pas de se dire : « Le field est tellement nul, donc je peux me permettre de trouver des folds aussi facilement. »

Aussi, je respecte le jeu, je ne viens pas pour jeter mon stack ! Il y a beaucoup de gens qui viennent me faire des compliments, beaucoup de joueurs amateurs sont contents de venir jouer des spots contre moi, donc je trouverais ça irrespectueux de ne pas donner le meilleur de moi-même. Et si quelqu’un me roule dessus, eh bien, c’est le jeu, et c’est un bon souvenir pour eux !

  1. Avec les outils dont disposent aujourd’hui les professionnels, on a parfois l’impression que tout le monde travaille les mêmes spots et utilise les mêmes solutions. À très haut niveau, comment est-ce qu’on peut encore construire un avantage technique sur ses adversaires ?

Tu sais, quand on arrive à très très haut niveau, le field est compris entre 30 et 50 joueurs. Si t’es professionnel, tu peux les étudier et les connaître par cœur, ou quasiment. Il y en a peu qui le font, mais c’est possible. Donc, c’est toujours important de connaître la théorie, mais c’est encore plus important de savoir exploiter. Si tu sais comment joue un joueur en début ou en fin de tournoi, quelles faiblesses il a, quelles forces… tu peux jouer précisément contre l’adversaire !

Aussi, il y a certaines facettes du jeu qui ne sont pas encore très exploitées par les joueurs. Je te donne un exemple : les tournois KO, PKO, ou les Space KO. Il y a beaucoup de situations différentes, et c’est très dur ! Si tu travailles certains aspects de ces formats, tu vas créer un edge, car peu de joueurs les travaillent vraiment.

  1. Pour finir, quels sont vos objectifs pour 2027 ?

Je suis un peu dans l’indécision à cause d’événements personnels. Donc maintenant, surtout, l’objectif va être de faire grossir la chaîne YouTube ! Je pense que je vais jouer moins de Triton pendant environ un an, même si avant, mon objectif était d’en gagner un. Maintenant, c’est un peu passé au second plan parce que j’ai envie de réfléchir à ce que je veux. J’ai envie d’acheter un appartement dans ma ville de cœur, qui est Budapest, donc je pense à tout ça…

Je continue à jouer, mais par périodes ! Pendant les Winamax Series, je peux jouer à fond pendant deux ou trois semaines, puis ralentir, coacher les gars de la Team, voyager un peu…Par exemple, je ne pense pas que j’irai au Triton à Chypre en novembre.

Merci pour ton interview, c’était cool !

 

 

 

 

Crédit photo : Medusv / Caroline Darcourt 

 

 

 

 

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Interviews

Entre rap et poker, S.Pri Noir cultive son esprit de compétition

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De la scène aux tables de poker, S.Pri Noir s’est découvert une nouvelle passion ! Présent au Winamax Poker Open d’Aix-les-Bains, le rappeur français nous a accordé une interview dans laquelle il revient sur ses premiers pas dans le poker, son apprentissage du jeu et ses ambitions grandissantes. Entre conseils de Kool Shen, pression des tournois et rêves de WSOP à Las Vegas, l’artiste se confie sur un univers qui le passionne de plus en plus !

  1. On vous connaît avant tout pour votre carrière musicale, mais on vous retrouve désormais régulièrement sur les festivals Winamax. Comment avez-vous découvert le poker et qu’est-ce qui vous a donné envie de vous lancer dans les tournois live ?

J’ai découvert le poker dans mon quartier, on se retrouvait dans la rue pour jouer. On aimait se rassembler pour jouer au poker, pour tuer le temps et aussi faire un peu d’argent (rire). Et donc, c’est comme ça que j’ai découvert le jeu. Au début, je ne jouais pas du tout en ligne. J’ai commencé bien après à faire quelques parties, mais c’était vraiment rare !

Par la suite, j’ai été invité par Fred de Skyrock à un tournoi Winamax, et à ce moment-là, c’était la première fois que je jouais un vrai tournoi dans de vraies conditions live. J’ai vraiment kiffé !

Ensuite, l’équipe de Winamax m’a dit qu’ils organisaient des tournois un peu partout en France et en Europe, et ma première invitation, c’était à Bratislava ! J’ai découvert un univers que j’ai adoré. En termes de sensations, c’était incroyable.

  1. Vous avez déjà participé à plusieurs événements Winamax. Qu’est-ce qui vous plaît dans ces festivals et comment abordez-vous cette nouvelle édition du WPO ? Vous venez avant tout pour l’ambiance ou avec de véritables ambitions de performances ?

– Ce qui me plaît, c’est la rencontre avec les gens, mais aussi la rencontre avec moi-même. J’ai découvert que le poker reflétait pas mal d’aspects de la vie en général. Par rapport aux choix que tu fais, aux configurations que tu peux rencontrer, ou encore par rapport aux gens que tu rencontres… C’est un jeu qui te met face à des choix, parfois difficiles, et du coup, tu dois gérer tes émotions, gérer tes engagements. Tu peux faire preuve d’orgueil ou de résilience. Je trouve que c’est un beau parallèle avec la vie ! J’ai appris pas mal sur moi-même et ça m’a confirmé des choses sur ma personnalité, sur qui j’étais, et c’est ça que je trouve cool.

En ce qui concerne ta deuxième question, je viens surtout pour m’amuser, mais je me suis pris au jeu, je ne te cache pas. Je travaille le jeu, je suis un compétiteur ! Je suis un ancien sportif, le rap aussi, c’est de la compétition, donc je me suis pris au jeu et je nourris des ambitions. Si je suis là, autant essayer d’aller le plus loin possible, voire d’aller au bout.

Marrakech m’a donné encore plus envie, car j’ai terminé 283e du Main Event sur 3 500 joueurs. Du coup, ça m’a vraiment donné envie de m’investir plus. Mais je me suis rendu compte que c’était un vrai sport. Mentalement, il faut être solide pour jouer autant d’heures sans vaciller !

  1. Aujourd’hui, quelle place occupe réellement le poker dans votre quotidien ? Est-ce que vous prenez le temps de travailler votre jeu, d’étudier la stratégie ou d’échanger avec des joueurs professionnels, ou est-ce que vous préférez conserver une approche plus instinctive ?

– Un peu des deux ! À Marrakech, j’ai pas mal échangé avec Bruno (Kool Shen) pendant les deux journées sur le Main. À chaque pause, j’allais le voir et je lui expliquais comment ça s’était passé, comment je me sentais… Et il m’a donné un super conseil ! J’avais l’impression d’être toujours short, autour des 20 BB, et je lui expliquais que ça m’angoissait un peu, car avec les blindes qui évoluent, je ne me voyais jamais devant et solide par rapport à la structure. Il m’a expliqué qu’un bon joueur de tournoi devait être capable de gérer un stack de 20 BB. Il est un peu rentré dans les détails, et ça m’a pas mal aidé à rentrer dans la zone.

Après, je travaille mon jeu en ligne ou même avec des amis. J’aime jouer avec les gens qui me connaissent, car ça m’oblige à varier mon jeu, à essayer d’être plus imprévisible ! Mais pour l’instant, j’évite de rentrer dans des considérations techniques trop compliquées. Je joue plus l’homme que les probabilités. Ça viendra sûrement, mais pour l’instant, j’y vais doucement sur la technique.

  1. Le rap et le poker sont deux univers très différents, mais dans lesquels la confiance en soi, la créativité et la gestion de la pression peuvent jouer un rôle important. Est-ce que vous retrouvez certaines similitudes entre la préparation d’un concert et la compétition autour d’une table de poker ?

– Nan, c’est complètement différent à mon sens. Quand je suis en concert, je suis pressé de jouer ma musique. Dans le poker, au début, j’avais une pression de dingue ! Et c’est d’ailleurs ça qui m’a accroché. Quand je rentrais dans la salle, j’avais l’impression que tout le monde voulait m’abattre, c’était impressionnant ! Les premières fois, j’ai mis une heure à redescendre, mon cœur battait, c’était dingue. Je ne sais pas si c’était du stress, mais en tout cas, j’avais la pression. Aussi, je voulais bien faire, je ne joue pas trop en live, donc il y avait aussi la pression de ne pas faire d’erreur sur les mises, les antes, etc.

En plus, j’ai le badge WIP, donc je suis un peu la personne à abattre, donc deux fois plus de pression. Au final, après, j’ai fait avec les armes que j’avais. Mais maintenant, ça va beaucoup mieux, même si je ressens encore un peu de pression lors de la première heure à la table.

Ce qui est drôle, c’est que dans le rap, je ne ressens pas la même pression, et pourtant, il y a beaucoup plus d’enjeux, c’est ma vie, c’est ma passion ! Mais le poker… c’est une dinguerie (rire) ! C’est violent, l’élimination est très brutale, et l’échec est instantané. Alors que dans la vie, tu as plus le temps de prendre ton échec en compte et d’avancer.

  1. Quand vous arrivez à une table de poker, une partie de vos adversaires vous connaissent déjà grâce à votre musique. Est-ce que vous avez l’impression que cette notoriété influence leur manière de jouer contre vous ? Est-ce que certains cherchent davantage à vous bluffer ou, au contraire, à vous éviter ?

– Personnellement, je ne ressens pas ça. J’ai quand même l’impression d’être considéré comme n’importe quel autre joueur, mais je pense que ça doit jouer quand même un minimum, il faudrait demander aux joueurs ! Souvent, ils déclarent qu’ils me connaissent une heure ou deux après avoir commencé la partie. Mais globalement, je me fais discret. Puis il faut dire une chose, je trouve que les gens sont particulièrement bienveillants ! Hier, j’ai fait l’argent sur un tournoi du festival, les gens étaient contents pour moi, c’est vraiment cool.

Mais pour revenir à ce qu’on disait avant, à partir du moment où un joueur me dit qu’il me connaît, ça me met dans un bon mood. Je vais pouvoir parler de ma musique à quelqu’un qui s’y intéresse, par exemple, et ça va me permettre de discuter un peu avec la personne et de dégager des traits de personnalité de mon adversaire ! Je scanne tout et du coup, ça m’aide.

  1. Après avoir participé à plusieurs festivals Winamax, est-ce que vous envisagez d’aller plus loin dans le poker ? Est-ce que vous aimeriez, par exemple, participer un jour au Main Event des WSOP à Las Vegas, ou est-ce que vous souhaitez avant tout continuer à jouer pour le plaisir ?

Oui, je kifferais ! Je suis déjà allé à Vegas, mais plus pour la roulette (rire). Mais l’été prochain, moi, je suis partant, tant que je suis disponible par rapport aux concerts et aux tournées. Il y a toujours moyen de trouver des spots. Aller là-bas et gagner un tournoi, ce serait dingue !

  1. Pour terminer, parlons un peu de musique. Où en êtes-vous aujourd’hui dans vos projets artistiques ? Est-ce que vous préparez de nouveaux morceaux, un album ou une tournée ? Et comment arrivez-vous à concilier votre activité musicale avec votre passion pour le poker ?

– Oui, je prépare de nouveaux projets, je fais plein de choses pour d’autres musiciens. Il y a beaucoup de sons, beaucoup de collaborations à venir… Je me suis fait kiffer ! Je trouve qu’en ce moment, il y a beaucoup d’artistes qui sont très forts. J’arrive à concilier la musique et le poker, mais ce n’est pas facile (rire).

Par exemple, quand je suis arrivé sur le festival, je venais de passer pas mal d’heures en studio, je n’avais pas beaucoup dormi. Donc je suis arrivé, je me suis mis à jouer directement, c’était un peu dur, mais ça va !

Sinon, habituellement, je joue en ligne pour des petites sommes et je travaille mon jeu comme ça. Ça me permet de voir des cartes et de travailler mes stratégies à ma manière.

Merci pour l’interview, c’était cool !

 

 

 

 

Crédit photo : Medusv 

 

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Interviews

Leo Margets, une table finale historique et toujours la même soif de progresser

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Quelques mois après son incroyable parcours sur le Main Event des WSOP 2025, Leo Margets est de retour aux tables du Winamax Poker Open d’Aix-les-Bains ! L’occasion de revenir avec elle sur l’une des plus grandes performances de sa carrière, mais aussi d’évoquer ses ambitions pour les années à venir. Entre ses envies de découvrir les Triton ONE, son rapport au travail et sa vision de l’évolution du poker moderne, la joueuse espagnole nous livre un entretien dans lequel elle affirme une chose : sa table finale des WSOP n’est certainement pas une finalité !

  1. Leo, un peu plus d’un an après votre 7e place au Main Event des WSOP, quel regard portez-vous aujourd’hui sur cette performance ? Est-ce que vous avez maintenant pleinement réalisé ce que vous aviez accompli et l’impact que cette table finale a eu sur votre carrière ?

– Je pense que c’est l’une des expériences les plus intenses de ma vie, et pas seulement au poker, car j’ai pu partager ça avec des amis très proches pendant tout le tournoi, et ça, ça a complètement changé l’aventure. C’est une super expérience de vie, mais à la fois, je ne veux pas avoir l’étiquette de la femme qui a fait la table finale, et je pense qu’il y a beaucoup de bonnes choses qui peuvent arriver encore. Même si c’est très difficile de faire une performance vraiment bonne, on sait tous que ce n’est pas habituel de faire un résultat comme ça, alors c’est quelque chose de super dont je me souviendrai toute ma vie, mais je dois continuer d’avancer et ne pas m’arrêter sur cette table finale du Main Event. Je suis quelqu’un qui peut réussir à faire beaucoup plus de choses dans le poker. Ce que je veux dire, c’est que lorsqu’on fait quelque chose d’énorme, c’est comme si c’était fini, mais non ! En somme, je n’en fais pas une finalité.

  1. Au-delà du résultat et des émotions, est-ce que ce parcours vous a permis de découvrir quelque chose sur votre propre jeu ? Y a-t-il des aspects techniques ou mentaux que vous avez décidé de travailler différemment depuis cette expérience ?

– Je suis super fière globalement. Faire des erreurs fait partie du jeu, mais j’aurais été OK d’en faire encore plus, c’est le poker ! On ne doit pas avoir peur de faire des erreurs, mais je pense que j’ai pu briller en me donnant à 100 % dans un moment où j’ai eu le plus de pression de ma vie, et je ne peux qu’être heureuse. Bien sûr, on peut toujours s’améliorer, mais je suis super contente. J’étais tellement dans le flow que ça a été incroyable. J’étais très connectée aux émotions des autres, au jeu… J’ai fait quelques erreurs, mais je ne vais pas me punir, tu sais. Sur 10 jours, on fait forcément des erreurs avec la fatigue. Je vais continuer à travailler mon jeu, et ce résultat m’a permis de me donner un gros boost de motivation !

  1. Ici, vous allez rencontrer de nombreux joueurs amateurs, bien loin des fields que vous avez l’habitude d’affronter sur le circuit international. Comment adaptez-vous votre jeu à ces profils ? Est-ce qu’un field moins expérimenté peut parfois vous poser des problèmes stratégiques inattendus ?

– Oui ! La clé au poker, c’est de s’adapter, et si tu veux performer, tu dois faire en fonction des joueurs en face. C’est bien d’avoir deux ou trois récréatifs à table, mais parfois, quand tu t’assois et qu’il y a une table entière de joueurs récréatifs, c’est plus difficile, car tu vas jouer beaucoup de pots multiway, et c’est parfois compliqué de comprendre les ranges qu’ils jouent. Mais c’est sympa quand même ! L’ambiance à la table est vraiment bonne, on rigole, ce sont toujours de bons moments. Parfois, dans certains endroits du monde, les joueurs ne parlent pas, ils ont des casques… Ça n’est pas toujours aussi sympathique que sur un festival comme le WPO !

  1. Vous avez remporté un bracelet WSOP et atteint la table finale du Main Event. Après de telles performances, comment parvient-on à se fixer de nouveaux objectifs ? Est-ce que vos ambitions ont évolué, notamment concernant les tournois et les circuits auxquels vous souhaitez participer ?

– En fait, je n’ai jamais eu d’ambitions qui se basent sur les résultats. J’essaye toujours de m’améliorer, et ensuite je transforme ça en résultats qui sont les conséquences de mes efforts. J’ai encore très envie de devenir une meilleure joueuse, et ce n’est pas que je vais sauter dans les super high stakes, mais peut-être que je vais m’essayer aux Triton One et jouer un peu plus cher que mon average buy-in actuel. Je suis consciente de mon edge sur tel ou tel field, je pense que je peux être gagnante sur les tournois de Triton One, mais j’ai toujours voulu jouer mon action à 100 %, donc je vais y aller progressivement. C’est pour ça aussi que je veux progresser en tant que joueuse. Mon average buy-in est peut-être de 3 000 à 4 000 €, tandis que sur Triton One, je jouerais en moyenne pour 5 000 ou 6 000 €. Peut-être que je pourrais jouer un 25 000 € qui serait super beau, mais je n’ai pas trop envie de jouer des super high rollers de manière régulière. De plus, j’aime la complexité du jeu, j’aime étudier, mais je sais que pour l’instant, je ne suis pas au niveau des joueurs qui jouent les super high rollers. Alors je n’aime pas trop me battre sur un field où je sais que je n’ai pas d’edge, ou très peu. Je suis consciente que je ne fais pas assez d’heures de travail comme le font ces joueurs qui performent sur les super high rollers. Je veux sentir que je suis au top contre les gens que j’affronte, et c’est pour ça que je veux bien choisir les tournois que je joue.

  1. Le niveau du poker professionnel ne cesse de progresser, et les outils de travail sont devenus de plus en plus performants. Comment organisez-vous aujourd’hui votre travail personnel en dehors des tables ? Est-ce que vos méthodes d’apprentissage ont évolué ces dernières années, notamment depuis votre table finale aux WSOP ?

– Entre nous, je préférais presque le poker avant. C’était plus un poker d’instinct. Maintenant, le poker est devenu un jeu où il faut plus travailler les solvers que les autres pour s’en sortir face aux joueurs de haut niveau. Bien sûr, il faut connaître la théorie pour pouvoir jouer de manière optimale, mais ensuite, il faut savoir s’adapter et dévier de cette théorie pour pouvoir exploiter ses adversaires au mieux. Avant, il n’y avait pas de logiciel pour savoir ce qui était optimal ou non. Tout dépendait de l’expérience et de la façon de travailler de chaque joueur. Maintenant, c’est beaucoup de travail, il faut étudier les lines qui vont te permettre de te rapporter le plus d’EV possible. Après, même quand tu les connais, il faut parfois savoir ne plus en tenir compte en fonction de qui tu es en train de jouer, et t’adapter. Ces lines que tu apprends avec les logiciels, au final, te permettent de gagner de manière optimale face à quelqu’un qui jouerait 100 % GTO, or, autour des tables, on ne joue pas face à des robots, mais contre des humains qui ont des émotions et qui ne répondront pas de la même façon que le solver !

  1. Ici, au WPO, vous allez notamment affronter de nombreux joueurs amateurs aux profils très différents. Est-ce que vous abordez ce type de tournoi avec la même exigence et le même esprit de compétition qu’un Main Event des WSOP ? Ou est-ce que vous vous permettez de jouer un poker plus instinctif, en accordant davantage de place au plaisir ?

– Vraiment, j’essaye de prendre chaque tournoi avec la même attitude. Quand je suis à la table, j’oublie le buy-in, j’essaye de prendre les meilleures décisions quoi qu’il arrive ! Mais c’est vrai que tu n’as pas forcément les mêmes sensations que sur un tournoi comme le Main Event, et c’est normal. C’est beau que certains tournois nous fassent ressentir quelque chose de spécial. En tout cas, globalement, ça n’est pas possible pour moi de m’asseoir et de me dire que je n’essayerai pas de jouer mon A-game. Parfois, je ne peux pas forcément le développer, mais je veux toujours avoir l’esprit de compétition dans tous les cas.

  1. Vous évoluez au plus haut niveau depuis de nombreuses années. Comment imaginez-vous la suite de votre carrière ? Est-ce que vous souhaitez continuer à vous consacrer pleinement à la compétition ou est-ce que vous envisagez de développer d’autres projets autour du poker ?

– Je ne sais pas ! On aime parfois sentir qu’on a un chemin tout tracé pour enlever de l’incertitude, mais je pense que je vais jouer toute ma vie, oui, sauf si je sens qu’à un moment, je n’ai plus faim d’amélioration quant à mon niveau. Après, je suis ouverte à des projets. Mais tu sais, j’ai fait un grand bond de niveau depuis 5 ans, car avant, j’étais toujours en train de penser à un plan B hors poker. Je mettais du temps dans le poker, je travaillais le jeu, mais je faisais quand même des formations dans tel ou tel domaine pour avoir comme un filet de sécurité si jamais le poker n’allait pas bien ! Et ça, ça n’est pas bon pour devenir meilleure. Globalement, je pense que tu dois pouvoir être « all-in » dans ce que tu fais si tu veux progresser et arriver au meilleur niveau. Sinon, tu divises ton attention, tu es moins focus, ça n’est pas bon. Je me suis rendu compte que ce que je faisais à côté du poker, c’était comme pour me trouver une excuse pour ne pas m’investir à 100 %. Maintenant, j’ai changé ça, je suis coachée, je fais faire des simulations pour travailler, je partage beaucoup avec des joueurs de poker dans des groupes… Je veux pouvoir arriver à mon meilleur niveau !

 

 

 

Crédit photo : Edu Agreda 

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