Interviews
Sexisme dans le poker, la parole se libère : Joueuses, croupières & modo témoignent
Published
4 ans agoon
Elles se prénomment Rosalie, Jade, Kate, Walfie, Stéphanie, Amandine, Lola ou Chloé. Certaines ont accepté de parler à visage découvert, d’autres préfèrent garder l’anonymat et prendre un prénom d’emprunt, de peur d’être la cible de ce qu’elles dénoncent : le sexisme hypertrophiée du milieu du poker. Tout a démarré par le partage, sur Twitter, d’une capture d’écran d’insultes par la joueuse pro Rosalie Petit, notamment membre du King5 Winamax de ces WSOP 2021. Une insulte de plus, une insulte de trop, qui a fait réagir de nombreuses joueuses, croupières ou modératrices. Nous avons été recueillir leurs témoignages, à la fois intimes et révoltés, en espérant qu’ils permettent aux mentalités d’évoluer. Nous avons également décidé de republier ici en ligne l’intégralité de notre dossier inclus dans le daté février 2022 de notre magazine papier.
A chaque milieu, sa temporalité. Celui du poker, majoritairement masculin, aura mis du temps à entamer sa propre révolution, d’autant plus en France, où la vague #metoo n’a pas été une déferlante comme dans les sociétés anglo-saxonnes. Rosalie Petit, joueuse professionnelle en MTT, qui sévit aussi bien en ligne qu’en live, a jeté une pierre dans la mare, en début d’année 2022, en « osant » partager des captures d’écran de commentaires d’une vidéo entre elle et un coach, Aleksi. Un exemple, comme il en existe des milliers par jour, du sexisme ordinaire : « Coaching… Coaching… Tu la baises ouais ! », suivi de « Comme si elle allait devenir bonne ; elle est déjà bonne physiquement, pas besoin de plus ». Les réactions ne se sont pas fait attendre : « J’ai été très touchée par toute cette vague de bienveillance, de soutien, je n’imaginais pas recevoir autant de force! Je remercie énormément Moundir et tous ceux qui se sont mobilisés pour afficher leurs positions contre le sexisme, » témoigne-t-elle.« Beaucoup de femmes souffrent dans l’indifférence générale. Trop de femmes sont victimes de propos déplacés, d’avances, de critiques et d’insultes a caractère sexiste, parfois même de violence physiques. Il ne faut pas normaliser ça, il faut que les mentalités évoluent. Nous méritons le respect dans chaque discipline, » ajoute-telle. Dans sa foulée, d’autres joueuses, amatrices ou semi-professionnelles, ont fait entendre leur voix.
Condescendance & agressivité
Jade Kieu est une joueuse récréative comme il y en a des milliers en France, et ce depuis une dizaine d’années, surtout en live, en cash-game en casino. Ses débuts, comme pour beaucoup de joueuses, ont été un peu traumatisants : « Une des première fois, j’étais accompagnée de deux amis joueurs, et on voulait trois places en cash-game. C’était dans un casino de province, et le floor a lancé : ‘Ah mais la demoiselle, elle veut jouer aussi ? Elle sait comment ça fonctionne le poker ? C’est pas un jeu de chance comme la roulette hein !’ » Souvent, on la regarde comme une proie facile. « Quand j’arrive, parfois, les joueurs rigolent en me dévisageant, et disent, ‘ah, enfin un peu de divertissement !’ » Rosalie Petit raconte la même histoire : « La première fois où je me suis assise à une table de cash-game, un joueur m’a lancé : ‘Tu t’es perdue ? Les machines à sous c’est de l’autre côté, quand t’auras perdu, je te payerai une coupe de champagne !’ » Grande sportive, Amandine Michelet, elle, a découvert le poker dès sa majorité, et elle s’y est consacrée de plus en plus après avoir connu une maladie qui lui empêchait de continuer le sport. Après s’être impliquée dans le poker associatif, elle a pu monter une bankroll et se qualifier sur des tournois mid-stakes. Ses débuts ont été entachés par une attitude masculine prédatrice et lourde : « J’étais plutôt timide, souriante et gentille, et j’avais un manque de confiance en moi qui faisait que j’avais du mal à prendre de bonne décision. Certains hommes rentraient dans un protocole de séduction charmeur, d’autres utilisaient des mots vulgaires et inappropriés. Je venais pour exercer une activité qui me plait, faire de belles rencontres hommes ou femmes et aussi dans un but d’échanger et de progresser sur le poker, pas de rencontrer l’amour ou d’avoir des propositions indécentes. » Et quand elle ne symbolise plus la jeune joueuse fragile, les insultes se font encore plus menaçantes : « Ce qui a augmenté sont les insultes quand je gagnais des coups ou que je sortais des joueurs. Le mot « pute » ou « salope » revenait souvent… » La joueuse semble souvent n’avoir que deux places possibles : la brebis innocente, devenue proie sexuelle, ou celle qui « chatte » et joue n’importe comment. Stéphanie (son prénom a été changé) a elle aussi eu à affronter ces prédateurs, après avoir découvert le poker lors d’un tournoi Ladies au Cercle Clichy Montmartre : « Ca m’a permis de sauter le pas, et comme je jouais déjà en ligne et que je suivais les tournois sur les réseaux, j’avais très envie de commencer le live. Malheureusement, quand je suis revenue ensuite dans des tournois classiques, j’ai été traitée souvent de ‘grosse salope’, ‘cocue’, ‘mal baisée’. » Elle modère cependant cette impression par le fait que « le milieu du poker est comme tous les autres : il y a des personnes très bienveillantes et accueillantes, d’autres… moins. Par contre, on a un grand déficit de femmes, moins de dix pourcents dans une salle… » Jade Kieu, une habituée des cash-game parisiens, a aussi eu son lot d’insultes et menaces : « Une fois, on m’a dit droit dans les yeux : ‘c’est comme ça qu’on gagne des tournois hein ! La chatte sous ta jupe doit être bien grosse’, ou « cette pute, elle me prend encore un coup je l’encule direct sur la table ». Sur ma finale du Road to PSPC Paris, j’entends derrière moi : ‘Mec, si tu perds contre la gonzesse, on te casse la gueule’. Un jour, au Club Circus, le mec à ma gauche parle à chaque fois avant que j’ai pu jouer, le croupier lui fait remarquer que ça faisait 3 fois qu’il me laisse pas parler quand c’est mon tour, il lance ‘Ah mais elle est là elle ? Elle est là pour jouer ? Je pensais que c’était une masseuse chinoise !’, suivi d’un élégant ‘ Sale pute tu sais pas jouer t’es bonne qu’à écarter les cuisses’. » Les croupières bien sûr, ne sont pas en reste. Lola (son prénom a été changé) a fait ses classes au défunt Cercle Cadet : « L’ambiance était masculine et toxique. Certains dirigeants pensaient avoir un droit de cuissage sur les croupières, comme malheureusement dans pas mal d’entreprises. A table, c’était terrible car, bien sûr, dès qu’on donnait de mauvaises cartes, on était traitées de putes. Et quand les joueurs gagnaient des coups, ils nous proposaient de mettre le pourboire dans le décolleté. Ca faisait rire à table. J’en avais parlé à un responsable, mais l’important, c’était de ne pas radier les joueurs. On m’a déjà suivi à ma pause pour me proposer ‘une pipe aux toilettes’ avec un jeton de 100€. C’était franchement la jungle. Ensuite, j’ai fait plusieurs autres cercles et clubs, et c’était mieux réglementé. L’important, c’est que votre employeur applique des règles strictes et s’y tienne. »

Au-delà des mots
Stéphanie a pu profiter, comme certaines, du soutien des croupiers et parfois même d’autres joueurs de ses tables habituelles de cash-game : « J’ai eu plusieurs fois le droit à des insultes à peine voilée lorsque je remportais des coups, voire même parfois très déplacée. J’ai pris le parti de ne pas répondre et de ne pas leur donner d’importance. Alors oui, au départ, ca a été compliqué et j’étais souvent très mal à l’aise. La plupart du temps, le croupier les recadrait voir même certains joueurs. Mais avec le temps et grâce notamment à certaines joueurs, j’ai réussi à être à l’aise, j’avais comme une sécurité lorsque je venais puisqu’eux même était des joueurs connus et/ou respectés. » Un soir, pourtant, les paroles deviennent des actes : « Mon pire souvenir, c’est d’avoir été aux toilettes et suivie par un joueur qui avait été insistant toute la soirée pour m’offrir un verre. Il a attendu que je m’y rende et pendant que je me lavais les mains, il m’a sorti son pénis, ‘tu veux pas me sucer en échange d’un jeton de cash-game, je te paie !’ J’étais complément choquée. » Chloé (son prénom a été changé) a vécu les mêmes propositions d’incitation à la prostitution, comme si le corps de la femme qui joue de l’argent était obligatoirement monnayable : « Parfois, les hommes abandonnent les sous-entendus graveleux, et osent me dire que je ‘serais mieux sous la table’ plutôt qu’à jouer. Ou les autres qui te salent de ‘grosse pute’, un classique, ou te proposent de coucher avec eux en échange d’un buy-in. » Amandine Michelet a, elle aussi, dû faire face à de la violence physique, à deux reprises durant ses années sur le circuit : « Un jour, j’ai sorti du tournoi un joueur très agressif dans son comportement à table. A la fin, je gagne le tournoi, vers 3h du matin, et il m’insulte en me traitant de ‘salope… pourquoi tu m’as payé ?’ Il s’est mis à me pousser et me gifler. Heureusement, la sécurité du casino veillait et ils m’ont raccompagnée jusqu’à ma voiture. Une autre fois, c’était en début de tournoi, j’avais monté beaucoup de jetons, et je fais tilter un joueur, qui finit par sauter. Il m’a insulté, et m’a dit qu’il allait m’attendre pour me frapper. Il a soulevé la table de poker, et fait tout tomber. Le staff n’a pas bougé, mais un joueur à table, assez musclé, lui a dit que s’il me touchait, il lui ferait son affaire. Heureusement, ça m’a sauvée. »

L’anonymat du online
Walfie est joueuse, et modératrice sur les chats d’une room online depuis 8 ans. Elle a travéillé sur les streams des génats du secteur, ainsi que sur des chaînes Twitch de joueuses, dont celle de Rolsalie Petit et d’Angelus. « En étant modératrice femme, il n’est pas rare que je reçoive des messages d’insultes de la part de viewers masculins, souvent parce qu’ils ont été Ban définitivement de la chaîne, ou parce qu’ils se sont pris des Bad Beat et ne savent pas à qui s’en prendre, quoi de plus facile de venir insulter une femme en Messages Privés ! Depuis toutes ces années, j’ai appris à me blinder de toutes ces remarques méchantes, désobligeantes, sexistes et machistes, mais parfois j’avoue que certaines sont violentes et ont du mal à sortir de ma tête pendant quelques jours. Il m’arrive également de recevoir des messages avec des photos de sexes masculins avec en légende : ‘Tu la vois ma grosse bite, je vais te l’enfoncer dans ta sale bouche de pute jusqu’à ce que tu crèves’. Ou encore ‘Tu n’es qu’une salope, ta copine et toi allez-vous faire enculer. Je vous défonce, vous êtes des niqueuses, vous vous croyez fortes sales batardes, je défonce votre sale chatte’ et ‘Nique ta pute de mère, sale salope, baiser ta mère la pute toi et Winamax. Je vais rouvrir un compte Twitch et le jour où je te tombe dessus, t’es morte sale pute, je vais découvrir tes réseaux, sale pute’. » Pour Jade Kieu, la violence online est protéiforme : « Il est toujours plus aisé d’insulter quelqu’un lorsqu’on est caché derrière un pseudo. La violence verbale est bien sûr très présente online, et pas qu’envers les femmes… » Amandine Michelet, elle, s’est réslue à prendre un pseudonyme sans genre : «L’anonymat du net décuple les insultes sexistes fusait sur le tchat, à l’époque j’avais un pseudo féminin et j’ai dû bloquer le tchat à certains moments. Aujourd’hui j’ai pris un pseudo qui fait que l’on n’arrive pas à dire le sexe de la personne qui se trouve derrière. » Chloé, elle, se fait insulter sur le thème « C’est pas possible d’aussi bien jouer, tu dois être un mec »…

La responsabilité de l’industrie en jeu
La fantasmatique masculine la plus minable semble être presqu’automatiquement en action quand une femme s’assoit à table : les femmes qui font des tournois ont été « cavées » par un joueur, elles n’ont aucune performance au mérite. Il faut dire que le sexisme n’est pas toujours du seul côté des joueurs anonymes. Un influenceur poker comme Yoh_Viral a souvent été brocardé pour son humour beauf et ses vidéos où toutes les filles sont là pour son argent, et font semblant de jouer au poker, objectifiant la femme comme un trophée de guerre. Dans une vidéo peu relayée (élégamment intitulée « Poker et dilatation ») en dialogue avec un acteur X de la fachosphère, Jean-Marie Corda, il se gausse pendant de longues minutes sur la sexualité du joueur : « C’est usant de niquer… C’est du problème de riche, parce que je suis vidé, tu vois. J’y vais sans meuf, dans les tournois, mais bientôt je vais avoir envie d’aller avec des meufs » Corda lui répond : « Pour se foirer dans un tournoi, le pire c’est d’éjaculer, de manger un coup, et d’arriver en mode digestif après le relâchement de l’éjaculation. Par contre, tu peux arriver avec une meuf, ça se chauffe, elle est trop bonne, nickel, tu te retiens, et t’arrives au tournoi sans éjaculer, mais ça te déconcentre, parce que tu sens trop tes couilles pleines ! » Yoh_Viral : « Le poker est un sport, et l’effet de la digestion et de l’éjaculation, c’est le pire combo ! » Rires gras. Les rooms online ne sont pas reste, notamment à la « grande » époque du boom du online : certaines d’entre elles, depuis longtemps disparues, avaient par exemple eu la bonne idée de financer une trentaine de filles qui n’avaient jamais joué au poker précédemment, lors de la grande finale de l’EPT Monaco. Arrivées au bras d’une gloire de l’époque façon revue de cabaret, elles n’avaient fait que renforcer ce préjugé de la fille décérébrée qui laisse le poker aux vrais joueurs : les hommes. Kate (son prénom a été changé) a vécu ces moments déstabilisants dès le milieu des années 2000. Alors joueuse non sponsorisée, avant de devenir présentatrice poker pour différentes marques de poker, elle a toujours dû freiner la sexualisation qu’on lui proposait : « J’ai la chance de ne pas être mannequin, donc on m’a pris plus au sérieux, mais je devais refuser tout le temps les tenues trop suggestives, parce que je trouvais que cela me faisait passer pour une potiche. Avec le temps, je regrette de ne pas avoir été assez sûre de moi, et d’assumer ce que je voulais. L’instinct de beaucoup de joueurs est sexiste, mais avec le temps, j’ai vu l’industrie évoluer : les équipes des grosses rooms online ont compris que les femmes pouvaient être des joueuses pros importantes, et qu’il fallait tout faire pour mieux inclure les joueuses dans l’industrie. »

Des exemples à suivre
Dans la foulée de Rosalie Petit, une sororité de joueuses a commencé à parler et médiatiser leurs mésaventures. Comme d’autres exemples en leur temps, Rosalie Petit fédère une parole qui se libère. Car, pour sauter le pas, les joueuses ont besoin de modèles et d’appuis. Dans le passé, des figures du poker comme Isabelle Mercier, Vanessa Selbst ou autres. Des femmes puissantes et inspirantes, comme l’avoue Jade Kieu : « Celle qui m’a le plus inspirée en tant que femme au poker était Vanessa Selbst, j’étais impressionnée non seulement par son niveau, mais aussi de toute la force, la confiance et le charisme qu’elle dégageait. Il y a eu notamment Vanessa Rousso et Liv Boeree, voire Jennifer Harmann, Vicky Coren et Annette Obrestadt. Ces joueuses qui clament haut et fort ‘Oui, je suis une femme, et je suis à la place où je dois être’». Kate pense aussi que c’est par la médiatisation des femmes que les mentalités changent : « J’ai eu la chance de recevoir de nombreux témoignages de joueuses qui m’ont remercié pour leur avoir donné le courage de jouer au poker, et de m’affirmer en tant que femme. C’est sûrement ma plius grande réussite dans cette industrie du poker. Plus il y aura de femmes, plus les hommes devront réviser leur attitude, et, j’espère, changer de mentalité. » Pour Rosalie Petit, celle qui a allumé la flamme de cette libération hexagonale, il faut « arrêter de fermer les yeux et défendre les femmes quand on fait face à ce genre de comportements. La plus part de ces incidents se produisent dans l’indifférence générale ou pire tout le monde s’en amuse. Les femmes se sentent humiliées et pas à leurs place. Online, des mesures plus sévères envers le manque de respect, pour protéger la santé mentale de tous les joueurs, je pense au bannissement temporaire par exemple. Sinon, jouer sous sa propre identité, sans anonymat, pourrais limiter ce genre de comportements. » Pour Jade Kieu, le poker évolue déjà « Aujourd’hui je suis ravie de voir les mentalités changer, lentement certes, mais cela évolue dans le bon sens, que ce soit au poker ou dans d’autres domaines. Aujourd’hui, la parole est libérée, beaucoup de femmes osent parler, s’assumer, se faire respecter. Et beaucoup d’hommes n’hésitent pas à monter au créneau pour défendre la place des femmes dans tous les milieux. C’est très positif pour la suite. Je pense qu’il est important de plus communiquer sur le savoir-être et le savoir-vivre au poker en général. Aujourd’hui, la communication, la médiatisation se fait beaucoup sur le plan marketing, pas assez sur les valeurs qu’un joueur de poker doit avoir. Le fait que certaines personnalités ou personnes influentes du milieu prennent position ouvertement, c’est très bien, mais ce n’est pas encore suffisant. Je pense qu’il faut sanctionner les comportements sexistes (racistes, homophobes et autres). Je pense qu’il faut établir des règles strictes à ce niveau-là dans les casinos, les clubs de jeux, les salles de tournois, avec des sanctions sévères. On sait que le milieu du poker est très dur, parfois injuste, parfois cruel, on est tout de même là pour gagner l’argent que d’autres ont mis sur la table. Mais ça doit rester un jeu, et on peut être dans l’adversité, mais avec un respect mutuel de part et d’autre. Car le poker n’a pas de genre, pas d’âge, pas de classe sociale, pas de couleurs de peau, pas de religion. Nous sommes juste Joueurs de poker avec un grand J. »


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Interviews
Interview : Rencontre avec Julien Sitbon, Team Pro Winamax, au cœur du WiPT
Published
1 semaine agoon
29 mars 2026
Au WiPT d’Aix-en-Provence, Julien Sitbon, pro du poker et leader du classement GPI France, livre ses conseils aux amateurs : comment rester solide, exploiter les erreurs des autres joueurs et aborder un Day 3 avec la bonne stratégie.
- Salut Julien, comment se passe le festival pour toi ? Tu ne t’es pas qualifié pour le Main Event, mais j’ai vu que tu avais intégré le High Roller hier ?
Super ! Je suis arrivé mercredi matin, j’ai commencé par un paddle, et j’ai enchaîné avec le Battle Royale où j’ai terminé 5e, donc ça a été un bon début de festival. Ensuite, j’ai joué le Main Event le lendemain, mais je n’ai pas eu la chance de me qualifier. Hier, je me suis inscrit sur le High Roller, et aujourd’hui, à partir de 12h30, j’ai le Day 2 de ce même tournoi à jouer ! J’ai 1 million de jetons, sur un average à 450.000, donc c’est plutôt pas mal.
Hier, j’étais à la table d’Alexandre Reard et de Malcom, donc l’ambiance était conviviale, c’était cool !
- Le WiPT est connu comme étant un tournoi mélangeant Pros et Amateurs. Est-ce que tu ressens une différence de niveau entre aujourd’hui et il y a 5 ans ?
Question intéressante ! Oui, il y a quand même une petite progression à ce niveau-là, surtout avec tous les contenus disponibles sur internet, les solvers etc… Maintenant, même les amateurs commencent à regarder pas mal de vidéos et à progresser. Ils s’améliorent surtout dans leur agressivité, dans le fait de relancer plus préflop, d’avoir plus de mains en bluff. Personnellement, je trouve que le niveau n’a pas augmenté considérablement, mais il a augmenté quand même !
Il y a plus de réflexion, plus de compréhension du jeu, ça se sent aux tables. Il y a beaucoup de contenus gratuits aujourd’hui. Même nous, chez Winamax, on fait beaucoup de Masterclass, on fait des choses qui permettent d’avoir une base plus solide, surtout pour ce type d’événement.
- Quel conseil donnerais-tu à un amateur qui se serait qualifié pour le Day 3 ? Y a-t-il une différence d’approche à avoir entre les Days 1 et 2, et le Day 3 ?
J’ai des différences d’approche, mais ce que je donnerais principalement comme conseil, ce serait de ne pas visualiser ça comme un Day 3 ! Il ne faut pas trop se mettre de pression, et surtout, jouer son jeu, et ne surtout pas essayer de changer sa façon de jouer. Bien évidemment, sur un Day 3 il y a déjà une notion d’ICM, dans le sens où on se rapproche des grosses sommes d’argent. Mais il ne faut surtout pas essayer des choses que l’on ne sait pas faire.
Quand on ne connaît pas les tenants et aboutissants d’un move, il vaut mieux ne pas le faire, et encore une fois, se cantonner à ce que l’on sait faire ! Il faut prendre son temps, prendre du plaisir et ne pas s’éparpiller. Restez solide !
En plus, si tu fais quelque chose et que tu dévies de ce que tu sais faire, et que tu bust, tu vas le regretter… alors si tu joues normalement et que tu perds, tu auras beaucoup moins de regret.
- Tu as dû jouer pas mal de joueurs amateurs depuis ton arrivée En tant que pro, comment tu t’adaptes à ce field, qui n’est sûrement pas le même que ceux que tu as l’habitude de jouer ?
Sur les tournois que je joue, ce n’est pas le même type d’amateur. Ce sont des amateurs réguliers qui font toujours les tournois à 500 € et à 1000 €, et qui sont des gens qui ont un peu d’argent, qui ont un travail à côté… Donc ils sont ce que j’appelle des amateurs réguliers.
Pour revenir à ta question, les gens ont deux approches avec nous. Hier, j’ai discuté un peu avec Romain et il m’a dit qu’il avait passé sa journée à se faire bluffer, dans des spots improbables ! En gros, soit ils veulent nous bluffer à tout prix, soit ils ne veulent pas du tout nous jouer car ils ont en quelque sorte « peur » de nous affronter. Il faut donc s’adapter et bien cerner les profils que tu as en face de toi.
Il y a aussi un truc, c’est ce que j’appelle « les fils qui se touchent ». Desfois, tu as des joueurs de poker qui sont très très sérieux, et d’un seul coup, ils craquent complètement ! Soit parce qu’ils ne sont pas habitués à la pression, ou qu’ils se retrouvent dans un spot qu’ils ne comprennent pas, donc ils envoient tout un peu n’importe comment… Donc voilà comment on s’adapte, il faut savoir repérer ces choses-là, et savoir les exploiter.
Moi je joue beaucoup plus les joueurs que les cartes quand je joue un tournoi comme le Main du WiPT, car en observant, je vais récupérer vraiment beaucoup d’informations sur la façon de jouer des joueurs.
- Sur ce type de tournoi (le Main), quelles sont les erreurs que tu vois encore souvent chez les amateurs ?
Alors, je trouve qu’il y a encore pas mal de grosses erreurs, mais globalement il y en a beaucoup moins. Par exemple, on voit de moins en moins de limp préflop ! Sur le festival, je n’en ai presque pas vu, ce qui est assez incroyable.
Mais c’est comme on disait tout à l’heure, on fait énormément de vidéos sur Winamax, qui font beaucoup, beaucoup de vues, et dans ces vidéos, le sujet du limp était beaucoup abordé, donc à force, c’est rentré dans la tête des gens ! Ce qui ne m’arrange pas, parce que moi j’aime bien (rires). Je vais dire à Winamax de bloquer l’accès aux vidéos !
Aussi, c’est parfois difficile de se rendre compte des erreurs récurrentes sans voir de showdowns, mais parfois, quand j’en vois, je me rends compte que la sélection des mains, ce n’est pas toujours ça non plus…
- Tu es premier au classement GPI France, donc maintenant, quel est ton objectif pour 2026 au poker ? C’est quoi le programme en poker live pour les mois à venir ?
Déjà, l’objectif serait de rester 1er du classement GPI France ! C’est un classement qui est très fluctuant, dans le sens où il dépend des performances que l’on fait sur trois ans, et à chaque fois,
ça reprend les trois meilleures performances, et ce, tous les 6 mois. En gros, ça évolue, et si l’un de mes concurrents fait d’énormes performances, il risque de repasser très vite devant. Ça fait donc partie de mes objectifs de garder ma place !
Aussi, j’ai comme objectif de très bien me préparer pour les WSOP, qui sont une série de tournois que j’aime beaucoup. En plus, j’ai un gros programme pour cette année ! Je veux donc être au top pour aborder les WSOP. Je vais jouer aussi le leaderboard, car maintenant, il y a un intérêt financier. Ça permet aussi de lisser la variance sur l’ensemble des trois festivals, que sont Pragues, Vegas, et les Bahamas.
En attendant, on va déjà essayer d’aller performer sur le High Roller de cet après-midi !
Crédit photo : Winamax / Caroline Darcourt
Interviews
Interview : Acteur et joueur, Nicolas Duvauchelle nous raconte ses sensations au WiPT
Published
1 semaine agoon
28 mars 2026
À l’occasion du WiPT à Aix-en-Provence, nous avons rencontré Nicolas Duvauchelle, qui se confie pour la première fois sur sa passion pour le poker. Entre ses débuts en cash game avec des amis, ses premiers deep runs en live et ses impressions sur les tournois du festival, l’acteur partage sa vision du jeu, ses sensations à table et son envie de progresser tout en s’amusant.
- Est-ce que tu joues régulièrement des festivals de poker ? Que ce soit avec Winamax ou ailleurs ? Comment trouves-tu l’ambiance ici ?
Non pas en live, c’est l’une des premières fois, mais j’avais quand même fait le Sismix à Marrakech il y a quelques années. Je tournais un film, je ne pouvais pas faire le séjour entier, mais je préfère l’ambiance ici, c’est super ! En plus, j’ai fait de belles rencontres comme Julien Sitbon, qui est un excellent gars, très gentil, et surtout, c’est un grand joueur. C’est assez impressionnant de le voir jouer. Il est très souriant et, d’un coup, quand il joue une main, il change de tête et devient très sérieux !
- Tu as fait 10e sur 240 joueurs au Battle Royale vendredi, avais-tu déjà deep run comme ça en live ? Quelles ont été tes sensations ?
Pas en live, mais online oui ! À l’époque, c’était sur Full Tilt Poker. J’avais fait quelques résultats sur des tournois. Mais en ce qui concerne ma 10e place d’hier, niveau sensations, c’était assez fort. Ce qui est dur, c’est que les gens peuvent voir tes cartes dans le stream. C’est un peu déconcertant, mais sinon c’était super.
Malheureusement, un adversaire met tout avec 5 et 10 de cœur, je le call couvert avec KQ, et sur le flop : 5-9-9. Turn : 5… et terminé pour moi ! Mais bon, j’ai eu pas mal de grands moments de chance plus tôt dans le tournoi, donc il faut s’en souvenir aussi. Généralement, on se souvient que des mauvais coups, mais il faut relativiser, c’est le poker ! Hier, c’était mon anniversaire, mais j’étais noir de chez noir !
- J’ai vu que tu avais passé pas mal de temps à la table de Julien Sitbon sur le Battle Royale. Tu as joué quelques mains contre lui, dont une où tu lui as fait folder un meilleur jeu que le tien. Jouer contre des pros n’a pas l’air de t’impressionner ! Tu approches ça comment quand tu rencontres un pro à table ?
Oui ! Il a commencé à me faire parler au début. Il m’a demandé si j’avais As-10 pour la quinte, il m’a cuisiné un peu ! On a parlé, mais il a fini par coucher, et il avait double paire. Je lui ai montré mon jeu qui était, au final, moins bon que le sien, et il était dégoûté. Mais effectivement, j’ai fait coucher Julien, j’étais content !
Ça fait de bons souvenirs, puis finir 10e sur l’un de mes premiers tournois en live, je vais m’en souvenir longtemps, c’est super. J’aurais quand même bien aimé jouer la table finale, mais bon, c’est déjà une belle performance. Et puis, il y avait une super ambiance sur toutes les tables où je suis passé lors de ce tournoi, j’ai profité, et j’ai adoré.
- Et sur le Main Event ? T’es passé ?
Oui, j’ai joué le Main, mais je ne me suis pas qualifié. J’ai commencé à 12 h, mais vers 20 h 30, après le dîner, je me suis fait éliminer. À la reprise, j’avais 14.000 jetons, les blindes étaient à 1.500 / 3.000… compliqué pour moi ! J’étais UTG +1, j’ai touché J9 de cœur, j’ai dû y aller et, en face, il y avait KJ. Pas de miracle pour ma main, c’est le poker !
- Tu peux nous raconter un peu ta relation avec le poker ? Tu joues depuis longtemps ? Tu bosses un peu ton jeu ?
J’ai vraiment eu ma période entre 2005 et 2010. C’était tous les soirs avec quelques potes, on était 6 ou 7 à la maison et on jouait de 20 h à 5 h tous les soirs ! On apprend quand même pas mal à jouer autant. On jouait en cash game avec une petite recave. Pas des gros montants, mais c’était surtout pour apprendre.
Je joue beaucoup à l’instinct, pour le plaisir, mais avec l’expérience que j’ai prise ici, ça donne envie de prendre des cours et de se faire coacher ! J’ai envie d’améliorer mon niveau. J’aimerais vraiment prendre quelqu’un pour devenir plus compétent. En dehors de ça, il y a un événement au Portugal en mai prochain, à Estoril, ça devrait être très, très sympa, j’espère pouvoir y être !
- Quel est l’aspect du jeu qui te plaît le plus : le côté stratégie ou le côté analyse du comportement des joueurs adverses ?
J’essaie de commencer à analyser, de mettre en place des stratégies en fonction des showdowns, mais ce n’est pas toujours facile de savoir comment les gens réagissent. C’est un sacré processus de comprendre ses adversaires en profondeur.
Mais globalement, j’aime autant la stratégie que le côté psychologie du jeu. Puis il y a quand même une part de chance assez importante au poker. Moi, j’aime bien le côté incertain du poker, c’est assez excitant. Tu peux jouer très très bien et prendre un énorme bad beat, ou au contraire, avoir fait une erreur et t’en sortir quand même. C’est assez grisant !
- À ton avis, est-ce que ton métier t’aide à mieux bluffer ou à mieux lire les autres joueurs ?
Pas du tout ! Quand on est acteur, on est plus dans l’émotion et pas dans la retenue comme les très bons joueurs de poker, genre impassible ! Il y a une grosse différence entre jouer un rôle devant une caméra et gérer ses émotions dans la « vraie vie ». Avec Julien, par exemple, j’ai essayé de faire un peu d’acting pour le désorienter, mais ça ne fonctionne pas à tous les coups, et puis parfois, quoi que tu fasses, s’il y a une meilleure main en face, tu seras payé dans tous les cas…
Mais en tout cas, personnellement, j’arrive mieux à me maîtriser devant une caméra quand je joue un rôle, alors qu’à une table de poker, quand tu bluffs, que tu engages des jetons avec rien du tout pour faire folder, c’est réel ! Ce n’est pas mon personnage qui prend un risque, mais bel et bien moi ! Donc c’est plus difficile de gérer émotionnellement, même en étant acteur.
- As-tu des objectifs dans le poker, ou c’est juste pour le plaisir ?
Je veux juste m’amuser. Par exemple, si je peux arriver dans l’argent sur le MonsterStack de cet après-midi, pourquoi pas, mais je ne me mets pas de pression du tout, je veux surtout m’amuser. Hier, j’ai posté mes blindes à chaque tour sans avoir de mains pendant toute la journée, c’était horrible ! J’espère toucher des mains aujourd’hui et prendre du plaisir comme sur le Battle Royale.
Ça fait de grosses journées autour de la table, et au niveau énergie, ce n’est pas toujours facile à gérer. Je comprends pourquoi beaucoup de bons joueurs font de la méditation et se préparent physiquement…
Mais cette nuit, j’ai bien dormi, je suis en forme, donc on va tout donner pour aller chercher un résultat cet après-midi !
Crédit photo: Winamax / Caroline Darcourt
Interviews
Interview : Romain Lewis nous livre son approche et quelques conseils pour briller sur le WiPT
Published
2 semaines agoon
27 mars 2026
Romain Lewis, joueur professionnel et membre du Team Pro Winamax, partage avec nous son expérience et ses conseils pour naviguer au mieux sur un tournoi du WiPT. Il revient sur les erreurs fréquentes des amateurs, l’importance de rester concentré, et les stratégies pour maximiser ses chances de succès dans ce tournoi mélangeant pros et amateurs.
- Salut Romain, comment ça s’est passé pour toi hier ? Tu t’es qualifié ?
Salut, hélas non je n’ai pas passé le Day 1D, j’ai re-entry une fois mais ça n’est pas passé donc je vais retenter aujourd’hui !
- Le WiPT est connu comme étant un tournoi mélangeant joueurs professionnels et amateurs. Est-ce que tu ressens une différence de niveau entre aujourd’hui et il y a 5 ans par exemple ?
Moi je pense qu’en moyenne, tout joueur qui joue depuis plus de dix ans te dira que le niveau global a augmenté petit à petit. Si je me souviens bien de l’époque où je jouais amateur, ça jouait clairement moins solide et il y avait beaucoup moins de connaissances qu’aujourd’hui, et comme le niveau augmente petit à petit, ça se voit aussi au WiPT.
Aussi, la difficulté, c’est que chaque joueur est différent. Dans le milieu amateur on va avoir beaucoup de nouveaux joueurs. Ça va être leur premier tournoi de poker, et sur un WiPT qui amène pas loin de 700 qualifiés de partout en France, cela représente quand même une part non négligeable sur les 3000 ou 3500 inscriptions à la Grand Finale, donc il est difficile de savoir quel amateur est plus éclairé que l’autre. Il faut juger à l’instant T,par rapport aux situations etc…
Globalement, Ces joueurs vont avoir plus d’appréhension, ressentir plus de peur, mais tout de même, comme le niveau a augmenté et que le contenu pédagogique est plus accessible, on sent clairement que ça n’est plus aussi facile qu’avant.
- Quel conseil donnerais-tu à un amateur qui se serait qualifié pour le Day 2 ? Y a-t-il une différence d’approche à avoir entre un Day 1 et un Day 2 ?
Oui bien sûr ! Ce sont des conseils que je donnerais à tout joueur, mais une fois que la bulle est passée, il ne faut pas se relâcher lorsque l’on rentre dans l’argent. Le tournoi devient de plus en plus important, il y aura certainement plus de 200.000 € à gagner, donc il ne faut pas se relâcher dans son jeu.
Ça ne veut pas dire qu’il faut jouer plus ou moins agressivement, ça veut juste dire que cette pression que tu as en début de tournoi, il faut un peu se la maintenir pour pouvoir continuer à performer, et bien analyser les joueurs et leur façon de jouer. Plus le tournoi avance, et plus il faut réussir à rester bien dans sa tête, gérer sa respiration en dehors des coups, et surtout, rester dans le moment présent !
Il faut éviter de se projeter, ou au contraire, de ne pas trop repenser aux coups qu’on a mal joués. Par exemple, si notre stack commence à gonfler, il faut éviter de trop penser à une table finale et aux gros sous, mais rester dans le moment présent ! Ce serait vraiment mon plus gros conseil.
- Tu as dû jouer pas mal de joueurs amateurs depuis ton arrivée ici. En tant que professionnel, comment tu t’adaptes à ce field que tu n’as sûrement pas l’habitude de jouer à l’année online, ou sur de gros events live ?
Moi je joue avec des joueurs amateurs depuis mes tous débuts. Je pense que je les connais mieux que beaucoup de joueurs ! En plus, il ne faut pas trop généraliser, c’est comme je disais tout à l’heure, tous les joueurs amateurs ne jouent pas tous pareil. Certains joueurs amateurs jouent très bien et sont brillants !
Dire qu’un amateur joue d’une manière, et le professionnel d’une autre, je pense que c’est faux. C’est juste que pour beaucoup d’amateurs, ils ne font pas que jouer au poker. Il ne faut pas confondre statut et niveau de jeu ! À la table, il faut analyser chaque joueur, les situations à la table avec les informations qu’on a sur le moment, et ne pas les étiqueter ou les catégoriser.
Au niveau de l’adaptation, je fais quand même partie d’une Team Pro depuis 10 ans, donc je vais pouvoir un peu plus jouer avec mon image. Si je monte un gros stack, je sais qu’en moyenne sur un tournoi comme au WiPT, on va beaucoup moins me croire in game, et je vais pouvoir me faire payer un peu plus souvent lorsque j’aurai de gros jeux.
- Sur ce type de tournoi, quelles sont les erreurs que tu vois encore souvent chez les amateurs ?
Les erreurs que je peux voir encore assez souvent sur ce genre de tournois, paradoxalement, c’est de ne pas assez bluffer. Globalement je vais donner beaucoup de crédit à un joueur s’il met beaucoup de jetons au milieu. Je pense que les joueurs ne trouvent pas assez d’options agressives avec des mains moyennes, et donc ça va me permettre de gagner beaucoup de petits pots. Je ne vais pas me faire check-raise beaucoup, et je ne pense pas que ce soit parce qu’ils jouent contre moi qui suis Team Pro Winamax !
Quand on ne joue pas souvent, on a ce truc de ne pas vouloir regretter notre play et de rentrer chez soi en culpabilisant de notre move.
C’est surtout valable pour le live je pense. En live, on a fait le déplacement, il y a les frais annexes… On n’a pas envie de rentrer chez soi en se disant qu’on a fait un mauvais bluff qui nous a coûté notre tournoi.
Par contre, si tu t’es un peu laissé mourir jusqu’à 8/9 blindes et que t’as shove ton A9 depuis le bouton, au moins tu ne regrettes pas ! Sur internet, il est plus facile de craquer. On bust, on relance un autre tournoi… En live, dans le milieu amateur, on n’a pas envie de bust sur un bluff raté !
- Enfin, tu as quoi comme objectifs pour 2026 au poker ? C’est quoi le planning en poker live ?
Le planning est assez conséquent ! Moi, mon gros objectif pour 2026, c’est clairement le leaderboard des WSOP. Depuis que je joue, c’est la première fois qu’il est récompensé ! Les 100 meilleurs joueurs des WSOP vont se partager un prizepool. Pour les trois premiers, il y a 100.000 $, et pour les derniers du leaderboard, il doit y avoir 2.500 $.
Avant c’était juste un classement pour la hype. En 2018, j’ai terminé 10e de ce classement, en 2021 j’ai fait 17e, et donc du coup en 2026, l’objectif serait donc de faire mieux, et ça commence à Prague la semaine prochaine !
Je vais donc essayer de cumuler entre Prague, Vegas et les Bahamas en fin d’année pour battre ma 10e place de 2018. Et qui sait… remporter un bracelet cet été !
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