Interview Poker52/Erwann Pécheux : « A part un titre majeur, je pense qu’il n’y a rien de plus important pour un joueur de tournoi que de décrocher un sponsor »
Depuis quelques semaines désormais, Erwann Pécheux et Brian Benhamou sillonnent les routes sous les couleurs PMU. Les deux hommes rejoignent ainsi Philippe Ktorza et Rebecca Gérin au sein du Team Pro.
Pour Erwann, l’aventure a démarré en fanfare avec une 11ème place à l’EPT Prague alors qu’il disputait son premier tournoi en arborant le sigle PMU. Un départ fulgurant qui laisse présager de bien belles choses à l’aube de cette nouvelle année.
Rencontre avec l’une des étoiles montantes du poker français.
Erwann Pécheux (Copyright GregCM/PMU Poker)
Quel a été ton sentiment lorsque tu as appris que tu intégrais le Team Pro PMU ?
Très heureux, et soulagé ! Car après l’entretien, il y a eu deux semaines d’attente. Et tous les jours chacun des candidats allaient aux nouvelles « alors PMU t’as contacté? », « non », « moi non plus ». Et d’ailleurs ça finissait souvent en private joke, il y en avait toujours un pour faire croire qu’il avait un scoop (Steven et Adrien étaient les spécialistes), cela détendait l’atmosphère !
Je me suis présenté à l’entretien en pensant être dans les favoris et puis plus le temps passait plus je doutais.
Comment l’as-tu appris ?
Stéphane Auffret m’a appelé quelques heures avant l’annonce publique afin de m’y préparer. J’ai également appris à ce moment-là que je n’allais pas être seul !
Vous étiez plusieurs en compétition…
PMU recherchait un profil particulier et je rentrais dans les critères. Après je n’étais pas le seul à correspondre à ces critères, et la concurrence était rude. Mon volume live/online et ma présence sur les réseaux sociaux ont sûrement fait la différence.
Connaissais-tu Rebecca et Philippe ?
Oui je les connais bien, j’ai fait pas mal de tournois avec eux, notamment sur les WPT nationaux que PMU sponsorise.
Comment ont-ils réagi ?
Philippe m’a tout de suite appelé pour me féliciter et me faire part de sa joie concernant cette nouvelle collaboration. Rebecca m’a immédiatement envoyé un message !
Tu sais que tu vas certainement faire des jaloux… ?
Nous sommes tous jaloux de quelqu’un. C’est la vie.
Qu’attends-tu d’une telle collaboration ?
Un trophée pour moi, un pour Brian, un pour Rebecca et un pour Philippe. C’est déjà pas mal… Et un pour un qualifié PMU ça serait énorme, car de souvenir ça n’est jamais arrivé !
J’ai trouvé un compagnon de porte-voix en la personne de Philippe, pour dire et redire qu’il y a plein de choses qui ne vont pas concernant le poker en France. Il est temps d’agir !
Concernant PMU Poker il y a du travail aussi, au niveau du soft (mais c’est difficile car il appartient à Party Poker). Des améliorations vont être apportées sur la grille de tournois tout comme sur l’application mobile qui ne permet de jouer qu’en cash-game actuellement. Mais j’attends aussi beaucoup de plaisir. Quand on « bosse » et qu’on prend du plaisir, c’est qu’on a trouvé sa place !
Tu a réalisé une superbe année. Quels sont tes objectifs pour l’année à venir ?
Mettre une fessée à Roger au classement Livepoker c’est un bel objectif ?
Non, plus sérieusement je vais faire tous les EPT sauf un ou deux, les WPT en Europe, le circuit français et j’irai à Vegas dès le début des WSOP et j’y resterais jusqu’à mi-juillet pour jouer le Main Event.
Je vais me donner un maximum de chance pour réaliser une grosse performance : un titre majeur (deux même, voire plus)
Intégrer un Team Pro était-il un objectif pour toi ?
A part un titre WPT, WSOP ou EPT, je pense qu’il n’y a rien de plus important pour un joueur de tournoi, que de décrocher un sponsor. Oui c’était un objectif. Mais à vrai dire quand j’ai commencé à monter ma bankroll avec des centimes au tout début, cet objectif ne m’avait pas traversé l’esprit ! C’est devenu un objectif à partir de 2012.
Quel regard portes-tu sur le poker en France aujourd’hui ?
J’ai l’impression en tant que joueur de poker français d’être en partie « exclu » de la société française. La France a beaucoup de mal à reconnaître cette activité et ça se ressent dans la fiscalité. Les établissements de jeux sont rasés par le fisc, les joueurs pourraient bien l’être aussi. Le online ne va pas très bien non plus. Un joueur qui veut en faire son activité principale prend un risque qui n’est pas récompensé et pire, il rencontre de grandes contraintes fiscales. Le fait de ne pas déclarer nous donne l’impression de ne pas être des gens normaux, on ne cotise pas pour la retraite, et pour ce qui est sécu/mutuelle c’est plus compliqué qu’un salarié normal.
Sinon certains tournois live qui font le plein nous redonnent quand même de l’espoir sur l’évolution du poker en France !
Comment as-tu découvert le poker ?
J’étais en vacances avec mes parents et des amis en Corse en août 2010. Un ami, Romain m’a appris assez vite les bases, 1 mois plus tard j’ai créé mon premier compte online, j’ai joué en freeroll et j’ai progressé avec l’aide d’une association étudiante : Carré d’as à l’EPITA.
Qu’est ce qui te plaît le plus lors d’un tournoi (en live) ?
Le fait de retrouver ses potes joueurs, journalistes, croupiers. Le poker live c’est un univers bien plus riche que le online.
Lorsque l’on deeprun en live, on apprécie le moment, la performance que l’on est en train d’accomplir. Quand on joue 15 tables sur internet, on n’a pas vraiment le temps de kiffer, on clique !
Plutôt live ou internet ?
Le live c’est la recherche du One Time, c’est plus excitant. Je préfère le live, mais c’est sur internet que j’ai construit ma bankroll. Et être gagnant en tournoi live est très difficile, surtout si je ne fait pas attention aux frais.
Les gens pensent que j’ai pris une tonne cette année avec mes 322k$ brut mais en bénéfice net, j’ose à peine vous dire ce qu’il reste. Pour un joueur non-sponso qui fait le circuit live, il ne vaut mieux pas bad run ! Le fait pour moi d’être sponsorisé me permet d’attaquer 2014 avec sérénité sur ce point !
Comment imagines-tu ta carrière dans les 5 prochaines années ?
Aucune idée ! Peut-être que je serai jockey et que Philippe balancera des gros paris sur moi… Ou que je serai patron d’un kebab un peu comme Tristan Clémençon…
Je ne sais pas si je compte jouer encore au poker pendant longtemps. 2 ans c’est sûr. 5 ans peut-être, 20 ans certainement pas !
Quels vont être tes prochains tournois ?
Paris Poker Live au Parc des Princes avec la team PMU et les joueurs du PSG le 7 janvier (reporté suite au report de Brest-PSG) !
Le festival Winterfest à Chypre, l’EPT/FPS Deauville, MPO…
Si tu ne devais avoir qu’un seul trophée dans ton armoire, ce serait lequel (hors Main Event) ?
L’EPT Prague, parce que j’y étais presque…
Comment as-tu vécu la dernière main dans ce tournoi justement (A-K contre A-Q) ?
Très bien… Je me suis levé, j’ai pris l’argent, je suis parti avec Mama qui était vraiment en bad pour moi. Je ne regardais plus mon téléphone depuis la veille et j’ai décidé de ne toujours pas le regarder. J’ai mis l’EPT de côté dans ma tête et 1h plus tard j’étais assis au Card Casino avec 30000 jetons devant moi aux blindes 150/300. J’étais au WPT Prague… J’ai même trouvé le moyen de faire day3. J’ai malheureusement sauté à quelques places de l’argent suite à un set up imparable. Mon élimination du WPT a été très dure psychologiquement pour moi contrairement à l’EPT, car j’ai fini mon année sur un échec. Ce qui aurait été une performance, c’était de faire un simple ITM après avoir fait une 11ème place sur l’EPT. Malheureusement cette dernière élimination est arrivée après plus d’une semaine assis sur une chaise 10h par jour avec une tension permanente. J’étais épuisé physiquement et psychologiquement.
Es-tu fier de ton parcours ?
Oui, très. C’est peut-être pour ça que j’ai si bien vécu mon élimination. Je n’ai pas fait d’erreurs du day2 jusqu’au day5 (je dis ça parce que j’étais en tilt une bonne partie du day1 et j’ai mal joué). J’ai fait mon travail.
Ressentais-tu une pression supplémentaire de jouer sous les couleurs PMU ?
Non pas du tout. J’ai confiance en mon jeu et on me fait confiance. De même que je n’avais aucune pression quand j’étais chez Mypokersquad et que je jouais « avec l’argent des autres ». J’ai rarement regretté ma façon de jouer.
La seule chose dont j’ai peur, c’est que l’on me reproche d’avoir spew un tournoi sur un move audacieux. Je n’ai vraiment pas tendance à spew en live, mais si j’estime que dans un spot en particulier il est bon de 6 bet shove une merguez, et bien je le fais. Et si je me rate, je serais certainement critiqué, et je n’aime pas décevoir !
Pour clore cette interview, j’aimerai remercier Mypokersquad car si j’en suis là aujourd’hui, ils y sont pour quelque chose. Une pensée particulière pour Cyril, Florian et Loïc que j’avais rencontré en live et qui m’avaient recruté très peu de temps après !
Au WiPT d’Aix-en-Provence, Julien Sitbon, pro du poker et leader du classement GPI France, livre ses conseils aux amateurs : comment rester solide, exploiter les erreurs des autres joueurs et aborder un Day 3 avec la bonne stratégie.
Salut Julien, comment se passe le festival pour toi ? Tu ne t’es pas qualifié pour le Main Event, mais j’ai vu que tu avais intégré le High Roller hier ?
Super ! Je suis arrivé mercredi matin, j’ai commencé par un paddle, et j’ai enchaîné avec le Battle Royale où j’ai terminé 5e, donc ça a été un bon début de festival. Ensuite, j’ai joué le Main Event le lendemain, mais je n’ai pas eu la chance de me qualifier. Hier, je me suis inscrit sur le High Roller, et aujourd’hui, à partir de 12h30, j’ai le Day 2 de ce même tournoi à jouer ! J’ai 1 million de jetons, sur un average à 450.000, donc c’est plutôt pas mal.
Hier, j’étais à la table d’Alexandre Reard et de Malcom, donc l’ambiance était conviviale, c’était cool !
Le WiPT est connu comme étant un tournoi mélangeant Pros et Amateurs. Est-ce que tu ressens une différence de niveau entre aujourd’hui et il y a 5 ans ?
Question intéressante ! Oui, il y a quand même une petite progression à ce niveau-là, surtout avec tous les contenus disponibles sur internet, les solvers etc… Maintenant, même les amateurs commencent à regarder pas mal de vidéos et à progresser. Ils s’améliorent surtout dans leur agressivité, dans le fait de relancer plus préflop, d’avoir plus de mains en bluff. Personnellement, je trouve que le niveau n’a pas augmenté considérablement, mais il a augmenté quand même !
Il y a plus de réflexion, plus de compréhension du jeu, ça se sent aux tables. Il y a beaucoup de contenus gratuits aujourd’hui. Même nous, chez Winamax, on fait beaucoup de Masterclass, on fait des choses qui permettent d’avoir une base plus solide, surtout pour ce type d’événement.
Quel conseil donnerais-tu à un amateur qui se serait qualifié pour le Day 3 ? Y a-t-il une différence d’approche à avoir entre les Days 1 et 2, et le Day 3 ?
J’ai des différences d’approche, mais ce que je donnerais principalement comme conseil, ce serait de ne pas visualiser ça comme un Day 3 ! Il ne faut pas trop se mettre de pression, et surtout, jouer son jeu, et ne surtout pas essayer de changer sa façon de jouer. Bien évidemment, sur un Day 3 il y a déjà une notion d’ICM, dans le sens où on se rapproche des grosses sommes d’argent. Mais il ne faut surtout pas essayer des choses que l’on ne sait pas faire.
Quand on ne connaît pas les tenants et aboutissants d’un move, il vaut mieux ne pas le faire, et encore une fois, se cantonner à ce que l’on sait faire ! Il faut prendre son temps, prendre du plaisir et ne pas s’éparpiller. Restez solide !
En plus, si tu fais quelque chose et que tu dévies de ce que tu sais faire, et que tu bust, tu vas le regretter… alors si tu joues normalement et que tu perds, tu auras beaucoup moins de regret.
Tu as dû jouer pas mal de joueurs amateurs depuis ton arrivée En tant que pro, comment tu t’adaptes à ce field, qui n’est sûrement pas le même que ceux que tu as l’habitude de jouer ?
Sur les tournois que je joue, ce n’est pas le même type d’amateur. Ce sont des amateurs réguliers qui font toujours les tournois à 500 € et à 1000 €, et qui sont des gens qui ont un peu d’argent, qui ont un travail à côté… Donc ils sont ce que j’appelle des amateurs réguliers.
Pour revenir à ta question, les gens ont deux approches avec nous. Hier, j’ai discuté un peu avec Romain et il m’a dit qu’il avait passé sa journée à se faire bluffer, dans des spots improbables ! En gros, soit ils veulent nous bluffer à tout prix, soit ils ne veulent pas du tout nous jouer car ils ont en quelque sorte « peur » de nous affronter. Il faut donc s’adapter et bien cerner les profils que tu as en face de toi.
Il y a aussi un truc, c’est ce que j’appelle « les fils qui se touchent ». Desfois, tu as des joueurs de poker qui sont très très sérieux, et d’un seul coup, ils craquent complètement ! Soit parce qu’ils ne sont pas habitués à la pression, ou qu’ils se retrouvent dans un spot qu’ils ne comprennent pas, donc ils envoient tout un peu n’importe comment… Donc voilà comment on s’adapte, il faut savoir repérer ces choses-là, et savoir les exploiter.
Moi je joue beaucoup plus les joueurs que les cartes quand je joue un tournoi comme le Main du WiPT, car en observant, je vais récupérer vraiment beaucoup d’informations sur la façon de jouer des joueurs.
Sur ce type de tournoi (le Main), quelles sont les erreurs que tu vois encore souvent chez les amateurs ?
Alors, je trouve qu’il y a encore pas mal de grosses erreurs, mais globalement il y en a beaucoup moins. Par exemple, on voit de moins en moins de limp préflop ! Sur le festival, je n’en ai presque pas vu, ce qui est assez incroyable.
Mais c’est comme on disait tout à l’heure, on fait énormément de vidéos sur Winamax, qui font beaucoup, beaucoup de vues, et dans ces vidéos, le sujet du limp était beaucoup abordé, donc à force, c’est rentré dans la tête des gens ! Ce qui ne m’arrange pas, parce que moi j’aime bien (rires). Je vais dire à Winamax de bloquer l’accès aux vidéos !
Aussi, c’est parfois difficile de se rendre compte des erreurs récurrentes sans voir de showdowns, mais parfois, quand j’en vois, je me rends compte que la sélection des mains, ce n’est pas toujours ça non plus…
Tu es premier au classement GPI France, donc maintenant, quel est ton objectif pour 2026 au poker ? C’est quoi le programme en poker live pour les mois à venir ?
Déjà, l’objectif serait de rester 1er du classement GPI France ! C’est un classement qui est très fluctuant, dans le sens où il dépend des performances que l’on fait sur trois ans, et à chaque fois,
ça reprend les trois meilleures performances, et ce, tous les 6 mois. En gros, ça évolue, et si l’un de mes concurrents fait d’énormes performances, il risque de repasser très vite devant. Ça fait donc partie de mes objectifs de garder ma place !
Aussi, j’ai comme objectif de très bien me préparer pour les WSOP, qui sont une série de tournois que j’aime beaucoup. En plus, j’ai un gros programme pour cette année ! Je veux donc être au top pour aborder les WSOP. Je vais jouer aussi le leaderboard, car maintenant, il y a un intérêt financier. Ça permet aussi de lisser la variance sur l’ensemble des trois festivals, que sont Pragues, Vegas, et les Bahamas.
En attendant, on va déjà essayer d’aller performer sur le High Roller de cet après-midi !
Vincent Reynaert, ancien de PMU Poker et du Groupe Barrière, vient de lancer un média pas comme les autres : Les Enjeux, une plateforme qui analyse un monde du gaming en pleine mutation. Rencontre.
Pouvez-vous nous rappeler votre parcours dans le monde du gaming ?
J’ai découvert l’univers du jeu en 2010, à un moment clé : celui de l’ouverture du marché français. À l’époque, tout était à construire. C’est dans ce contexte que j’ai rejoint Everest Poker, pour développer les partenariats sur un marché qui s’inventait chaque jour. C’était une période excitante, un peu folle aussi, avec beaucoup d’expérimentations et une vraie effervescence autour du poker en ligne.
Un peu moins de 2 ans plus tard, j’ai rejoint le PMU. 8 années passionnantes pendant lesquelles j’ai eu la chance de travailler sur le développement du poker dans une entreprise dont ce n’est pas le coeur de métier. C’est à ce moment-là qu’est né le France Poker Open (FPO), un circuit que nous avons créé avec l’ambition de surfer sur l’ADN poker live, la marque de fabrique de PMU Poker.
En 2020, j’ai intégré le groupe Barrière pour piloter le développement de leur offre digitale. L’objectif : préparer le futur des casinos physiques dans un monde de plus en plus connecté. Et juste avant de lancer Les-Enjeux.com, j’ai occupé le poste de directeur marketing et communication chez Texapoker, une aventure courte mais intense, au cœur de la plus belle scène du poker live. Ces expériences m’ont donné une vision globale du secteur, à la fois côté opérateurs, événementiel et communication et surtout une conviction : celle que l’industrie du jeu a besoin d’être mieux racontée.
Quelle est la volonté derrière “Les Enjeux” ?
Le jeu est un secteur fascinant, en pleine mutation. On assiste à une recomposition de fond : des acteurs comme Winamax ou Betclic ont complètement bouleversé les codes, les casinos physiques amorcent une transition vers le digital, la filière hippique doit se réinventer pour séduire une nouvelle génération de joueurs, et la régulation évolue vers plus d’ouverture, notamment avec la possible arrivée des casinos en ligne, le jeu est de moins en moins un tabou.
Bref, c’est un moment charnière. Et pourtant, il n’existait pas de média francophone pour documenter ces transformations. Les informations circulent, mais souvent de façon éclatée, entre des communiqués institutionnels, des sites d’actualité très spécialisés ou des analyses en anglais.
Avec Les Enjeux, on veut justement combler ce vide. Notre ambition est de devenir un point de convergence : un lieu où les différents acteurs, opérateurs, fournisseurs, régulateurs, start-up, juristes, etc. peuvent se retrouver, échanger, comprendre les grandes tendances, et surtout prendre du recul sur leurs métiers.
C’est aussi un média qui parle à tous les passionnés de jeux, pas seulement aux professionnels. On veut raconter les succès, les innovations, les débats, mais aussi les enjeux humains, économiques et sociétaux derrière cette industrie souvent caricaturée.
Que va apporter une telle publication en ligne, et quelle équipe va y travailler ?
Aujourd’hui, dans le monde francophone, il n’y a pas de média de référence capable de couvrir l’ensemble de l’écosystème du jeu, comme le font des titres anglo-saxons tels que iGaming Business ou EGR.
Nous, on veut occuper cette place.
Notre couverture sera large : la France, bien sûr, mais aussi la Belgique, la Suisse, le Luxembourg, et une partie de l’Afrique francophone, notamment le Maroc, où l’activité casino et hippique est très dynamique. L’idée, c’est de créer un réseau francophone du jeu.
Mais au-delà de l’actu, Les Enjeux veut surtout changer la perception du secteur. Trop souvent, le jeu est résumé à ses excès ou à ses risques, alors qu’il s’agit d’un univers d’innovation, de savoir-faire et d’excellence française. Des milliers de personnes y travaillent, des start-ups y inventent la tech de demain, des groupes investissent dans la RSE, la data, la sécurité ou la formation.
Pour construire ce regard global, je m’entoure d’experts : des avocats fiscalistes, des consultants spécialisés, des technophiles, des pros du casino, du poker ou du pari hippique. Ce sont eux qui apporteront la rigueur, la crédibilité et la diversité de points de vue.
Et enfin, un point qui me tient à cœur : Les Enjeux veut aussi inspirer. En mettant en lumière les réussites, on espère attirer de nouveaux talents, de nouvelles idées et de nouvelles énergies vers le secteur.
Quelle est votre vision du jeu à 1, 5 ou 10 ans en France et en Europe ?
La France, c’est un marché paradoxal : très encadré, parfois rigide, mais incroyablement riche. On compte plus de 200 casinos, soit le maillage le plus dense d’Europe. On a deux opérateurs historiques, la FDJ et le PMU, qui ont su se réinventer pour devenir de véritables acteurs digitaux et européens. D’ailleurs, la FDJ vient de franchir un cap avec le rachat de Kindred Group, propriétaire d’Unibet : un signal fort de l’ambition française.
Dans les cinq prochaines années, on va assister à une recomposition majeure du paysage du jeu en ligne. L’ouverture du marché des casinos en ligne est, à mon sens, inévitable. La vraie question, ce sera : sur quel modèle ? Et avec quelles garanties de protection et de responsabilité ?
Plusieurs visions vont s’affronter : celle des opérateurs terrestres, celle des acteurs déjà en ligne, celle du régulateur, du politique et des moralisateurs… Ce sera un moment clé, comparable à ce qu’a été l’ouverture du marché des paris en 2010.
Sur le long terme, je crois que le secteur va continuer à se professionnaliser et à s’ouvrir. On va vers un écosystème plus mature, plus connecté à la tech, à la data et à l’expérience client. Et je pense aussi qu’on va assister à une forme de réconciliation entre le jeu et la société. Parce que le jeu, au fond, c’est aussi du divertissement, de la culture, et parfois même du patrimoine.
Et nous, chez Les Enjeux, notre rôle, c’est de raconter cette évolution, d’en décrypter les ressorts et d’en faire un sujet de société à part entière.
Alors que le poker live connaît un nouvel essor en France, certains acteurs se démarquent par leur énergie et leur volonté de dynamiser le milieu. C’est le cas de Fivebet, une jeune structure qui s’impose peu à peu comme un nom à suivre dans l’univers du poker live. À sa tête, Thomas Gimie et benjamin Camps, passionnés de la première heure, entendent proposer une expérience différente : plus humaine, plus structurée, et résolument tournée vers les joueurs.
Pouvez-vous présenter votre société et vos activités, ainsi que votre parcours dans le poker ?
Avec benjamin, mon associé et co-fondateur, on s’est rencontrés il y a plus de 15 ans, et on a eu une carrière qui nous a fait beaucoup travailler ensemble, même si on était dans des endroits différents. On travaillait dans les tournois, partout dans le monde, et un peu à tous les postes.
Benjamin a pris des postes à plein temps, et moi, j’ai toujours été très indépendant en étant sur des tournois dans un cadre plutôt événementiel ! J’ai finalement dirigé beaucoup de tournois avant de monter Fivebet avec Benjamin.
Comment interagissez-vous avec vos équipes, celle du casino et celles de Winamax ?
C’est une bonne question ! Mon rôle ici est d’être l’intermédiaire entre tout le monde. Légalement, l’organisateur, c’est le casino. Winamax est le sponsor propriétaire de la marque avec son cahier des charges et ses process, tandis que moi, je suis là pour que tout le monde puisse marcher main dans la main, et réaliser l’objectif qu’on a tous, c’est-à-dire régaler les joueurs et créer des événements qui fassent date !
Moi, j’amène tous les extras poker. Christophe (le responsable du casino) de son côté a aussi d’autres extras comme la sécurité, les barmans… Au niveau des employés de jeu, on a 250 personnes supplémentaires que je manage pour le compte de Christophe, en vue d’assurer l’événement de Winamax.
Quels autres grands évènements organisez-vous dans l’année ?
Ici, on a au moins deux rendez-vous importants par an, qui sont les Swiss Poker Series mais aussi les Kill Tilt Poker Series. Ce sont des festivals qui fonctionnent vraiment bien.
Aussi, il y a une stratégie d’événements qui se veulent très gros et très ambitieux, mais il y a aussi des ambitions plus humbles qui sont d’aller combler des territoires qui sont en manque de poker. C’est ce qu’on essaye aussi de faire avec d’autres marques dans d’autres endroits de France où il y a une demande, mais très peu d’offres.
Avec la prééminence de Texapoker dans le live, comment avez-vous trouvé votre place et qu’apportez-vous comme savoir-faire ?
Le but était de développer une nouvelle part de marché, plutôt que d’essayer d’en grignoter à TexaPoker, et je crois que c’est ce qu’on a fait ! Soit on est allé faire du poker d’une autre manière dans des établissements qui en proposaient déjà, soit on est allé en faire dans des casinos qui n’en faisaient tout simplement pas. Tu vois par exemple, on ne travaille pas sur des casinos qui travaillaient avec TexaPoker avant qu’on arrive, ce qui fait que la concurrence est bénéfique pour le marché puisqu’on fait grossir le gâteau ! C’est notre approche des choses…
Nous ne sommes pas sur la multiplication du volume, et nous n’avons pas non plus pour objectif de décliner des produits qui sont les mêmes partout. Comme on est une jeune entreprise, on essaye de valoriser notre flexibilité et de développer des produits sur mesure en fonction d’un site. Le but est de mettre un peu d’âme dans tout ça !