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EXCLU : Phil Hellmuth évoque ses amis, Gavin Smith et le Millions South America à Rio

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Nous avons eu la chance de pouvoir nous entretenir avec Phil Hellmuth, afin d’évoquer son actualité : l’hommage qu’il rend à son ami Gavin Smith, tout juste décédé, mais aussi son avis sur la scène poker actuelle et le gros évènement live à venir pour lui : le Millions South America, qui aura lieu au Brésil, à Rio de Janeiro. Entretien express.

Récemment, on a vu votre implication afin d’aider les deux enfants orphelins de leur père, le pro Gavin Smith. Que représentait-il pour vous ?

Gavin changeait toute l’énergie d’une pièce ! Et surtout d’une table de poker… Il avait un charisme dingue, une personnalité débordante et il amenait toujours le sourire avec lui. Les gens se métamorphosaient littéralement.

Un jour, il m’a dit de le rejoindre à un bar. Gavin était canadien, et il m’a proposé de l’affronter à une sorte de quizz sur le sport américain, à 500$ la question. Comment ce Canadien allait-il pouvoir me battre sur des questions de sport amateur américain ? On a doublé la mise. Et j’ai perdu 18 000$ contre lui. Quelques années plus tard, après sa disparition, je racontais cette histoire à un groupe d’amis, et deux d’entre eux ont éclaté de rire. Apparemment, il avait appris par coeur les questions et réponses de ce quizz et lorsqu’ils lui avaient demandé pourquoi, il avait répondu en rigolant : « je crois que j’ai le pigeon idéal ». A mon avis, il parlait de moi !:)

Le prochain gros évènement live prévu à votre calendrier, c’est le Millions South America, qui aura lieu à Rio de Janeiro du 15 au 24 mars, avec 5 millions de garantie…

Cela faisait très longtemps que je voulais aller au Brésil, car à part le Vénézuéla que j’ai visité avec mon frère Dave en 1988, je n’ai rien vu de l’Amérique du Sud. Je voulais aller voir Michael Phelps, le nageur, participer aux JO mais j’avais eu un empêchement. D’autant que j’adore Michael, qui est aussi un très bon joueur de poker…

Je pense que le Millions South America va être un énorme festival, et que l’on va voir de grands joueurs, vu la garantie… J’espère que Leon Tsoukernik, le propriétaire du King’s Casino sera là, car ma femme et moi l’adorons ! Et puis aussi Warren Lush, qui est un sacré type… Quant aux pros, j’en connais déjà beaucoup qui ont prévu le déplacement. Ce n’est pas tous les jours qu’on a la chance de découvrir un pays pareil.

Vous pensez revenir en Europe bientôt ?

Pour les WSOPE, bien évidemment ! J’étais dégoûté de ne pas pouvoir y aller l’an dernier… Je prendrai de la mélatonine et des somnifères s’il faut, car je perds tout sommeil quand je voyage.

Quels sont encore vos objectifs, après autant de titres ?

Ce n’est pas difficile de se motiver lorsque des gens comme Daniel Negreanu m’attaquent constamment ! Daniel a attendu que je finisse runner-up au WPT en août 2017, et que je gagne un tournoi de heads-up contre JungleMan et Doug Polk le mois d’octobre suivant, pour oser dire que je n’étais même pas dans le Top 50 des joueurs de tournoi en NLHE. J’ai dit à Daniel qu’il était désobligeant. Lui et moi nous aimons beaucoup —je suis invité à son mariage, avec mon épouse et nous irons avec grand plaisir— et pour être honnête, il m’a répondu que je me trompais totalement de penser être dans les meilleurs joueurs du monde.

Je lui ai proposé 100 000$ par bracelet obtenu par sa propre liste de 40 meilleurs joueurs, contre moi. Je lui paierais 100 000$ à chaque fois que l’un d’entre eux gagnerait un bracelet WSOP en NLHE, et lui me paierait 4 000 000$ à chaque fois que j’en gagnerait un. Il a refusé le pari. J’ai remporté un bracelet en juillet, et un ou deux de « ses » joueurs du Top 40 en ont décroché un. Je serais position de 3 800 000$ à l’heure actuelle…

Comment restez-vous à niveau ?

J’étudie toujours ce que les autres font. Brandon Cantu, Mike Matusow et moi essayons ensuite de trouver les failles de la mode du moment. Ils disent tous que le jeu GTO est imbattable, mais on a trouvé des failles. Mais tous ces petits génies vont bien changer de mode en 2019. Et je suis absolument certain qu’ils vont à nouveau affirmer que c’est imbattable, et que je suis ringard car je ne joue pas comme eux. Quel ennui… Vu que j’ai gagné un bracelet l’été dernier, j’espère que Daniel va s’abstenir de se prononcer quant à mon niveau pendant au moins un an ! (Arrête Daniel !:))

Quelle table est pour vous la table parfaite pour un bon moment ?

Avec mes meilleurs amis : Chamath Palihapitiya, Bill Lee, Sky Dayton, David Sacks, Rick Thompson, Jason Calacanis, Bill Gurley, Zander Lurie, David Cho, Brandon Cantu et Mike Matusow. Et aussi avec Antonio “The Magician” Esfandiari, Jennifer Tilly, Negreanu, Bob Suffai, Carl Westcott, et Reagan Silbur. L’important, c’est de s’amuser en jouant !

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Fatima Moreira de Melo : du hockey sur gazon au poker pro

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C’est dans le cadre idyllique du casino de Monte-Carlo, en marge du PokerStars and Monte-Carlo®Casino European Poker Tour, que nous avons rencontré Fatima Moreira de Melo, ambassadrice de la marque au pique rouge depuis de nombreuses années. Une sportive émérite qui a su se reconvertir avec brio dans le poker…

par Martin Garagnon

Poker52 : Tu as connu une carrière de sportive de haut niveau avant de te lancer dans le poker, avec notamment une médaille d’or olympique aux JO de Pékin en 2008, avec l’équipe féminine de hockey sur gazon des Pays-Bas. Considères-tu le poker comme un sport ?

 Fatima Moreira de Melo : Je ne me pose pas vraiment la question dans ces termes. Je me suis longtemps sentie enfermée dans ces catégories : qu’est ce qu’est un sport et qu’est-ce qui ne l’est pas, qu’est-ce qu’est un jeu et qu’est ce qui ne l’est pas, qu’est-ce que l’amour et qu’est-ce qui ne l’est pas. Et finalement ces catégorisations me semblent peu pertinentes. Seul compte le plaisir, le plaisir que vous prenez à faire ce que vous faites.

Il y a évidemment dans le poker une dimension compétitive, identique à celle que vous trouvez dans le poker. La dimension physique est très différente. Lorsque vous êtes assis à une table de poker pendant douze heures, vous réalisez que la composante essentielle de cette activité est votre capacité à rester concentré, mais également à maintenir un haut niveau de détermination et à faire preuve de résilience.

Ce sont des qualités dont vous avez aussi besoin dans la vie en général. Lorsque j’ai démarré le poker, je n’ai pas voulu me poser trop de questions. Parfois, il suffit simplement de vous lancer. Avec amour et passion.

Poker52 : En quoi avoir été une athlète professionnelle t’a-t-il été utile en tant que joueuse de poker ?

Fatima Moreira de Melo : Je suis quelqu’un de très déterminé, avec de bonnes capacités de concentration et d’apprentissage, parce que je suis très curieuse et passionnée de nature.

Quel que soit le domaine dans lequel j’exerce, que ce soit les émissions de TV, le hockey, le tennis (j’adore ce sport également), le poker, le mannequinat ou autre, j’essaie tout simplement de rester fidèle à ce que je suis et de mettre à profit mes compétences acquises et développées par ailleurs.

Au final, bien se connaître est essentiel. Par exemple je sais que je peux parfois me montrer impatiente et je travaille là-dessus. Et puis vous devez vous poser des questions : savez-vous vous relever après une défaite ? êtes-vous du genre à abandonner un peu plus vite que les autres ? Car si c’est le cas, lorsque vous êtes assis à une table de poker pendant quatre ou cinq jours de suite, cela fera de vous un perdant.

En tant qu’athlète, j’ai déjà été confronté à toutes ces questions et je me connais bien, alors je sais parfaitement quelles réponses y apporter. Une fois que vous maîtrisez votre logiciel intime, vous pouvez beaucoup plus facilement vous confrontez à de nouveaux champs d’activité.

Poker52 : Comment décrirais-tu ton poker ?

Fatima Moreira de Melo : J’ai un jeu fait d’adaptations. Je démarre souvent calmement mais au fur et à mesure que les niveaux augmentent, mon jeu se diversifie davantage, en étant plus agressive dans certains spots. Mais je ne suis pas une joueuse loose agressive.

Je ne joue qu’en tournoi et en texas hold’em. J’ai beaucoup d’autres activités dans ma vie et comme je ne suis pas une professionnelle à temps plein, j’essaie de me concentrer uniquement sur les tournois et le texas hold’em. Je ne voulais pas après ma carrière sportive me retrouver à nouveau enfermée dans une seule activité. L’expérience m’a appris que mon épanouissement passe par la pratique de plusieurs activités. Cela me renforce et me permet d’être encore plus efficace dans les différents domaines où j’exerce.

Au poker, j’adore trouver des solutions à des situations différentes. J’ai une soif d’apprendre inextinguible et le poker a cet intérêt de toujours vous offrir de nouvelles configurations auxquelles vous confronter.

Poker52 : Parlons un peu des femmes dans le poker…

Fatima Moreira de Melo : Oh, on va rapidement faire le tour, il n’y en a pas tant que ça (rires). Davantage aux Etats-Unis je pense, question de culture. En Europe, le sport se résume au foot masculin. Les autres sports, on s’y intéresse peut-être un peu pendant les JO mais ça s’arrête là. Le sport féminin est inexistant. La France va accueillir la Coupe du Monde de foot féminin pourtant. Lyon possède un palmarès incroyable en foot féminin. Je connais quelques-unes des filles du club et ce palmarès est le résultat d’une volonté. Le président Jean-Michel Aulas est très « pro » femmes et donne des moyens plus importants qu’ailleurs. Evidemment, les femmes partent avec un désavantage comparatif en terme de physique. Mais pourquoi comparer ? Inutile d’aller contre la nature. La nature a donné davantage de force physique à l’homme qu’à la femme, c’est un fait. Et ça n’est pas un problème. Chaque genre a son potentiel, chaque personne également. Ce qui compte c’est surtout de savoir et de pouvoir exploiter ce potentiel à son maximum.

Je ne me compare pas aux autres. Je me compare aux anciennes versions de moi et j’essaie de voir comment je me suis développé. C’est là-dessus que nous devrions tous nous concentrer.

Poker52 : Transposons ce discours sur les différences entre les hommes et les femmes au poker. Que penses-tu des « Ladies Events » ?

Fatima Moreira de Melo : On a besoin des Ladies Events ! Certains se demandent pourquoi il existe des tournois réservés aux femmes alors qu’il n’y a pas de tournois uniquement masculins. Mais personnellement, ça ne me dérangerait pas du tout s’il y en avait.

Les femmes n’ont finalement qu’une pratique assez récente de ces compétitions, qu’il s’agisse de sport ou de loisirs. Jusqu’à il y a peu, les femmes étaient surtout cantonnées à des activités domestiques.

Pour favoriser le développement des compétences requises au poker, je trouve qu’il est sain de créer un environnement sécurisant pour les femmes, avant de se lancer dans le grand bain.

Personnellement, je me sens bien à une table d’hommes. Le plus souvent, ils n’ont aucune idée de ce que vous faites, de comment vous jouer et ont tendance à considérer que le jeu féminin va être surtout défensif et peu porté sur le bluff. Il est dès lors facile d’exploiter cette vision caricaturale à votre avantage (sourires).

Etre une femme à table m’a plutôt beaucoup servi. Tu sais, le seul véritable problème que j’ai à une table de poker, c’est ce patch (ndlr : Fatima me montre le patch au pique rouge de Pokerstars). Sans lui, je ne serais perçue que comme une femme blonde assise à une table de poker et je pourrais alors en tirer un profit maximum (rires). Mais ce patch leur rappelle que je suis une pro et dès lors les autres joueurs ne me voient plus comme une femme mais comme une pro !

J’ai rencontré ici (à Monaco) Jacquelyn Scott, championne du Ladies WSOP en 2015 (Event#53 1000$ pour un gain de 153 876$) et elle est venue avec son bracelet. On a discuté et puis elle m’a posé la question de savoir si elle devait porter son bracelet à table. Bien entendu, je lui ai répondu que non. C’est une dame d’un certain âge alors elle a tout intérêt à avancer masquée*.

Une autre anecdote. Il y a quelques jours, à table, un joueur me demande un Kleenex. Nous sommes neuf à table, je suis la seule femme et c’est à moi qu’il demande cela. Malheureusement pour lui, je ne suis pas du genre à me balader avec un paquet de mouchoirs mais tout ça pour dire que les préjugés sont partout, surtout aux tables de poker, même si le plus souvent ils sont exprimés de manière inconsciente et inoffensive.

Poker52 : Quelle serait ta plus belle consécration en tant que joueuse de poker ?

Fatima Moreira de Melo : Tout simplement développer au maximum mon potentiel. Je ne serais jamais aussi bonne au poker que j’ai pu l’être au hockey, car j’y ai consacré ma vie pendant tellement d’années et que désormais je ne conçois plus mon existence de la même façon, avec autant de sacrifices au quotidien. J’adore les jeux et le sport et pour moi, la véritable victoire est déjà de pouvoir vivre de ma passion. J’apprécie chaque seconde de ma vie et de ce qu’elle m’apporte.

Poker52 : Quelle est la suite de ton programme après Monaco ?

Fatima Moreira de Melo : Je vais avoir beaucoup d’activités TV pour la Coupe du Monde de football féminin. Et je ne sais pas encore si je vais aller à Vegas cette année. J’y vais tous les ans mais j’ai vraiment très envie d’aller à Wimbledon une fois dans ma vie. Mon ami est coach de tennis (ndlr : Raemon Sluiter entraîne la joueuse néerlandaise Kiki Bertens, qui a remporté le tournoi de Madrid quelques jours après cette entrevue).

Fatima a terminé à la 44ème place (pour 922 entrées) du Main Event (5300€ Event#15 EPT Monte Carlo 2019) pour un gain de 14 800€.

* Jacquelyn Scott a terminé 6ème du French National Championship (1100€ Event#4 EPT Monte Carlo 2019) pour un gain de 42 800€, soit son deuxième plus gros gain en carrière live. Et sans avoir porté son bracelet à table !

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