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Dans nos archives… Rencontre avec Patrik Antonius
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6 ans agoon
Samedi 2 mars 2019, 13 heures. Nous prenons la direction du Parc des Princes à Paris. Non pas pour y voir évoluer l’équipe star de la Ligue 1, en déplacement ce jour-là en Normandie pour y affronter Caen, mais pour assister à la présentation à la presse du nouveau logiciel de poker Unibet sur le marché français et rencontrer une légende du poker, Patrik Antonius.
par Martin Garagnon
Développé en collaboration avec le fournisseur Relax Gaming, ce logiciel sera inauguré le 2 avril. La nouvelle plateforme se veut « divertissante, claire et équitable ». La collaboration entre Unibet et Relax Gaming a déjà fait la preuve de son efficacité et ce logiciel, exclusif en France, a rencontré un vif succès dans les pays où il a déjà été lancé.
Au programme de ce raout, visite des vestiaires et de la pelouse du Parc des Princes, à quelques jours du capital (mais finalement désastreux) match retour de Ligue des champions, cocktail, testing du nouveau logiciel et tournoi privé avec les joueurs et ambassadeurs de la marque. Unibet a mis les petits plats dans les grands et, un mois avant le lancement de son nouveau logiciel, témoigne clairement de son envie de soigner cette nouvelle étape de son développement.
Pour l’occasion, Unibet a mobilisé de gros moyens et s’est offert la présence d’une légende du poker, le Finlandais Patrik Antonius. Les passages de Patrik en France sont rares, bien qu’il réside à Monaco. L’occasion était trop belle et nous avons donc pris rendez-vous avec le joueur pour une interview sans langue de bois.
Autour d’une table dans un salon privé du Parc, Patrik nous rejoint à l’heure prévue. Chemise blanche immaculée, léger bronzage et silhouette svelte : aucun doute, le joueur est toujours irréprochable sur son hygiène de vie. Passant commande en anglais d’une eau pétillante, Patrik engage l’échange sous forme de mea culpa. « J’ai un peu honte de ne pas parler français, alors que je vis à Monaco. Mais bon je parle un peu italien alors ça va pour Monte-Carlo », nous confesse-t-il dans un demi-sourire contrit. Interrogé sur sa pratique des langues, il enchaîne : « Je parle anglais et russe aussi. Mais le français, c’est vraiment difficile. »
Vos venues en France sont rares. Pouvez-vous nous en dire davantage sur les raisons de votre présence ici, à la présentation du nouveau logiciel de poker Unibet France ?
La société dont je suis le cofondateur démarre un partenariat avec Unibet. Nous partageons une vision commune du poker du futur et nous investissons également dans les nouvelles technologies afin d’offrir une meilleure expérience de jeu. Je suis aussi ici pour le tournage des spots de publicité car je serai l’ambassadeur de la marque. Tout cela est très excitant.
Le timing était bon et puis, travailler avec Unibet est une belle opportunité. Ils ont une très bonne image et une approche très professionnelle qui me plaît.
Cela veut-il dire que l’on a des chances de vous voir sur le circuit français en 2019 ?
Tout à fait. Cela fait un moment que je n’ai pas participé à un tournoi Unibet. Je jouais davantage les gros buy-in ces dernières années.
Si mon planning le permet, j’aimerais aussi beaucoup disputer de gros événements à Paris. C’est une destination que j’adore. Mais j’ai déjà beaucoup de voyages de prévus, comme début avril avec le Patrik Antonius Poker Challenge [ndlr : du 1er au 7 avril à l’Olympic Casino Tallinn en Estonie]. C’est un événement au cours duquel nous allons lancer notre application social media, FLOP, pour First Land Of Poker.
Et juste après, je serai à l’EPT Monte-Carlo, à la maison. D’ici-là, je vais participer à quelques événements cette année en France., comme à Lyon [ndlr : Patrik était présent au Casino Lyon Vert lors de l’Unibet Deepstack Open, du 12 au 17 mars]. Je ne connais pas et il paraît que la ville est réputée pour sa gastronomie.
En parlant de bonne chère, vous êtes connu pour le sérieux de votre hygiène de vie. Pouvez-vous nous en dire davantage à ce sujet, notamment à propos de votre préparation physique et mentale dans le poker ?
[Sourire] Je pourrais vous parler de ce sujet pendant des heures. J’ai beaucoup appris de ma pratique du sport, notamment lorsque j’essayais d’être professionnel dans le tennis.
J’ai toujours eu un corps très réactif, très exposé à mon état d’esprit, je ne sais pas vraiment comment l’expliquer…
La préparation physique est essentielle et je l’ai mise en pratique très tôt dans ma carrière de joueur de poker. Elle est primordiale aussi bien en live qu’online. Elle vous permet d’être plus affûté, d’être plus efficace dans la compilation inconsciente de données.
Quand je suis bien équilibré dans ma vie, que tout va bien dans mon corps et dans mon esprit, j’ai un bien meilleur instinct, mes capacités sont bien plus en éveil.
Je pense que tout le monde cherche la même chose au fond : se sentir bien. Peu importe ce qui vous fait vous sentir bien. Pour moi c’est le sport, pour d’autres ça peut être de lire un livre pour se vider la tête.
J’ai essayé beaucoup de voies. Récemment, je fais davantage de yoga par exemple. Au fond, la vie est une question d’équilibre.
Au poker, la préparation physique est essentielle. Quand vous jouez des longues journées sur un tournoi, vous devez être focus du début jusqu’à la fin. La moindre erreur peut avoir des conséquences désastreuses et elles arrivent souvent en fin de journée, quand vous êtes fatigué.
Vous est-il déjà arrivé de coacher des amis ?
J’ai pu donner quelques conseils oui, mais c’est difficile. Tout le monde est différent. Et c’est vraiment une question de ressenti et d’honnêteté avec soi-même.
Au poker, il s’agit de prendre la bonne décision et vous avez peu de temps pour cela. Si vous êtes heureux dans votre vie, vos décisions à table seront bien meilleures. J’ai vu tellement de joueurs en difficulté avec leur jeu, alors que le problème venait de l’extérieur de la table. Il faut faire preuve de beaucoup de discipline à une table, comme dans la vie. Parfois, vous devez vous débarrasser de ce qui vous amène trop de négatif, même si ça n’est pas facile.
Vos récentes grosses performances ont eu lieu à Macao. Pouvez-vous nous parler du poker là-bas ?
Le poker en Asie est vraiment très différent, et encore plus à Macao. Le jeu y est beaucoup plus agressif, surtout en cash-game haute limite. Vous devez adapter votre jeu en conséquence. Il y a des joueurs dingues là-bas, qui vous mettent une pression incroyable à table. D’autant plus qu’ils ont la bankroll pour !
Il y a quelques années, j’y passais facilement deux ou trois mois par an. Certaines années, je n’y allais pas du tout. Là, ça fait quelque temps que je n’y ai pas joué de gros cash-game. J’en ai seulement disputé un pour l’émission TV Triton [ndlr : notamment lors du « Triton Million Dollar Cash Game », avec Tom Dwan, Paul Phua ou le Français Rui Cao]. Mais je vais en disputer prochainement. C’est vraiment le format qui me convient le mieux. J’ai toujours joué aux plus hautes limites au fil de mon évolution dans le poker. Dans les hautes limites, votre perception de l’argent a un impact primordial sur votre jeu. Certains vont chercher à passer des bluffs, d’autres à faire de gros calls. Vous pouvez enregistrer énormément de données sur la façon de jouer. Les montants en jeu peuvent vous sortir de votre zone de confort et c’est là-dessus qu’il faut travailler.
Il m’est déjà arrivé de prendre la mauvaise décision parce que je prenais conscience de la somme qui était en jeu. C’est arrivé à tout le monde, je pense. Même pour les milliardaires. Dans des pots de plus d’un million de dollars, vous constatez qu’eux aussi ressentent le montant d’argent en jeu, ça devient presque physique.
Mais j’adore vraiment ce format de jeu. Il y a tellement de pression et de tension et en même temps beaucoup de divertissement. Derrière les caméras, les gens ne se doutent pas à quel point l’ambiance est détendue. Les gars s’amusent et rigolent, comme dans n’importe quel home game finalement ! Seuls les montants en jeu diffèrent… C’est très rare que les parties soient sérieuses, silencieuses et ennuyeuses.
Y a-t-il un endroit où vous aimez particulièrement jouer ?
Pas vraiment. C’est surtout avec qui je vais jouer qui m’intéresse. Vous pouvez me mettre une table de poker n’importe où et ça m’ira très bien.
Il y a quand même des destinations qui ont une signification particulière pour moi. Par exemple, je ne crois pas avoir déjà perdu à Melbourne. J’y suis allé au moins pendant sept années consécutives, pour y passer tout le mois de janvier, et j’en suis toujours revenu largement positif [ndlr : entre 2011 et 2014, Patrik disputera six tables finales à l’Aussie Millions Poker Championship]. Je n’y ai que de bons souvenirs, que ce soit en cash-game ou en tournois.
À quoi ressemble pour vous le poker de demain ? À quelles évolutions pouvons-nous nous attendre ?
En ce qui concerne le jeu en live, je pense que la réglementation va devenir plus stricte et plus uniforme, notamment pour ce qui est des tenues vestimentaires aux tables. Par exemple, j’imagine assez bien que les lunettes soient interdites, tout comme les écharpes ou les capuches. Vous masquer le visage en remontant votre t-shirt vous vaudrait une pénalité. En fait, tout ce qui vous permet de vous dissimuler de manière excessive et volontaire.
Dans les tournois High Roller, je pense que l’utilisation des clocks sera optimisée afin de rendre le jeu plus rapide. Pour le public, cela rendrait le jeu plus divertissant. Je milite pour ça dans l’industrie du poker.
Je ne peux pas rentrer dans les détails mais j’ai beaucoup d’idées pour rendre encore plus divertissant le poker à la télévision par exemple et avec toute mon équipe nous travaillons sur ces sujets.
Enfin, les nouvelles technologies ouvrent beaucoup de possibilités, notamment dans le poker live. Tout pourra être digitalisé, y compris les inscriptions. Terminé les queues interminables pour s’inscrire à un tournoi, ou à un cash-game.
Avant le poker, votre grande passion a été le tennis. Suivez-vous toujours l’actualité de ce sport ?
Je suis toujours passionné et je regarde autant de matchs que je peux. J’ai la chance de connaître Novak Djokovic, qui vit également à Monaco, et Roger Federer. Nos enfants jouaient toujours ensemble lors de l’Australian Open [ndlr : qui a lieu à Melbourne, en même temps que les Aussie Millions]. En fait, j’en connais beaucoup [rires].
J’aime bien la nouvelle génération. Tsitsipás et Medvedev ont le profil pour prendre la place de numéro 1, une fois que les patrons auront pris leur retraite ! On ne se rend pas encore compte de la chance que l’on a d’avoir connu cette incroyable génération et ces rivalités.
Je vais essayer de venir à Paris pour supporter Roger à Roland-Garros, ça risque d’être son dernier…
Pour l’anecdote, lors du tournoi privé organisé par Unibet à la suite de la conférence de presse, Patrik a été le premier joueur éliminé. Les yeux rivés sur son téléphone, il assistait en direct à la victoire de Roger Federer, qui remportait dans le même temps son 100e titre à Dubaï.
* L’entretien a été réalisé en anglais. Il a ensuite été relu dans sa traduction française dans son intégralité et validé par l’équipe de Patrik Antonius.
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INTERVIEW : Adrien Dumont, du grind online à la conquête du live
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5 heures agoon
16 mai 2026
Adrien Dumont, plus connu sous le pseudo DumTrip, s’est fait un nom sur les tables online et en tant que streamer. Habitué au grind quotidien et à un gros volume de jeu, il découvre progressivement l’univers du live, avec ses dynamiques différentes et ses exigences mentales. Entre adaptation aux profils, gestion de la variance et envie de progresser, il nous parle de cette transition et de ses objectifs pour la suite de sa carrière poker.
- Tu es surtout connu comme joueur online, qu’est-ce qui t’a donné envie de venir plus souvent jouer en live ?
Ça se passe super bien, le cadre est dingue donc c’est très cool ! Les alentours sont sympas avec le bord de mer donc c’est vraiment très agréable. Niveau tournois, c’est plutôt pas mal aussi.
J’étais resté sur une mauvaise expérience à Aix-en-Provence, je n’avais rien fait sur une semaine et j’y avais laissé 10.000 €, mais là, dès le premier tournoi, sur l’Opener Mystery, j’ai fait Day 2 pour une 30e place donc ça fait un petit deep run, c’est bien.
Par contre, hier j’ai repris mes vieux travers, j’ai rebuy pas mal de fois sur le Main, et j’ai joué aussi un tournoi à 150 € que je n’ai pas ITM. Je ne sais pas si je vais jouer le High Roller, car c’est un peu cher pour moi mais ça peut valoir le coup, donc ça dépendra si je me qualifie sur le Main ou non.
- Est-ce que tu adaptes beaucoup ton style quand tu passes du online au live ?
Pour l’historique, j’ai commencé ma carrière en grindant les limites petit à petit, et à l’époque, c’était compliqué de pouvoir venir sur ce genre de festival car ça n’est pas le même budget qu’online. Il y a les frais, les buy-ins… Il y a aussi le fait que je me suis expatrié au Costa Rica puis au Canada, donc ça fait partie des raisons pour lesquelles on ne me voyait pas sur la scène française.
Là, je suis rentré du Canada en avril dernier juste avant le WiPT, qui a d’ailleurs été mon premier festival en France, et comme je suis maintenant en partenariat avec Winamax, je fais tous les événements by Winamax et c’est vraiment super de découvrir ça ! C’est une petite communauté, c’est très agréable.
Une fois, j’ai fait un autre événement qui n’avait rien à voir avec Winamax, et il fallait surtout grind toute la journée… Moi, j’ai besoin qu’il y ait ce côté fun qu’on retrouve sur ces events. Puis j’ai très peu d’expérience en live donc je vais encore attendre avant de me lancer sur les WSOP ou sur les EPT. Ici, je me sens confiant, je fais mes armes, et je pense que c’est une bonne porte d’entrée pour jouer du live. En plus, ici, tous les tournois sont en 6-max, c’est vraiment top. Puis j’ai encore un peu de mal à accepter la variance, de jouer 6h pour bust avant l’ITM… Je dois progresser là-dessus.
- Comment gères-tu la variance et les swings en live ? On sait que la variance y est très présente, mentalement ça peut être dur… Comment tu gères ?
Je ne gère pas ! Je suis tilté ! Online, j’ai pourtant une bonne gestion par rapport à ça, je ne suis pas énervé quand je bust un tournoi, mais en live, c’est compliqué. Hier, j’ai lâché mes deux boulettes du Main en 2h. J’avais prévu de jouer longtemps et ça m’a frustré. Du coup, je ne suis pas très agréable quand je sors du tournoi (rire) ! Je pense que j’ai pas mal de progrès à faire là-dessus, et il faut que j’accepte que sur une semaine de festival, on va peut-être jouer 12 tournois, ce qui n’est même pas la moitié d’une session online quand je joue 70 tournois.
Il est donc normal que sur une semaine de tournoi, on puisse se faire éliminer de partout, et il faut que j’arrive à intégrer ça. C’est assez frustrant, car online je ne suis pas habitué à ça, car j’envoie beaucoup de volume !
J’ai commencé à me faire coacher sur l’aspect mental en juillet dernier. J’avais fait un UDSO à Lyon et j’ai rencontré un ancien joueur de rugby qui s’appelle Hugo Dupont. Il m’a dit qu’il s’intéressait beaucoup à la préparation mentale, et il m’a proposé d’en discuter. J’ai accepté de bosser avec lui et il m’a même coaché sur d’autres aspects.
Jusqu’ici, j’avais beaucoup bossé la technique parce que j’adore ça et que je considérais que c’était important d’avoir des bases solides, mais j’ai l’impression que depuis que j’axe un peu plus sur le mental, j’ai un énorme levier, et ça se passe beaucoup mieux. Je rééquilibre entre technique et mental et c’est top.
- As-tu des routines ou des habitudes que tu mets en place avant d’aborder un festival comme celui-ci ?
Pour Estoril je suis vraiment venu en vacances ! Je suis même venu sans les caméras. Je me suis dit que j’allais profiter du moment et que ça me permettrait d’être plus focus sur ce qu’il se passe à table. Je n’ai donc pas tellement fait de routine. Je m’applique à la table, j’essaye de bien suivre les actions et de ne pas faire de faute de jeu.
En dehors de ça, je fais quand même du sport tous les jours, mais je ne suis pas dans la sur-organisation d’une routine. Je ne vais pas te cacher que j’aime bien faire la bringue aussi donc je ne compte pas trop les pintes… Sur l’Open Mystery j’en avais quelques-unes dans le nez, ce n’est pas hyper pro mais on est aussi là pour profiter (rire) !
Online j’ai quand même quelques petites routines au final. Je m’assure que mon téléphone est éteint, que ma bouteille d’eau est remplie, que j’ai répondu à tous mes messages pour être sûr que pendant la session, je devrai m’occuper uniquement de mes mains de poker. En live, c’est vrai que je suis un peu plus en dilettante.
- Y a-t-il des profils de joueurs live qui te posent particulièrement problème ?
Globalement, le niveau live sur les tournois Winamax est très faible par rapport à ce que je joue online, donc ce ne sont pas les mêmes profils, et donc il y a des adaptations à faire et que je ne fais pas forcément. Il y a beaucoup de joueurs qui vont limper, qui vont jouer la force de leur main… Il faut savoir s’adapter à tout ça et à mes limites, ce sont des erreurs qu’on ne voit pas souvent. En semaine, online, je vais jouer des 50 € et des 100 €, mais le week-end c’est plus des 250 € et plus.
Donc en jouant ces limites, on côtoie les meilleurs joueurs du .fr, alors forcément je n’ai pas les réflexes que je peux avoir online. Mais c’est très intéressant, car ça me permet de me demander comment réagir face à des joueurs qui jouent des tournois à 1/2/5 €.
Donc pour répondre plus précisément à ta question, je ne suis pas tombé sur des joueurs qui m’ont vraiment posé problème. Beaucoup jouent à cœur ouvert, ils ne veulent pas être éliminés, et pour certains c’est le tournoi de l’année donc on peut assez vite se servir de ça pour prendre l’ascendant.
- Quels sont tes objectifs pour 2026 ? On te verra à Las Vegas pour les WSOP ?
Je n’irai pas à Vegas ! C’est vrai que dans la tête des gens, c’est une suite logique d’aller faire des Vegas et des EPT, mais ça n’est pas du tout mon approche du poker. J’ai l’impression d’être heureux là où je suis, et je n’ai pas tellement envie d’aller plus loin. J’aime faire mon grind tous les jours, streamer… C’est vraiment une routine où j’ai très peu de frustration, donc du plaisir.
Par contre, sportivement, j’ai des objectifs. J’aimerais me développer davantage dans la course et le trail. Ça soutient le poker car ça me permet d’avoir une meilleure hygiène de vie , et en ce qui concerne le poker, j’aimerais bien me refaire coacher comme il y a 1 an car je sens que techniquement mon niveau stagne étant donné que je travaille très très peu. En revanche, je trouve que le field online bosse beaucoup et devient vraiment meilleur ! Donc c’est important de ne pas se faire rattraper et de continuer à travailler régulièrement, ce que je ne fais pas trop. Je fais beaucoup de création de contenu et c’est un peu au détriment de la progression poker.
Je veux donc remettre en place du coaching technique, être plus intelligent dans les choix que je fais au niveau de la macro, et continuer à prendre du plaisir et jouer avec passion ! Je veux vraiment bien crush le .fr, être un très bon reg ABI 50, et maximiser les profits sans pour autant devenir ultra compétitif. C’est un peu ce que je cherche à faire et à devenir !
Interviews
Interview : Emilien Pitavy, prêt à briller sous les couleurs de Winamax !
Published
1 mois agoon
16 avril 2026
À peine cinq ans après ses débuts, Emilien Pitavy franchit un cap symbolique en intégrant le Team Pro Winamax. Entre ambitions internationales, immersion dans les circuits les plus prestigieux comme les Triton ou les WSOP, le jeune prodige français aborde une nouvelle étape de sa carrière. Il revient sur son ascension, son expérience auprès des meilleurs, et les défis qui l’attendent désormais au plus haut niveau.
- Vous avez récemment rejoint le Team pro Winamax, comment s’est passé votre recrutement et votre intégration ?
J’ai reçu un message de Stephane Matheu aux alentours de début janvier 2026 pour une prise de contact et, très vite, on a eu un premier entretien. Entre-temps, je suis parti à Chypre pour jouer un festival High Roller, et juste après, j’ai eu un message de Stephane où il me disait que mon profil matchait bien avec ce qu’ils attendaient chez Winamax ! L’annonce de mon intégration dans le Team a donc été faite juste avant mon départ pour Jeju début mars.
Durant l’EPT Paris, je suis allé dans les locaux Winamax pour faire les interviews d’entrée et rencontrer un peu tout le monde ! Une fois à Jeju, j’ai eu les premiers contacts avec des membres du Team comme Mustapha Kanit et Adrian Mateos, que je connaissais déjà, mais cette fois, on a pu échanger en tant que collègues, on va dire !
Maintenant, la grosse étape va être le séminaire du Team Pro à Aix-en-Provence, et là, je vais vraiment pouvoir rencontrer tout le monde ! Ce sera la première fois que je vais pouvoir discuter avec certains du Team.
- Quel avantage voyez-vous à être Team Pro ? On pourrait penser qu’un joueur comme vous, qui a déjà de si belles performances à son actif, n’a pas besoin d’un encadrement !
D’un point de vue personnel, je trouve que c’est quand même une belle marque de reconnaissance de la part de la communauté ! En quelque sorte, ça concrétise quelque chose d’important dans ma carrière, je le vois un peu comme une sorte de continuité. Maintenant, je me sens le devoir de faire briller la marque sur la scène internationale, et je vais essayer de faire au mieux !
Je le vois aussi surtout comme une récompense. Quand on est joueur de poker français, quand on commence notre carrière, on voit surtout le Team Winamax comme un symbole d’excellence et de prestige et, du coup, y avoir accès 5 ans après le début de ma carrière, c’est vraiment très agréable, je suis très fier !
- Vous êtes désormais le seul Français du Team à jouer les MTT live high stakes comme les Triton. Allez-vous donc proposer du contenu sur le sujet dans les semaines ou mois à venir sur Winamax ? (Vidéos, blog…)
Oui ! Il y a déjà quelque chose qui arrive et que je vais tourner demain. Durant une semaine, je suis à Paris pour les différentes interviews en ce qui concerne les médias poker, pour streamer dans les locaux de Winamax, et il est également prévu que je prépare du contenu de ce type.
Cette année, je vais jouer les quatre festivals Triton, plus les WSOP à Vegas quasiment en entier, donc il y aura largement de quoi faire en matière de contenu par la suite !
Aussi, quand je suis rentré chez Winamax, je me suis posé la question de savoir si j’allais participer à des épisodes de Dans La Tête D’un Pro, car c’est une émission que j’ai beaucoup suivie par le passé ! Si j’ai l’opportunité de le faire, ce sera aussi une grande fierté pour moi.
- Vous avez fait partie de l’environnement de Fedor Holz (dans la team Soon), qu’est-ce que vous gardez de cette expérience ? Avez-vous senti votre jeu exploser durant cette période ?
Clairement, ça a été un tremplin énorme sur différents aspects. Ça m’a permis d’avoir accès à des games beaucoup plus chères puisque j’ai eu l’opportunité d’être stacké sur ces tournois. Je n’aurais jamais pu commencer à jouer les Triton aussi tôt si je n’avais pas eu Fedor en appui ! J’ai commencé à jouer mes premiers Triton fin 2024, mais c’est aussi en grande partie parce que ça s’était très bien passé pour moi l’année précédente. Mais en effet, d’un point de vue pratique, le fait d’avoir eu un investisseur qui a pu me stacker sur les tournois les plus chers du monde, ça me permet de les jouer et c’est une chance incroyable !
Aussi, ce qui m’a le plus servi dans ma carrière de joueur de poker en termes de progression, c’est d’avoir été au contact de joueurs qui, comme moi, étaient très jeunes et super ambitieux, et qui ont depuis explosé aussi ! Le fait d’avoir travaillé à leurs côtés pendant deux ans, ça a juste décuplé la vitesse à laquelle je progressais, ça m’a énormément apporté.
Et le dernier point, c’est le côté mentorat dont j’ai bénéficié dans cette team. Fedor m’a beaucoup apporté, non seulement sur l’aspect financier comme je te disais, mais aussi sur le côté coaching mental puisque j’avais des sessions régulières avec lui où il pouvait me donner des conseils sur ma carrière, les choses à modifier pour continuer à progresser… Toutes ces choses m’ont aidé à être dans les meilleures conditions !
- Maintenant que vous êtes Team Pro, c’est quoi la suite pour vous côté objectifs, volume, et impact dans la communauté ?
Le premier objectif sera de faire briller la marque sur les tournois les plus prestigieux ! Je vais donc axer mon calendrier principalement sur les Triton et les WSOP. On va essayer d’aller chercher un titre, même si on sait que c’est beaucoup soumis à la variance, mais le but, c’est de faire un maximum de volume live pour maximiser mes chances de performer !
Il va aussi falloir que je développe mes réseaux sociaux et ma visibilité, car je pense que c’est important pour moi et la marque ! Ça n’est pas mon objectif numéro 1, mais c’est vrai que c’est quelque chose que j’ai très peu développé depuis le début de ma carrière, car j’estimais que j’allais faire parler de moi en travaillant fort de mon côté et en enchaînant les performances ! Mais maintenant que je représente une marque, il va falloir que je développe les réseaux, et ça n’est pas forcément quelque chose de naturel pour moi à l’heure actuelle.
- À quoi ressemble votre journée type ? (routine, méthode de travail du jeu, préparation)
J’ai surtout une routine de travail au quotidien en fonction d’où je me trouve, car lorsque je ne suis pas sur un festival live, mes journées sont assez déstructurées. En début de journée, je travaille généralement mon poker hors table, et j’oriente souvent ma fin de journée sur le grind online.
En tout cas, je n’ai jamais été un adepte des routines hyper structurées avec méditation, respiration, etc… Ça n’est pas des choses que je fais !
D’un autre côté, quand je joue en live, j’essaie surtout de bien dormir, bien manger et faire un peu de sport. Ce que j’aime bien faire, après mes tournois, c’est revoir directement les mains qui m’ont posé problème dans la journée pour pouvoir dormir l’esprit tranquille ! Par contre, le matin, lors des festivals live, j’aime essayer de déconnecter du poker et faire en sorte d’arriver dans un bon mindset dès le début de la reprise du tournoi du midi ou du lendemain.
Globalement, je n’applique pas une routine hyper disciplinée et millimétrée, et je ne compte pas trop changer ça. Par contre, j’ai commencé à travailler l’aspect mental avec Stephane Matheu, le coach du Team. Il me proposera certainement des ajustements pertinents à mettre en place en ce qui concerne ma routine de travail !
- Le poker a énormément évolué ces dernières années. Selon vous, qu’est-ce qui fait aujourd’hui la différence entre un très bon joueur et un top reg ?
Je dirais que ça n’est pas une seule chose qui va faire la différence, mais disons que le top reg va être une version améliorée d’un très bon joueur, et ce, sur l’ensemble des aspects qu’on peut trouver dans cette discipline qu’est le poker. Que ce soit la connaissance théorique, la capacité à bien s’adapter aux joueurs adverses, à reconnaître et bien interpréter les tells, mais aussi le fait d’avoir une routine qui permet d’arriver à 100 % dans les moments importants !
Ce dernier point est d’ailleurs très important à mes yeux, je pense que c’est ce qui fait clairement la différence entre un très bon joueur et un top ! Il faut réussir à performer au maximum de ses capacités dans les moments importants, et surtout en fin de tournoi.
Cependant, il n’y a pas de recette miracle, c’est juste l’expérience et tout le travail fait depuis x années qui permet d’arriver à être meilleur sur tous les aspects du jeu !
Crédit photo : Winamax / Caroline Darcourt
Interviews
Interview : Acteur et joueur, Nicolas Duvauchelle nous raconte ses sensations au WiPT
Published
2 mois agoon
28 mars 2026
À l’occasion du WiPT à Aix-en-Provence, nous avons rencontré Nicolas Duvauchelle, qui se confie pour la première fois sur sa passion pour le poker. Entre ses débuts en cash game avec des amis, ses premiers deep runs en live et ses impressions sur les tournois du festival, l’acteur partage sa vision du jeu, ses sensations à table et son envie de progresser tout en s’amusant.
- Est-ce que tu joues régulièrement des festivals de poker ? Que ce soit avec Winamax ou ailleurs ? Comment trouves-tu l’ambiance ici ?
Non pas en live, c’est l’une des premières fois, mais j’avais quand même fait le Sismix à Marrakech il y a quelques années. Je tournais un film, je ne pouvais pas faire le séjour entier, mais je préfère l’ambiance ici, c’est super ! En plus, j’ai fait de belles rencontres comme Julien Sitbon, qui est un excellent gars, très gentil, et surtout, c’est un grand joueur. C’est assez impressionnant de le voir jouer. Il est très souriant et, d’un coup, quand il joue une main, il change de tête et devient très sérieux !
- Tu as fait 10e sur 240 joueurs au Battle Royale vendredi, avais-tu déjà deep run comme ça en live ? Quelles ont été tes sensations ?
Pas en live, mais online oui ! À l’époque, c’était sur Full Tilt Poker. J’avais fait quelques résultats sur des tournois. Mais en ce qui concerne ma 10e place d’hier, niveau sensations, c’était assez fort. Ce qui est dur, c’est que les gens peuvent voir tes cartes dans le stream. C’est un peu déconcertant, mais sinon c’était super.
Malheureusement, un adversaire met tout avec 5 et 10 de cœur, je le call couvert avec KQ, et sur le flop : 5-9-9. Turn : 5… et terminé pour moi ! Mais bon, j’ai eu pas mal de grands moments de chance plus tôt dans le tournoi, donc il faut s’en souvenir aussi. Généralement, on se souvient que des mauvais coups, mais il faut relativiser, c’est le poker ! Hier, c’était mon anniversaire, mais j’étais noir de chez noir !
- J’ai vu que tu avais passé pas mal de temps à la table de Julien Sitbon sur le Battle Royale. Tu as joué quelques mains contre lui, dont une où tu lui as fait folder un meilleur jeu que le tien. Jouer contre des pros n’a pas l’air de t’impressionner ! Tu approches ça comment quand tu rencontres un pro à table ?
Oui ! Il a commencé à me faire parler au début. Il m’a demandé si j’avais As-10 pour la quinte, il m’a cuisiné un peu ! On a parlé, mais il a fini par coucher, et il avait double paire. Je lui ai montré mon jeu qui était, au final, moins bon que le sien, et il était dégoûté. Mais effectivement, j’ai fait coucher Julien, j’étais content !
Ça fait de bons souvenirs, puis finir 10e sur l’un de mes premiers tournois en live, je vais m’en souvenir longtemps, c’est super. J’aurais quand même bien aimé jouer la table finale, mais bon, c’est déjà une belle performance. Et puis, il y avait une super ambiance sur toutes les tables où je suis passé lors de ce tournoi, j’ai profité, et j’ai adoré.
- Et sur le Main Event ? T’es passé ?
Oui, j’ai joué le Main, mais je ne me suis pas qualifié. J’ai commencé à 12 h, mais vers 20 h 30, après le dîner, je me suis fait éliminer. À la reprise, j’avais 14.000 jetons, les blindes étaient à 1.500 / 3.000… compliqué pour moi ! J’étais UTG +1, j’ai touché J9 de cœur, j’ai dû y aller et, en face, il y avait KJ. Pas de miracle pour ma main, c’est le poker !
- Tu peux nous raconter un peu ta relation avec le poker ? Tu joues depuis longtemps ? Tu bosses un peu ton jeu ?
J’ai vraiment eu ma période entre 2005 et 2010. C’était tous les soirs avec quelques potes, on était 6 ou 7 à la maison et on jouait de 20 h à 5 h tous les soirs ! On apprend quand même pas mal à jouer autant. On jouait en cash game avec une petite recave. Pas des gros montants, mais c’était surtout pour apprendre.
Je joue beaucoup à l’instinct, pour le plaisir, mais avec l’expérience que j’ai prise ici, ça donne envie de prendre des cours et de se faire coacher ! J’ai envie d’améliorer mon niveau. J’aimerais vraiment prendre quelqu’un pour devenir plus compétent. En dehors de ça, il y a un événement au Portugal en mai prochain, à Estoril, ça devrait être très, très sympa, j’espère pouvoir y être !
- Quel est l’aspect du jeu qui te plaît le plus : le côté stratégie ou le côté analyse du comportement des joueurs adverses ?
J’essaie de commencer à analyser, de mettre en place des stratégies en fonction des showdowns, mais ce n’est pas toujours facile de savoir comment les gens réagissent. C’est un sacré processus de comprendre ses adversaires en profondeur.
Mais globalement, j’aime autant la stratégie que le côté psychologie du jeu. Puis il y a quand même une part de chance assez importante au poker. Moi, j’aime bien le côté incertain du poker, c’est assez excitant. Tu peux jouer très très bien et prendre un énorme bad beat, ou au contraire, avoir fait une erreur et t’en sortir quand même. C’est assez grisant !
- À ton avis, est-ce que ton métier t’aide à mieux bluffer ou à mieux lire les autres joueurs ?
Pas du tout ! Quand on est acteur, on est plus dans l’émotion et pas dans la retenue comme les très bons joueurs de poker, genre impassible ! Il y a une grosse différence entre jouer un rôle devant une caméra et gérer ses émotions dans la « vraie vie ». Avec Julien, par exemple, j’ai essayé de faire un peu d’acting pour le désorienter, mais ça ne fonctionne pas à tous les coups, et puis parfois, quoi que tu fasses, s’il y a une meilleure main en face, tu seras payé dans tous les cas…
Mais en tout cas, personnellement, j’arrive mieux à me maîtriser devant une caméra quand je joue un rôle, alors qu’à une table de poker, quand tu bluffs, que tu engages des jetons avec rien du tout pour faire folder, c’est réel ! Ce n’est pas mon personnage qui prend un risque, mais bel et bien moi ! Donc c’est plus difficile de gérer émotionnellement, même en étant acteur.
- As-tu des objectifs dans le poker, ou c’est juste pour le plaisir ?
Je veux juste m’amuser. Par exemple, si je peux arriver dans l’argent sur le MonsterStack de cet après-midi, pourquoi pas, mais je ne me mets pas de pression du tout, je veux surtout m’amuser. Hier, j’ai posté mes blindes à chaque tour sans avoir de mains pendant toute la journée, c’était horrible ! J’espère toucher des mains aujourd’hui et prendre du plaisir comme sur le Battle Royale.
Ça fait de grosses journées autour de la table, et au niveau énergie, ce n’est pas toujours facile à gérer. Je comprends pourquoi beaucoup de bons joueurs font de la méditation et se préparent physiquement…
Mais cette nuit, j’ai bien dormi, je suis en forme, donc on va tout donner pour aller chercher un résultat cet après-midi !
Crédit photo: Winamax / Caroline Darcourt
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