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Interviews

Fatima Moreira de Melo : du hockey sur gazon au poker pro

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C’est dans le cadre idyllique du casino de Monte-Carlo, en marge du PokerStars and Monte-Carlo®Casino European Poker Tour, que nous avons rencontré Fatima Moreira de Melo, ambassadrice de la marque au pique rouge depuis de nombreuses années. Une sportive émérite qui a su se reconvertir avec brio dans le poker…

par Martin Garagnon

Poker52 : Tu as connu une carrière de sportive de haut niveau avant de te lancer dans le poker, avec notamment une médaille d’or olympique aux JO de Pékin en 2008, avec l’équipe féminine de hockey sur gazon des Pays-Bas. Considères-tu le poker comme un sport ?

 Fatima Moreira de Melo : Je ne me pose pas vraiment la question dans ces termes. Je me suis longtemps sentie enfermée dans ces catégories : qu’est ce qu’est un sport et qu’est-ce qui ne l’est pas, qu’est-ce qu’est un jeu et qu’est ce qui ne l’est pas, qu’est-ce que l’amour et qu’est-ce qui ne l’est pas. Et finalement ces catégorisations me semblent peu pertinentes. Seul compte le plaisir, le plaisir que vous prenez à faire ce que vous faites.

Il y a évidemment dans le poker une dimension compétitive, identique à celle que vous trouvez dans le poker. La dimension physique est très différente. Lorsque vous êtes assis à une table de poker pendant douze heures, vous réalisez que la composante essentielle de cette activité est votre capacité à rester concentré, mais également à maintenir un haut niveau de détermination et à faire preuve de résilience.

Ce sont des qualités dont vous avez aussi besoin dans la vie en général. Lorsque j’ai démarré le poker, je n’ai pas voulu me poser trop de questions. Parfois, il suffit simplement de vous lancer. Avec amour et passion.

Poker52 : En quoi avoir été une athlète professionnelle t’a-t-il été utile en tant que joueuse de poker ?

Fatima Moreira de Melo : Je suis quelqu’un de très déterminé, avec de bonnes capacités de concentration et d’apprentissage, parce que je suis très curieuse et passionnée de nature.

Quel que soit le domaine dans lequel j’exerce, que ce soit les émissions de TV, le hockey, le tennis (j’adore ce sport également), le poker, le mannequinat ou autre, j’essaie tout simplement de rester fidèle à ce que je suis et de mettre à profit mes compétences acquises et développées par ailleurs.

Au final, bien se connaître est essentiel. Par exemple je sais que je peux parfois me montrer impatiente et je travaille là-dessus. Et puis vous devez vous poser des questions : savez-vous vous relever après une défaite ? êtes-vous du genre à abandonner un peu plus vite que les autres ? Car si c’est le cas, lorsque vous êtes assis à une table de poker pendant quatre ou cinq jours de suite, cela fera de vous un perdant.

En tant qu’athlète, j’ai déjà été confronté à toutes ces questions et je me connais bien, alors je sais parfaitement quelles réponses y apporter. Une fois que vous maîtrisez votre logiciel intime, vous pouvez beaucoup plus facilement vous confrontez à de nouveaux champs d’activité.

Poker52 : Comment décrirais-tu ton poker ?

Fatima Moreira de Melo : J’ai un jeu fait d’adaptations. Je démarre souvent calmement mais au fur et à mesure que les niveaux augmentent, mon jeu se diversifie davantage, en étant plus agressive dans certains spots. Mais je ne suis pas une joueuse loose agressive.

Je ne joue qu’en tournoi et en texas hold’em. J’ai beaucoup d’autres activités dans ma vie et comme je ne suis pas une professionnelle à temps plein, j’essaie de me concentrer uniquement sur les tournois et le texas hold’em. Je ne voulais pas après ma carrière sportive me retrouver à nouveau enfermée dans une seule activité. L’expérience m’a appris que mon épanouissement passe par la pratique de plusieurs activités. Cela me renforce et me permet d’être encore plus efficace dans les différents domaines où j’exerce.

Au poker, j’adore trouver des solutions à des situations différentes. J’ai une soif d’apprendre inextinguible et le poker a cet intérêt de toujours vous offrir de nouvelles configurations auxquelles vous confronter.

Poker52 : Parlons un peu des femmes dans le poker…

Fatima Moreira de Melo : Oh, on va rapidement faire le tour, il n’y en a pas tant que ça (rires). Davantage aux Etats-Unis je pense, question de culture. En Europe, le sport se résume au foot masculin. Les autres sports, on s’y intéresse peut-être un peu pendant les JO mais ça s’arrête là. Le sport féminin est inexistant. La France va accueillir la Coupe du Monde de foot féminin pourtant. Lyon possède un palmarès incroyable en foot féminin. Je connais quelques-unes des filles du club et ce palmarès est le résultat d’une volonté. Le président Jean-Michel Aulas est très « pro » femmes et donne des moyens plus importants qu’ailleurs. Evidemment, les femmes partent avec un désavantage comparatif en terme de physique. Mais pourquoi comparer ? Inutile d’aller contre la nature. La nature a donné davantage de force physique à l’homme qu’à la femme, c’est un fait. Et ça n’est pas un problème. Chaque genre a son potentiel, chaque personne également. Ce qui compte c’est surtout de savoir et de pouvoir exploiter ce potentiel à son maximum.

Je ne me compare pas aux autres. Je me compare aux anciennes versions de moi et j’essaie de voir comment je me suis développé. C’est là-dessus que nous devrions tous nous concentrer.

Poker52 : Transposons ce discours sur les différences entre les hommes et les femmes au poker. Que penses-tu des « Ladies Events » ?

Fatima Moreira de Melo : On a besoin des Ladies Events ! Certains se demandent pourquoi il existe des tournois réservés aux femmes alors qu’il n’y a pas de tournois uniquement masculins. Mais personnellement, ça ne me dérangerait pas du tout s’il y en avait.

Les femmes n’ont finalement qu’une pratique assez récente de ces compétitions, qu’il s’agisse de sport ou de loisirs. Jusqu’à il y a peu, les femmes étaient surtout cantonnées à des activités domestiques.

Pour favoriser le développement des compétences requises au poker, je trouve qu’il est sain de créer un environnement sécurisant pour les femmes, avant de se lancer dans le grand bain.

Personnellement, je me sens bien à une table d’hommes. Le plus souvent, ils n’ont aucune idée de ce que vous faites, de comment vous jouer et ont tendance à considérer que le jeu féminin va être surtout défensif et peu porté sur le bluff. Il est dès lors facile d’exploiter cette vision caricaturale à votre avantage (sourires).

Etre une femme à table m’a plutôt beaucoup servi. Tu sais, le seul véritable problème que j’ai à une table de poker, c’est ce patch (ndlr : Fatima me montre le patch au pique rouge de Pokerstars). Sans lui, je ne serais perçue que comme une femme blonde assise à une table de poker et je pourrais alors en tirer un profit maximum (rires). Mais ce patch leur rappelle que je suis une pro et dès lors les autres joueurs ne me voient plus comme une femme mais comme une pro !

J’ai rencontré ici (à Monaco) Jacquelyn Scott, championne du Ladies WSOP en 2015 (Event#53 1000$ pour un gain de 153 876$) et elle est venue avec son bracelet. On a discuté et puis elle m’a posé la question de savoir si elle devait porter son bracelet à table. Bien entendu, je lui ai répondu que non. C’est une dame d’un certain âge alors elle a tout intérêt à avancer masquée*.

Une autre anecdote. Il y a quelques jours, à table, un joueur me demande un Kleenex. Nous sommes neuf à table, je suis la seule femme et c’est à moi qu’il demande cela. Malheureusement pour lui, je ne suis pas du genre à me balader avec un paquet de mouchoirs mais tout ça pour dire que les préjugés sont partout, surtout aux tables de poker, même si le plus souvent ils sont exprimés de manière inconsciente et inoffensive.

Poker52 : Quelle serait ta plus belle consécration en tant que joueuse de poker ?

Fatima Moreira de Melo : Tout simplement développer au maximum mon potentiel. Je ne serais jamais aussi bonne au poker que j’ai pu l’être au hockey, car j’y ai consacré ma vie pendant tellement d’années et que désormais je ne conçois plus mon existence de la même façon, avec autant de sacrifices au quotidien. J’adore les jeux et le sport et pour moi, la véritable victoire est déjà de pouvoir vivre de ma passion. J’apprécie chaque seconde de ma vie et de ce qu’elle m’apporte.

Poker52 : Quelle est la suite de ton programme après Monaco ?

Fatima Moreira de Melo : Je vais avoir beaucoup d’activités TV pour la Coupe du Monde de football féminin. Et je ne sais pas encore si je vais aller à Vegas cette année. J’y vais tous les ans mais j’ai vraiment très envie d’aller à Wimbledon une fois dans ma vie. Mon ami est coach de tennis (ndlr : Raemon Sluiter entraîne la joueuse néerlandaise Kiki Bertens, qui a remporté le tournoi de Madrid quelques jours après cette entrevue).

Fatima a terminé à la 44ème place (pour 922 entrées) du Main Event (5300€ Event#15 EPT Monte Carlo 2019) pour un gain de 14 800€.

* Jacquelyn Scott a terminé 6ème du French National Championship (1100€ Event#4 EPT Monte Carlo 2019) pour un gain de 42 800€, soit son deuxième plus gros gain en carrière live. Et sans avoir porté son bracelet à table !

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Sonny Franco se confie à Poker52 avant la finale du WPT Showdown !

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Le monde du poker live frétille en vue de la reprise qui s’annonce, avec les WSOP en ligne de mire à la fin de l’année. L’événement organisé par le WPT au Seminole Hard Rock représente plus qu’un galop d’essai : avec 2482 participants pour le Showdown à 3500 euros, c’est tout simplement le plus gros WPT de l’histoire. La preuve s’il en est que les joueurs sont prêts à retourner aux tables, même s’il faut porter des masques. Alors que le dénouement du tournoi se profile, le 18 mai à Vegas, avec encore six joueurs en lisse, c’est une figure bien connue des tables françaises qui aborde cette table finale en position de chipleader : Sonny Franco, qui s’était illustré pas plus tard qu’en 2020 avec la victoire du WPTDeepStacks à Paris pour 221000 dollars. Poker52 a pu échanger quelques mots avec lui en attendant ce showdown.

par Michael Verger-Laurent

Sonny, où te trouves-tu actuellement ? Tu es resté aux USA en attendant la finale ?

Je suis à Las Vegas. J’étais à Miami pour le tournoi, dès que ça s’est terminé, j’avais mon vol pour Las Vegas et je vais y rester jusqu’à la finale, le 18 mai. Le programme n’est pas au top en attendant, donc je vais faire trois ou quatre petits tournois, et profiter, avec ma femme et mon fils.

Tu es plutôt un joueur de live, comment as-tu géré cette période covid ?

Au tout début, j’avais commencé sur internet, mais c’est vrai que dès que j’ai monté une bankroll, j’ai joué surtout en live. J’ai rejoué un peu online parce qu’on était obligés, puisqu’il n’y avait quasiment rien. J’ai arrêté complètement pendant neuf mois, je touchais plus à l’ordi, et puis j’ai rejoué il y a un mois, pour les gros tournois GG.

Tu n’aimes pas le jeu en ligne ?

Ce n’est pas que je n’aime pas, c’est surtout que c’est beaucoup plus facile en live. Le online reste bien pour garder le niveau, pour progresser, j’ai des amis qui jouent online, je discute bien avec eux, pour garder la technique, il faut toujours s’y intéresser. Après, c’est simple : tu fais un tournoi à 1000 euros en live, on va être 1000 et je vais être dans les dix meilleurs, alors qu’online, je risque d’être dans les 50 % les plus mauvais. Un tournoi 1000 en live représente le niveau d’un 50 euros online.

Est-ce que le tournoi du Seminole était ton premier gros depuis longtemps ?

Mon dernier grand tournoi, c’était le WPT Paris que j’avais gagné, et après les cercles ont rouvert pendant deux ou trois semaines cet été, j’étais allé un peu au Circus, j’avais fait un petit tournoi à la Grande-Motte. C’est le premier grand tournoi que je fais depuis longtemps.

Ça n’a pas été trop compliqué de partir pour les États-Unis, avec les restrictions ? Comment ça s’est passé sur place ?

Ce n’était pas possible directement de venir de France, il fallait passer quinze jours en dehors du pays, mais comme j’habite au Maroc, ça allait, j’ai pu faire Casablanca-New York, puis New York-Miami, j’avais juste un test PCR à faire. Au niveau du jeu, il y a des plexiglas et des masques, mais c’est très bien, les équipements sont super.

Est-ce que c’est plus compliqué de lire les autres joueurs dans ces conditions ?

Tu vas avoir moins de tells physiques, c’est sûr, par contre, il reste les timing tells, la manière dont quelqu’un va miser ou dont il touche ses jetons. Au final, cela ne change pas grand-chose. C’est vrai qu’on ne voit pas s’il tire la langue ou s’il a la gorge qui tremble.

Est-ce que le fait de jouer le plus gros WPT de l’histoire revêt une importance particulière à tes yeux ?

C’est super, au retour de covid, les gens disaient : les plexiglas, c’est pourri, on n’ira pas jouer, alors qu’en fait c’est un énorme événement avec des masques et du plexiglas. Il y avait beaucoup de monde, tous les jours il y avait une heure de queue pour rentrer dans les tournois, et c’était capé parce qu’ils n’avaient pas assez de personnel. Je pense que s’ils font le WSOP à Vegas, et qu’ils ont le personnel, ça va être le plus gros tournoi de tous les temps.

Si tu venais à gagner, est-ce que cela changerait le type d’événements auxquels tu participes ? Ta gestion de bankroll ? Est-ce que tu as dans l’idée de passer à des Super High Rollers ?

Non, en gros, ça serait bien pour ma bankroll, mais ça ne changerait pas les tournois que je vais jouer. Je joue tous les tournois jusqu’à 5000, les 10000 où il y a du monde, et même si je gagne, j’aime bien jouer là où je sais que j’ai un avantage. Du coup, je n’ai pas envie d’aller faire un 50000 avec que des pros. Après, si une fois, je sais qu’un tournoi est beau, je vais faire un satellite. Là il y avait le 50000 que mon ami Arthur Conan a gagné, on a vu qu’il y avait beaucoup d’amateurs à Miami, donc on a fait un satellite pour y entrer. Mais les tournois entre pros, ça ne m’intéresse pas. Je ne joue pas pour me dire que je suis le meilleur du monde. Je joue pour gagner de l’argent. Après bien sûr, si je gagne le plus gros WPT du monde, c’est historique, je serais le plus heureux du monde, c’est presque comme un bracelet.

Concernant la TF en elle-même, connais-tu bien les joueurs auxquels tu es opposé ? J’imagine qu’il y a déjà un historique si tu as joué pas mal de mains avec certains d’entre eux sur le tournoi ?

Je n’avais jamais joué personne avant ce tournoi. Après, il a duré pas mal de temps et en jouant j’ai pu étudié tout le monde. Je connais à peu près leur niveau, ce qu’ils sont capables de faire, je pense avoir bien cerné tout le monde.

Penses-tu qu’il y a des joueurs dangereux dans le lot ?

Brekstyn Schutten, qui est quasiment à égalité au chiplead avec moi, et Steven Snyder (3ème stack), sont bons, on a bien joué. Ils ont été assez aggros, on s’est bien battus. J’ai deep-run le tournoi avec mon pote Arthur Conan, on partageait une villa en AirBnB ensemble, pendant toutes les pauses on était ensemble, tous les soirs on rentrait à la maison, on était encore dedans, parce que le tournoi a duré quatre jours ; le dernier jour, on est revenu à 21 left, moi j’étais quinzième et lui douzième, et comme on commence à avoir l’habitude des fins de tournois, donc on a opté pour une stratégie simple : dans ce genre de tournois, c’est tout le temps les plus aggros qui vont gagner, parce qu’ils jouent avec la peur des autres qui veulent faire la TF à tout prix et se laissent mourir. Ceux-là en général, ou ils ne font jamais la TF ou ils y arrivent avec 10 blinds. Donc on s’est dit qu’on allait jouer, qu’on allait mettre la pression, quitte à prendre des risques, pour arriver au bout avec un bon stack. Et c’est ce qu’on a fait, et Schutten et Snyder étaient bien chauds eux aussi, on s’est retrouvés dans des coups 4bet et 5bet avec eux, c’était intéressant. Les trois autres, ils se sont plutôt laissé faire par contre, et je pense qu’en finale, vu que les paliers sont gros, ils vont continuer à jouer assez tight.

Donc tu te bats principalement contre deux joueurs ?

C’est ça, on est trois à jouer, les trois autres ne vont pas trop bouger.

Est-ce que le tirage des places t’avantage ?

Non, on a fait un redraw à 8 left et maintenant qu’on est 6 c’est le même, et je n’ai pas de chance, j’ai Schutten à ma gauche. J’ai trouvé qu’il était bon, il comprend bien, même si je crois qu’il n’est pas professionnel, mais il est aussi bon qu’un pro. Il me respecte beaucoup. J’ai discuté avec lui pendant les coups qu’on ne jouait pas, je lui disais : « allez, viens, on joue un gros pot ensemble, on s’en fout », alors que je n’aurais jamais fait ça, c’était pour lui faire croire que j’étais un fou furieux, que j’allais partir à tapis et qu’il ne fallait pas m’embêter, et du coup, j’ai eu de la chance, la finale s’est très bien déroulée : j’ai open 60 % des mains, et il ne m’a jamais 3bet, et du coup à chaque fois que je volais les blinds, mon stock augmentait de 5 à 10 %, c’était dingue. Je vais essayer de continuer comme ça quand je vais arriver, voir comment ça se passe. Si je vois qu’ils continuent à se laisser faire, j’attaquerai, s’il y a un peu plus de résistance, je m’adapterai. Après bien sûr, l’objectif est de faire top 3, sinon je serai déçu, avec le stack que j’ai.

Est-ce que tu restes à Vegas après le tournoi ?

J’ai prévu de rentrer en France fin mai pour y passer un mois de vacances avec ma femme et mon fils.

Et tu reviens faire les WSOP en fin d’année ? Tu feras beaucoup d’events ?

C’est ça. Je fais presque tout, si je viens à Vegas, pendant deux semaines je joue quasiment tous les jours.

Est-ce que tu t’entraînes en attendant ? Tu travailles ton jeu ?

Non, les joueurs qui me connaissent savent que je n’ai jamais vraiment bossé ma technique, même si je pense que je suis ok, parce qu’au final, sans travailler avec les outils, j’ai mes amis, ils font partie du top français, et on discute beaucoup ensemble. Parler avec eux pendant 3 heures tous les soirs, c’est sans doute plus utile que de travailler tout seul de son côté. Quand tu es avec les meilleurs, ça aide vraiment.

Ce n’est pas gênant de tout connaître les uns des autres quand vous vous retrouvez à la même table ?

Pas vraiment. Déjà, ça arrive rarement, et puis on joue normalement, on sait ce que c’est.

Souhaitons bonne chance à Sonny pour la table finale, avec 1261095 dollars à la clé pour le gagnant !

 

 

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Interviews

Dans nos archives… Rencontre avec Patrik Antonius

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Samedi 2 mars 2019, 13 heures. Nous prenons la direction du Parc des Princes à Paris. Non pas pour y voir évoluer l’équipe star de la Ligue 1, en déplacement ce jour-là en Normandie pour y affronter Caen, mais pour assister à la présentation à la presse du nouveau logiciel de poker Unibet sur le marché français et rencontrer une légende du poker, Patrik Antonius.

par Martin Garagnon

Développé en collaboration avec le fournisseur Relax Gaming, ce logiciel sera inauguré le 2 avril. La nouvelle plateforme se veut « divertissante, claire et équitable ». La collaboration entre Unibet et Relax Gaming a déjà fait la preuve de son efficacité et ce logiciel, exclusif en France, a rencontré un vif succès dans les pays où il a déjà été lancé.
Au programme de ce raout, visite des vestiaires et de la pelouse du Parc des Princes, à quelques jours du capital (mais finalement désastreux) match retour de Ligue des champions, cocktail, testing du nouveau logiciel et tournoi privé avec les joueurs et ambassadeurs de la marque. Unibet a mis les petits plats dans les grands et, un mois avant le lancement de son nouveau logiciel, témoigne clairement de son envie de soigner cette nouvelle étape de son développement.
Pour l’occasion, Unibet a mobilisé de gros moyens et s’est offert la présence d’une légende du poker, le Finlandais Patrik Antonius. Les passages de Patrik en France sont rares, bien qu’il réside à Monaco. L’occasion était trop belle et nous avons donc pris rendez-vous avec le joueur pour une interview sans langue de bois.
Autour d’une table dans un salon privé du Parc, Patrik nous rejoint à l’heure prévue. Chemise blanche immaculée, léger bronzage et silhouette svelte : aucun doute, le joueur est toujours irréprochable sur son hygiène de vie. Passant commande en anglais d’une eau pétillante, Patrik engage l’échange sous forme de mea culpa. « J’ai un peu honte de ne pas parler français, alors que je vis à Monaco. Mais bon je parle un peu italien alors ça va pour Monte-Carlo », nous confesse-t-il dans un demi-sourire contrit. Interrogé sur sa pratique des langues, il enchaîne : « Je parle anglais et russe aussi. Mais le français, c’est vraiment difficile. »

Vos venues en France sont rares. Pouvez-vous nous en dire davantage sur les raisons de votre présence ici, à la présentation du nouveau logiciel de poker Unibet France ?
La société dont je suis le cofondateur démarre un partenariat avec Unibet. Nous partageons une vision commune du poker du futur et nous investissons également dans les nouvelles technologies afin d’offrir une meilleure expérience de jeu. Je suis aussi ici pour le tournage des spots de publicité car je serai l’ambassadeur de la marque. Tout cela est très excitant.
Le timing était bon et puis, travailler avec Unibet est une belle opportunité. Ils ont une très bonne image et une approche très professionnelle qui me plaît.

Cela veut-il dire que l’on a des chances de vous voir sur le circuit français en 2019 ?
Tout à fait. Cela fait un moment que je n’ai pas participé à un tournoi Unibet. Je jouais davantage les gros buy-in ces dernières années.
Si mon planning le permet, j’aimerais aussi beaucoup disputer de gros événements à Paris. C’est une destination que j’adore. Mais j’ai déjà beaucoup de voyages de prévus, comme début avril avec le Patrik Antonius Poker Challenge [ndlr : du 1er au 7 avril à l’Olympic Casino Tallinn en Estonie]. C’est un événement au cours duquel nous allons lancer notre application social media, FLOP, pour First Land Of Poker.
Et juste après, je serai à l’EPT Monte-Carlo, à la maison. D’ici-là, je vais participer à quelques événements cette année en France., comme à Lyon [ndlr : Patrik était présent au Casino Lyon Vert lors de l’Unibet Deepstack Open, du 12 au 17 mars]. Je ne connais pas et il paraît que la ville est réputée pour sa gastronomie.

En parlant de bonne chère, vous êtes connu pour le sérieux de votre hygiène de vie. Pouvez-vous nous en dire davantage à ce sujet, notamment à propos de votre préparation physique et mentale dans le poker ?
[Sourire] Je pourrais vous parler de ce sujet pendant des heures. J’ai beaucoup appris de ma pratique du sport, notamment lorsque j’essayais d’être professionnel dans le tennis.
J’ai toujours eu un corps très réactif, très exposé à mon état d’esprit, je ne sais pas vraiment comment l’expliquer…
La préparation physique est essentielle et je l’ai mise en pratique très tôt dans ma carrière de joueur de poker. Elle est primordiale aussi bien en live qu’online. Elle vous permet d’être plus affûté, d’être plus efficace dans la compilation inconsciente de données.
Quand je suis bien équilibré dans ma vie, que tout va bien dans mon corps et dans mon esprit, j’ai un bien meilleur instinct, mes capacités sont bien plus en éveil.
Je pense que tout le monde cherche la même chose au fond : se sentir bien. Peu importe ce qui vous fait vous sentir bien. Pour moi c’est le sport, pour d’autres ça peut être de lire un livre pour se vider la tête.
J’ai essayé beaucoup de voies. Récemment, je fais davantage de yoga par exemple. Au fond, la vie est une question d’équilibre.
Au poker, la préparation physique est essentielle. Quand vous jouez des longues journées sur un tournoi, vous devez être focus du début jusqu’à la fin. La moindre erreur peut avoir des conséquences désastreuses et elles arrivent souvent en fin de journée, quand vous êtes fatigué.

Vous est-il déjà arrivé de coacher des amis ?
J’ai pu donner quelques conseils oui, mais c’est difficile. Tout le monde est différent. Et c’est vraiment une question de ressenti et d’honnêteté avec soi-même.
Au poker, il s’agit de prendre la bonne décision et vous avez peu de temps pour cela. Si vous êtes heureux dans votre vie, vos décisions à table seront bien meilleures. J’ai vu tellement de joueurs en difficulté avec leur jeu, alors que le problème venait de l’extérieur de la table. Il faut faire preuve de beaucoup de discipline à une table, comme dans la vie. Parfois, vous devez vous débarrasser de ce qui vous amène trop de négatif, même si ça n’est pas facile.

Vos récentes grosses performances ont eu lieu à Macao. Pouvez-vous nous parler du poker là-bas ?
Le poker en Asie est vraiment très différent, et encore plus à Macao. Le jeu y est beaucoup plus agressif, surtout en cash-game haute limite. Vous devez adapter votre jeu en conséquence. Il y a des joueurs dingues là-bas, qui vous mettent une pression incroyable à table. D’autant plus qu’ils ont la bankroll pour !
Il y a quelques années, j’y passais facilement deux ou trois mois par an. Certaines années, je n’y allais pas du tout. Là, ça fait quelque temps que je n’y ai pas joué de gros cash-game. J’en ai seulement disputé un pour l’émission TV Triton [ndlr : notamment lors du « Triton Million Dollar Cash Game », avec Tom Dwan, Paul Phua ou le Français Rui Cao]. Mais je vais en disputer prochainement. C’est vraiment le format qui me convient le mieux. J’ai toujours joué aux plus hautes limites au fil de mon évolution dans le poker. Dans les hautes limites, votre perception de l’argent a un impact primordial sur votre jeu. Certains vont chercher à passer des bluffs, d’autres à faire de gros calls. Vous pouvez enregistrer énormément de données sur la façon de jouer. Les montants en jeu peuvent vous sortir de votre zone de confort et c’est là-dessus qu’il faut travailler.
Il m’est déjà arrivé de prendre la mauvaise décision parce que je prenais conscience de la somme qui était en jeu. C’est arrivé à tout le monde, je pense. Même pour les milliardaires. Dans des pots de plus d’un million de dollars, vous constatez qu’eux aussi ressentent le montant d’argent en jeu, ça devient presque physique.
Mais j’adore vraiment ce format de jeu. Il y a tellement de pression et de tension et en même temps beaucoup de divertissement. Derrière les caméras, les gens ne se doutent pas à quel point l’ambiance est détendue. Les gars s’amusent et rigolent, comme dans n’importe quel home game finalement ! Seuls les montants en jeu diffèrent… C’est très rare que les parties soient sérieuses, silencieuses et ennuyeuses.

Y a-t-il un endroit où vous aimez particulièrement jouer ?
Pas vraiment. C’est surtout avec qui je vais jouer qui m’intéresse. Vous pouvez me mettre une table de poker n’importe où et ça m’ira très bien.
Il y a quand même des destinations qui ont une signification particulière pour moi. Par exemple, je ne crois pas avoir déjà perdu à Melbourne. J’y suis allé au moins pendant sept années consécutives, pour y passer tout le mois de janvier, et j’en suis toujours revenu largement positif [ndlr : entre 2011 et 2014, Patrik disputera six tables finales à l’Aussie Millions Poker Championship]. Je n’y ai que de bons souvenirs, que ce soit en cash-game ou en tournois.

À quoi ressemble pour vous le poker de demain ? À quelles évolutions pouvons-nous nous attendre ?
En ce qui concerne le jeu en live, je pense que la réglementation va devenir plus stricte et plus uniforme, notamment pour ce qui est des tenues vestimentaires aux tables. Par exemple, j’imagine assez bien que les lunettes soient interdites, tout comme les écharpes ou les capuches. Vous masquer le visage en remontant votre t-shirt vous vaudrait une pénalité. En fait, tout ce qui vous permet de vous dissimuler de manière excessive et volontaire.
Dans les tournois High Roller, je pense que l’utilisation des clocks sera optimisée afin de rendre le jeu plus rapide. Pour le public, cela rendrait le jeu plus divertissant. Je milite pour ça dans l’industrie du poker.
Je ne peux pas rentrer dans les détails mais j’ai beaucoup d’idées pour rendre encore plus divertissant le poker à la télévision par exemple et avec toute mon équipe nous travaillons sur ces sujets.
Enfin, les nouvelles technologies ouvrent beaucoup de possibilités, notamment dans le poker live. Tout pourra être digitalisé, y compris les inscriptions. Terminé les queues interminables pour s’inscrire à un tournoi, ou à un cash-game.

Avant le poker, votre grande passion a été le tennis. Suivez-vous toujours l’actualité de ce sport ?
Je suis toujours passionné et je regarde autant de matchs que je peux. J’ai la chance de connaître Novak Djokovic, qui vit également à Monaco, et Roger Federer. Nos enfants jouaient toujours ensemble lors de l’Australian Open [ndlr : qui a lieu à Melbourne, en même temps que les Aussie Millions]. En fait, j’en connais beaucoup [rires].
J’aime bien la nouvelle génération. Tsitsipás et Medvedev ont le profil pour prendre la place de numéro 1, une fois que les patrons auront pris leur retraite ! On ne se rend pas encore compte de la chance que l’on a d’avoir connu cette incroyable génération et ces rivalités.
Je vais essayer de venir à Paris pour supporter Roger à Roland-Garros, ça risque d’être son dernier…

Pour l’anecdote, lors du tournoi privé organisé par Unibet à la suite de la conférence de presse, Patrik a été le premier joueur éliminé. Les yeux rivés sur son téléphone, il assistait en direct à la victoire de Roger Federer, qui remportait dans le même temps son 100e titre à Dubaï.

* L’entretien a été réalisé en anglais. Il a ensuite été relu dans sa traduction française dans son intégralité et validé par l’équipe de Patrik Antonius.

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EXCLU : Phil Hellmuth évoque ses amis, Gavin Smith et le Millions South America à Rio

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Nous avons eu la chance de pouvoir nous entretenir avec Phil Hellmuth, afin d’évoquer son actualité : l’hommage qu’il rend à son ami Gavin Smith, tout juste décédé, mais aussi son avis sur la scène poker actuelle et le gros évènement live à venir pour lui : le Millions South America, qui aura lieu au Brésil, à Rio de Janeiro. Entretien express.

Récemment, on a vu votre implication afin d’aider les deux enfants orphelins de leur père, le pro Gavin Smith. Que représentait-il pour vous ?

Gavin changeait toute l’énergie d’une pièce ! Et surtout d’une table de poker… Il avait un charisme dingue, une personnalité débordante et il amenait toujours le sourire avec lui. Les gens se métamorphosaient littéralement.

Un jour, il m’a dit de le rejoindre à un bar. Gavin était canadien, et il m’a proposé de l’affronter à une sorte de quizz sur le sport américain, à 500$ la question. Comment ce Canadien allait-il pouvoir me battre sur des questions de sport amateur américain ? On a doublé la mise. Et j’ai perdu 18 000$ contre lui. Quelques années plus tard, après sa disparition, je racontais cette histoire à un groupe d’amis, et deux d’entre eux ont éclaté de rire. Apparemment, il avait appris par coeur les questions et réponses de ce quizz et lorsqu’ils lui avaient demandé pourquoi, il avait répondu en rigolant : “je crois que j’ai le pigeon idéal”. A mon avis, il parlait de moi !:)

Le prochain gros évènement live prévu à votre calendrier, c’est le Millions South America, qui aura lieu à Rio de Janeiro du 15 au 24 mars, avec 5 millions de garantie…

Cela faisait très longtemps que je voulais aller au Brésil, car à part le Vénézuéla que j’ai visité avec mon frère Dave en 1988, je n’ai rien vu de l’Amérique du Sud. Je voulais aller voir Michael Phelps, le nageur, participer aux JO mais j’avais eu un empêchement. D’autant que j’adore Michael, qui est aussi un très bon joueur de poker…

Je pense que le Millions South America va être un énorme festival, et que l’on va voir de grands joueurs, vu la garantie… J’espère que Leon Tsoukernik, le propriétaire du King’s Casino sera là, car ma femme et moi l’adorons ! Et puis aussi Warren Lush, qui est un sacré type… Quant aux pros, j’en connais déjà beaucoup qui ont prévu le déplacement. Ce n’est pas tous les jours qu’on a la chance de découvrir un pays pareil.

Vous pensez revenir en Europe bientôt ?

Pour les WSOPE, bien évidemment ! J’étais dégoûté de ne pas pouvoir y aller l’an dernier… Je prendrai de la mélatonine et des somnifères s’il faut, car je perds tout sommeil quand je voyage.

Quels sont encore vos objectifs, après autant de titres ?

Ce n’est pas difficile de se motiver lorsque des gens comme Daniel Negreanu m’attaquent constamment ! Daniel a attendu que je finisse runner-up au WPT en août 2017, et que je gagne un tournoi de heads-up contre JungleMan et Doug Polk le mois d’octobre suivant, pour oser dire que je n’étais même pas dans le Top 50 des joueurs de tournoi en NLHE. J’ai dit à Daniel qu’il était désobligeant. Lui et moi nous aimons beaucoup —je suis invité à son mariage, avec mon épouse et nous irons avec grand plaisir— et pour être honnête, il m’a répondu que je me trompais totalement de penser être dans les meilleurs joueurs du monde.

Je lui ai proposé 100 000$ par bracelet obtenu par sa propre liste de 40 meilleurs joueurs, contre moi. Je lui paierais 100 000$ à chaque fois que l’un d’entre eux gagnerait un bracelet WSOP en NLHE, et lui me paierait 4 000 000$ à chaque fois que j’en gagnerait un. Il a refusé le pari. J’ai remporté un bracelet en juillet, et un ou deux de “ses” joueurs du Top 40 en ont décroché un. Je serais position de 3 800 000$ à l’heure actuelle…

Comment restez-vous à niveau ?

J’étudie toujours ce que les autres font. Brandon Cantu, Mike Matusow et moi essayons ensuite de trouver les failles de la mode du moment. Ils disent tous que le jeu GTO est imbattable, mais on a trouvé des failles. Mais tous ces petits génies vont bien changer de mode en 2019. Et je suis absolument certain qu’ils vont à nouveau affirmer que c’est imbattable, et que je suis ringard car je ne joue pas comme eux. Quel ennui… Vu que j’ai gagné un bracelet l’été dernier, j’espère que Daniel va s’abstenir de se prononcer quant à mon niveau pendant au moins un an ! (Arrête Daniel !:))

Quelle table est pour vous la table parfaite pour un bon moment ?

Avec mes meilleurs amis : Chamath Palihapitiya, Bill Lee, Sky Dayton, David Sacks, Rick Thompson, Jason Calacanis, Bill Gurley, Zander Lurie, David Cho, Brandon Cantu et Mike Matusow. Et aussi avec Antonio “The Magician” Esfandiari, Jennifer Tilly, Negreanu, Bob Suffai, Carl Westcott, et Reagan Silbur. L’important, c’est de s’amuser en jouant !

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