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Portraits / Interviews

Caroline DIAMENT : interview exclusive

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Habituée du Tournoi Prestige de l’Aviation Club de France et des Tournois Ladies, Caroline Diament joue depuis toujours au poker (et pas qu’au poker !). En dehors de faire partie de la bande à Laurent Ruquier et d’être multi-casquettes, Caroline a animé le RTL9 Poker Tour en 2008 avec Bruno Fitoussi.

Quand et comment as-tu commencé le poker ?

J’ai commencé le poker fermé avec des potes il y a au moins 25 ans et déjà même à des poker ouverts genre le Mexicain ou la Double-Tétine. On passait des soirées endiablées à jouer et à regarder le jour se lever. Comme nous étions tous étudiants et que l’on jouait pour le jeu et non pour l’argent, on engageait des sommes dérisoires.

Puis, ma meilleure amie organisa très régulièrement des tournois d’intermittents du spectacle très sympas et je participais à des plus petites parties environ une fois par semaine.
J’ai toujours été joueuse de tout et à tout, même le Yams ou le Scrabble en duplicate. Lorsque je n’avais pas encore 18 ans et que mes copines allaient en boite à 16 ans, moi je jouais à la Boule pendant ce temps. Et ce n’était que vers 3 heures du matin, lorsque la Boule fermait que je rejoignais les autres filles dans la boite.

Et la variante du poker Texas Hold’em a été la suite logique ?

Avant, on jouait aussi pas mal au Poker Stud 7 cartes mais également à un autre poker ouvert qui s’appelait la Vigne ou le Courchevel. Mais depuis 3-4 ans, je connaissais les règles du Texas Hold’em qu’on appelait nous le Vegas. J’ai été invitée pour la première fois au Tournoi des As (tournoi des personnalités) sur Paris Première qui a quand-même été l’une des premières émission de poker à la télé (avec le WPT de Patrick Bruel). Là, j’ai eu un coup de foudre absolu et je n’ai plus joué qu’au Texas Hold’em. Je me suis rendu compte de tout ce que je ne savais pas, de tout ce que j’ignorais, de toutes les choses que je pensais être vraies… Je me suis surtout rendue compte pourquoi les bons joueurs disent que la chance n’est pas si importante au poker, pourquoi la stratégie a une telle place.

Qu’est-ce qui t’a plu dans le poker par rapport aux autres jeux ?

Parmi les jeux de cartes auxquels j’ai joués, c’est le seul qui me procure des montées d’adrénaline comme ça. Par rapport aux casinos, je n’ai eu des montées d’adrénaline que lorsque j’ai fait des jackpots, c’est-à-dire assez rarement ! Voilà pourquoi parmi tous les jeux que j’ai pu pratiquer, je trouve que c’est le plus excitant, surtout pour moi qui ne suis pas sportive et qui ne peux pas se procurer de montées d’adrénaline autrement, c’est une excitation, ça me met dans un état d’euphorie.

Que penses-tu de la chance ?


Je pense que la chance est un pourcentage qui diminue en fonction des compétences et de la technique que tu as. Ca doit pouvoir être que de 10% chez un excellent joueur de poker parce qu’il est tout à fait possible de gagner, d’avoir une stratégie pour gagner soit des gros coups, soit des petits pots et voir monter son tapis au fur et à mesure. Par contre, les jours où ils sont dans des cycles de mauvaise chance, ils sont effectivement éliminés plus tôt dans le tournoi car ces 10% de chance viennent quand-même infléchir le résultat final. Mais par exemple, chez moi qui ne suis pas à un niveau de 90% de technique, la chance a une part beaucoup plus importante. La première fois que j’ai participé à un tournoi de poker payant à l’Aviation Club de France, on était 100 joueurs et j’ai gagné ce tournoi. Bon voilà, c’est un soir où j’ai eu de la chance, c’est évident.

Parfois, je me retrouve à une table à laquelle il y a un mec qui est dans un rush monstrueux, qui a une chance indécente : j’ai un bon jeu, je rentre dans le coup et je « saute » ! Il ne faut pas en faire une règle absolue mais j’ai donc décidé de ne plus affronter ces gens-là, même avec un bon jeu. Je préfère tenter un bluff avec de moins bonnes cartes, un peu plus tard avec un autre joueur.

Quelles sont tes faiblesses ?

J’ai eu pas mal de réussite au début. Je me suis mise à lire des bouquins de poker. Plus je lis, plus je me documente et plus je joue mal ! Il faut peut-être que je retrouve une part d’instinct qui m’était peut-être plus utile que cette part de théorie. Je n’intègre pas forcément ce que je lis, je ne l’applique pas forcément non plus mais en tout cas, je prends un vrai plaisir à lire, ce qui n’aurait pas été le cas il y a quelques années. En voulant me documenter et en essayant d’être un peu plus intelligente d’un point de vue poker, j’essaye d’intégrer des choses que je n’ai peut-être pas digérées. Avant, avec mon manque de connaissance, j’étais beaucoup plus imprévisible et donc peut-être plus difficile à déchiffrer pour un joueur adverse. Maintenant, plus je lis et plus je suis en ligne avec ce qu’on est censé faire, plus je deviens lisible. J’avais un peu de folie dans mon manque de connaissance qui me rendait peut-être finalement plus service que tout ce que j’ai lu. Tant que tu ne sais pas appliquer cette théorie avec maestria, elle ne te sert pas à grand chose. Il serait temps que je passe la phase digestion et que la phase d’application arrive vite. J’ai l’impression de stagner et ça m’énerve !

Quelle attitude adoptes-tu à la table ?

Je parle beaucoup trop à une table de Poker. J’aime bien mettre de l’ambiance parce que ça m’énerve quand les gens sont trop fermés et sérieux ; moi je suis une déconneuse de manière générale. Mais si tu n’es pas un génie, tu ne peux pas déconner et avoir une attention totale. Et comme par hasard, mon point faible est la lecture de mes adversaires. Ce qu’il faudrait, c’est que je la ferme et que je passe mon temps à avoir cet air sombre qu’ont les grands joueurs. Je préfère maintenant que l’on ai peur moi plutôt que l’on me trouve sympathique.

Ton pire souvenir ?

J’ai subi le plus gros bad-beat du monde ! Lors d’un tournoi, je suis plutôt bien et je reçois une paire d’As servie. Je relance suffisamment pour écarter quelques joueurs et donc me retrouver en tête-à-tête. Le flop se retourne : A-4-4, ce qui me donne le full-max As par les 4 ! On mise, se relance, se sur-relance et s’envoie à tapis. L’autre me retourne une paire de 4 servie, ce qui lui donnait un carré de 4 ! A ce moment là, j’ai vraiment été sonnée, je pense que ça devait être très proche de ce que ressent un mec qui fait de la boxe au moment du KO ! Le sang qui se retire dans la tête, les oreilles qui sifflent un peu… et là un spectateur me dit : « Sur la vie de ma mère, ça fait dix ans que je joue et ça, c’est très rares ! ». Je lui ai alors répondu que je ne jouais qu’une fois par mois et il a alors conclu : « Arrête le poker ! » [rires].

Las Vegas ?

Las Vegas, c’est carrément un rêve. J’aimerais une fois dans ma vie faire les World Series Of Poker, de la même manière que j’aime le cinéma et que j’aurais rêvé de participer à une cérémonie des Oscars. J’aime bien être à l’origine des choses, quand on rêve il faut rêver grand. C’est la seule chose que j’interdis à quiconque de toucher, c’est la taille de mes rêves ! Celui-ci est encore intact et j’aimerais qu’il se réalise.



Caroline au Ladies du BPT de Deauville (août 2010) lorsqu’elle était chipleader avant de finir 9ème sur 50.

Par Tommy Mandel (2009).

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Portraits / Interviews

Rencontre avec Julien Sitbon, Team Pro Winamax, au cœur du WiPT

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Au WiPT d’Aix-en-Provence, Julien Sitbon, pro du poker et leader du classement GPI France, livre ses conseils aux amateurs : comment rester solide, exploiter les erreurs des autres joueurs et aborder un Day 3 avec la bonne stratégie.

  • Salut Julien, comment se passe le festival pour toi ? Tu ne t’es pas qualifié pour le Main Event, mais j’ai vu que tu avais intégré le High Roller hier ?

Super ! Je suis arrivé mercredi matin, j’ai commencé par un paddle, et j’ai enchaîné avec le Battle Royale où j’ai terminé 5e, donc ça a été un bon début de festival. Ensuite, j’ai joué le Main Event le lendemain, mais je n’ai pas eu la chance de me qualifier. Hier, je me suis inscrit sur le High Roller, et aujourd’hui, à partir de 12h30, j’ai le Day 2 de ce même tournoi à jouer ! J’ai 1 million de jetons, sur un average à 450.000, donc c’est plutôt pas mal.

Hier, j’étais à la table d’Alexandre Reard et de Malcom, donc l’ambiance était conviviale, c’était cool !

  • Le WiPT est connu comme étant un tournoi mélangeant Pros et Amateurs. Est-ce que tu ressens une différence de niveau entre aujourd’hui et il y a 5 ans ?

Question intéressante ! Oui, il y a quand même une petite progression à ce niveau-là, surtout avec tous les contenus disponibles sur internet, les solvers  etc… Maintenant, même les amateurs commencent à regarder pas mal de vidéos et à progresser. Ils s’améliorent surtout dans leur agressivité, dans le fait de relancer plus préflop, d’avoir plus de mains en bluff. Personnellement, je trouve que le niveau n’a pas augmenté considérablement, mais il a augmenté quand même !

Il y a plus de réflexion, plus de compréhension du jeu, ça se sent aux tables. Il y a beaucoup de contenus gratuits aujourd’hui. Même nous, chez Winamax, on fait beaucoup de Masterclass, on fait des choses qui permettent d’avoir une base plus solide, surtout pour ce type d’événement.

  • Quel conseil donnerais-tu à un amateur qui se serait qualifié pour le Day 3 ? Y a-t-il une différence d’approche à avoir entre les Days 1 et 2, et le Day 3 ?

J’ai des différences d’approche, mais ce que je donnerais principalement comme conseil, ce serait de ne pas visualiser ça comme un Day 3 ! Il ne faut pas trop se mettre de pression, et surtout, jouer son jeu, et ne surtout pas essayer de changer sa façon de jouer. Bien évidemment, sur un Day 3 il y a déjà une notion d’ICM, dans le sens où on se rapproche des grosses sommes d’argent. Mais il ne faut surtout pas essayer des choses que l’on ne sait pas faire.

Quand on ne connaît pas les tenants et aboutissants d’un move, il vaut mieux ne pas le faire, et encore une fois, se cantonner à ce que l’on sait faire ! Il faut prendre son temps, prendre du plaisir et ne pas s’éparpiller. Restez solide !

En plus, si tu fais quelque chose et que tu dévies de ce que tu sais faire, et que tu bust, tu vas le regretter… alors si tu joues normalement et que tu perds, tu auras beaucoup moins de regret.

  • Tu as dû jouer pas mal de joueurs amateurs depuis ton arrivée En tant que pro, comment tu t’adaptes à ce field, qui n’est sûrement pas le même que ceux que tu as l’habitude de jouer ?

Sur les tournois que je joue, ce n’est pas le même type d’amateur. Ce sont des amateurs réguliers qui font toujours les tournois à 500 € et à 1000 €, et qui sont des gens qui ont un peu d’argent, qui ont un travail à côté… Donc ils sont ce que j’appelle des amateurs réguliers.

Pour revenir à ta question, les gens ont deux approches avec nous. Hier, j’ai discuté un peu avec Romain et il m’a dit qu’il avait passé sa journée à se faire bluffer, dans des spots improbables ! En gros, soit ils veulent nous bluffer à tout prix, soit ils ne veulent pas du tout nous jouer car ils ont en quelque sorte « peur » de nous affronter. Il faut donc s’adapter et bien cerner les profils que tu as en face de toi.

Il y a aussi un truc, c’est ce que j’appelle « les fils qui se touchent ». Desfois, tu as des joueurs de poker qui sont très très sérieux, et d’un seul coup, ils craquent complètement ! Soit parce qu’ils ne sont pas habitués à la pression, ou qu’ils se retrouvent dans un spot qu’ils ne comprennent pas, donc ils envoient tout un peu n’importe comment… Donc voilà comment on s’adapte, il faut savoir repérer ces choses-là, et savoir les exploiter.

Moi je joue beaucoup plus les joueurs que les cartes quand je joue un tournoi comme le Main du WiPT, car en observant, je vais récupérer vraiment beaucoup d’informations sur la façon de jouer des joueurs.

  • Sur ce type de tournoi (le Main), quelles sont les erreurs que tu vois encore souvent chez les amateurs ?

Alors, je trouve qu’il y a encore pas mal de grosses erreurs, mais globalement il y en a beaucoup moins. Par exemple, on voit de moins en moins de limp préflop ! Sur le festival, je n’en ai presque pas vu, ce qui est assez incroyable.

Mais c’est comme on disait tout à l’heure, on fait énormément de vidéos sur Winamax, qui font beaucoup, beaucoup de vues, et dans ces vidéos, le sujet du limp était beaucoup abordé, donc à force, c’est rentré dans la tête des gens ! Ce qui ne m’arrange pas, parce que moi j’aime bien (rires). Je vais dire à Winamax de bloquer l’accès aux vidéos !

Aussi, c’est parfois difficile de se rendre compte des erreurs récurrentes sans voir de showdowns, mais parfois, quand j’en vois, je me rends compte que la sélection des mains, ce n’est pas toujours ça non plus…

  • Tu es premier au classement GPI France, donc maintenant, quel est ton objectif pour 2026 au poker ? C’est quoi le programme en poker live pour les mois à venir ?

Déjà, l’objectif serait de rester 1er du classement GPI France ! C’est un classement qui est très fluctuant, dans le sens où il dépend des performances que l’on fait sur trois ans, et à chaque fois,

ça reprend les trois meilleures performances, et ce, tous les 6 mois. En gros, ça évolue, et si l’un de mes concurrents fait d’énormes performances, il risque de repasser très vite devant. Ça fait donc partie de mes objectifs de garder ma place !

Aussi, j’ai comme objectif de très bien me préparer pour les WSOP, qui sont une série de tournois que j’aime beaucoup. En plus, j’ai un gros programme pour cette année ! Je veux donc être au top pour aborder les WSOP. Je vais jouer aussi le leaderboard, car maintenant, il y a un intérêt financier. Ça permet aussi de lisser la variance sur l’ensemble des trois festivals, que sont Pragues, Vegas, et les Bahamas.

En attendant, on va déjà essayer d’aller performer sur le High Roller de cet après-midi !

 

 

Crédit photo : Winamax / Caroline Darcourt 

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Portraits / Interviews

Vincent Reynaert lance le média « Les Enjeux »

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Vincent Reynaert, ancien de PMU Poker et du Groupe Barrière, vient de lancer un média pas comme les autres : Les Enjeux, une plateforme qui analyse un monde du gaming en pleine mutation. Rencontre.

Pouvez-vous nous rappeler votre parcours dans le monde du gaming ?

J’ai découvert l’univers du jeu en 2010, à un moment clé : celui de l’ouverture du marché français. À l’époque, tout était à construire. C’est dans ce contexte que j’ai rejoint Everest Poker, pour développer les partenariats sur un marché qui s’inventait chaque jour. C’était une période excitante, un peu folle aussi, avec beaucoup d’expérimentations et une vraie effervescence autour du poker en ligne.

Un peu moins de 2 ans plus tard, j’ai rejoint le PMU. 8 années passionnantes pendant lesquelles j’ai eu la chance de travailler sur le développement du poker dans une entreprise dont ce n’est pas le coeur de métier. C’est à ce moment-là qu’est né le France Poker Open (FPO), un circuit que nous avons créé avec l’ambition de surfer sur l’ADN poker live, la marque de fabrique de PMU Poker.

En 2020, j’ai intégré le groupe Barrière pour piloter le développement de leur offre digitale. L’objectif : préparer le futur des casinos physiques dans un monde de plus en plus connecté. Et juste avant de lancer Les-Enjeux.com, j’ai occupé le poste de directeur marketing et communication chez Texapoker, une aventure courte mais intense, au cœur de la plus belle scène du poker live. Ces expériences m’ont donné une vision globale du secteur, à la fois côté opérateurs, événementiel et communication et surtout une conviction : celle que l’industrie du jeu a besoin d’être mieux racontée.

Quelle est la volonté derrière “Les Enjeux” ?

Le jeu est un secteur fascinant, en pleine mutation. On assiste à une recomposition de fond : des acteurs comme Winamax ou Betclic ont complètement bouleversé les codes, les casinos physiques amorcent une transition vers le digital, la filière hippique doit se réinventer pour séduire une nouvelle génération de joueurs, et la régulation évolue vers plus d’ouverture, notamment avec la possible arrivée des casinos en ligne, le jeu est de moins en moins un tabou.

Bref, c’est un moment charnière. Et pourtant, il n’existait pas de média francophone pour documenter ces transformations. Les informations circulent, mais souvent de façon éclatée, entre des communiqués institutionnels, des sites d’actualité très spécialisés ou des analyses en anglais.

Avec Les Enjeux, on veut justement combler ce vide. Notre ambition est de devenir un point de convergence : un lieu où les différents acteurs, opérateurs, fournisseurs, régulateurs, start-up, juristes, etc. peuvent se retrouver, échanger, comprendre les grandes tendances, et surtout prendre du recul sur leurs métiers.

C’est aussi un média qui parle à tous les passionnés de jeux, pas seulement aux professionnels. On veut raconter les succès, les innovations, les débats, mais aussi les enjeux humains, économiques et sociétaux derrière cette industrie souvent caricaturée.

Que va apporter une telle publication en ligne, et quelle équipe va y travailler ?

Aujourd’hui, dans le monde francophone, il n’y a pas de média de référence capable de couvrir l’ensemble de l’écosystème du jeu, comme le font des titres anglo-saxons tels que iGaming Business ou EGR.
Nous, on veut occuper cette place.

Notre couverture sera large : la France, bien sûr, mais aussi la Belgique, la Suisse, le Luxembourg, et une partie de l’Afrique francophone, notamment le Maroc, où l’activité casino et hippique est très dynamique. L’idée, c’est de créer un réseau francophone du jeu.

Mais au-delà de l’actu, Les Enjeux veut surtout changer la perception du secteur. Trop souvent, le jeu est résumé à ses excès ou à ses risques, alors qu’il s’agit d’un univers d’innovation, de savoir-faire et d’excellence française. Des milliers de personnes y travaillent, des start-ups y inventent la tech de demain, des groupes investissent dans la RSE, la data, la sécurité ou la formation.

Pour construire ce regard global, je m’entoure d’experts : des avocats fiscalistes, des consultants spécialisés, des technophiles, des pros du casino, du poker ou du pari hippique. Ce sont eux qui apporteront la rigueur, la crédibilité et la diversité de points de vue.

Et enfin, un point qui me tient à cœur : Les Enjeux veut aussi inspirer. En mettant en lumière les réussites, on espère attirer de nouveaux talents, de nouvelles idées et de nouvelles énergies vers le secteur.

Quelle est votre vision du jeu à 1, 5 ou 10 ans en France et en Europe ?

La France, c’est un marché paradoxal : très encadré, parfois rigide, mais incroyablement riche. On compte plus de 200 casinos, soit le maillage le plus dense d’Europe. On a deux opérateurs historiques, la FDJ et le PMU, qui ont su se réinventer pour devenir de véritables acteurs digitaux et européens. D’ailleurs, la FDJ vient de franchir un cap avec le rachat de Kindred Group, propriétaire d’Unibet : un signal fort de l’ambition française.

Dans les cinq prochaines années, on va assister à une recomposition majeure du paysage du jeu en ligne. L’ouverture du marché des casinos en ligne est, à mon sens, inévitable. La vraie question, ce sera : sur quel modèle ? Et avec quelles garanties de protection et de responsabilité ?
Plusieurs visions vont s’affronter : celle des opérateurs terrestres, celle des acteurs déjà en ligne, celle du régulateur, du politique et des moralisateurs… Ce sera un moment clé, comparable à ce qu’a été l’ouverture du marché des paris en 2010.

Sur le long terme, je crois que le secteur va continuer à se professionnaliser et à s’ouvrir. On va vers un écosystème plus mature, plus connecté à la tech, à la data et à l’expérience client. Et je pense aussi qu’on va assister à une forme de réconciliation entre le jeu et la société. Parce que le jeu, au fond, c’est aussi du divertissement, de la culture, et parfois même du patrimoine.

Et nous, chez Les Enjeux, notre rôle, c’est de raconter cette évolution, d’en décrypter les ressorts et d’en faire un sujet de société à part entière.

(crédit photo : Audran Sarzier)

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Portraits / Interviews

Rencontre : Fivebet, poker et vision d’avenir avec Thomas Gimie

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Alors que le poker live connaît un nouvel essor en France, certains acteurs se démarquent par leur énergie et leur volonté de dynamiser le milieu. C’est le cas de Fivebet, une jeune structure qui s’impose peu à peu comme un nom à suivre dans l’univers du poker live. À sa tête, Thomas Gimie et benjamin Camps, passionnés de la première heure, entendent proposer une expérience différente : plus humaine, plus structurée, et résolument tournée vers les joueurs.

  • Pouvez-vous présenter votre société et vos activités, ainsi que votre parcours dans le poker ?

Avec benjamin, mon associé et co-fondateur, on s’est rencontrés il y a plus de 15 ans, et on a eu une carrière qui nous a fait beaucoup travailler ensemble, même si on était dans des endroits différents. On travaillait dans les tournois, partout dans le monde, et un peu à tous les postes.

Benjamin a pris des postes à plein temps, et moi, j’ai toujours été très indépendant en étant sur des tournois dans un cadre plutôt événementiel ! J’ai finalement dirigé beaucoup de tournois avant de monter Fivebet avec Benjamin.

  • Comment interagissez-vous avec vos équipes, celle du casino et celles de Winamax ?

C’est une bonne question ! Mon rôle ici est d’être l’intermédiaire entre tout le monde. Légalement, l’organisateur, c’est le casino. Winamax est le sponsor propriétaire de la marque avec son cahier des charges et ses process, tandis que moi, je suis là pour que tout le monde puisse marcher main dans la main, et réaliser l’objectif qu’on a tous, c’est-à-dire régaler les joueurs et créer des événements qui fassent date !

Moi, j’amène tous les extras poker. Christophe (le responsable du casino) de son côté a aussi d’autres extras comme la sécurité, les barmans… Au niveau des employés de jeu, on a 250 personnes supplémentaires que je manage pour le compte de Christophe, en vue d’assurer l’événement de Winamax.

  • Quels autres grands évènements organisez-vous dans l’année ?

Ici, on a au moins deux rendez-vous importants par an, qui sont les Swiss Poker Series mais aussi les Kill Tilt Poker Series. Ce sont des festivals qui fonctionnent vraiment bien.

Aussi, il y a une stratégie d’événements qui se veulent très gros et très ambitieux, mais il y a aussi des ambitions plus humbles qui sont d’aller combler des territoires qui sont en manque de poker. C’est ce qu’on essaye aussi de faire avec d’autres marques dans d’autres endroits de France où il y a une demande, mais très peu d’offres.

  • Avec la prééminence de Texapoker dans le live, comment avez-vous trouvé votre place et qu’apportez-vous comme savoir-faire ?

Le but était de développer une nouvelle part de marché, plutôt que d’essayer d’en grignoter à TexaPoker, et je crois que c’est ce qu’on a fait ! Soit on est allé faire du poker d’une autre manière dans des établissements qui en proposaient déjà, soit on est allé en faire dans des casinos qui n’en faisaient tout simplement pas. Tu vois par exemple, on ne travaille pas sur des casinos qui travaillaient avec TexaPoker avant qu’on arrive, ce qui fait que la concurrence est bénéfique pour le marché puisqu’on fait grossir le gâteau ! C’est notre approche des choses…

Nous ne sommes pas sur la multiplication du volume, et nous n’avons pas non plus pour objectif de décliner des produits qui sont les mêmes partout. Comme on est une jeune entreprise, on essaye de valoriser notre flexibilité et de développer des produits sur mesure en fonction d’un site. Le but est de mettre un peu d’âme dans tout ça !

 

 

 

Crédit photo : Caroline Darcourt 

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