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Interviews

Sonny Franco se confie à Poker52 avant la finale du WPT Showdown !

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Le monde du poker live frétille en vue de la reprise qui s’annonce, avec les WSOP en ligne de mire à la fin de l’année. L’événement organisé par le WPT au Seminole Hard Rock représente plus qu’un galop d’essai : avec 2482 participants pour le Showdown à 3500 euros, c’est tout simplement le plus gros WPT de l’histoire. La preuve s’il en est que les joueurs sont prêts à retourner aux tables, même s’il faut porter des masques. Alors que le dénouement du tournoi se profile, le 18 mai à Vegas, avec encore six joueurs en lisse, c’est une figure bien connue des tables françaises qui aborde cette table finale en position de chipleader : Sonny Franco, qui s’était illustré pas plus tard qu’en 2020 avec la victoire du WPTDeepStacks à Paris pour 221000 dollars. Poker52 a pu échanger quelques mots avec lui en attendant ce showdown.

par Michael Verger-Laurent

Sonny, où te trouves-tu actuellement ? Tu es resté aux USA en attendant la finale ?

Je suis à Las Vegas. J’étais à Miami pour le tournoi, dès que ça s’est terminé, j’avais mon vol pour Las Vegas et je vais y rester jusqu’à la finale, le 18 mai. Le programme n’est pas au top en attendant, donc je vais faire trois ou quatre petits tournois, et profiter, avec ma femme et mon fils.

Tu es plutôt un joueur de live, comment as-tu géré cette période covid ?

Au tout début, j’avais commencé sur internet, mais c’est vrai que dès que j’ai monté une bankroll, j’ai joué surtout en live. J’ai rejoué un peu online parce qu’on était obligés, puisqu’il n’y avait quasiment rien. J’ai arrêté complètement pendant neuf mois, je touchais plus à l’ordi, et puis j’ai rejoué il y a un mois, pour les gros tournois GG.

Tu n’aimes pas le jeu en ligne ?

Ce n’est pas que je n’aime pas, c’est surtout que c’est beaucoup plus facile en live. Le online reste bien pour garder le niveau, pour progresser, j’ai des amis qui jouent online, je discute bien avec eux, pour garder la technique, il faut toujours s’y intéresser. Après, c’est simple : tu fais un tournoi à 1000 euros en live, on va être 1000 et je vais être dans les dix meilleurs, alors qu’online, je risque d’être dans les 50 % les plus mauvais. Un tournoi 1000 en live représente le niveau d’un 50 euros online.

Est-ce que le tournoi du Seminole était ton premier gros depuis longtemps ?

Mon dernier grand tournoi, c’était le WPT Paris que j’avais gagné, et après les cercles ont rouvert pendant deux ou trois semaines cet été, j’étais allé un peu au Circus, j’avais fait un petit tournoi à la Grande-Motte. C’est le premier grand tournoi que je fais depuis longtemps.

Ça n’a pas été trop compliqué de partir pour les États-Unis, avec les restrictions ? Comment ça s’est passé sur place ?

Ce n’était pas possible directement de venir de France, il fallait passer quinze jours en dehors du pays, mais comme j’habite au Maroc, ça allait, j’ai pu faire Casablanca-New York, puis New York-Miami, j’avais juste un test PCR à faire. Au niveau du jeu, il y a des plexiglas et des masques, mais c’est très bien, les équipements sont super.

Est-ce que c’est plus compliqué de lire les autres joueurs dans ces conditions ?

Tu vas avoir moins de tells physiques, c’est sûr, par contre, il reste les timing tells, la manière dont quelqu’un va miser ou dont il touche ses jetons. Au final, cela ne change pas grand-chose. C’est vrai qu’on ne voit pas s’il tire la langue ou s’il a la gorge qui tremble.

Est-ce que le fait de jouer le plus gros WPT de l’histoire revêt une importance particulière à tes yeux ?

C’est super, au retour de covid, les gens disaient : les plexiglas, c’est pourri, on n’ira pas jouer, alors qu’en fait c’est un énorme événement avec des masques et du plexiglas. Il y avait beaucoup de monde, tous les jours il y avait une heure de queue pour rentrer dans les tournois, et c’était capé parce qu’ils n’avaient pas assez de personnel. Je pense que s’ils font le WSOP à Vegas, et qu’ils ont le personnel, ça va être le plus gros tournoi de tous les temps.

Si tu venais à gagner, est-ce que cela changerait le type d’événements auxquels tu participes ? Ta gestion de bankroll ? Est-ce que tu as dans l’idée de passer à des Super High Rollers ?

Non, en gros, ça serait bien pour ma bankroll, mais ça ne changerait pas les tournois que je vais jouer. Je joue tous les tournois jusqu’à 5000, les 10000 où il y a du monde, et même si je gagne, j’aime bien jouer là où je sais que j’ai un avantage. Du coup, je n’ai pas envie d’aller faire un 50000 avec que des pros. Après, si une fois, je sais qu’un tournoi est beau, je vais faire un satellite. Là il y avait le 50000 que mon ami Arthur Conan a gagné, on a vu qu’il y avait beaucoup d’amateurs à Miami, donc on a fait un satellite pour y entrer. Mais les tournois entre pros, ça ne m’intéresse pas. Je ne joue pas pour me dire que je suis le meilleur du monde. Je joue pour gagner de l’argent. Après bien sûr, si je gagne le plus gros WPT du monde, c’est historique, je serais le plus heureux du monde, c’est presque comme un bracelet.

Concernant la TF en elle-même, connais-tu bien les joueurs auxquels tu es opposé ? J’imagine qu’il y a déjà un historique si tu as joué pas mal de mains avec certains d’entre eux sur le tournoi ?

Je n’avais jamais joué personne avant ce tournoi. Après, il a duré pas mal de temps et en jouant j’ai pu étudié tout le monde. Je connais à peu près leur niveau, ce qu’ils sont capables de faire, je pense avoir bien cerné tout le monde.

Penses-tu qu’il y a des joueurs dangereux dans le lot ?

Brekstyn Schutten, qui est quasiment à égalité au chiplead avec moi, et Steven Snyder (3ème stack), sont bons, on a bien joué. Ils ont été assez aggros, on s’est bien battus. J’ai deep-run le tournoi avec mon pote Arthur Conan, on partageait une villa en AirBnB ensemble, pendant toutes les pauses on était ensemble, tous les soirs on rentrait à la maison, on était encore dedans, parce que le tournoi a duré quatre jours ; le dernier jour, on est revenu à 21 left, moi j’étais quinzième et lui douzième, et comme on commence à avoir l’habitude des fins de tournois, donc on a opté pour une stratégie simple : dans ce genre de tournois, c’est tout le temps les plus aggros qui vont gagner, parce qu’ils jouent avec la peur des autres qui veulent faire la TF à tout prix et se laissent mourir. Ceux-là en général, ou ils ne font jamais la TF ou ils y arrivent avec 10 blinds. Donc on s’est dit qu’on allait jouer, qu’on allait mettre la pression, quitte à prendre des risques, pour arriver au bout avec un bon stack. Et c’est ce qu’on a fait, et Schutten et Snyder étaient bien chauds eux aussi, on s’est retrouvés dans des coups 4bet et 5bet avec eux, c’était intéressant. Les trois autres, ils se sont plutôt laissé faire par contre, et je pense qu’en finale, vu que les paliers sont gros, ils vont continuer à jouer assez tight.

Donc tu te bats principalement contre deux joueurs ?

C’est ça, on est trois à jouer, les trois autres ne vont pas trop bouger.

Est-ce que le tirage des places t’avantage ?

Non, on a fait un redraw à 8 left et maintenant qu’on est 6 c’est le même, et je n’ai pas de chance, j’ai Schutten à ma gauche. J’ai trouvé qu’il était bon, il comprend bien, même si je crois qu’il n’est pas professionnel, mais il est aussi bon qu’un pro. Il me respecte beaucoup. J’ai discuté avec lui pendant les coups qu’on ne jouait pas, je lui disais : « allez, viens, on joue un gros pot ensemble, on s’en fout », alors que je n’aurais jamais fait ça, c’était pour lui faire croire que j’étais un fou furieux, que j’allais partir à tapis et qu’il ne fallait pas m’embêter, et du coup, j’ai eu de la chance, la finale s’est très bien déroulée : j’ai open 60 % des mains, et il ne m’a jamais 3bet, et du coup à chaque fois que je volais les blinds, mon stock augmentait de 5 à 10 %, c’était dingue. Je vais essayer de continuer comme ça quand je vais arriver, voir comment ça se passe. Si je vois qu’ils continuent à se laisser faire, j’attaquerai, s’il y a un peu plus de résistance, je m’adapterai. Après bien sûr, l’objectif est de faire top 3, sinon je serai déçu, avec le stack que j’ai.

Est-ce que tu restes à Vegas après le tournoi ?

J’ai prévu de rentrer en France fin mai pour y passer un mois de vacances avec ma femme et mon fils.

Et tu reviens faire les WSOP en fin d’année ? Tu feras beaucoup d’events ?

C’est ça. Je fais presque tout, si je viens à Vegas, pendant deux semaines je joue quasiment tous les jours.

Est-ce que tu t’entraînes en attendant ? Tu travailles ton jeu ?

Non, les joueurs qui me connaissent savent que je n’ai jamais vraiment bossé ma technique, même si je pense que je suis ok, parce qu’au final, sans travailler avec les outils, j’ai mes amis, ils font partie du top français, et on discute beaucoup ensemble. Parler avec eux pendant 3 heures tous les soirs, c’est sans doute plus utile que de travailler tout seul de son côté. Quand tu es avec les meilleurs, ça aide vraiment.

Ce n’est pas gênant de tout connaître les uns des autres quand vous vous retrouvez à la même table ?

Pas vraiment. Déjà, ça arrive rarement, et puis on joue normalement, on sait ce que c’est.

Souhaitons bonne chance à Sonny pour la table finale, avec 1261095 dollars à la clé pour le gagnant !

 

 

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Interview : Rencontre avec Julien Sitbon, Team Pro Winamax, au cœur du WiPT

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Au WiPT d’Aix-en-Provence, Julien Sitbon, pro du poker et leader du classement GPI France, livre ses conseils aux amateurs : comment rester solide, exploiter les erreurs des autres joueurs et aborder un Day 3 avec la bonne stratégie.

  • Salut Julien, comment se passe le festival pour toi ? Tu ne t’es pas qualifié pour le Main Event, mais j’ai vu que tu avais intégré le High Roller hier ?

Super ! Je suis arrivé mercredi matin, j’ai commencé par un paddle, et j’ai enchaîné avec le Battle Royale où j’ai terminé 5e, donc ça a été un bon début de festival. Ensuite, j’ai joué le Main Event le lendemain, mais je n’ai pas eu la chance de me qualifier. Hier, je me suis inscrit sur le High Roller, et aujourd’hui, à partir de 12h30, j’ai le Day 2 de ce même tournoi à jouer ! J’ai 1 million de jetons, sur un average à 450.000, donc c’est plutôt pas mal.

Hier, j’étais à la table d’Alexandre Reard et de Malcom, donc l’ambiance était conviviale, c’était cool !

  • Le WiPT est connu comme étant un tournoi mélangeant Pros et Amateurs. Est-ce que tu ressens une différence de niveau entre aujourd’hui et il y a 5 ans ?

Question intéressante ! Oui, il y a quand même une petite progression à ce niveau-là, surtout avec tous les contenus disponibles sur internet, les solvers  etc… Maintenant, même les amateurs commencent à regarder pas mal de vidéos et à progresser. Ils s’améliorent surtout dans leur agressivité, dans le fait de relancer plus préflop, d’avoir plus de mains en bluff. Personnellement, je trouve que le niveau n’a pas augmenté considérablement, mais il a augmenté quand même !

Il y a plus de réflexion, plus de compréhension du jeu, ça se sent aux tables. Il y a beaucoup de contenus gratuits aujourd’hui. Même nous, chez Winamax, on fait beaucoup de Masterclass, on fait des choses qui permettent d’avoir une base plus solide, surtout pour ce type d’événement.

  • Quel conseil donnerais-tu à un amateur qui se serait qualifié pour le Day 3 ? Y a-t-il une différence d’approche à avoir entre les Days 1 et 2, et le Day 3 ?

J’ai des différences d’approche, mais ce que je donnerais principalement comme conseil, ce serait de ne pas visualiser ça comme un Day 3 ! Il ne faut pas trop se mettre de pression, et surtout, jouer son jeu, et ne surtout pas essayer de changer sa façon de jouer. Bien évidemment, sur un Day 3 il y a déjà une notion d’ICM, dans le sens où on se rapproche des grosses sommes d’argent. Mais il ne faut surtout pas essayer des choses que l’on ne sait pas faire.

Quand on ne connaît pas les tenants et aboutissants d’un move, il vaut mieux ne pas le faire, et encore une fois, se cantonner à ce que l’on sait faire ! Il faut prendre son temps, prendre du plaisir et ne pas s’éparpiller. Restez solide !

En plus, si tu fais quelque chose et que tu dévies de ce que tu sais faire, et que tu bust, tu vas le regretter… alors si tu joues normalement et que tu perds, tu auras beaucoup moins de regret.

  • Tu as dû jouer pas mal de joueurs amateurs depuis ton arrivée En tant que pro, comment tu t’adaptes à ce field, qui n’est sûrement pas le même que ceux que tu as l’habitude de jouer ?

Sur les tournois que je joue, ce n’est pas le même type d’amateur. Ce sont des amateurs réguliers qui font toujours les tournois à 500 € et à 1000 €, et qui sont des gens qui ont un peu d’argent, qui ont un travail à côté… Donc ils sont ce que j’appelle des amateurs réguliers.

Pour revenir à ta question, les gens ont deux approches avec nous. Hier, j’ai discuté un peu avec Romain et il m’a dit qu’il avait passé sa journée à se faire bluffer, dans des spots improbables ! En gros, soit ils veulent nous bluffer à tout prix, soit ils ne veulent pas du tout nous jouer car ils ont en quelque sorte « peur » de nous affronter. Il faut donc s’adapter et bien cerner les profils que tu as en face de toi.

Il y a aussi un truc, c’est ce que j’appelle « les fils qui se touchent ». Desfois, tu as des joueurs de poker qui sont très très sérieux, et d’un seul coup, ils craquent complètement ! Soit parce qu’ils ne sont pas habitués à la pression, ou qu’ils se retrouvent dans un spot qu’ils ne comprennent pas, donc ils envoient tout un peu n’importe comment… Donc voilà comment on s’adapte, il faut savoir repérer ces choses-là, et savoir les exploiter.

Moi je joue beaucoup plus les joueurs que les cartes quand je joue un tournoi comme le Main du WiPT, car en observant, je vais récupérer vraiment beaucoup d’informations sur la façon de jouer des joueurs.

  • Sur ce type de tournoi (le Main), quelles sont les erreurs que tu vois encore souvent chez les amateurs ?

Alors, je trouve qu’il y a encore pas mal de grosses erreurs, mais globalement il y en a beaucoup moins. Par exemple, on voit de moins en moins de limp préflop ! Sur le festival, je n’en ai presque pas vu, ce qui est assez incroyable.

Mais c’est comme on disait tout à l’heure, on fait énormément de vidéos sur Winamax, qui font beaucoup, beaucoup de vues, et dans ces vidéos, le sujet du limp était beaucoup abordé, donc à force, c’est rentré dans la tête des gens ! Ce qui ne m’arrange pas, parce que moi j’aime bien (rires). Je vais dire à Winamax de bloquer l’accès aux vidéos !

Aussi, c’est parfois difficile de se rendre compte des erreurs récurrentes sans voir de showdowns, mais parfois, quand j’en vois, je me rends compte que la sélection des mains, ce n’est pas toujours ça non plus…

  • Tu es premier au classement GPI France, donc maintenant, quel est ton objectif pour 2026 au poker ? C’est quoi le programme en poker live pour les mois à venir ?

Déjà, l’objectif serait de rester 1er du classement GPI France ! C’est un classement qui est très fluctuant, dans le sens où il dépend des performances que l’on fait sur trois ans, et à chaque fois,

ça reprend les trois meilleures performances, et ce, tous les 6 mois. En gros, ça évolue, et si l’un de mes concurrents fait d’énormes performances, il risque de repasser très vite devant. Ça fait donc partie de mes objectifs de garder ma place !

Aussi, j’ai comme objectif de très bien me préparer pour les WSOP, qui sont une série de tournois que j’aime beaucoup. En plus, j’ai un gros programme pour cette année ! Je veux donc être au top pour aborder les WSOP. Je vais jouer aussi le leaderboard, car maintenant, il y a un intérêt financier. Ça permet aussi de lisser la variance sur l’ensemble des trois festivals, que sont Pragues, Vegas, et les Bahamas.

En attendant, on va déjà essayer d’aller performer sur le High Roller de cet après-midi !

 

 

Crédit photo : Winamax / Caroline Darcourt 

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Interviews

Interview : Acteur et joueur, Nicolas Duvauchelle nous raconte ses sensations au WiPT

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À l’occasion du WiPT à Aix-en-Provence, nous avons rencontré Nicolas Duvauchelle, qui se confie pour la première fois sur sa passion pour le poker. Entre ses débuts en cash game avec des amis, ses premiers deep runs en live et ses impressions sur les tournois du festival, l’acteur partage sa vision du jeu, ses sensations à table et son envie de progresser tout en s’amusant.

  • Est-ce que tu joues régulièrement des festivals de poker ? Que ce soit avec Winamax ou ailleurs ? Comment trouves-tu l’ambiance ici ?

Non pas en live, c’est l’une des premières fois, mais j’avais quand même fait le Sismix à Marrakech il y a quelques années. Je tournais un film, je ne pouvais pas faire le séjour entier, mais je préfère l’ambiance ici, c’est super ! En plus, j’ai fait de belles rencontres comme Julien Sitbon, qui est un excellent gars, très gentil, et surtout, c’est un grand joueur. C’est assez impressionnant de le voir jouer. Il est très souriant et, d’un coup, quand il joue une main, il change de tête et devient très sérieux !

  • Tu as fait 10e sur 240 joueurs au Battle Royale vendredi, avais-tu déjà deep run comme ça en live ? Quelles ont été tes sensations ?

Pas en live, mais online oui ! À l’époque, c’était sur Full Tilt Poker. J’avais fait quelques résultats sur des tournois. Mais en ce qui concerne ma 10e place d’hier, niveau sensations, c’était assez fort. Ce qui est dur, c’est que les gens peuvent voir tes cartes dans le stream. C’est un peu déconcertant, mais sinon c’était super.

 Malheureusement, un adversaire met tout avec 5 et 10 de cœur, je le call couvert avec KQ, et sur le flop : 5-9-9. Turn : 5… et terminé pour moi ! Mais bon, j’ai eu pas mal de grands moments de chance plus tôt dans le tournoi, donc il faut s’en souvenir aussi. Généralement, on se souvient que des mauvais coups, mais il faut relativiser, c’est le poker ! Hier, c’était mon anniversaire, mais j’étais noir de chez noir !

  • J’ai vu que tu avais passé pas mal de temps à la table de Julien Sitbon sur le Battle Royale. Tu as joué quelques mains contre lui, dont une où tu lui as fait folder un meilleur jeu que le tien. Jouer contre des pros n’a pas l’air de t’impressionner ! Tu approches ça comment quand tu rencontres un pro à table ?

Oui ! Il a commencé à me faire parler au début. Il m’a demandé si j’avais As-10 pour la quinte, il m’a cuisiné un peu ! On a parlé, mais il a fini par coucher, et il avait double paire. Je lui ai montré mon jeu qui était, au final, moins bon que le sien, et il était dégoûté. Mais effectivement, j’ai fait coucher Julien, j’étais content !

Ça fait de bons souvenirs, puis finir 10e sur l’un de mes premiers tournois en live, je vais m’en souvenir longtemps, c’est super. J’aurais quand même bien aimé jouer la table finale, mais bon, c’est déjà une belle performance. Et puis, il y avait une super ambiance sur toutes les tables où je suis passé lors de ce tournoi, j’ai profité, et j’ai adoré.

  • Et sur le Main Event ? T’es passé ?

Oui, j’ai joué le Main, mais je ne me suis pas qualifié. J’ai commencé à 12 h, mais vers 20 h 30, après le dîner, je me suis fait éliminer. À la reprise, j’avais 14.000 jetons, les blindes étaient à 1.500 / 3.000… compliqué pour moi ! J’étais UTG +1, j’ai touché J9 de cœur, j’ai dû y aller et, en face, il y avait KJ. Pas de miracle pour ma main, c’est le poker !

  • Tu peux nous raconter un peu ta relation avec le poker ? Tu joues depuis longtemps ? Tu bosses un peu ton jeu ?

J’ai vraiment eu ma période entre 2005 et 2010. C’était tous les soirs avec quelques potes, on était 6 ou 7 à la maison et on jouait de 20 h à 5 h tous les soirs ! On apprend quand même pas mal à jouer autant. On jouait en cash game avec une petite recave. Pas des gros montants, mais c’était surtout pour apprendre.

Je joue beaucoup à l’instinct, pour le plaisir, mais avec l’expérience que j’ai prise ici, ça donne envie de prendre des cours et de se faire coacher ! J’ai envie d’améliorer mon niveau. J’aimerais vraiment prendre quelqu’un pour devenir plus compétent. En dehors de ça, il y a un événement au Portugal en mai prochain, à Estoril, ça devrait être très, très sympa, j’espère pouvoir y être !

  • Quel est l’aspect du jeu qui te plaît le plus : le côté stratégie ou le côté analyse du comportement des joueurs adverses ?

J’essaie de commencer à analyser, de mettre en place des stratégies en fonction des showdowns, mais ce n’est pas toujours facile de savoir comment les gens réagissent. C’est un sacré processus de comprendre ses adversaires en profondeur.

Mais globalement, j’aime autant la stratégie que le côté psychologie du jeu. Puis il y a quand même une part de chance assez importante au poker. Moi, j’aime bien le côté incertain du poker, c’est assez excitant. Tu peux jouer très très bien et prendre un énorme bad beat, ou au contraire, avoir fait une erreur et t’en sortir quand même. C’est assez grisant !

  • À ton avis, est-ce que ton métier t’aide à mieux bluffer ou à mieux lire les autres joueurs ?

Pas du tout ! Quand on est acteur, on est plus dans l’émotion et pas dans la retenue comme les très bons joueurs de poker, genre impassible ! Il y a une grosse différence entre jouer un rôle devant une caméra et gérer ses émotions dans la « vraie vie ». Avec Julien, par exemple, j’ai essayé de faire un peu d’acting pour le désorienter, mais ça ne fonctionne pas à tous les coups, et puis parfois, quoi que tu fasses, s’il y a une meilleure main en face, tu seras payé dans tous les cas…

Mais en tout cas, personnellement, j’arrive mieux à me maîtriser devant une caméra quand je joue un rôle, alors qu’à une table de poker, quand tu bluffs, que tu engages des jetons avec rien du tout pour faire folder, c’est réel ! Ce n’est pas mon personnage qui prend un risque, mais bel et bien moi ! Donc c’est plus difficile de gérer émotionnellement, même en étant acteur.

  • As-tu des objectifs dans le poker, ou c’est juste pour le plaisir ?

Je veux juste m’amuser. Par exemple, si je peux arriver dans l’argent sur le MonsterStack de cet après-midi, pourquoi pas, mais je ne me mets pas de pression du tout, je veux surtout m’amuser. Hier, j’ai posté mes blindes à chaque tour sans avoir de mains pendant toute la journée, c’était horrible ! J’espère toucher des mains aujourd’hui et prendre du plaisir comme sur le Battle Royale.

Ça fait de grosses journées autour de la table, et au niveau énergie, ce n’est pas toujours facile à gérer. Je comprends pourquoi beaucoup de bons joueurs font de la méditation et se préparent physiquement…

Mais cette nuit, j’ai bien dormi, je suis en forme, donc on va tout donner pour aller chercher un résultat cet après-midi !

 

 

Crédit photo: Winamax / Caroline Darcourt 

 

 

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Interviews

Interview : Romain Lewis nous livre son approche et quelques conseils pour briller sur le WiPT

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Romain Lewis, joueur professionnel et membre du Team Pro Winamax, partage avec nous son expérience et ses conseils pour naviguer au mieux sur un tournoi du WiPT. Il revient sur les erreurs fréquentes des amateurs, l’importance de rester concentré, et les stratégies pour maximiser ses chances de succès dans ce tournoi mélangeant pros et amateurs.

  • Salut Romain, comment ça s’est passé pour toi hier ? Tu t’es qualifié ?

Salut, hélas non je n’ai pas passé le Day 1D, j’ai re-entry une fois mais ça n’est pas passé donc je vais retenter aujourd’hui !

  • Le WiPT est connu comme étant un tournoi mélangeant joueurs professionnels et amateurs. Est-ce que tu ressens une différence de niveau entre aujourd’hui et il y a 5 ans par exemple ?

Moi je pense qu’en moyenne, tout joueur qui joue depuis plus de dix ans te dira que le niveau global a augmenté petit à petit. Si je me souviens bien de l’époque où je jouais amateur, ça jouait clairement moins solide et il y avait beaucoup moins de connaissances qu’aujourd’hui, et comme le niveau augmente petit à petit, ça se voit aussi au WiPT.

Aussi, la difficulté, c’est que chaque joueur est différent. Dans le milieu amateur on va avoir beaucoup de nouveaux joueurs. Ça va être leur premier tournoi de poker, et sur un WiPT qui amène pas loin de 700 qualifiés de partout en France, cela représente quand même une part non négligeable sur les 3000 ou 3500 inscriptions à la Grand Finale, donc il est difficile de savoir quel amateur est plus éclairé que l’autre. Il faut juger à l’instant T,par rapport aux situations etc…

Globalement, Ces joueurs vont avoir plus d’appréhension, ressentir plus de peur, mais tout de même, comme le niveau a augmenté et que le contenu pédagogique est plus accessible, on sent clairement que ça n’est plus aussi facile qu’avant.

  • Quel conseil donnerais-tu à un amateur qui se serait qualifié pour le Day 2 ? Y a-t-il une différence d’approche à avoir entre un Day 1 et un Day 2 ?

Oui bien sûr ! Ce sont des conseils que je donnerais à tout joueur, mais une fois que la bulle est passée, il ne faut pas se relâcher lorsque l’on rentre dans l’argent. Le tournoi devient de plus en plus important, il y aura certainement plus de 200.000 € à gagner, donc il ne faut pas se relâcher dans son jeu.

Ça ne veut pas dire qu’il faut jouer plus ou moins agressivement, ça veut juste dire que cette pression que tu as en début de tournoi, il faut un peu se la maintenir pour pouvoir continuer à performer, et bien analyser les joueurs et leur façon de jouer. Plus le tournoi avance, et plus il faut réussir à rester bien dans sa tête, gérer sa respiration en dehors des coups, et surtout, rester dans le moment présent !

Il faut éviter de se projeter, ou au contraire, de ne pas trop repenser aux coups qu’on a mal joués. Par exemple, si notre stack commence à gonfler, il faut éviter de trop penser à une table finale et aux gros sous, mais rester dans le moment présent ! Ce serait vraiment mon plus gros conseil.

  • Tu as dû jouer pas mal de joueurs amateurs depuis ton arrivée ici. En tant que professionnel, comment tu t’adaptes à ce field que tu n’as sûrement pas l’habitude de jouer à l’année online, ou sur de gros events live ?

Moi je joue avec des joueurs amateurs depuis mes tous débuts. Je pense que je les connais mieux que beaucoup de joueurs ! En plus, il ne faut pas trop généraliser, c’est comme je disais tout à l’heure, tous les joueurs amateurs ne jouent pas tous pareil. Certains joueurs amateurs jouent très bien et sont brillants !

Dire qu’un amateur joue d’une manière, et le professionnel d’une autre, je pense que c’est faux. C’est juste que pour beaucoup d’amateurs, ils ne font pas que jouer au poker. Il ne faut pas confondre statut et niveau de jeu ! À la table, il faut analyser chaque joueur, les situations à la table avec les informations qu’on a sur le moment, et ne pas les étiqueter ou les catégoriser.

Au niveau de l’adaptation, je fais quand même partie d’une Team Pro depuis 10 ans, donc je vais pouvoir un peu plus jouer avec mon image. Si je monte un gros stack, je sais qu’en moyenne sur un tournoi comme au WiPT, on va beaucoup moins me croire in game, et je vais pouvoir me faire payer un peu plus souvent lorsque j’aurai de gros jeux.

  • Sur ce type de tournoi, quelles sont les erreurs que tu vois encore souvent chez les amateurs ?

Les erreurs que je peux voir encore assez souvent sur ce genre de tournois, paradoxalement, c’est de ne pas assez bluffer. Globalement je vais donner beaucoup de crédit à un joueur s’il met beaucoup de jetons au milieu. Je pense que les joueurs ne trouvent pas assez d’options agressives avec des mains moyennes, et donc ça va me permettre de gagner beaucoup de petits pots. Je ne vais pas me faire check-raise beaucoup, et je ne pense pas que ce soit parce qu’ils jouent contre moi qui suis Team Pro Winamax !

Quand on ne joue pas souvent, on a ce truc de ne pas vouloir regretter notre play et de rentrer chez soi en culpabilisant de notre move.

C’est surtout valable pour le live je pense. En live, on a fait le déplacement, il y a les frais annexes… On n’a pas envie de rentrer chez soi en se disant qu’on a fait un mauvais bluff qui nous a coûté notre tournoi.

Par contre, si tu t’es un peu laissé mourir jusqu’à 8/9 blindes et que t’as shove ton A9 depuis le bouton, au moins tu ne regrettes pas ! Sur internet, il est plus facile de craquer. On bust, on relance un autre tournoi… En live, dans le milieu amateur, on n’a pas envie de bust sur un bluff raté !

  • Enfin, tu as quoi comme objectifs pour 2026 au poker ? C’est quoi le planning en poker live ?

Le planning est assez conséquent ! Moi, mon gros objectif pour 2026, c’est clairement le leaderboard des WSOP. Depuis que je joue, c’est la première fois qu’il est récompensé ! Les 100 meilleurs joueurs des WSOP vont se partager un prizepool. Pour les trois premiers, il y a 100.000 $, et pour les derniers du leaderboard, il doit y avoir 2.500 $.

Avant c’était juste un classement pour la hype. En 2018, j’ai terminé 10e de ce classement, en 2021 j’ai fait 17e, et donc du coup en 2026, l’objectif serait donc de faire mieux, et ça commence à Prague la semaine prochaine !

Je vais donc essayer de cumuler entre Prague, Vegas et les Bahamas en fin d’année pour battre ma 10e place de 2018. Et qui sait… remporter un bracelet cet été !

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