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Portraits / Interviews

Interview Jonathan "natanoj" Salamon/Poker52 : Rencontre avec un joueur de poker hors norme

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Son blog et ses vidéos ont déjà fait le tour de tous les forums et continuent d’attirer chaque jour de nombreux visiteurs curieux de découvrir son World Poker Trip. Depuis quinze mois, Jonathan « natanoj » Salamon arpente les routes d’Amérique du Sud au guidon de sa moto à la recherche de toutes les tables de cash game possibles et inimaginables. Au final, le jeune homme nous conte une aventure poker totalement inédite et passionnante que l’on suit avec délectation.

Rencontre avec ce jeune architecte à la retraite reconverti en globe-trotter du poker.

Depuis combien de temps joues-tu au poker ?

Ca fait 9 ans déjà ! J’avais 17 ans à l’époque du boom du poker en France, et mon grand frère organisait souvent des petits tournois avec ses potes trentenaires à la maison. J’ai participé à l’un d’eux, (20€, plusieurs semaines d’argent de poche pour moi à l’époque !)  et par miracle j’ai gagné face à la vingtaine de vieux briscards qui étaient venus ce jour là. Je vous laisse imaginer l’impact qu’a eu cette victoire, et la petite liasse qui l’a accompagnée pour le jeune lycéen influençable que j’étais. J’ai chopé le virus, et j’ai continué à jouer sur le net, puis en live où je suis devenu reg de cash game dans mon casino du Sud de la France.

Pourquoi avoir décidé de tout plaquer pour partir faire ce poker trip ?

J’étais architecte depuis deux ans, et je dois avouer que je ne m’éclatais pas du tout au boulot. Je sentais bien que la vie professionnelle m’endormait, et que j’étais en train d’oublier toutes mes passions d’étudiant petit à petit : les voyages, la littérature, la photo entre autres. Un jour, mon patron m’a proposé un CDI. J’y ai beaucoup réfléchi, et je me suis rendu compte que si j’acceptais, il était quasiment sûr que je tirerai définitivement un trait sur mon rêve de toujours : le Tour du Monde. Je n’avais pas d’attache, j’étais encore au début de carrière, c’était le moment idéal. J’ai pris l’une des décisions les plus importantes de ma vie en refusant. Quelques semaines plus tard, j’achetais mon billet pour Rio de Janeiro.

Comment a réagi ton entourage ?

Mes parents ont été très inquiets au départ. Ils m’ont pris un peu pour un fou. Ils n’aimaient pas l’idée que je lâche la proie pour l’ombre mais je les ai rassurés en leur disant qu’il s’agissait juste d’une année de ma vie, et que je reviendrais facilement à ma carrière plus tard. Mon grand frère a tout de suite vu le potentiel du WPTrip et a été le premier à me soutenir à fond, m’a aidé à créer mon site, m’a donné pleins de conseils etc. Au bout de quelques semaines de voyages, quand mes parents ont constaté que j’étais heureux, ils ont accepté mon choix, et sont à fond derrière moi désormais.

Tu es désormais sur les routes depuis plusieurs mois, aucun regret ?

Un an ! Absolument aucun regret, bien au contraire. Tous les aspects de ma vie ont évolué dans un sens positif.

Niveau poker, j’ai réussi mon pari de financer mon voyage par le cash game. J’ai acquis énormément d’expérience en jouant dans tellement d’endroits et contre des joueurs tellement différents. J’ai vraiment l’impression de m’être énormément amélioré.

Niveau aventure, j’ai vécu à 100 à l’heure, principalement grâce à Parkinson, ma moto achetée au Paraguay, qui m’a permis de vivre des moments justes incroyables, comme la traversée de la frontière Argentine/Bolivie pendant une semaine à travers les déserts et les montagnes (https://www.youtube.com/watch?v=gkDl-TCNHIo ) , ou les ballades dans le Sud du Pérou (https://www.youtube.com/watch?v=Zo8XbmBpn34 )

Enfin niveau personnel, ça a été génial là aussi. J’ai fait énormément de rencontres, je suis tombé amoureux de temps en temps, j’ai pu pratiquer tous les jours mes passions, et cerise sur le gâteau, je vais pouvoir en vivre désormais : il y a deux mois, j’ai reçu un mail d’un éditeur, et je suis entrain d’écrire un bouquin !

Quelques anecdotes amusantes ? Tu as fait quelques parties contre certains joueurs peu fréquentables il semblerait…

Des tonnes, sérieusement ! Pour les trois plus marquantes niveau poker, ça a été :

– quand j’ai joué avec dans un cercle syrio-libanais à Tucuman en Argentine, que je me suis fait dépouiller, et que j’ai appris un mois plus tard qu’il appartenait à la mafia ( j’ai été probablement été victime de triche, mais je ne me suis rendu compte de rien)
www.worldpokertrip.net/broke/

– quand j’ai rasé une table clandestine du club de la haute société de Salta, en Argentine
www.worldpokertrip.net/motoboulotdodo/

– quand je me suis fait pigeonner dans une partie truquée des beaux quartiers à Cochabamba, en Bolivie
www.worldpokertrip.net/pigeonvoyageur/

Certains pro ont-ils souhaité te contacter ?

Oui, j’ai reçu des centaines (sisi !) de messages de joueurs de tous horizons, et effectivement de pas mal de pros également.

On parle souvent de la liberté qu’offre le poker, mais finalement, on observe que dans les faits, la plupart des joueurs pros sont complètement absorbés dans leur grind ou leur circuit live et ne sortent pas tellement de leur routine. Je crois que ce qui plait à ceux qui m’ont écrit, c’est justement le fait que j’utilise réellement le poker comme un outil de liberté. Je leur offre un peu de rêve et en échange, ils me donnent quelques conseils techniques. C’est ce qui s’est passé par exemple avec Cyril André (Don Limit, des Limpers) qui m’a coaché gratuitement par facebook pendant plusieurs semaines quand je grindais aux casinos de Lima. J’ai énormément appris grâce à lui, on s’est bien entendus et il est pas impossible qu’il passe me faire un petit bonjour un de ces jours sur la route.

Quel était l’objectif en partant ? Tout semble bien ficelé. Ton blog, tes vidéos, tes photos ainsi que  tes textes sont vraiment réussis…

Je suis parti pour faire une pause d’un an dans ma carrière professionnelle d’architecte, mais j’avoue que j’avais l’espoir secret que le WPTrip se développe et puisse m’offrir à moyen terme une ouverture, et pas seulement en tant que joueur de poker pro.

J’avais déjà beaucoup voyagé avant, et je savais qu’il m’arriverait des choses incroyables, et qu’en les mettant bien en valeur, je pourrais tenter un coup. C’est pour cette raison que dès le départ, avec mon frère, on a monté un beau site, et que j’ai mis tellement d’attention dans l’écriture et les photos. Visiblement, ça a bien marché, et je suis très fier du chemin parcouru.

Tu es parti avec le souhait de voyager en jouant au poker. As-tu réussi à remplir ta mission jusqu’à présent ou dois-tu piocher dans tes réserves ?

Oui, mission accomplie ! Mes 12 premiers mois m’ont couté 0 € ! J’ai financé entièrement cette année de voyage grâce au cash game, et il m’en reste encore pour entamer la saison 2. Beaucoup moins qu’au tout début, je le concède, à l’époque du Brésil/Paraguay où il me suffisait de m’asseoir à table pour gagner, mais j’ai encore assez pour tenir minimum quelques mois.

Lorsque le brokage viendra, je pense que je m’autoriserai un renflouement. Le World Poker Trip est devenu trop important pour l’abandonner maintenant…

Comment décrirais-tu le poker sud-américain ?

Etonnament pas si différent de ce qu’on trouve en Europe au niveau des joueurs. A une table, on retrouve à peu près les mêmes profils de sharks, fishs, nits, lag, maniacs etc..  Pas de style particulier comme on trouve chez les scandinaves par exemple.

Là où les différences se font, c’est probablement :

– Dans les lieux où l’on joue, qui sont rarement des casinos à part dans les très grandes villes. En France, je n’avais joué qu’en homegame de salon, ou dans des casinos. Ici, j’ai joué en haut d’un gratte-ciel à Rio, dans un sous-sol d’une banlieue glauque à Curitiba, un centre-commercial à Iguazu, l’arrière salle d’un restaurant à Salta, un centre Syrio-libanais à Tucuman ou Jujuy, un tripot clandestin à Santa Cruz ou Cusco.C’est moins officiel, mais c’est plus fun !

– Dans la sociologie des joueurs. Dans les pays les plus pauvres comme le Paraguay, ou la Bolivie, où le salaire minimum est de 100$, une cave de NL200 correspond à deux mois de salaire ! Une high stakes ! Du coup, dans ces pays, le poker est une activité pratiquée par les catégories sociales les plus aisées. A La Paz par exemple, j’ai joué dans une home game des beaux quartiers où j’ ai rencontré le conseiller du président Bolivien !

T’attendais-tu à un tel accueil de la part de la communauté du poker ?

On ne peut jamais savoir à l’avance, mais en toute honnêteté, je pressentais que ça plairait. J’avais déjà publié des récits de voyage ou de parties de poker qui avaient été bien reçus, et je savais que combiner les deux produirait quelque chose d’intéressant.

Le World Poker Trip devient vraiment très connu chez les joueurs de poker, et je crois que ce n’est que le début ! Je vois de plus en plus de gens me suivre en dehors du poker : des filles, des passionnés de voyage, des gens qui aiment bien mon écriture etc… Je crois que ce n’est qu’une question de mois avant que ça explose.

As-tu été approché par des rooms françaises ?

J’avais eu quelques échanges avec une room à l’époque où ils cherchaient un nouveau pro, mais ça n’a pas abouti. Depuis je n’ai fait aucune démarche, j’étais un trop pris par mon voyage, mais ça m’intéresse, évidemment.

Souhaites-tu reprendre ton métier d’architecte en rentrant ?

Impossible. Ma vie a changé désormais, et je serais absolument incapable de passer mes journées devant un ordinateur. Vraiment.

Si un jour je me mets à chercher un « vrai » boulot, je m’orienterai probablement vers le journalisme.

Je suis également entrain de rédiger un livre qui recompilera la saison 1 du World Poker Trip et qui paraitra je l’espère avant la fin de l’année. Le rêve absolu serait de pouvoir vivre de ma plume.

Quelles sont tes prochaines destinations ?

Je pars lundi vers l’Equateur ! J’en ai pour une ou deux semaines de route, et j’ai déjà des locaux qui vont m’accueillir pendant mes quatre prochaines étapes jusqu’à la frontière. Après l’Equateur, ça sera la Colombie, j’ai hâte ! La prochaine étape très importante du World Poker Trip, d’ici quelques mois, c’est le changement de continent ! Je passe en Amérique Centrale !! Le but est d’arriver un de ces jours à Las Vegas, mais quand ? aucune idée.

Une date de retour ?

Normalement, j’aurais du arrêter au bout d’un an, mais comme je le disais plus tôt, il me reste encore de l’argent, et surtout, je n’ai aucune envie de rentrer… Je resterai sur la route tant que ça ne me lasse pas, 1 an, 2 ans, 5 ans, peut être plus qui sait.

Dernière question. Comment se porte Parkinson ?

Elle sort ce matin même de chez le mécano qui l’a révisée avant le grand voyage ! Elle se porte bien, mais elle est un peu vieillissante (15500 km !), elle m’a fait quelques caprices récemment, et je crains que la pauvre ne tienne pas beaucoup plus loin que la Colombie. Mais je continuerai la route avec elle tant qu’elle ne me lâchera pas. Jusqu’aux Etats Unis, qui sait !

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Portraits / Interviews

Rencontre avec Julien Sitbon, Team Pro Winamax, au cœur du WiPT

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Au WiPT d’Aix-en-Provence, Julien Sitbon, pro du poker et leader du classement GPI France, livre ses conseils aux amateurs : comment rester solide, exploiter les erreurs des autres joueurs et aborder un Day 3 avec la bonne stratégie.

  • Salut Julien, comment se passe le festival pour toi ? Tu ne t’es pas qualifié pour le Main Event, mais j’ai vu que tu avais intégré le High Roller hier ?

Super ! Je suis arrivé mercredi matin, j’ai commencé par un paddle, et j’ai enchaîné avec le Battle Royale où j’ai terminé 5e, donc ça a été un bon début de festival. Ensuite, j’ai joué le Main Event le lendemain, mais je n’ai pas eu la chance de me qualifier. Hier, je me suis inscrit sur le High Roller, et aujourd’hui, à partir de 12h30, j’ai le Day 2 de ce même tournoi à jouer ! J’ai 1 million de jetons, sur un average à 450.000, donc c’est plutôt pas mal.

Hier, j’étais à la table d’Alexandre Reard et de Malcom, donc l’ambiance était conviviale, c’était cool !

  • Le WiPT est connu comme étant un tournoi mélangeant Pros et Amateurs. Est-ce que tu ressens une différence de niveau entre aujourd’hui et il y a 5 ans ?

Question intéressante ! Oui, il y a quand même une petite progression à ce niveau-là, surtout avec tous les contenus disponibles sur internet, les solvers  etc… Maintenant, même les amateurs commencent à regarder pas mal de vidéos et à progresser. Ils s’améliorent surtout dans leur agressivité, dans le fait de relancer plus préflop, d’avoir plus de mains en bluff. Personnellement, je trouve que le niveau n’a pas augmenté considérablement, mais il a augmenté quand même !

Il y a plus de réflexion, plus de compréhension du jeu, ça se sent aux tables. Il y a beaucoup de contenus gratuits aujourd’hui. Même nous, chez Winamax, on fait beaucoup de Masterclass, on fait des choses qui permettent d’avoir une base plus solide, surtout pour ce type d’événement.

  • Quel conseil donnerais-tu à un amateur qui se serait qualifié pour le Day 3 ? Y a-t-il une différence d’approche à avoir entre les Days 1 et 2, et le Day 3 ?

J’ai des différences d’approche, mais ce que je donnerais principalement comme conseil, ce serait de ne pas visualiser ça comme un Day 3 ! Il ne faut pas trop se mettre de pression, et surtout, jouer son jeu, et ne surtout pas essayer de changer sa façon de jouer. Bien évidemment, sur un Day 3 il y a déjà une notion d’ICM, dans le sens où on se rapproche des grosses sommes d’argent. Mais il ne faut surtout pas essayer des choses que l’on ne sait pas faire.

Quand on ne connaît pas les tenants et aboutissants d’un move, il vaut mieux ne pas le faire, et encore une fois, se cantonner à ce que l’on sait faire ! Il faut prendre son temps, prendre du plaisir et ne pas s’éparpiller. Restez solide !

En plus, si tu fais quelque chose et que tu dévies de ce que tu sais faire, et que tu bust, tu vas le regretter… alors si tu joues normalement et que tu perds, tu auras beaucoup moins de regret.

  • Tu as dû jouer pas mal de joueurs amateurs depuis ton arrivée En tant que pro, comment tu t’adaptes à ce field, qui n’est sûrement pas le même que ceux que tu as l’habitude de jouer ?

Sur les tournois que je joue, ce n’est pas le même type d’amateur. Ce sont des amateurs réguliers qui font toujours les tournois à 500 € et à 1000 €, et qui sont des gens qui ont un peu d’argent, qui ont un travail à côté… Donc ils sont ce que j’appelle des amateurs réguliers.

Pour revenir à ta question, les gens ont deux approches avec nous. Hier, j’ai discuté un peu avec Romain et il m’a dit qu’il avait passé sa journée à se faire bluffer, dans des spots improbables ! En gros, soit ils veulent nous bluffer à tout prix, soit ils ne veulent pas du tout nous jouer car ils ont en quelque sorte « peur » de nous affronter. Il faut donc s’adapter et bien cerner les profils que tu as en face de toi.

Il y a aussi un truc, c’est ce que j’appelle « les fils qui se touchent ». Desfois, tu as des joueurs de poker qui sont très très sérieux, et d’un seul coup, ils craquent complètement ! Soit parce qu’ils ne sont pas habitués à la pression, ou qu’ils se retrouvent dans un spot qu’ils ne comprennent pas, donc ils envoient tout un peu n’importe comment… Donc voilà comment on s’adapte, il faut savoir repérer ces choses-là, et savoir les exploiter.

Moi je joue beaucoup plus les joueurs que les cartes quand je joue un tournoi comme le Main du WiPT, car en observant, je vais récupérer vraiment beaucoup d’informations sur la façon de jouer des joueurs.

  • Sur ce type de tournoi (le Main), quelles sont les erreurs que tu vois encore souvent chez les amateurs ?

Alors, je trouve qu’il y a encore pas mal de grosses erreurs, mais globalement il y en a beaucoup moins. Par exemple, on voit de moins en moins de limp préflop ! Sur le festival, je n’en ai presque pas vu, ce qui est assez incroyable.

Mais c’est comme on disait tout à l’heure, on fait énormément de vidéos sur Winamax, qui font beaucoup, beaucoup de vues, et dans ces vidéos, le sujet du limp était beaucoup abordé, donc à force, c’est rentré dans la tête des gens ! Ce qui ne m’arrange pas, parce que moi j’aime bien (rires). Je vais dire à Winamax de bloquer l’accès aux vidéos !

Aussi, c’est parfois difficile de se rendre compte des erreurs récurrentes sans voir de showdowns, mais parfois, quand j’en vois, je me rends compte que la sélection des mains, ce n’est pas toujours ça non plus…

  • Tu es premier au classement GPI France, donc maintenant, quel est ton objectif pour 2026 au poker ? C’est quoi le programme en poker live pour les mois à venir ?

Déjà, l’objectif serait de rester 1er du classement GPI France ! C’est un classement qui est très fluctuant, dans le sens où il dépend des performances que l’on fait sur trois ans, et à chaque fois,

ça reprend les trois meilleures performances, et ce, tous les 6 mois. En gros, ça évolue, et si l’un de mes concurrents fait d’énormes performances, il risque de repasser très vite devant. Ça fait donc partie de mes objectifs de garder ma place !

Aussi, j’ai comme objectif de très bien me préparer pour les WSOP, qui sont une série de tournois que j’aime beaucoup. En plus, j’ai un gros programme pour cette année ! Je veux donc être au top pour aborder les WSOP. Je vais jouer aussi le leaderboard, car maintenant, il y a un intérêt financier. Ça permet aussi de lisser la variance sur l’ensemble des trois festivals, que sont Pragues, Vegas, et les Bahamas.

En attendant, on va déjà essayer d’aller performer sur le High Roller de cet après-midi !

 

 

Crédit photo : Winamax / Caroline Darcourt 

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Portraits / Interviews

Vincent Reynaert lance le média « Les Enjeux »

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Vincent Reynaert, ancien de PMU Poker et du Groupe Barrière, vient de lancer un média pas comme les autres : Les Enjeux, une plateforme qui analyse un monde du gaming en pleine mutation. Rencontre.

Pouvez-vous nous rappeler votre parcours dans le monde du gaming ?

J’ai découvert l’univers du jeu en 2010, à un moment clé : celui de l’ouverture du marché français. À l’époque, tout était à construire. C’est dans ce contexte que j’ai rejoint Everest Poker, pour développer les partenariats sur un marché qui s’inventait chaque jour. C’était une période excitante, un peu folle aussi, avec beaucoup d’expérimentations et une vraie effervescence autour du poker en ligne.

Un peu moins de 2 ans plus tard, j’ai rejoint le PMU. 8 années passionnantes pendant lesquelles j’ai eu la chance de travailler sur le développement du poker dans une entreprise dont ce n’est pas le coeur de métier. C’est à ce moment-là qu’est né le France Poker Open (FPO), un circuit que nous avons créé avec l’ambition de surfer sur l’ADN poker live, la marque de fabrique de PMU Poker.

En 2020, j’ai intégré le groupe Barrière pour piloter le développement de leur offre digitale. L’objectif : préparer le futur des casinos physiques dans un monde de plus en plus connecté. Et juste avant de lancer Les-Enjeux.com, j’ai occupé le poste de directeur marketing et communication chez Texapoker, une aventure courte mais intense, au cœur de la plus belle scène du poker live. Ces expériences m’ont donné une vision globale du secteur, à la fois côté opérateurs, événementiel et communication et surtout une conviction : celle que l’industrie du jeu a besoin d’être mieux racontée.

Quelle est la volonté derrière “Les Enjeux” ?

Le jeu est un secteur fascinant, en pleine mutation. On assiste à une recomposition de fond : des acteurs comme Winamax ou Betclic ont complètement bouleversé les codes, les casinos physiques amorcent une transition vers le digital, la filière hippique doit se réinventer pour séduire une nouvelle génération de joueurs, et la régulation évolue vers plus d’ouverture, notamment avec la possible arrivée des casinos en ligne, le jeu est de moins en moins un tabou.

Bref, c’est un moment charnière. Et pourtant, il n’existait pas de média francophone pour documenter ces transformations. Les informations circulent, mais souvent de façon éclatée, entre des communiqués institutionnels, des sites d’actualité très spécialisés ou des analyses en anglais.

Avec Les Enjeux, on veut justement combler ce vide. Notre ambition est de devenir un point de convergence : un lieu où les différents acteurs, opérateurs, fournisseurs, régulateurs, start-up, juristes, etc. peuvent se retrouver, échanger, comprendre les grandes tendances, et surtout prendre du recul sur leurs métiers.

C’est aussi un média qui parle à tous les passionnés de jeux, pas seulement aux professionnels. On veut raconter les succès, les innovations, les débats, mais aussi les enjeux humains, économiques et sociétaux derrière cette industrie souvent caricaturée.

Que va apporter une telle publication en ligne, et quelle équipe va y travailler ?

Aujourd’hui, dans le monde francophone, il n’y a pas de média de référence capable de couvrir l’ensemble de l’écosystème du jeu, comme le font des titres anglo-saxons tels que iGaming Business ou EGR.
Nous, on veut occuper cette place.

Notre couverture sera large : la France, bien sûr, mais aussi la Belgique, la Suisse, le Luxembourg, et une partie de l’Afrique francophone, notamment le Maroc, où l’activité casino et hippique est très dynamique. L’idée, c’est de créer un réseau francophone du jeu.

Mais au-delà de l’actu, Les Enjeux veut surtout changer la perception du secteur. Trop souvent, le jeu est résumé à ses excès ou à ses risques, alors qu’il s’agit d’un univers d’innovation, de savoir-faire et d’excellence française. Des milliers de personnes y travaillent, des start-ups y inventent la tech de demain, des groupes investissent dans la RSE, la data, la sécurité ou la formation.

Pour construire ce regard global, je m’entoure d’experts : des avocats fiscalistes, des consultants spécialisés, des technophiles, des pros du casino, du poker ou du pari hippique. Ce sont eux qui apporteront la rigueur, la crédibilité et la diversité de points de vue.

Et enfin, un point qui me tient à cœur : Les Enjeux veut aussi inspirer. En mettant en lumière les réussites, on espère attirer de nouveaux talents, de nouvelles idées et de nouvelles énergies vers le secteur.

Quelle est votre vision du jeu à 1, 5 ou 10 ans en France et en Europe ?

La France, c’est un marché paradoxal : très encadré, parfois rigide, mais incroyablement riche. On compte plus de 200 casinos, soit le maillage le plus dense d’Europe. On a deux opérateurs historiques, la FDJ et le PMU, qui ont su se réinventer pour devenir de véritables acteurs digitaux et européens. D’ailleurs, la FDJ vient de franchir un cap avec le rachat de Kindred Group, propriétaire d’Unibet : un signal fort de l’ambition française.

Dans les cinq prochaines années, on va assister à une recomposition majeure du paysage du jeu en ligne. L’ouverture du marché des casinos en ligne est, à mon sens, inévitable. La vraie question, ce sera : sur quel modèle ? Et avec quelles garanties de protection et de responsabilité ?
Plusieurs visions vont s’affronter : celle des opérateurs terrestres, celle des acteurs déjà en ligne, celle du régulateur, du politique et des moralisateurs… Ce sera un moment clé, comparable à ce qu’a été l’ouverture du marché des paris en 2010.

Sur le long terme, je crois que le secteur va continuer à se professionnaliser et à s’ouvrir. On va vers un écosystème plus mature, plus connecté à la tech, à la data et à l’expérience client. Et je pense aussi qu’on va assister à une forme de réconciliation entre le jeu et la société. Parce que le jeu, au fond, c’est aussi du divertissement, de la culture, et parfois même du patrimoine.

Et nous, chez Les Enjeux, notre rôle, c’est de raconter cette évolution, d’en décrypter les ressorts et d’en faire un sujet de société à part entière.

(crédit photo : Audran Sarzier)

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Portraits / Interviews

Rencontre : Fivebet, poker et vision d’avenir avec Thomas Gimie

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Alors que le poker live connaît un nouvel essor en France, certains acteurs se démarquent par leur énergie et leur volonté de dynamiser le milieu. C’est le cas de Fivebet, une jeune structure qui s’impose peu à peu comme un nom à suivre dans l’univers du poker live. À sa tête, Thomas Gimie et benjamin Camps, passionnés de la première heure, entendent proposer une expérience différente : plus humaine, plus structurée, et résolument tournée vers les joueurs.

  • Pouvez-vous présenter votre société et vos activités, ainsi que votre parcours dans le poker ?

Avec benjamin, mon associé et co-fondateur, on s’est rencontrés il y a plus de 15 ans, et on a eu une carrière qui nous a fait beaucoup travailler ensemble, même si on était dans des endroits différents. On travaillait dans les tournois, partout dans le monde, et un peu à tous les postes.

Benjamin a pris des postes à plein temps, et moi, j’ai toujours été très indépendant en étant sur des tournois dans un cadre plutôt événementiel ! J’ai finalement dirigé beaucoup de tournois avant de monter Fivebet avec Benjamin.

  • Comment interagissez-vous avec vos équipes, celle du casino et celles de Winamax ?

C’est une bonne question ! Mon rôle ici est d’être l’intermédiaire entre tout le monde. Légalement, l’organisateur, c’est le casino. Winamax est le sponsor propriétaire de la marque avec son cahier des charges et ses process, tandis que moi, je suis là pour que tout le monde puisse marcher main dans la main, et réaliser l’objectif qu’on a tous, c’est-à-dire régaler les joueurs et créer des événements qui fassent date !

Moi, j’amène tous les extras poker. Christophe (le responsable du casino) de son côté a aussi d’autres extras comme la sécurité, les barmans… Au niveau des employés de jeu, on a 250 personnes supplémentaires que je manage pour le compte de Christophe, en vue d’assurer l’événement de Winamax.

  • Quels autres grands évènements organisez-vous dans l’année ?

Ici, on a au moins deux rendez-vous importants par an, qui sont les Swiss Poker Series mais aussi les Kill Tilt Poker Series. Ce sont des festivals qui fonctionnent vraiment bien.

Aussi, il y a une stratégie d’événements qui se veulent très gros et très ambitieux, mais il y a aussi des ambitions plus humbles qui sont d’aller combler des territoires qui sont en manque de poker. C’est ce qu’on essaye aussi de faire avec d’autres marques dans d’autres endroits de France où il y a une demande, mais très peu d’offres.

  • Avec la prééminence de Texapoker dans le live, comment avez-vous trouvé votre place et qu’apportez-vous comme savoir-faire ?

Le but était de développer une nouvelle part de marché, plutôt que d’essayer d’en grignoter à TexaPoker, et je crois que c’est ce qu’on a fait ! Soit on est allé faire du poker d’une autre manière dans des établissements qui en proposaient déjà, soit on est allé en faire dans des casinos qui n’en faisaient tout simplement pas. Tu vois par exemple, on ne travaille pas sur des casinos qui travaillaient avec TexaPoker avant qu’on arrive, ce qui fait que la concurrence est bénéfique pour le marché puisqu’on fait grossir le gâteau ! C’est notre approche des choses…

Nous ne sommes pas sur la multiplication du volume, et nous n’avons pas non plus pour objectif de décliner des produits qui sont les mêmes partout. Comme on est une jeune entreprise, on essaye de valoriser notre flexibilité et de développer des produits sur mesure en fonction d’un site. Le but est de mettre un peu d’âme dans tout ça !

 

 

 

Crédit photo : Caroline Darcourt 

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